Vendredi 10 février 2012

La sexualité au cœur de l’islamophobie (1/2)

Retour sur l’affaire du mariage annulé… et sur quelques autres

Il y a quelques semaines, l’annulation à Lille d’un mariage, suite au mensonge de l’épouse sur sa virginité, a écrit une nouvelle page à la construction médiatique d’un Islam imaginaire, supposé bafouer les valeurs républicaines. Mais cette affaire ne fut pas une simple répétition d’habituels préjugés ou amalgames sur l’Islam. Elle a en effet vu l’émergence d’un délire collectif, avec toutes les caractéristiques classiques d’un délire individuel : déni de la réalité des faits, substitution de l’émotion à la pensée, perte de toute distance critique.

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 Il y a quelques
semaines, l’annulation à Lille d’un mariage, suite au mensonge de l’épouse sur
sa virginité, a écrit une nouvelle page à la construction médiatique d’un Islam
imaginaire, supposé bafouer les valeurs républicaines. Mais cette affaire ne
fut pas une simple répétition d’habituels préjugés ou amalgames sur l’Islam.
Elle a en effet vu l’émergence d’un délire collectif, avec toutes les
caractéristiques classiques d’un délire individuel : déni de la réalité
des faits, substitution de l’émotion à la pensée, perte de toute distance
critique.

 De fait, et maintenant
que les passions sont apaisées, il n’est pas inintéressant de revenir sur ce
« scandale », qui peut être considéré comme un paradigme de
l’islamophobie française. C’est que, comme tout délire, il met à jour ce qui
est habituellement caché, enfoui dans les profondeurs de l’inconscient.

 La lecture politique,
qu’on fait généralement de l’islamophobie, ne suffit pas à expliquer la
condamnation unanime dont a fait l’objet le jugement lillois, de l’extrême
droite à l’extrême gauche, du journaliste à l’intellectuel. L’islamophobie doit
désormais être prise au pied de la lettre, comprise comme un phénomène de
psychologie sociale. C’est cette « phobie » de l’Islam dont nous nous
proposons ici de mettre a jour les mobiles réels et cachés.

style='font-size:14.0pt'>PREMIERE PARTIE : L’AFFAIRE DU MARIAGE ANNULE ET
SES RAISONS OFFICIELLES

 Fin mai, on apprenait
que le tribunal de grande instance de Lille venait d’annuler un mariage, suite
à une demande de l’époux, parce que la mariée avait menti sur sa virginité.
Cette nouvelle suscitait aussitôt une vive émotion, et une condamnation unanime
de la presse, de l’ensemble de la classe politique, d’associations féministes
et laïques et d’intellectuels. Seule Rachida Dati avait approuvé ce jugement,
estimant que « le fait d’annuler un mariage est aussi un moyen de protéger
… cette jeune fille [qui] … a souhaité également, sans doute, se séparer assez
rapidement ». Pour avoir osé ces propos, la garde des Sceaux subira un
lynchage médiatique.

 Mais plus qu’une
condamnation rationnelle, c’est surtout un choc émotionnel qu’a suscité cette
nouvelle. Un chroniqueur du Monde a dénoncé le comportement
« hallucinant » des magistrats dans cette affaire et le retour
« du contrôle de l’hymen sous l’autorité ecclésiastique » href="#_edn1" name="_ednref1" title=""> class=MsoEndnoteReference>[i],
un éditorialiste de Libération parlé d’une « victoire pour la
grande ligue des obscurantistes de toutes obédiences » name="_ednref2" title=""> class=MsoEndnoteReference>[ii],
un éditorialiste de L’Humanité écrit que « la loi doit être changée
pour qu’elle ne laisse plus un magistrat borné nous ramener au Moyen Age » href="#_edn3" name="_ednref3" title=""> class=MsoEndnoteReference>[iii],
le PS évoqué un « jugement atterrant » title=""> style=';'>[iv],
Frédéric Lefèbvre, porte-parole de l’UMP estimé le jugement lillois
« profondément choquant » class=MsoEndnoteReference> style=';'>[v],
Valérie Létard, secrétaire d’Etat chargée du droit des femmes,
a « bouillonné toute la journée » en apprenant la décision
d’annulation, se disant « consternée » par une « interprétation
obscurantiste de certaines de nos dispositions » name="_ednref6" title=""> class=MsoEndnoteReference>[vi],
Fadela Amara, secrétaire d’Etat à la Ville, a « cru que l’on parlait d’un
verdict rendu à Kandahar » class=MsoEndnoteReference> style=';'>[vii],
Sihem Habchi, présidente de Ni Putes Ni Soumises, parlé d’un
« verdict [qui] tombe comme une fatwa » name="_ednref8" title=""> class=MsoEndnoteReference>[viii]
et l’écrivaine et éditrice Geneviève Brisac expliqué qu’elle n’était « pas
révoltée, à peine en colère », mais plus fondamentalement « sidérée,
anesthésiée » au moment où elle a lu qu’un homme en France avait demandé
l’annulation de son mariage parce que son épouse l’avait induit en erreur sur
sa virginité class=MsoEndnoteReference> style=';'>[ix].

Alors que
cachent ces réactions de sidération angoissée ? Deux raisons,
généralement peu argumentées, ont été mises en avant pour justifier la
condamnation de la décision d’annulation du mariage : la violation de
l’égalité entre hommes et femmes d’une part, la transgression de la laïcité
d’autre part. Bien que l’argument de la discrimination sexiste a plus souvent
été invoqué dans les médias, c’est paradoxalement l’interprétation religieuse
qu’a retenue l’opinion publique.

Parmi les 73 %
de Français ayant affirmé avoir été « choqués » par la décision du
tribunal de grande instance de Lille, 54 % ont en effet expliqué l’être
« avant tout parce que cela revient à reconnaître légaux des principes qui
devraient relever de la religion des personnes », alors que 46 % ont
considéré d’abord que « cela revient à cautionner une inégalité entre les
hommes et les femmes » class=MsoEndnoteReference> style=';'>[x].

 Que doit-on
comprendre de cette petite inversion des priorités ? L’opinion publique
n’a-t-elle pas dit ici tout haut ce qui réellement a posé problème à nos élites
dans cette affaire ? Quel en fut l’enjeu véritable : le rapport entre
les sexes ou la place de la religion – surtout musulmane – dans la République ? A moins qu’une mystérieuse alliance des deux n’oblige à envisager une
troisième voie autour d’un problème plus structurel ?

L’ATTEINTE A L’EGALITE DES SEXES

 Toux ceux qui
se sont insurgés contre le jugement de Lille ont dénoncé son caractère
sexiste, rappelant le droit des femmes à disposer de leur propre corps. Mais
derrière l’unanimité de cette position sont apparues deux types d’explications
en fait assez distinctes, l’une sur le terrain de la morale, l’autre cantonnée
au domaine juridique.

