Lundi 14 July 2014
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La pratique de la foi, constat et méthode

La pratique de la foi, constat et méthode
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Le Messager de Dieu, puisse Dieu prier en sa faveur et le saluer, a donné trois définitions de la foi. Elles vont de la plus abstraite à la plus pratique...

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Foi et pratique de la foi


Le Messager de Dieu, puisse Dieu prier en sa faveur et le saluer, a donné trois définitions de la foi. Elles vont de la plus abstraite à la plus pratique. La première est citée dans le Hadith 1 de l’archange Gabriel qui, venu sous une forme humaine, interrogea le Prophète sur la foi ; il répondit : « … La foi c’est croire en Dieu, Ses anges, Ses Livres, Ses messagers, le jour dernier et la prédestinée bénéfique soit-elle ou maléfique ». Cette définition ne protège pas le musulman soucieux d’avancer dans son éducation et son cheminement vers Dieu contre une évaluation erronée de sa foi. En effet, on n’éprouve aucune difficulté à dire qu’on croit en Dieu et en tout ce qu’Il dit, mais en réalité, on ne fait qu’en reconnaître l’existence. Une reconnaissance froide qui n’aboutit en général à aucune activité. La foi, elle, est active. C’est le sens de la deuxième définition que nous donne le Messager, puisse Dieu le bénir et le saluer. Il dit : « La foi est ce qui se loge dans le cœur et est confirmée par les œuvres ».

Cette définition fait le lien entre la foi et la pratique. Deux situations pathologiques sont à éviter. Lorsque la foi ne jaillit pas en terme de pratique, et lorsque les actions sont là, mais le motif en est la foi en une cause terrienne plutôt que la foi en Dieu, Ses messagers et le Jour dernier.

La troisième définition met l’accent sur la pratique. Le Messager de Dieu dit 2 : « La foi est constituée de soixante-dix et quelques affluents. Le plus haut c’est de dire "Il n’y a de dieu que Dieu", la moins haute3 c’est d’écarter les choses gênantes du chemin, et la pudeur est un affluent de la foi ». Les affluents de la foi sont des actions qui témoignent de la foi qui s’est logée dans le cœur. Des savants tel qu’al-Baïhaquî ont fourni l’effort de les extraire des sources sacrées et de les réunir dans des recueils. On y trouve la prière, le jeûne, l’aumône, le pèlerinage. On y trouve aussi l’amour de Dieu et de Son messager, le bon comportement envers les parents, envers l’épouse ou l’époux et les voisins, l’endurance, gagner sa vie…etc. Voir à ce sujet le livre "Révolution à l’heure de l’Islam" de A. Yassine qui, écrit en français, détaille tous ces affluents. Accéder aux hauts degrés Avoir une foi et une pratique au même niveau que les compagnons du Prophète n’est pas le privilège exclusif des premiers fidèles et de la première ère de l’Islam. Le prix de l’excellence est toujours offert à ceux qui en font les frais. Dieu dit : « Les précurseurs ! les précurseurs ! Ce sont eux les rapprochés. Ils sont dans les jardins des délices … ? un groupe parmi les premiers et un nombre réduit parmi les derniers » (V.10, S.56). Les gens qui atteignent les plus hauts degrés existent dans les premières générations de la foi et dans les générations ultérieures. D’autre part, Dieu réunit dans un même niveau de Son agrément les premiers précurseurs et ceux qui les ont suivit sur la voie de la perfection et de l’excellence. Il dit : « Les premiers précurseurs parmi les Immigrés (Mouhâjirîne) et les Auxiliaires (Ansâre) ainsi que ceux qui les ont suivis par l’excellence, Dieu les a agréés et ils l’ont agréé » (V.100, S.9).

Par ailleurs, le Prophète annonça à ses compagnons, alors que sa Mission arrivait à son terme, qu’il aimerait voir ses frères. Il explique plus tard que ses frères sont des fidèles qui, venant après lui, sacrifieraient leurs biens et leurs familles rien que pour le voir, tellement ils l’aiment. Dans un autre récit, Le Prophète prédit l’avènement des "jours de patience". Celui qui endure de faire les bonnes œuvres pendant ces jours aura le salaire de cinquante parmi les compagnons !

