La nouvelle crise identitaire du gouvernement

Traversé par une nouvelle crise identitaire, où le poids des mots renferme un piège électoraliste grossier

mardi 3 novembre 2009

Traversé par une nouvelle crise identitaire, où le poids des mots renferme un piège électoraliste grossier, le gouvernement Sarkozy, qui promettait des lendemains qui chantent dans la « France d’après », nous ressert sans modération, à quatre mois des régionales, un de ses fameux couplets qui ont fait fureur auprès de l’électorat FN lors de la campagne présidentielle : « Mais au juste, c’est quoi être français ? ».

Entonnant la Marseillaise pour unique réponse, ou presque, le chantre de l’identité nationale, Eric Besson, qui gravit les échelons ministériels en reniant tous ses engagements passés, se fait le porte-voix d’une introspection collective dictée par l’Etat, alors que nous pourrions légitimement lui retourner le même type de question : « Mais, au fait qui est Besson ? ».

Promu ministre de l’immigration et de l’intégration nationale depuis peu, le célèbre transfuge de la gauche, qui hier caricaturait Sarkozy en « caniche de Bush », assume aujourd’hui pleinement le modèle républicain Sarkozyste, sans complexes.

Un modèle pourtant des plus insidieux qui, en jouant sur les mots, a réussir à introduire l’idée selon laquelle l’immigration met en péril l’identité nationale, laquelle serait décrétée par un Etat exacerbant un populisme funeste, abusant les citoyens par de fallacieux questionnements.

Pour couronner le tout, des débats participatifs, poudre aux yeux, s’organiseront sous la tutelle des préfets, où il ne fait pas l’ombre d’un doute que certains citoyens auront plus voix au chapitre que d’autres…

"Les recommandations du rapport du Haut Conseil à l’Intégration verront très bientôt une réalisation tangible", a assuré Eric Besson en déclarant qu’il fallait "exiger de notre jeunesse qu’elle connaisse et qu’elle respecte autant que nous ces valeurs".

La crise identitaire pour étouffer dans l’œuf la seule valeur française capable de rassembler le plus grand nombre : la crise économique ! On est bien loin du projet de société salvateur pour une France unie, confiante dans ses valeurs républicaines parce qu’économiquement redressée.

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