Sur le terrain de l’idéologie morale : l’idéal de la virginité

 Certains ont vu dans
cette annulation de mariage une prise de position de la justice française
cautionnant l’idéal moral de la femme vierge au moment du mariage. Ainsi,
notamment, la Coordination française de la Marche mondiale des femmes - qui regroupe nombre d’associations féministes – a, dans un communiqué, parlé d’un
« jugement qui considère la virginité comme une qualité
essentielle des femmes avant le mariage » name="_ednref11" title=""> class=MsoEndnoteReference>[xi],
et une pétition, lancée à la suite de cette affaire et signée par de nombreux
intellectuels au nom du Manifeste des menteuses, a dénoncé « le
caractère discriminatoire de ce jugement » pour lequel « la virginité
serait une qualité substantielle de la femme qu’on épouse » href="#_edn12" name="_ednref12" title=""> class=MsoEndnoteReference>[xii].
Ségolène Royal a quant à elle clairement exprimé ce qui ici la dérangeait :
« considérer que la virginité est une qualité essentielle de la personne
pour une femme et pas pour un homme, c’est le signal d’une régression très
forte pour toutes les femmes d’aujourd’hui » name="_ednref13" title=""> class=MsoEndnoteReference>[xiii].

Une justice qui différencie virginité masculine et virginité féminine ?

 Nous ne pourrions que
donner raison à ce reproche si la juge de Lille qui a prononcé l’annulation
avait effectivement établi une distinction de valeur entre la virginité
masculine et la virginité féminine, dans l’argumentation qui l’a conduit à
conclure à la nullité de ce mariage. Or, à aucun moment ce ne fut le cas,
comme en témoigne le détail du jugement rendu, repris et commenté par Maître
Pascal Labbée, avocat au barreau de Lille et professeur de droit à l’Université
de Lille 2, dans un article publié dans la revue juridique Recueil Dalloz,
qui a fait connaître l’affaire à la presse. title=""> style=';'>[xiv]

 Nous ne pouvons
d’ailleurs pas plus adresser ce reproche à l’époux en question dans cette
affaire. Tout ce que nous savons de lui dans le jugement, c’est
qu’ « il avait contracté mariage avec Y… après que cette dernière lui
a été présentée comme célibataire et chaste », et qu’il avait considéré
la virginité de sa promise comme une « qualité essentielle »
ayant été « déterminante [dans son] consentement … au mariage
projeté » class=MsoEndnoteReference> style=';'>[xv].
Assurément, il souhaitait épouser une femme qui n’avait jamais eu de relations
sexuelles.

Cette exigence fait-elle de lui
un « mari odieux » class=MsoEndnoteReference> style=';'>[xvi],
un « barbare » class=MsoEndnoteReference> style=';'>[xvii],
comme il a été dit ? Considérait-il la virginité prénuptiale de l’homme
comme moins fondamentale ? Nous n’en savons rien. Certains musulmans – et
non pas l’Islam - effectuent une telle hiérarchie, d’autres non. Le marié
était-il vierge ? Peut-être, peut-être pas. Il se peut qu’il ne le fût pas
mais qu’il n’ait pas menti à ce sujet en en faisant l’aveu au préalable, ou
qu’il n’ait eu besoin ni de mentir ni d’avouer dans la mesure où il n’avait pas
été questionné à ce sujet.

 Par ailleurs, on peut
se demander d’où vient l’affirmation, souvent faite, selon laquelle le jeune
homme a débarqué vers quatre heures du matin auprès des derniers invités,
horrifié parce qu’il ne pouvait leur présenter de drap maculé de sang. Ce
détail n’apparaît pas dans le jugement, ni dans le récit qu’a fait de l’affaire
Maître Pascal Labbée dans le Recueil Dalloz. La coutume du drap souillé,
s’il elle n’a pas disparu dans les familles musulmanes de France ou des pays
musulmans, tend en effet à tomber en désuétude, y compris dans les milieux très
religieux, dans la mesure où cette pratique n’appartient pas au corpus
doctrinal de la Tradition musulmane.

 Comment des
journalistes et des intellectuels, censés par conscience déontologique et souci
méthodologique, vérifier les faits avant toute allégation, ont-il pu prêter à
ce juge ou à cet homme des propos et comportements qu’ils n’ont jamais
eu ? Probablement parce que le terme « virginité » a dans les
usage une connotation d’emblée féminine, et, plus encore, est perçu comme
portant en soi une idéologie sexiste.

Ainsi l’écrivaine et éditrice
Geneviève Brisac, qui a signé un réquisitoire virulent contre le jugement
lillois, ne conçoit de virginité que féminine, assimilant la virginité à la
défloration. Elle décrit à quel point le seul terme « virginité »,
lorsqu’elle a pris connaissance de l’affaire dans la presse, a suscité en elle
une réaction horrifiée : « Ces mots : virginité, pucelage,
défloration, quelle obscénité ! Avec leur cortège de malheurs, de crimes,
d’humiliations » class=MsoEndnoteReference> style=';'>[xviii].

 La justice n’est d’ailleurs
pas à l’abri de cette confusion entre la virginité féminine et la virginité
masculine et de l’idéologisation de ce terme, puisqu’il est désormais question
d’interdire de mentionner la « virginité » dans un jugement, terme
qui serait en soi sexuellement discriminatoire. On nous indique en effet,
« de source judiciaire » que le parquet général, saisi par Madame
Dati pour faire appel du jugement lillois, s’apprête à motiver l’ordonnance
d’un second procès par le fait que « la référence à la virginité n’est pas
compatible avec l’ordre public car elle porte atteinte à la dignité des femmes
et à l’égalité des sexes » class=MsoEndnoteReference> style=';'>[xix].

Une justice
qui considère la virginité comme « qualité essentielle » ?

Les tenants de
l’argument de l’égalité des sexes se sont beaucoup focalisés sur la notion de
« qualité essentielle », qui apparaît dans le jugement. La Coordination française de la Marche mondiale des femmes et le Manifeste des menteuses
– et d’autre encore – ont laissé entendre que le tribunal de Lille avait considéré
la virginité comme une « qualité essentielle des femmes » ou
« de la femme qu’on épouse », autrement dit comme une norme morale
valant pour toutes les femmes de France. Si bien que beaucoup se sont insurgés
contre ce « retour en arrière » et ont dénoncé ce « jugement
rétrograde ».

Cette
présentation du jugement relève de la mauvaise foi. L’interdit des rapports
sexuels hors mariage n’étant désormais plus en France reconnu que par une
minorité de personnes, principalement musulmanes, il est raisonnable de penser
qu’à titre personnel, la juge de Lille, qui a prononcé la nullité du mariage,
ne partage pas cet idéal moral. Mais les magistrats de France sont formés à
laisser leurs convictions personnelles à la maison. La juge s’est donc appuyée
sur le seul article 180 du code civil stipulant que « s’il y a eu erreur
dans la personne, ou sur des qualités essentielles de la personne, l’autre
époux peut demander la nullité du mariage ».

