La perception très mitigée des français à l’égard de l’islam

S’il y a bien un domaine d’activité qui tire ses marrons du feu en cette période houleuse de « crise

vendredi 11 décembre 2009

S’il y a bien un domaine d’activité qui tire ses marrons du feu en cette période houleuse de « crise identitaire », c’est indéniablement celui des instituts de sondage, sollicités à tout-va pour prendre le pouls de l’opinion sur La thématique qui a supplanté toutes les autres : la religion musulmane.

Les études s’enchaînent dans un tourbillon de questions à donner le vertige à n’importe quel bon citoyen français de souche, à qui l’on impose de refaire le monde sur un sujet complexe et sensible par le petit bout de la lorgnette, a fortiori au pic de la tempête.

« Pour ou contre le voile intégral ? », « Pour ou contre les minarets ? », « C’est quoi être français ? », interrogés à chaud, abreuvés d’émissions ou d’articles qui confinent aux conversations de bistrot, les français sont maintenus sous une pression peu propice à un jugement rigoureux, distancié et serein.

Le dernier sondage en date est le fruit de l’investigation menée par le CSA pour le Parisien, qui a mis en lumière la perception qu’ont nos concitoyens de la religion musulmane, en d’autres termes de sa compatibilité avec la république.

Aussi, n’est-ce pas un grand coup de tonnerre d’apprendre que seulement une courte majorité de français, 54%, juge l’islam compatible avec la vie en société, alors que comparativement les personnes interrogées considèrent à une écrasante majorité que les religions catholique et juive ne posent aucun problème, respectivement à 82% et 72%. Même si ce résultat traduit une évolution dans le bon sens, l’islam dénote encore dans le paysage…

Si l’on pousse encore plus loin la hiérachisation de sa compatibilité avec toute forme de socialisation, l’islam est estimé « tout à fait compatible » par un très faible nombre d’individus, 14%, « plutôt compatible » à 40%, la nuance est d’importance, tandis que 19% le disent « plutôt pas compatible », 21% le taxant d’une « totale incompatibilité » (6% ne se prononçant pas).

Dans la sphère politique, c’est le Modem qui fait montre de la plus grande ouverture et tolérance, 77% des partisans déclarant l’islam compatible avec la société française, contre 65% pour les sympathisants de gauche et 51% des sympathisants de droite.

En demi-teinte, le rapport des français à l’islam se résumerait donc à deux postures : oui à la pratique de l’islam circonscrit à la sphère privée, non à une trop grande visibilité des musulmans dans l’espace public. Mais là, ne sortons-nous pas du cadre juridique de la loi de 1905, en rognant de manière sélective sur une liberté individuelle fondamentale : s’habiller selon ses goûts ?

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