Samedi 26 mai 2012
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La nation toute nue

La seule « valeur », jugée essentielle à la communauté française, expressément mentionnée par le Conseil d’État dans cette affaire est le « principe d’égalité des sexes ». Le moins que l’on puisse dire est que ce principe n’est en rien constitutif de l’identité française. Qu’il suffise de jeter un coup d’œil sur les bancs du Parlement ou sur les sièges des conseils d’administration des sociétés cotées en Bourse pour s’en convaincre. Les « barbus » de la IIIe République ont tout fait pour retarder l’accès des femmes au droit de vote qu’elles revendiquaient.

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Par un arrêt en date du 27 juin 2008, qui a fait couler beaucoup d’encre, le Conseil d’Etat, sur le rapport de Madame Sophie-Caroline de Margerie, Conseiller d’État, et au vu des conclusions de Madame Emmanuelle Prada-Bordenave, Commissaire du gouvernement, a confirmé l’opposition du Gouvernement à l’acquisition par mariage de la nationalité française d’une marocaine, Faïza A., sous la motivation suivante :

« Considérant qu’il ressort des pièces du dossier que, si Mme A possède une bonne maîtrise de la langue française, elle a cependant adopté une pratique radicale de sa religion, incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française, et notamment avec le principe d’égalité des sexes ; qu’ainsi, elle ne remplit pas la condition d’assimilation posée par l’article 21-4 précité du code civil ; que, par conséquent, le gouvernement a pu légalement fonder sur ce motif une opposition à l’acquisition par mariage de la nationalité française de Mme A »

La loi ne prévoit en effet pas que la personne mariée à un conjoint de nationalité française peut de plein droit acquérir cette nationalité. Si une simple déclaration y suffit, il demeure que, aux termes de l’article 21-4 du Code civil, « Le Gouvernement peut s’opposer, par décret en Conseil d’État, pour [...] défaut d’assimilation, autre que linguistique, à l’acquisition de la nationalité française par le conjoint étranger »

Le Conseil d’État ayant écarté les moyens de la requérante, tirés de la liberté d’expression religieuse et de l’article 9 de la convention européenne de sauvegarde des droits humains et des libertés fondamentales, et les règles de la procédure ayant été respectées par le Gouvernement, il semble bien que l’arrêt en question soit inattaquable sur un strict point de vue juridique. Mais la règle de droit qu’il met en œuvre mérite d’être interrogée.

Quoique la décision ne fasse aucune allusion au comportement vestimentaire de Faïza A., on sait par le débat suscité par cette affaire que ce que l’arrêt du 27 juin caractérise comme « une pratique radicale de sa religion » se manifestait entre autres par le port du « niqab » (voile couvrant ne laissant paraître que les yeux), inexactement désigné comme « burqa » (tenue traditionnelle afghane, qui masque le visage des femmes derrière un genre de grillage) par la plupart des commentateurs. Madame Prada-Bordenave précisait en outre dans son rapport que « elle mène une vie presque recluse et retranchée de la société française. Elle n’a aucune idée sur la laïcité ou le droit de vote. Elle vit dans la soumission totale aux hommes de sa famille et semble trouver cela normal. L’idée même de contester cette soumission ne l’effleure même pas ». Et d’ajouter que ses déclarations sont « révélatrices de l’absence d’adhésion à certaines valeurs fondamentales de la société française ». Il n’en fallait pas moins pour fonder la décision.

On n’épiloguera pas sur la vraisemblance qu’une femme, fût-elle marocaine, s’exprimant parfaitement en français, n’ait ainsi « aucune idée [ ! ] sur la laïcité ou le droit de vote ». Mais on peut gager qu’il y a bien du fantasme orientalisant, et dans le fond bien du mépris, derrière une telle imputation. Il est par contre fort possible que Faïza A. et la commissaire du Gouvernement ne partagent pas le même point de vue quant à ces questions. Mais peu importe. On n’insistera même pas sur l’affirmation que cette femme, dont les voisins attestent qu’elle va comme tout le monde faire ses courses dans le quartier, et bavarde tranquillement avec ses voisines, aurait vécu « retranchée de la société française ». Car la question de fond, si l’on tient pour acquis que la décision en cause est bien fondée en droit, c’est la règle de droit elle-même, et le nationalisme, c’est à dire le racisme, qu’elle sous-tend.

De quoi s’agit-il en effet ? Le Conseil d’État valide le décret du Gouvernement s’opposant à l’acquisition de la nationalité française par mariage, par une femme marocaine, et ce pour « défaut d’assimilation », au motif que sa pratique, qualifiée de « radicale » de sa religion, serait incompatible avec les « valeurs essentielles de la communauté française », au rang desquelles le « principe d’égalité des sexes ».

Il n’y a pourtant pas grand chose ici qui aille de soi.

Qu’est-ce, par exemple, que cette « assimilation » exigée pour l’acquisition de la nationalité française ? On peut imaginer que cela veut dire que l’étranger-ère est devenu « similaire », « semblable » aux français-es. Mais qu’est-ce que cela signifie ? Les français-es, sont tou-te-s différent-es. Auxquel-le-s faut-il être semblables ? A quel type moyen ?

