La parodie du voile intégral a de beaux jours devant elle !

Brillant, édifiant et revigorant, l’art de la parodie a fait les grandes heures de la littérature et de la

mardi 16 mars 2010

Brillant, édifiant et revigorant, l’art de la parodie a fait les grandes heures de la littérature et de la dramaturgie françaises, sous la plume d’illustres auteurs qui étaient alors animés du feu sacré.

Un talent caricatural qui maniait avec dextérité la raillerie des puissants, et forçait le trait à bon escient. Un génie aujourd’hui perpétué par certains, avec plus ou moins de maestria, qui a une forte propension à jouer avec le feu, mû par des objectifs souterrains, et nettement moins universels…

Toujours en quête d’images chocs et de slogans du même tonneau, la communication n’est pas en reste, et cède à son tour aux sirènes d’une dérision inepte, mais sensationnaliste, à l’effet garanti auprès de consommateurs assaillis de toutes parts par des pubs visuellement agressives, suggestives, et au final évocatrices de quoi… ? Là est toute la question.

Autre ton, autre style, après l’affiche du FN qui a une fois de plus ouvert les hostilités, une campagne d’affichage corse, lançant un nouveau quotidien « 24 ore » (24 heures), a rebondi sur la thématique surmédiatisée du voile intégral pour bousculer le monopole journalistique local détenu par Corse-Matin.

Mettant en scène trois femmes enburkanées, visiblement retouchées à la palette graphique, et en exergue l’accroche sournoise et à tiroirs : « Sans choix, comment faire le bon ? », les femmes voilées intégralement pouvaient-elles un jour imaginer passer, sans transition, du statut d’épouvantails à celui d’icônes promotionnelles, afin d’asseoir la notoriété du dernier-né de la presse de l’île de Beauté ?

Porte ouverte à toutes les interprétations, qui ne contribuera qu’à enfoncer des portes ouvertes islamophobes, ce degré zéro de l’art du pastiche mériterait, à son tour, d’être placé sur la sellette de l’ironie mordante pour en démontrer l’insondable bêtise et l’extrême nocivité.

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