Dès lors,
l’unique problème ici concerne la définition de la « qualité essentielle »,
que la loi ne précise pas. Doit-on se référer à ce que la société, dans l’état
actuel de ses mœurs, estime généralement comme « essentiel » sur le
plan conjugal, ou doit-on se référer à ce qui est reconnu comme essentiel par
le candidat au mariage et a déterminé son consentement ? « Le juge lillois
a choisi la deuxième option, obéissant ainsi à une jurisprudence bien
établie » class=MsoEndnoteReference> style=';'>[xx],
précise Maître Pascal Labbée.

Alors certes, la République ne peut obliger quiconque à reconnaître comme essentielle l’abstinence sexuelle
hors mariage. Mais elle ne peut pas, non plus, obliger quiconque à la
reconnaître comme inessentielle. C’est cela la « neutralité »
républicaine. La magistrate lilloise a seulement pris acte de ce que la
virginité avait été considérée comme une « qualité essentielle » par
l’époux et considéré que, dans la mesure où l’épouse a acquiescé à la demande
de nullité, « il s’en déduit que cette qualité avait bien été perçue par
elle comme une qualité essentielle déterminante de X [son mari] …au mariage
projeté » class=MsoEndnoteReference> style=';'>[xxi].

Sur le terrain du droit : la preuve de la virginité

Un autre
argument, cette fois apparemment strictement juridique, a été élevé au profit
d’une dénonciation du caractère discriminatoire du jugement lillois eu égard à
l’égalité des sexes. Il s’articule autour de la question de la preuve. Valérie
Létard, secrétaire d’Etat chargée du droit des femmes, se disant
« consternée » et ne comprenant pas « que la non-virginité entre
en ligne de compte dans une telle décision » justifie ainsi sa
position : « Est-ce qu’on demande la même chose à un homme ? Et même si on
le faisait, comment pourrait-on le prouver ? La rupture d’égalité, elle
est là » class=MsoEndnoteReference> style=';'>[xxii].

 Permettre à un homme
d’annuler son mariage en arguant du mensonge de sa conjointe sur sa virginité
serait, nous dit-on, incompatible avec l’égalité des sexes puisqu’une femme,
n’ayant pas la même possibilité de s’apercevoir du mensonge de son époux à ce
sujet, ne peut intenter une telle action judiciaire. Un homme peut en effet
dissimuler son absence de virginité, sans risque d’être inquiété par sa
conjointe – sauf aveu spontané de sa part - alors qu’une femme mentant à ce
sujet à son futur époux finira tôt ou tard par être "démasquée".

 Cet argument du droit
des femmes bafoué est fort intéressant. Car ici c’est la nature, non la
justice, qui ne donne pas aux deux sexes la même possibilité de mentir, et
partant d’être attaqué judiciairement. Alors pourquoi avoir condamné avec
autant d’acharnement la magistrate de Lille ? A-t-elle créé l’homme et la
femme tels qu’ils sont ? Pourquoi se donner autant d’énergie pour
instaurer sur le terrain du droit une symétrie là où la nature a créé une
dissymétrie ?

 On peut certes,
pourquoi pas, modifier la loi, comme beaucoup l’ont souhaité, afin d’éviter que
des hommes n’utilisent la différence des sexes comme prétexte pour imposer leur
domination sur les femmes. Mais il n’est pas certain qu’une telle loi soit
toujours à l’avantage des femmes. En effet « de plus en plus souvent », explique
Maître Labbée class=MsoEndnoteReference> style=';'>[xxiii],
des femmes, souhaitant faire annuler leur mariage, fournissent à cette fin des
certificats de virginité, afin de prouver aux juges l’absence de réel projet de
mariage chez leurs maris, ces derniers ne les ayant pas touchées.

 L’argument de la
preuve, énoncé ici au nom de la protection des femmes, a surtout servi,
paradoxalement, à les affoler. On a voulu faire croire aux jeunes femmes de
notre pays que le jugement lillois allait désormais donner à tout homme le
droit d’annuler le mariage si son épouse avait menti sur ses amours
antérieures. Et que, partant, elles seraient contraintes d’ effacer toute
preuve de leur vie passée en se refaisant l’hymen !

C’est absurde,
car dans ce type de demande, ce sera toujours au demandeur de prouver qu’il a
été induit en erreur. Aucun juge de France ne pourra donc jamais obliger une
femme à subir un examen gynécologique pour constater sa non-virginité. Et même
si c’était le cas, cela ne prouverait toujours pas qu’elle n’était plus vierge
au moment du mariage. Autrement dit, il est actuellement impossible qu’un homme
fasse annuler son mariage pour tromperie sur la virginité de son épouse tant
que celle-ci n’y consent pas.

Dans l’affaire
de Lille, la jeune mariée a d’ailleurs été informée de la nécessité de son
accord dès le premier contact avec son avocat : « J’ai fait savoir à
ma cliente qu’un juge ne pourrait jamais aller dans le sens d’une demande en
nullité pour une telle motivation si ce n’était pas son souhait, et elle a
repris confiance », a précisé Maître Mauger name="_ednref24" title=""> class=MsoEndnoteReference>[xxiv].

 Et non seulement le
consentement de la mariée est ici nécessaire, mais il est plus encore
suffisant. On le voit très bien dans cette affaire, où la juge, constatant que
la jeune femme acquiesçait à la demande d’annulation de son époux, s’est
contentée de cette parole, sans demander à cette jeune fille d’apporter la
preuve qu’elle n’était plus vierge.

Dès lors
l’argument de la preuve ici s’effrite. Un homme, contrairement à une femme, n’a
pas d’autre moyen que sa parole pour "prouver" qu’il est vierge ou
pas. Mais dès lors que, juridiquement, c’est également la seule parole de la
femme qui fait foi, alors l’égalité des sexes est rétablie sur le terrain du
droit, c’est-à-dire que la différence biologique entre la femme et l’homme
n’aboutit pas à un traitement différent des deux sexes par la justice.

L’ATTEINTE A LA LAÏCITE

C’est, à côté
du droit des femmes, l’autre terrain sur lequel l’indignation provoquée par
l’annulation du mariage lillois a trouvé sa raison d’être : la laïcité. La
juge aurait violé cet idéal républicain en prenant une décision en fonction des
valeurs supposées de la communauté d’appartenance – musulmane - des époux en
question.