On peut certes plutôt imaginer que l’assimilation consisterait simplement à avoir une vie « normale » dans la société française. Mais on retombe sur cette notion de « normalité ». Qu’est-ce qui pourrait définir une vie « normale » dans un pays où existent des centaines de modes de vie, de choix, de goûts, d’opinions différentes ?

L’élément légal qui permet au Gouvernement de s’opposer à l’acquisition de la nationalité française est donc des plus flous, des plus incertains. Pour caractériser le défaut d’assimilation, le Conseil d’État a en conséquence recours à une notion qu’il semble considérer comme définissant l’assimilation, l’adoption des « valeurs essentielles de la communauté française », que la commissaire du Gouvernement avait évoquées comme « valeurs essentielles de la société française ».

Or, cette notion est elle-même très incertaine. L’évoquer suppose en effet, qu’on tienne pour acquis, que la « communauté française » partagerait bien des « valeurs essentielles ». Il est pourtant difficilement discutable que rares sont les « valeurs » qui seraient effectivement partagées par l’ensemble de la « communauté française », ici considérées – puisqu’il s’agit d’accession à la nationalité – comme des valeurs « nationales » (le sens premier du mot « nation » est d’ailleurs celui de « communauté »). Et la communauté c’est à dire la nation française, et à plus forte raison la société française, n’a rien d’homogène, à quelque point de vue que ce soit. En particulier pas du point de vue de ses « valeurs ».

La seule « valeur », jugée essentielle à la communauté française, expressément mentionnée par le Conseil d’État dans cette affaire est le « principe d’égalité des sexes ». Le moins que l’on puisse dire est que ce principe n’est en rien constitutif de l’identité française. Qu’il suffise de jeter un coup d’œil sur les bancs du Parlement ou sur les sièges des conseils d’administration des sociétés cotées en Bourse pour s’en convaincre. Les « barbus » de la IIIe République ont tout fait pour retarder l’accès des femmes au droit de vote qu’elles revendiquaient.

Les femmes ont dû lutter pendant des décennies contre une République essentiellement patriarcale pour obtenir des droits aussi élémentaires que l’égalité dans le mariage, le droit à la contraception ou à l’avortement – lequel est régulièrement mis en cause au sein même de la « communauté française » – ou la reconnaissance du viol entre époux. Il se trouve même assez de membres dûment estampillés de la « communauté française » pour lesquels l’égalité des sexes est une valeur tellement essentielle que chaque semaine, trois femmes meurent de violences conjugales.

Ainsi, lorsque Valérie Pécresse affirme que «  le Conseil d’État en rendant cette décision a voulu réaffirmer qu’on ne pouvait pas avoir la nationalité française quand on n’adhérait pas à ce principe », elle attribue à la Haute juridiction une contrevérité évidente, du même ordre que celle énoncée par Nicolas Sarkozy lorsqu’il affirmait au cours de sa campagne électorale que « être français, c’est respecter la loi ». Tout ce qui existe est possible, et on peut à l’évidence avoir la nationalité française sans respecter la loi et sans adhérer au principe de l’égalité entre les sexes.

L’absence d’adhésion de Faïza A. aux valeurs nationales de la France est en outre induite par l’arrêt du 27 juin du fait qu’elle aurait adopté « une pratique radicale de sa religion ». Là encore, on ne peut que s’interroger. Tout d’abord, cette notion ne recouvre rien de bien déterminable. Le fait est qu’au cours de l’enquête, les époux A. semblent avoir déclaré être des musulmans « salafistes ». Mais outre que ce mot est employé dans des sens différents, ne correspondant pas tous au courant identifié le plus habituellement comme « salafiste », il n’est pas anodin de remarquer qu’il se trouve de nombreux spécialistes pour considérer que ce courant n’est pas caractérisé comme une « pratique radicale » de l’Islam, mais comme une pathologie sectaire de cette religion ; si bien que définir le « salafisme » comme une « pratique radicale de l’Islam » revient, de la part des juges, à trancher un débat interne à l’islamologie.

Surtout, en toute hypothèse, il existe bien des « salafistes » français, quel que soit le sens que l’on donne à ce mot, si bien que caractériser ce courant comme étant par nature incompatible avec les « valeurs essentielles » de la nation française, est soit une contradiction dans les termes, soit l’effet d’une conception particulièrement inquiétante de la nation française. Particulièrement inquiétante, mais hélas parfaitement banale. Et c’est elle que la décision du Conseil d’Etat invite à interroger.

Il n’est pas anodin que, dans différentes déclarations auxquelles cette décision a donné lieu, les « valeurs essentielles de la communauté françaises » aient parfois été qualifiées de « valeurs de la République ». C’est ainsi que l’association « Ni Putes Ni Soumises » s’en est félicitée , se disant « soulagée » que soit ainsi donné un «  exemple pour tous ceux qui se revendiquent des valeurs de la République ».

