La notion d’Esprit

Les docteurs musulmans font une distinction entre le vocable " âme " traduit par " nafs " et celui de " rû

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vendredi 25 octobre 2002

Les docteurs musulmans font une distinction entre le vocable " âme " traduit par " nafs " et celui de " rûh " qui définit tantôt " Esprit ", tantôt " Souffle. " L’un a un caractère charnel, matériel, corporel. L’autre revêt un sens spirituel, immatériel. C’est le second aspect du terme que nous étudierons.

Dans le Coran, l’expression " Esprit fidèle " est attribuée à l’ange Gabriel en sa qualité d’intermédiaire entre Dieu et le Prophète quant à la communication de la Révélation : " Oui, le Coran est une Révélation du Seigneur des mondes ; -l’Esprit fidèle est descendu avec lui sur ton coeur pour que tu sois au nombre des avertisseurs " (S. XXVI, 192, 193, 194).

Gabriel, étant l’ange de la Révélation, Dieu l’envoyait aux serviteurs choisis par Lui pour en faire des avertisseurs auprès des hommes : " L’Esprit provient de son Commandement, il le lance sur qui il veut parmi ses serviteurs avec la mission d’avertir les hommes " (S. XL, 15).

Le mot s’applique également au même ange quand celui-ci apparut sous une forme humaine à Marie, mère de Jésus : " Nous lui avons envoyé notre Esprit ; il se présenta devant elle sous la forme d’un homme parfait " (S. XIX, 17).

" L’Esprit de sainteté " est aussi une dénomination de l’ange Gabriel désigné par Dieu pour assister Jésus dans sa mission : " Nous avons accordé des preuves incontestables à Jésus, fils de Marie, et nous l’avons fortifié par l’Esprit de Sainteté " (S. II, 87 et 253), " O Jésus, fils de Marie... Je t’ai fortifié par l’Esprit de Sainteté " (S. V, 110).

Le terme " Esprit " revient dans le Coran pour désigner le Souffle divin qui avait donné vie à Adam : " Après que je l’aurai harmonieusement formé, et quand j’aurai insufflé en lui de mon esprit " (S. XV, 29).

Il est encore utilisé dans le sens de " Souffle " quant à la conception de Jésus, celui-ci étant le " Verbe de Dieu " (kalimatu-hu) : " Sa parole qu’il a jetée en Marie " (S. IV, 171). " Et celle qui était restée vierge... nous lui avons insufflé de notre Esprit. Nous avons fait d’elle et de son fils un Signe pour les mondes " (S. XXI, 91). Notons que Dieu ne dit pas " fils ", mais " fils de Marie ", expression qui revient chaque fois qu’il est question de Jésus.

Comme nous l’avons indiqué, la définition traditionnelle de " Esprit fidèle " et " Esprit de Sainteté " se réfère à l’ange Gabriel. Ibn Sinâ, par contre, fait une distinction entre les deux expressions. En ce qui le concerne, " Esprit de Sainteté " est bien de l’ordre des Chérubins, quant à " Esprit fidèle ", d’un rang inférieur, est de l’ordre des " substances spirituelles immuables ".

 

Extrait du "Dictionnaire élémentaire de l’Islam"

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Auteur : Tahar Gaïd

Tahar Gaïd est né le 22 octobre 1929 à Timengache, Beni Yala (Wilaya de Sétif). Après des études aux médersas de Constantine et d'Alger, il exerce la fonction d'enseignant à Tighanif, près de Mascara, puis à Alger. Militant du PPA/MTLD, il participe à la lutte pour la libération nationale. Il prend l'initiative d'organiser des cellules FLN à Tihganif, anciennement Palikao. Arrêté en mai 1956, il est détenu pendant six années consécutives dans les prisons et les camps d'internements en Algérie. Dès 1963, il opte pour la carrière diplomatique en qualité d'ambassadeur dans plusieurs pays africains. En 1978, il cesse toute activité administrative. A partir de 1980, il se consacre dès lors aux aspects théoriques et pratiques de l'Islam. Il se signale par la publication du Dictionnaire élémentaires de l'Islam (OPU). Il est aussi l'auteur d'autres livres dont Réalités universselles de l'Islam( OPU ) et Religion et Politique en Islam (aux éditions Bouchene) Parallèlement à ces écrits, il publie à L'OPU un lexique philosophique arabe-français et français-arabe.

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