Jean-Paul
Delevoye, médiateur de la République, parle d’ « appréciation
relative en fonction des convictions religieuses » name="_ednref25" title=""> class=MsoEndnoteReference>[xxv],
l’association Ni Putes Ni Soumises s’émeut d’une marche « à grands
pas vers une sacralisation du communautarisme, … vers une justice à la carte où
chacun pourra choisir menu selon ses coutumes, sa religion, sa philosophie » href="#_edn26" name="_ednref26" title=""> class=MsoEndnoteReference>[xxvi].
Dounia Bouzar, anthropologue spécialiste de l’Islam, dénonce le
« relativisme culturel » de la juge qui n’aurait, d’après elle, pas
pris « ce type de décision avec une épouse chrétienne » href="#_edn27" name="_ednref27" title=""> class=MsoEndnoteReference>[xxvii].

Ces
accusations à l’encontre de la juge sont à nouveau bien injustes. D’une part
parce que le texte du jugement ne mentionne à aucun moment l’appartenance
religieuse des conjoints, motivant sa décision par des considérations
strictement techniques, juridiques. D’autre part, parce que cette magistrate, qui
préside la première chambre du tribunal de grande instance de Lille est,
précise une avocate du barreau de Lille, réputée pour « sa grande
expérience et son professionnalisme » et « ses décisions sans parti
pris idéologiques » qui laissent penser qu « elle aurait fait
exactement la même chose si la demande avait émané d’un couple traditionnel
catholique » class=MsoEndnoteReference> style=';'>[xxviii].

Alors certes
on peut faire le procès de la psychologie de la juge et considérer que derrière
le caractère techniquement irréprochable du jugement se cachent des motivations
moins nobles. Elle n’aurait par exemple pas vu, dans le mari demandant
l’annulation, un sujet singulier, mais le membre d’une communauté religieuse,
et aurait ainsi cédé, consciemment ou non, à cette pression symbolique.

 Soit, mais
dans ce cas, il convient de préciser de quelle « communauté » l’on
parle, de quelles « convictions religieuses », de quelle
« culture ». S’agit-il de la communauté musulmane dans son ensemble
ou seulement de groupes intégristes ? S’agit-il des « convictions
religieuses » faisant consensus dans l’Islam, ou seulement de celles liées
à une certaine interprétation, voire à une certaine utilisation, de
l’Islam ? Et invoque-t-on la culture au sens d’un ensemble de coutumes
locales, déterminées dans le temps et l’espace, ou au sens d’une civilisation
transcendant les formes spécifiques qu’elle prend dans telle ou telle contrée
et à tel moment de l’histoire ?

Ceux qui ont
invoqué la laïcité ici ont omis ces précisions. A l’heure où pourtant l’urgence
est au vivre ensemble, éviter les amalgames devrait pourtant être un souci
élémentaire des journalistes, des intellectuels, des responsables politiques,
des associations laïques et féministes. On confond un musulman et l’ensemble
des musulmans, l’Islam dans son essence et ce qu’au nom de lui on commet. On ne
veut rien savoir de la réalité vécue des musulmans de France d’aujourd’hui et
on préfère s’imaginer qu’ils ressemblent aux inquisiteurs chrétiens du Moyen
Age.

En raison de
tous ces amalgames, l’affaire du mariage annulé a apporté une nouvelle pierre à
la construction de l’islamophobie française. Souvent implicite, cette haine de
l’Islam peut désormais s’exprimer très ouvertement. Une philosophe a ainsi pu
signer, dans un article du Figaro class=MsoEndnoteReference> style=';'>[xxix],
un long réquisitoire sur l’incompatibilité de nature entre la République et l’Islam. Présentant le jugement lillois comme « un évènement … qui met en
scène une utilisation de notre droit par une culture qui le contredit »,
cette personne se demande si désormais « les juges ne seraient … pas
soumis à cette intimidation si présente qui nous fait reculer devant les
exigences des communautés musulmanes ».

 Et de
répondre par l’affirmative en énonçant que l’Islam est incompatible à la fois
avec la République (« groupes symboliquement puissant que la culture
républicaine intéresse assez peu »), la Démocratie (« un peu comme les communistes autrefois utilisaient la démocratie pour
parvenir au pouvoir dans le but ensuite de la détruire »), le Droit
français (« culture qui le contredit »), la Liberté (« groupe qui considère notre liberté comme une licence à éradiquer »),
l’Egalité (« communautés qui ne s’inscrivent pas dans nos convictions de
liberté et d’égalité »), et a fortiori, est par nature une religion
violente (« groupe … qui brandit la violence à la première
contradiction »).

Et c’est bien
l’Islam dans son essence qui est ici dénoncé - et non pas telle interprétation
extrémiste de cette religion – cette philosophe exhortant « le
législateur » à tirer les leçons de cette affaire, « au lieu de nous
sermonner en permanence sur un islam républicain et laïque qui serait en train
de s’épanouir, tout heureux de nous ressembler ».

Et louant les
mérites du récent ouvrage class=MsoEndnoteReference> style=';'>[xxx]
d’un collègue qui « remet en cause des certitudes qui concernent la
grandeur et la prééminence de la pensée islamique » en cherchant à
« montrer qu’en dépit de nos préjugés, Avicenne et Averroès ne furent
pas les passeurs essentiels par lesquels vint à nous la pensée grecque ».
Notons que ces propos ont pu s’épancher dans un grand quotidien français sans
que personne n’y trouve rien à redire.



class=MsoEndnoteReference> style='font-size:10.0pt;'>[i]
Laurent Grelisamer, « La juge et la jeune musulmane », Le Monde,
3 juin 2008.

class=MsoEndnoteReference> style='font-size:10.0pt;'>[ii]
Laurent Joffrin, « Régression », éditorial de Libération, 31
mai-1er juin 2008.

class=MsoEndnoteReference> style='font-size:10.0pt;'>[iii]
Patrick Appel-Muller, « Un retour de piloris », éditorial de L’Humanité,
31 mai 2008. 

class=MsoEndnoteReference> style='font-size:10.0pt;'>[iv]
Charlotte Rotman, « Tous unis contre l’annulation », Libération,
31 mai-1er juin 2008

class=MsoEndnoteReference> style='font-size:10.0pt;'>[v]
Delphine de Mallevoüe, « Mariage annulé : la polémique enfle », Le
Figaro
, 31 mai-1er juin 2008.

class=MsoEndnoteReference> style='font-size:10.0pt;'>[vi]
Charlotte Rotman, « Rajeunir le code civil », interview de Valérie
Létard,  Libération, 31 mai-1er juin 2008.

class=MsoEndnoteReference> style='font-size:10.0pt;'>[vii]
Charlotte Rotman, « Tous unis contre l’annulation », ibid.

class=MsoEndnoteReference> style='font-size:10.0pt;'>[viii] 
Sihem Habchi, « Virginité : un verdict qui tombe contre une
fatwa », Libération, 3 juin 2008.

class=MsoEndnoteReference> style='font-size:10.0pt;'>[ix]
Geneviève Brisac, « Virginité, ce mot obscène, L’humanité, 5 Juin
2008.

