Le 20h de France 2 : Quand le journaliste et l’acteur relaient la même contrevérité…

Recevant samedi soir le comédien Gérard Jugnot pour la promotion de son dernier film, le présentateur du jo

lundi 19 janvier 2009

Recevant samedi soir le comédien Gérard Jugnot pour la promotion de son dernier film, le présentateur du journal du week-end de France 2, Laurent Delahousse, est sorti en une courte phrase malheureuse de son devoir de réserve déontologique, en rebondissant sur un trait d’humour sarcastique de l’acteur, non moins infondé, en lien direct avec la tragédie de la bande de Gaza.

En effet, c’est au moment le plus impromptu de cet entretien au ton léger, que Gérard Jugnot, manifestement très inspiré, ironisa en évoquant son projet en cours en ces termes :

« C’est un film qui se passe en 1577, ça parle de gens qui s’entretuent au nom de Dieu, mais comme on le sait cela n’existe plus… ».

Ce à quoi, le journaliste a estimé judicieux de renchérir en enfonçant le clou : « Oui, on l’a bien vu encore ce soir… ».

Cet échange peut-être passé inaperçu, tant l’équation Palestine/intégrisme religieux s’est banalisée au fil des années, mérite cependant d’être relevé et dénoncé.

Outre le fait que ces deux personnalités, dont le très populaire interprète du cultissime « Père Noël est une ordure », ont au moment du pic d’audience du journal contribué à accréditer une interprétation fallacieuse de la nature du conflit du Proche-Orient devant des millions de français, l’inconséquence, consciente ou non, avec laquelle ces deux professionnels de la télévision et du showbusiness ont dérogé aux responsabilités qu’il leur incombe en émettant un jugement de valeur non seulement personnel, mais faux, est des plus répréhensibles.

Sous couvert de la sacro-sainte liberté d’expression ou de jouer au bouffon du roi, il n’est pas tolérable de dire n’importe quoi sur un massacre en direct, de surcroît dans le temple de l’information, s’il en est, le journal de 20h.

La notoriété confère des devoirs et des obligations, ou alors elle est utilisée à des fins orientées.

Les mots ont été prononcés, le mal est donc fait. Plus que jamais la vigilance doit être de mise.

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