La thèse d’un jeune doctorant sur l’enseignement de l’islam crée un précédent en Autriche

C’est par Mouhanad Khorchide, étudiant de confession musulmane au sein de l’institut de pédagogie de l

mardi 17 février 2009

C’est par Mouhanad Khorchide, étudiant de confession musulmane au sein de l’institut de pédagogie de l’université de Vienne, ou plus exactement par la teneur de sa thèse, que le scandale est arrivé, exacerbant une polémique passionnelle en Autriche qui, en l’espace de quelques jours, a enflammé les esprits de la classe dirigeante, de la presse au gouvernement, jusqu’à exiger la démission du président de la communauté islamique.

Certaines conclusions chiffrées qu’il met en lumière ont été le détonateur d’une controverse d’une rare violence, qui a ravivé de profondes tensions sur la place de l’islam et sur la gestion de son enseignement par la communauté islamique autrichienne : sur les 210 enseignants de l’islam interrogés ( le pays en compte 400 au total) « 22% rejetteraient la démocratie, jugée incompatible avec l’islam, 29 % estimant impossible de s’intégrer dans la société autrichienne sans perdre son identité religieuse, et 28 % considéreraient qu’être européen et musulman est une contradiction ».

Ce véritable coup de tonnerre a éclipsé d’autres résultats de son analyse plus nuancés : « ainsi malgré les craintes de perte d’identité, 77 % des interrogés se considèrent comme partie intégrante de la société autrichienne, 86 % ne pensent pas que les musulmans devraient rester entre eux pour conserver leur identité et 73 % seraient partisans du développement d’une identité musulmane européenne ».

Depuis 1982, les enseignants musulmans du fait religieux sont nommés par la Communauté islamique autrichienne, responsable du programme et de l’élaboration du matériel pédagogique, et sont rémunérés par l’Etat. Cherchant le meilleur compromis, la ministre de l’enseignement, Claudia Schmied, a finalement conclu un accord avec la communauté islamique, reposant sur un contrôle de l’enseignement religieux par l’Etat, tout en exhortant celle-ci à se remettre en question.

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