class=MsoEndnoteReference> style='font-size:10.0pt;'>[x]
Sophie de Ravinel, « Le mariage annulé de Lille choque 73% des
Français », Le Figaro, 6 juin 2008.

class=MsoEndnoteReference> style='font-size:10.0pt;'>[xi]
Coordination française de la Marche mondiale des femmes, « Notre corps
nous appartient ! », L’Humanité, 5 juin 2008.

class=MsoEndnoteReference> style='font-size:10.0pt;'>[xii]
Le Manifeste des menteuses, « La justice bafoue le droit », L’Humanité,
5 juin 2008.

class=MsoEndnoteReference> style='font-size:10.0pt;'>[xiii]
Journal du dimanche, 1er juin 2008, cité par Fabrice Tassel,
« La virginité, une qualité essentielle qui embarrasse la droite », Libération,
2 juin 2008.

class=MsoEndnoteReference> style='font-size:10.0pt;'>[xiv]
Pascal Labbée, « La mariée n’était pas vierge », Recueil Dalloz, n°
20, 2008, p. 1389-1390.

class=MsoEndnoteReference> style='font-size:10.0pt;'>[xvi]
Alain-Gérard Slama, « Le jugement de Lille et le divorce français »,
chronique du Figaro, 2 juin 2008.

class=MsoEndnoteReference> style='font-size:10.0pt;'>[xvii]
Chahdortt Djavann, « Mesdames, messieurs les politiques, j’en appelle à
votre jugement », Le Figaro, 4 juin 2008.

class=MsoEndnoteReference> style='font-size:10.0pt;'>[xix]
Alain Salles, « L’affaire du mariage annulé met Rachida Dati en
difficulté », Le Monde, 5 juin 2008.

class=MsoEndnoteReference> style='font-size:10.0pt;'>[xxii]
Charlotte Rotman, « Rajeunir le code civil », interview de Valérie
Létard, ibid.

class=MsoEndnoteReference> style='font-size:10.0pt;'>[xxiii]
Cf. Pascal Labbée, « …c’est le fameux certificat de virginité que l’on
voit réapparaître de plus en plus souvent devant les prétoires au soutien d’une
démonstration d’absence de volonté matrimoniale dans le cadre d’une action en
nullité… », Id, p. 1390.

class=MsoEndnoteReference> style='font-size:10.0pt;'>[xxiv]
Agnès Leclair, « Mariage annulé : l’épouse a cédé aux
pressions », Le Figaro, 3 Juin 2008.

class=MsoEndnoteReference> style='font-size:10.0pt;'>[xxvii]
Dounia Bouzar, « Discrimination religieuse et sexiste », Libération
3 juin 2008.

class=MsoEndnoteReference> style='font-size:10.0pt;'>[xxix]
Chantal Delsol, « Mariage annulé : y a-t-il détournement de la loi
républicaine ? », Le Figaro, 4 juin 2008.

class=MsoEndnoteReference> style='font-size:10.0pt;'>[xxx]
Sylvain Gouguenheim, Aristote au Mont-Saint-Michel. Les racines
grecques de l’Europe chrétienne
, Paris, Seuil, 2008.

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Commentaires

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Cette affaire me fait penser à blanche neige et les septs nains

Comment réagit la sorcière quand le miroir lui renvoi sa laideur ?

Si l’on veut comprendre cette affaire et le regard que porte certaines personnes sur l’Islam il faut nécessairement intégrer cette dimension, ...

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Probléme et que la communauté musulmanne est en perdition en lambeaux désunis c’est pour cela que ses detracteurs peuvent avoir le champs libre !!
Comme exemple voyez le CFCM qui est peinné par la mort des soldats français et par contre sur le meutre des 90 civils afghans qlqs jours aprés c’est silence radio !!!

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En adherant a la contribution de houd93, j’ajoute qu’une il semblerait qu’une des fonctions du CFCM est de culpabiliser les Musulmans francais a propos de mauvaises actions perpetrees au nom de l’Islam dont ils n’ont aucune responsabilite.

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Les critiques et les jugements de nos intellectuels, journalistes ou encore philosophes et associations sans oublier les politiques, relatives à l’annulation de ce mariage, illustrent à merveille la shysophrénie dont souffre notre douce France.

1er ) J’ai appris à l’école que la justice et le pouvoir politique étaient deux sphères bien distinctes. Que les jugent étaient là pour juger et les politiques pour gouverner. Or nos politiques de tous bords confondus ont portés un jugement de valeur sur une décision juridique et ont décidé de changer carrément la LOI. Non on ne rêve pas ce n’est pas dans une dictature d’un quelconque pays que cela ce passe mais bien en France, pays des droits de l’homme, pays de l’égalité et pays où la séparation entre le pouvoir et la justice est claire. Il va de soit que ces critiques ne sont valables que si elles visent les musulmans, le contraire étant impossible car dans ce cas on nous rétorquerait que nous, musulmans ne respectons pas les lois, la justice et la démocratie françaises. En claire ce qui est valable pour moi ne l’est pas pour toi.

2ème) En voulant soit disant défendre cette jeune femme « victime des lois barbares » de sa communauté on étale au grand jour un aspect de la vie la plus intime de cette femme : sa SEXUALITE et ce ? sans SE préoccuper, comme toujours, de l’impact que cela peut avoir dans la vie de cette femme. Et le pire étant que certains se sont octroyés le droit de faire justice à la place de cette femme, qui rappelons le n’a à aucun moment contesté le verdict mais la, au contraire, approuvé. Une atteinte à sa vie privée et à son image incontestablement, au même titre que le fait d’étaler le drap le jour du mariage. En claire nous n’avons pas le droit d’exhiber la virginité d’une femme mais nous avons le droit d’exhiber la non virginité d’une femme, n’y voyez là bien sûr aucune obscénité !

3ème) La violence des propos à l’encontre de ce jugement n’a bien sûr rien de violent, ce qui est violent c’est qu’un homme saisisse la loi pour annuler un mariage parce qu’il estime qu’il y a tromperie « sur des qualités essentielles de la personne », c’est-à-dire qu’on estime violent le fait qu’une personne fasse appel à la loi pour défendre son droit.

4éme) On nous demande de respecter les lois, la justice et les valeurs républicaines, ce qui est légitime et ce qu’a fait précisement cet homme en saisissant la justice, on est alors victime d’un lymchage médiatique et politiquer, avec bien sûr son lot d’amalgames sciemment fait entre des COUTUMES et L’ISLAM. Que vient faire l’islam dans cette affaire ? Cette histoire de virginité n’appartient t-elle pas au domaine des coutumes ? Le glissement entre certaines coutumes et l’islam se fait sans gêne, sans honte et sans tabou. Rappelons cependant que cela n’est valable que pour l’islam et ne concerne aucunement la religion Juive ou Chrétienne.

