Le Bourget en pleine islamophobie décomplexée

Galopante, débridée, décomplexée, les épithètes ne manquent pas pour décrire la montée de fièvre is

dimanche 4 avril 2010

Galopante, débridée, décomplexée, les épithètes ne manquent pas pour décrire la montée de fièvre islamophobe qui gangrène l’Hexagone, à l’heure du bilan dressé par les instances représentatives musulmanes de France, lors de la 27ème édition du Bourget.

Sur le thème approprié à l’air du temps : " Etre musulman aujourd’hui, foi, témoignage, responsabilité", le grand rendez-vous des musulmans de France, où se pressent chaque année près de 150 000 personnes, se tient dans un contexte particulièrement oppressant, assombri par un constat unanime : "la stigmatisation croissante de la composante musulmane dans notre pays", vivement déplorée par les responsables de l’UOIF.

Les discours officiels se sont succédé, martelant tous la même inquiétude : " Un climat islamophobe galopant", pour Fouad Alaoui, le président de l’Union des organisations islamiques de France, dont l’origine est évidente : "Le musulman aujourd’hui est devenu le maillon faible. Les prétextes ne manquent pas pour le pointer du doigt : hier, le hidjab, (...) aujourd’hui, le voile facial", a-t-il dénoncé.

Loin de baisser les bras, Fouad Alaoui a appelé de ses vœux le sursaut constructif de la communauté musulmane française, qui est plus que jamais attendue au tournant : "Le moment est venu qu’on se prenne en charge", a-t-il clamé face à un auditoire très attentif de plusieurs centaines de personnes, avec ce double mot d’ordre : "Assumons notre destin et "montrons le vrai visage de l’islam".

De son côté, le président du CFCM, Mohamed Moussaoui, a désapprouvé une "forme de crispation" nourrie par "les débats sur l’identité nationale, le voile intégral, la votation suisse sur les minarets (...)", tout en insistant sur une réalité essentielle, ignorée des médias car atomisant tous les clichés convenus : " L’immense majorité des musulmans de France aspire à vivre sa spiritualité dans le strict respect des valeurs de la République", concluant "leur pratique religieuse doit être perçue comme un des éléments de leur liberté individuelle".

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