Nous en concluons que le concours de la foi est toujours ouvert, les grands prix ainsi les moins grands sont toujours au bout des itinéraires.

Comment alors vivre la foi et la pratiquer au plus haut niveau ? Comment suivre les précurseurs de la première ère par l’excellence ? Comment entrer de plein cœur et de plein pied dans la foi et sa pratique ? Un constat sur la méthode Un constat est nécessaire. Nous ne parlons pas d’un constat qui met en évidence les points forts et les points faibles de la pratique actuelle de la foi, et les difficultés rencontrées lors de cette pratique. Notre constat relève de la méthode suivie pour loger la foi et construire sa pratique chez un être humain.

Il est certain que si on veut parler de la foi sans envisager de la construire, alors on donne place à des priorités pédagogiques, philosophiques ou autres. Par contre si notre souci est de construire une personnalité qui jouit d’une pratique intégrale de la foi alors les priorités de construction, l’ordre et la hiérarchie des notions deviennent des critères indispensables.

Une vue sur le modèle du Prophète Les premiers musulmans suivaient les enseignements du Messager de Dieu, puisse Dieu le bénir et le saluer, et évoluaient en fonction de la révélation progressive du Coran. Celui-ci, pendant une durée de vingt-trois ans, accompagnait l’accomplissement du projet divin et le parachèvement de l’édifice de l’Islam. Il en était de même pour les enseignements du Prophète. Tous les versets et les hadiths se rapportent à des contextes bien déterminés qui doivent intervenir dans leurs analyses. Nous rappelons ici ces paroles d’Ibn Mass’oud, puisse Dieu l’agréer, qui dit : « Pour chaque verset du Coran, je sais s’il a été révélé la nuit ou le jour, où il a été révélé et les personnes qu’il concernait ».

Les négateurs, soucieux et impatients d’arriver à leur fin, souhaitaient que le Coran soit révélé en une fois. Dieu répond : « Ainsi nous l’avons voulu afin de raffermir ton cœur avec (le Coran) » (V.32, S.25). Un Coran révélé à doses précises aux moments opportuns pour que la marche des croyants vers le parachèvement de la foi et la maturité de la communauté soit menée à bien.

Le besoin de la Voie

Malgré une pratique insatisfaisante de la foi, les musulmans comptent aujourd’hui un héritage précieux de textes sacrées. Un Coran entier et authentique par la grâce de Dieu et des dizaines de milliers de hadiths hérités du Prophète, puisse Dieu prier en sa faveur et le saluer, et des compagnons, puisse Dieu les agréer.

A cela manque l’itinéraire qui, à travers les enseignements du Coran et des hadiths, peut nous mener du seuil de l’Islam aux plus hauts degrés de la foi, de la division à la qualité de meilleure communauté. Au-delà d’une tradition prophétique fragmentée sur un ensemble de textes, souvent classés selon des critères de facilité d’accès, quelle voie le Messager de Dieu a-t-il emprunté pour "construire" des personnalités de foi, changer la réalité des âmes et du terrain, promouvoir le spirituel et le social, purifier l’intime et le relationnel. A partir des textes conservés, nous cherchons à retrouver une ligne tracée, un sentier jalonné. Comment ordonner, hiérarchiser, notre pratique du Livre et des hadiths afin de grimper les échelons des vertus gestuelles et spirituelles, individuelles et collectives, jusqu’à l’excellence (Ihsane), plus haut degré de l’Islam. En d’autres termes, quelle est la Voie du Prophète sur laquelle ses enseignements sont classés dans un ordre éducatif, constructif ?

Deux approches différentes des sources sont à distinguer : ranger pour conserver, c’est à dire classer les sources dans des recueils où on peut les consulter selon le besoin ; et ordonner pour construire.