On nous taxera ensuite de voir de l’islamo phobie partout, que l’islamo phobie n’est qu’un mythe que nous colportons pour cacher je ne sais quelle tare dont nous serions porteurs. Si ce n’est pas de l’islamo phobie qu’est ce donc ? Du racisme ? De la discrimination ? Des violations flagrantes des droits de l’homme ? Du harcèlement ? Une entraves à nos droits privés ? Une entrave à la pratique d’un quelconque culte ? Mais toutes ces violations ne sont t-elles pas censées être réprimés par la patrie des droits de l’homme ? Toutes ces violations ne sont t-elles pas contraire aux valeurs Républicaines, si chères à nos journalistes, nos intellectuels, nos politiciens, nos dirigeants d’associations et nos philosophes ? Si cette République ne peut être garante des droits et des libertés de ses concitoyens de confession religieuse autre que judéo chrétienne alors je crois qu’il est temps de se poser la question de ce qu’est une République.

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Salam a b a,

On a à faire à une personne qui a menti a une autre pour conclure un contrat (et quel contrat !!). Que cette personne souhaite se marier avec une femme vierge, cela relève de sa liberté de choix ! Et ce n’est pas à nous, juste parce que nous sommes de la même religion, de le blâmer. Il a utilisé les lois en vigueur dans ce pays, on en a fait toute une affaire....
Quoi que nous fassions, le miroir (déformant) nous renverra une image malsaine, sauf à être des Béni oui oui...

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Salamou aleykoum,

merci beaucoup pour cet article...

salam

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Pour illustrer mes propos une petite anecdote qui vaut son pesant d’or, pris sur le site internet de Libération :

"Pour avoir osé envoyer quatre cartes postales représentant des seins nus, l’artiste de mail-art Philippe Pissier est aujourd’hui passible de trois ans d’emprisonnement. Il est accusé de trouble à l’ordre public."

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« "Une nullité du mariage fondée sur le défaut de virginité de l’épouse est contraire à l’ordre public", a indiqué lundi le secrétaire général du parquet général de la cour d’appel de Douai, Eric Vaillant, à l’Associated Press.
"L’erreur sur la virginité de l’épouse ne peut en aucun cas constituer une qualité essentielle de la personne qui permettrait d’obtenir la nullité du mariage. Une telle condition serait discriminatoire car elle porterait atteinte au principe de l’égalité entre l’homme et la femme, au principe de la libre disposition de son corps et à la dignité de l’être humain", a expliqué Eric Vaillant. »NOUVELOBS.COM | 22.09.2008

L’annulation du jugement n’a aucune validite juridique car base sur l’egalite des sexes, la dignite humaine, et menace a l’ordre pudlique.

Messieurs et Mesdames les juristes soyez plus credibles...car pouquoi ne pas interdire la circoncision de tradition abrahamique en evoquant les memes raisons ?

Il sagit d’une action politique qui n’a rien a voir avec une motivation juridique valable.

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"...Une telle condition serait discriminatoire car elle porterait atteinte au principe de l’égalité entre l’homme et la femme, au principe de la libre disposition de son corps et à la dignité de l’être humain", a expliqué Eric Vaillant. »NOUVELOBS.COM | 22.09.2008"

Donc si je comprends bien si je venais à épouser un homme et que la nuit de noce, il m’annonce ne rien pouvoir faire avec moi car il est homosexuel ou encore impuissant, je ne peux donc pas annuler mon mariage ?

Si je venais à épouser un homme et que la nuit de noce il m’apprenait que ses pratiques sexuelles sont à l’opposés des miennes, je ne pourrai donc pas annuler mon mariage ?

Autre question que vient faire l’ordre public dans ce cas ?

Quand on a plus d’argument pour justifier l’injustifiable on décide de jouer sur les mots et sur des pseudo trouble à l’ordre public. Un peu comme le cas de cet artiste que je cite si dessous qui risque une amende et trois ans de prisons, trouble à l’ordre public, pour avoir envoyé des cartes portales montrant la poitrine dénudée d’une femme. Mais les publicités qui polluent nos ecrans et les magazines montrant des femmes nues eux ne troublent pas l’ordre public ?

Qu’on m’explique !

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Les réactions ulcérées qui ont suivi la décision de la Juge Lilloise ont plus avoir avec la passion et les préjugés nauséabonds qu’avec la raison et le discernement. La Loi semble clairement du côté des ex-nouveaux-époux qui souhaitent, tout deux, l’annulation de leur mariage mort-né. Il est dès lors incompréhensible que la Vie Publique, les Media,... s’imposent dans un terrain strictement intime et privé, quitte à vouloir changer la Loi !!! C’est vous dire le niveau d’hystérie collective. J’ajouterais également qu’il est impossible et insensé de dresser une liste des qualités essentielles et des qualités non-essentielles dans un cadre législatif publique, dès lors que ces qualités ne concernent que le cadre strictement personnel et privé. Dès lors, on ne peut opposer à l’époux l’idée que ce qu’il considère, par conviction personnelle et/ou religieuse, comme une qualité essentielle n’en est légalement pas une ! C’est parfaitement insensé et ridicule. Si une liste légale des qualités essentielles devait être promulgée (personne j’imagine n’oserait s’y coller, sans risquer un lynchage), j’imagine alors les dérives qu’elles entraineraient : homosexuel, pas homosexuel, hétéro pas hétéro, handicapé pas handicapé, juif pas juif, chrétien pas chrétien, musulman pas musulman, riche pas riche,... j’en passe et des meilleurs... Sur cette affaire, c’est l’ensemble de la classe politico-médiatique qui s’est ridiculisée et faite piégée par ses instincts premiers, à l’instar de l’affaire de la fausse agression antisémite dans le RER D. Rechercher à présent une porte de sortie (je cite les media) "honorable" en invoquant un motif fallacieux (autre que la virginité - sensibilité personnel de l’époux) pour valider l’annulation inéluctable, c’est d’une hyprocrisie monumentale. La société Française est plus fragile et névrosée que je ne l’imaginais. Après l’affaire des signes distinctifs religieux en milieu scolaire (incomprise dans le Monde entier), notre titre honorifique de Patrie des Droits de l’Homme risque de nous être rapidement contesté.

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En fait aux dernières nouvelles les malades mentaux ont un peu mis d’eau dans leur vin. En fait, il ne critique pas le principe de la virginité mais que l’on puisse annuler un mariage sur base de ce principe,

Même si c’est hypocrite car le mariage est annulé sur base de mensonge sur la virginité et non pas pour non-virginté.

Bref il ne faut pas oublier, comme en témoigne l’actuelle vie politique et élitiste, que nous sommes dans la République du piston et de la promotion canapé, alors annoncer que la virginité est une vertue...

