Le B.A.BA du BHL

Se considérant comme l’ écrivain français le plus doué de sa génération, ainsi qu’il a confié en t

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lundi 8 novembre 2004

Le B.A.BA du BHL

Se considérant comme l’ écrivain français le plus doué de sa génération, ainsi qu’il a confié en toute humilité à un journaliste du monde en 1985 , Bernard- Henri Lévy omet toutefois de préciser si les barbouilleurs de pages blanches dont il est plus proche, sont inclus dans sa définition burlesque d’ écrivain. Le B.A.BA du BHL, titre du livre de Jade Lindgaard et Xavier de La Porte est beaucoup moins laudateur à l’endroit de ce génie du siècle et s’interroge plutôt sur le cas BHL à travers une question centrale : « comment a-t-il pu si longtemps faire illusion ? »

Un ouvrage captivant qui se décline comme une investigation sur la construction « quasi romanesque de l’oeuvre de Bernard-Henri Lévy à prétention philosophique, littéraire et politique ». Jade Lindgaard et Xavier de La Porte atomisent le discours des flagorneurs médiatiques pour qui toute critique contre le sieur BHL est assimilée à un sacrilège. Cette cohorte d’obséquieux qui entoure ce dernier, devra rompre avec la rhétorique promotionnelle empruntée aux agences de communication, pour contrecarrer l’argumentation imparable de cet ouvrage, qui restitue enfin la réalité intellectuelle de ce philosophe autoproclamé à l’indigence conceptuelle la plus flagrante de sa génération. « Philosophe : c’est un nom que se donnent dans le monde les gens qui évitent de penser. » notait à ce sujet l’écrivain Tristan Bernard.

Les auteurs du livre attestent quant à eux, qu’  en trente et un ans de publication, « pas un seul de ses livres ou articles n’a formulé la moindre proposition philosophique ( ...) BHL a participé à la légitimation d’ un discours simple et simpliste sur le monde en général, et l’islam en particulier (...) Le cas Bernard- Henri Lévy est une exception culturelle irréductiblement française, il n’est que le symptôme du changement de nature de l’espace intellectuel et politique, littéralement mis en pièce par l’effet conjoint d’une marchandisation des idées et de l’appauvrissement du débat lié à une médiatisation outrancière »

La richesse de ce penseur du néant, ne réside pas dans son œuvre, mais plutôt dans sa fortune personnelle évaluée à plus de 120 millions d’euros. BHL qui se prétend écrivain- philosophe est plus en phase avec les chiffres qu’avec les lettres : « Bernard- Henri Lévy est riche, très riche (...) Mais l’essentiel de sa fortune, il en a hérité. Son père, André Lévy, a crée en 1946 au Maroc un groupe de négoce en bois, Becob. (...) Bernard- Henri Lévy dirige plusieurs sociétés financières : parmi elles BPL finances, Finadeux (créée en 1996), Finatrois (créée en 1998) , et surtout Finaquatre. »

Cette image de milliardaire soigneusement dissimulée, tranche complètement avec l’icône de bohème emphatique qu’il vend aux médias depuis 30 ans. Epris de justice, ce jetseteur de la plume, ami du grand patronat (François Pinault, Jean-Luc Lagardère), peut à l’occasion défendre des causes justes, en mettant par exemple sa notoriété au service des généraux algériens rompus aux techniques du clonage d’islamistes sanguinaires. Dans un chapitre, intitulé « Le showman de l’engagement », Lindgaard et de La Porte rappellent à point nommé son engagement « en faveur » de l’Algérie. Le général Nezzar, surnommé par les algériens El Djezzar (le boucher), en raison notamment de son effroyable répression des émeutes d’octobre 1988 ( plus de cinq cents morts), rend un vibrant hommage à BHL pour son reportage publié dans le Monde en 1997, dans lequel l’histrion à la chemise blanche blanchit les généraux des crimes dont ils sont accusés par les associations internationales des droits de l’Homme. Dans un article du quotidien El Watan, le général Khaled Nezzar salue l’homme « de courage et de conviction » et assure BHL de « sa plus haute considération. »

Ce touche-à-tout qui pollue tout ce qu’il entreprend, n’épargnera pas le septième art où son inconsistance légendaire sévira le temps d’un tournage. Il accouchera d’un navet d’anthologie intitulé « Le jour et la nuit », qui remplira à peine une salle de cinéma parisienne. BHL qui rêvait grossièrement d’une nomination aux Oscars, provoquera surtout des escarres fessières aux rares spectateurs pétrifiés sur leur siège par cette ineptie cinématographique. Un fiasco intégral, malgré tout le battage médiatique précédant sa sortie. Selon les auteurs du livre, cette promotion nous instruit sur l’important réseau de BHL dans les médias : « Bernard- Henri Lévy est avant tout un homme puissant qui entretient depuis longtemps un système de relations qui lui permet de garantir à ses productions des promotions hors du commun et participe à sa légitimation croissante en tant qu’intellectuel. Un système qui peut être mobilisé pour ses proches et contre ceux qui voudraient écorner une image savamment construite. »

BHL, l’amateur de chemises blanches déboutonnées laissant entrevoir la nudité de son torse, est cette fois-ci mis à nu au niveau de ses méninges par cette enquête intraitable qui démontre toute l’inanité de sa pensée.

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Auteur : Saïd Branine

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