Cheminer vers Dieu, s’élever dans les degrés, purifier son âme est un langage qui relève de la tradition soufie. Ces dignes conservateurs de la spiritualité musulmane et maîtres de la purification du cœur font l’objet de beaucoup de controverses. Nous ne nous y arrêtons pas, mais affirmons que ces notions traditionnellement attribuées aux soufis sont d’une pure origine coranique et prophétique. Dans le Coran on trouve des versets tels que « Concourrez vers une absolution... » (V.21, S.57), « Hâtez-vous vers une absolution... » (V.133, S.3), « C’est en cela (les degrés du paradis) que doivent rivaliser les rivaux... » (V.26, S.83). Dans le Hadith de l’archange Gabriel on trouve que la religion est constituée de trois sphères concentriques, l’islam puis l’imane et enfin l’ihsane le degré le plus noble.

Sunna et Voie

Aujourd’hui, la Sunna est un ensemble de recueils qui regroupent essentiellement les paroles, les gestes et les consentements du Messager de Dieu. Mais dans les premiers temps de l’Islam, la Sunna représentait l’action au quotidien du Prophète, sa démarche pour sortir les gens des ténèbres vers la lumière. Il était, bénédiction et paix de Dieu sur lui, un "Coran qui marchait sur Terre". La Sunna aujourd’hui est en fait une trace écrite de la Voie du Prophète paix et bénédiction sur lui. Le
Minhaj, vocable arabe et coranique qu’on traduit par voie, est cité dans la sourate Le plateau servi. Dieu dit : « A chacun d’entre vous (les trois religions monothéistes) nous avons assigné un Chemin et une Voie » (V.48, S.5). Selon une citation de Ibn Abbas, le Chemin est l’ensemble des enseignements du Coran, la Voie est l’ensemble des enseignements du Prophète. Ainsi, Voie et Sunna sont synonymes avec une différence subtile que nous ne cesserons de souligner c’est que la Sunna, telle qu’elle est perçue aujourd’hui, est une vision fragmentaire de la voie claire, cohérente et homogène tracée au quotidien par le Prophète, puisse Dieu le bénir et le saluer.

Pour reconstruire l a communauté qu’étaient, moralement et socialement, les musulmans de la première ère, il nous faut une reconstitution de la voie du Prophète. C’est à dire une ligne de pensée et d’œuvre qui inscrit de manière constructive les différentes sources.

Pour terminer, et dans un souci de mise en relief, nous donnons seulement le premier élément de réponse. Le constat intime Je fais mon premier pas sur la Voie lorsque moi, serviteur de Dieu, lis la parole de Dieu et me rends compte que le but de ma vie est de réussir le parcours qu’Il m’a tracé.

D’une part, Dieu m’incite à m’engager dans la montée qui mène à Lui. En s’adressant à l’Homme en général, Dieu dit dans la sourate La Cité « Ne s’engagera-t-il pas dans la montée. Et que sais-tu ce qu’est la montée... ». Nous retenons l’interprétation de la montée en terme de difficultés rencontrées lors du combat perpétuel contre l’ego, les passions et le démon. Ainsi interprétée, Hassan al-Basri qualifie la montée par ces termes : « Certes, c’est une montée très pénible, par Dieu ». D’autre part, Dieu me montre le mérite qu’Il réserve à Ses serviteurs aux âmes tranquillisées par l’effort de purification. Dieu dit dans sourate L’aube « Ô ! âme tranquillisée, retourne vers ton Seigneur agréante et agréée. Rentre donc parmi mes serviteurs et rentre donc dans mon paradis. ».

Puis entre les deux appels, celui qui m’incite à m’engager dans la montée et celui qui honore l’âme tranquillisée, je trouve des commandements destinés au groupe des croyants.

Donc, moi, serviteur de Dieu, le cœur motivé par Sa récompense, réagis favorablement à Son appel pour m’engager.

Le chemin commence par ce constat que nous appelons le constat intime. Le départ ne doit pas se faire sur la base d’un constat social, politique ou économique. Il faut agir pour s’engager dans la montée, non pas réagir à une donnée du terrain à partir d’une position intime mal définie.

1. Hadith rapporté par Mouslim.

2. Hadith rapporté par Mouslim.

3. Aussi, la plus proche et la plus accessible.

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