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Une photo dans un journal de Lille montrait une jeune protégée de Martine Aubry assise à côté de celle-ci à un congrès. La protégée en question une magrébine, exhibait son décolté et ses fesses qu’elle mettait en avant par une posture pour le moins vulgaire, ce qui n’était pas tant l’objet de la photo que l’attitude des vieux croulants du PS assis autour et matant la jeune aventureuse avec des yeux de merlants fris semblant complètement ignorer l’auditeur.

Quand j’ai vu la photo, j’avoue j’étais plier de rire

La promotion dans la république française c’est soit piston, papa y est pour quelque chose, soit promotion canapé

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Tout le monde a raison, mais il faut se rappeler qu’il ne s’agit ni d’un mariage moral, ni d’un mariage religieux, mais en d’un mariage civil. C’est un acte juridique bien défini par des textes de loi. Le (ou la) juge a eu tort d’annuler ce mariage civil, tout simplement parce que le motif invoqué n’est pas recevable par la loi en France. Que cette erreur ait été exploitée par la suite, c’est une autre chose. Le parquet a fait appel à cause du risque de jurisprudence qui aurait été incompatible avec l’esprit et la lettre de la législation. Il demande d’ailleurs de trouver un autre motif d’annulation (s’il existe). Mon avis personnel est que quand on a été "trompé" et que cette "tromperie" rend impossible la vie en couple selon les critères des époux, il y a la solution simple du divorce à l’amiable. Quant à annuler un mariage religieux, la loi laisse toute liberté, puisque cela n’est pas de son ressort.

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Monsieur Vandorpe,
Je vous adresse tous mes respects pour votre article dont la profondeur de reflexion et l’objectivite fait honneur a la democratie et aux Lumieres. Je regrette simplement que cet article ne figure pas dans les principaux "medias", qui sont decidement loin d’etre ce qu’ils pretendent.
Quant a mes soeurs et freres, je recommande bien volontiers de prendre exemple sur l’auteur de l’article, c’est a dire de defendre la rationalite, et de travailler dur !

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Salam aleykoum à tou(te)s

J’aimerai remercier le Tout-Puissant que mon père ait choisi le Canada comme patrie d’adoption et non la France ou les États-Unis parce que je m’imagine mal vivre dans de tels climats d’hostilités et de paranoia vis-à-vis notre communauté.

Au Québec, tout n’est pas rose, loin de là mais vraiment il me semble qu’en France, c’est un barrage médiatique, et des attaques soutenues et incessantes non-stop.

La peur et la haine de l’Islam y sont, me semble-t-il, beaucoup plus développées.

Tenez bon chers frères et soeurs que Dieu vous soutiennent, inchAllah.

Bonne fin de Ramadan en paix,
sérénité et tranquilité auprès d’Allah.

Merci Oumma.com et merci mr Vandorpe pour votre analyse rigoureuse et détachée.

wa salam

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Salam Eric, et ravie d’avoir enfin de tes nouvelles (écrits) aprés une longue absence !

Ces affaires en cascade " délibéremment provocatrices" sur les Musulmans et l’Islam ont un but bien précis : "Nous occuper" afin de nous faire perdre toute possibilité de sortir du guetto dans lequel on nous enferme !tenus loin de toute possibilité de s’intéresser aux problèmes politiques du pays, les promotions avec...Alors,de grâce ne cédons pas aux sirènes hurlantes et comme dirait le juge : "affaire classée...la suivante" !

Nous ne sommes pas encore au bout de nos peines !Nous allons encore entendre encore et encore des pas mures et des vertes... Alors soyons un peu fair play et surtout "anticipons" ! Faisons dans la dérision : à nos plumes,
caricatures,dessins et autres...." Et même si ça fait mal, c’est un mal pour un bien : Cela ne doit que renforcer notre FOI !et défendre vaille que vaille notre "ISLAM",fut-il violent ,plein de sang, n’en déplaise...

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Des qu’on melange sexualite et droit on entre dans le champ du symbolique. On (les politiques, les medias, les magistrats) recherchent la norme, et celle-ci passe necessairement par un referent culturel hegemonique ET inconscient.

Il est tout de meme choquant que la loi se mette du cote de la menteuse tout en sachant que cette derniere n’a jamais fait appel de la premiere decision de justice. Eusse-ete une affaire entre catholques traditionnalistes ou juifs orthodoxes, les reactions auraient-elles ete identiques ? Existe-t-il un feminisme a geometrie variable ? Que veut-on dire quand on impose aux musulmans de France d’entrer dans le rang ?

Pour revenir a la question de l’inconscient, le message de l’institution est plutot clair : l’integration passe par l’acceptation de l’impur, en l’occurrence la crise francaise matrimoniale et de la sexualite.

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"la République ne peut obliger quiconque à reconnaître comme essentielle l’abstinence sexuelle hors mariage. Mais elle ne peut pas, non plus, obliger quiconque à la reconnaître comme inessentielle." résume à mon sens finalement toute l’hypocrisie du moment. La société occidentale est si tant malheureuse qu’il lui faut à tout prix diaboliser tout ce qui ne lui ressemble pas pour éviter l’ opprobre. échangisme,célibat planent sur les ruines du mariage en désuétude. Qu’est devenu le mariage,ce rempart infranchissable,ce pilier central de la famille, si cher à l’occident ? Sauf à d’aller chercher des poux chez les autres,ils feraient bien tout ces donneurs de leçons, d’être un peu plus responsable.Ils sauraient que le mariage demande bcp de courage et de maturité qu’ils n’ont pas bien évidemment. Tout ces grands enfants que sont pour la plupart les occidentaux comprendraient enfin la profondeur de cet acte noble que nous recommande DIEU EXALTE SOIT-IL. La notion de"virginité"peut choquer certes mais dans l’esprit de ceux qui le souhaitent,elle est une condition et une garantie pour assurer une pérennité sans précédent dans un couple en offrant à la femme tout le bonheur qu’elle est en droit d’espérer. Quand une femme est heureuse :c’est toute la société qui est heureuse !

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DIDIER, vous ecrivez :« Le (ou la) juge a eu tort d’annuler ce mariage civil, tout simplement parce que le motif invoqué n’est pas recevable par la loi en France.
 »
Sans demontrer la veracite de votre opinion comment esperez-vous etre pris au serieux par les lecteurs d’Oumma.com ?

Jusqu’a preuve du contaire votre avis n’a aucun fondement juridique, alors que le contaire a facilement ete demontre par cet article et les contributions a ce texte. Prouvez-nous le contraire si vous en etes capable !

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Non Didier, vous faites des amalgames en occultant l’essentiel de cette affaire. La loi autorise cet homme d’annuler le mariage, pourquoi alors passer par le divorce puisque cette loi existe. Le motif n’est pas la virginité mais le mensonge. Le juge avait il raison ou pas peut importe il est juge est a décidé en son âme et conscience. Tous les jours des jugements sont rendus que nous pouvons qualifier de juste ou pas juste, mais c’est un jugement et nous devons le respecter ou le contrecarrer en faisant appel.
Vous dites : "Il demande d’ailleurs de trouver un autre motif d’annulation (s’il existe)." en gros de mentir serait le terme exact non ? De quelle justice parlons nous ? De peur que cela fasse jurispridence on decide d’annuler une decision de justice ! Y’a pas à dire nous progressons... donc la prochaine fois que vous porterez plainte pour un quelqconque fait et que vous gagnez le procés nos juges auront le droit de vous refuser la justice car votre cas risque de faire jurisprudence Logique non ?

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Pour Karim B de Montreal

Je ne vis pas au Canada mais je veux bien te croire sur parole.

La grande différence entre le Canada et la France c’est l’Histoire avec les musulmans

Les croisades, la colonisation et plus récemment la guerre d’Algérie

Pour ma part et depuis longtemps je considère toujours que la guerre d’Algérie n’est pas encore terminée !

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"...la guerre d’Algérie n’est pas encore terminée !" Ce qui n’est pas terminé c’est surtout le rapport de dominants-dominés. Aprés 132 ans de présence en Algérie, le poison du colonialisme avec ses préjugés, ses injustices et son concept de suprématie a effectivement beaucoup de mal à se dissiper en France, toutes classes et tous partis confondus malheureusement... d’où ce côté paternaliste pour traiter les problèmes des populations arabo-musulmanes en particulier. Le Canada, l’Angleterre et d’autres pays ont une approche beaucoup plus saines quant à la façon de cohabiter, du vivre ensemble avec des populations de religions différentes et d’horizons différents. Long is the road...

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Pour Amazone, et Oumma.com-UK-fan
Je suis désolé, mais j’aurais dû vous préciser que j’ai beaucoup d’amis proches avocats avec qui j’ai abordé ce sujet. Mon (et donc leur)point de vue est uniquement juridique, et fondé sur le droit. Quand j’évoque le danger de la possibilité de voir une jurisprudence issue de ce jugement, Amazone, ce n’était pas le fait qu’un jugement fasse jurisprudence, car vous avez parfaitement raison, le droit français avance en partie avec la jurisprudence, mais c’est parce que dans ce cas particulier, cette jurisprudence spécifique aurait potentiellement été en contradiction frontale avec certains points de la législation et la constitution qu’il est inenvisageable de restreindre. Tôt ou tard, cette jurisprudence (si elle avait été retenue) aurait fait l’objet d’une mise au point du législateur qui l’aurait nécessairement annulée ou vidée de sa substance. Mais dans l’entrefaite, un certain nombre de situations juridiques incohérentes et parfois dommageables auraient sans doute été créées.

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DIDIER, je constate que vous n’avez pas repondu a mes questions... Puis-je me permettre de vous inciter a etudier les bulletins de Maitre Eolas a propos de cette affaire en esperant que ceux-ci vous interpelleront ? http://maitre-eolas.fr

Voici des extraits de l’article : “N-y-a-t-il-que-les-vierges-qui-puissent-se-marier ?”

« Ce jugement ne dit absolument pas que le mariage d’une femme non vierge est nul, ni que la virginité est une qualité essentielle de la femme. Il dit ceci et rien d’autre. Madame Y… a menti à Monsieur X… sur un point qu’elle savait très important pour lui. Elle savait que si Monsieur X… avait su la vérité, il ne l’aurait probablement pas épousé. Et d’en tirer les conséquences légales que lui demandent les deux époux dans ce qui après tout est leur vie. »

« Attendu qu’en l’occurrence, [l’épouse] acquiesçant à la demande de nullité fondée sur un mensonge relatif à sa virginité, il s’en déduit que cette qualité avait bien été perçue par elle comme une qualité essentielle déterminante du consentement de [l’époux] au mariage projeté ; que dans ces conditions, il convient de faire droit à la demande de nullité du mariage pour erreur sur les qualités essentielles du conjoint. »

« Il en(le juge) déduit de cet acquiescement inefficace un aveu judiciaire : article 1356 du Code civil. L’épouse dit acquiescer à la demande de son mari. Elle ne le peut pas, mais ce faisant, elle avoue devant le juge qu’elle savait que son hymen importait à son époux et qu’elle savait qu’elle ne l’avait plus (son hymen, pas son mari ; quoique maintenant elle n’a plus ni l’un ni l’autre). »

Dans so dernier article, “Cachez moi cette virginité que je ne saurais voir ! il ajoute : « Nous avions deux époux qui ne voulaient plus l’être et étaient tombés d’accord pour une solution rapide, à défaut d’être élégante. Si fait, a dit la justice.
Mais la société en a décidé autrement. Elle est intervenue, sous la pression d’une partie de l’opinion publique, qui était soit aveuglée par son idéologie, soit tenue dans l’ignorance de ce que disait réellement ce jugement, dans cette séparation, »

Cordialement.

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Pardonnez mon manque de culture mais vous dites Didier :"...cette jurisprudence spécifique .." La jusrisprudence est toujours par nature "spécifique" alors pourquoi celle ci est plus spécifique qu’une autre ? Représente t-elle un danger pour l’ordre public ? Remet t-elle en cause l’équilibre de la socièté Française ? En quoi cette jurisprudence aurait été " ...en contradiction frontale avec certains points de la législation et la constitution " ?

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Cette annee est pleine d’ innovations culinaires. Voici deux recettes visant a transformer les bons Musulmans en Republicains laiques :

Le Mulet et le Couscous a la sauce Kechiche.

La beurette facon jupette sur canape Socialiste acompagnee de Merlant frit.

Bien Vu a b !

Pardonnez-moi ces delires culinaires , nous sommes a deux heures de l’ Iftar, ici a Londres.

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Merci à M. Vandorpe pour cet article solide sur l’aspect sociologique de l’exploitation médiatique de cette affaire, qui est un cas patent de délire islamophobe.

Mais une question juridique reste posée dans l’affaire elle-même, et c’est plutôt cela qui devrait nous intéresser en tant que musulmans ou non, adeptes ou non de la sexualité avant le mariage, et susceptibles de nous marier.

Le Code Civil est pratiquement muet sur "les qualités essentielles de la personne dans un contrat", dont la définition est laissée à la jurisprudence. Nous ne savons pas si ces qualités doivent être appréciées en l’espèce pour un contrat donné (approche contractualiste) ou bien dans l’absolu en fonction des valeurs de la société française, par exemple. La juge de première instance a tranché de façon professionnelle et technique en faveur de l’approche contractualiste, mais une autre approche plus politique peut très bien être adoptée en appel.

Le contrat de mariage a beau être de droit privé, il a aussi un rôle social, public. Un mariage peut être régulier sur le plan contractuel et néanmoins troubler l’ordre public, surtout si le trouble est habilement développé par des campagnes de délire phobique.