Le conseiller d’État Rémy Schwartz, ancien membre de la commission Stasi, affirme dans le même esprit que « une femme qui porte la burqa témoigne de son refus des valeurs de la République. »

Valérie Pécresse notait de son côté que « au-delà même du port de la burqa, il y avait la question du fait que cette femme n’allait pas voter, du fait que cette femme n’avait pas de vie indépendante en dehors des déplacements qu’elle faisait accompagnée de son mari. Je crois que cela n’est pas la République française », semblant ainsi ajouter, à toutes fins utiles, aux motivations du Conseil d’Etat – en même temps qu’elle introduisait des détails de fait qui ne semblent pas correspondre à la réalité.

Voici donc la Nation telle qu’elle est vue par la conception dominante : non pas la communauté de ceux qui vivent effectivement dans le pays et le font vivre, mais une communauté imaginaire, conforme à un idéal forgé à la petite semaine par les élites autoproclamées. Le hic n’échappe à personne : cette conception, si elle permet d’empêcher celles et ceux qui ne correspondent pas au modèle de venir le polluer de leur adhésion, n’a pas pour autant pour effet, en l’état du droit, d’en exclure les personnes qui, françaises de naissance, ne sont pas pour autant conformes à l’idéal-type du moment. Du moment, car cet idéal type qui se donne des allures d’éternité en évoquant des « valeurs essentielles » comme on parlerait de « valeurs éternelles » attribue à la Nation une « essence » très variable ; et considérer l’égalité des sexes comme une valeur essentielle de la société française aurait semblé grotesque il y a encore peu.

Le tour de force idéologique est d’ailleurs qu’on puisse aujourd’hui l’énoncer ainsi sans soulever la moindre levée de boucliers, en particulier parmi les féministes, pourtant bien placées pour savoir à quel point cette égalité est loin d’être passée dans les mœurs dominantes. Affirmer le caractère essentiellement étranger d’une méconnaissance de l’égalité entre les hommes et les femmes, cela revient à affirmer cette énormité, contraire à l’expérience quotidienne, que cette égalité serait en France une chose acquise, devenue essentielle à l’identité même d’une Nation définie par ses « valeurs ».

En outre, considérer comme devant demeurer à l’extérieur de la « communauté française » quiconque n’y serait pas assimilé par adhésion à ses prétendues « valeurs essentielles » revient à dénoncer comme n’étant « pas vraiment françaises » les personnes pourvues de la nationalité mais que l’on peut soupçonner de ne pas partager ces sacro-saintes « valeurs ».

À la xénophobie externe, qui permet de traiter les étrangers en inférieurs, indignes par exemple d’exercer en France les droits politiques reconnus aux nationaux, répond ainsi une xénophobie interne, par laquelle certains français sont regardés comme des étrangers – au point sans doute qu’on pourrait s’interroger sur la légitimité de leurs droits.

Si Faïza A. ne partageait pas certaines des « valeurs » de Sophie-Caroline de Margerie, de Emmanuelle Prada-Bordenave, de Valérie Pécresse et de quelques autres, elle partageait celles de certain-es de nos autres compatriotes – comme son mari, pour ne prendre que cet exemple. Elle était ainsi parfaitement « intégrée », « assimilée » à certains secteurs de la société française, de la communauté nationale. Et même s’il s’agit là d’un secteur parfaitement marginal dans la société française, son existence même illustre le fait que la Nation n’est pas une réalité lisse et exempte de contradiction. Mais peut-être que prétendre gommer les contradictions de la société est précisément le propre des idéologies nationalistes. Le mythe national permet de contester aussi bien le racisme structurel que la lutte des classes.

Être français, disent Jean-Marie Le Pen et quelques autres, ça s’hérite ou ça se mérite. Mais la définition du « mérite » mise en œuvre par la théorie de l’assimilation qu’illustre l’arrêt du 27 juin ne correspond pas à l’ensemble des « héritages » possibles. Il semble que les qualités nécessaires pour « mériter » la nationalité française soient plus précises que celles dont on peut simplement « hériter ».

La référence de la décision du Conseil d’Etat à la « pratique radicale de la religion » est particulièrement éclairante, dans la mesure où l’intégrisme, dans son sens premier, c’est à dire l’intégrisme catholique, est une réalité typiquement française, incarnée par feu Marcel Lefèbvre. La logique du Conseil d’ État devrait conduire à refuser la nationalité française à un polonais intégriste, ou à un new-yorkais loubavitch. Il n’est pourtant pas certain que cette solution serait retenue…

On est libre de combattre les idéologies que l’on ne partage pas. Rien n’oblige à partager la conception du monde des époux A. ou de Valérie Pécresse. Si les « valeurs » de la compétition, de la réussite individuelle, ou du règne de la Bourse – les « valeurs » des valeurs mobilières – sont, par exemple, aujourd’hui dominantes, rien n’interdit de les combattre et d’en promouvoir d’autres. Mais rejeter comme n’étant pas françaises les « valeurs » qui sont, en France, minoritaires ou marginales, quel que soit le jugement que l’on puisse porter sur elles, c’est permettre à la politique d’être submergée par le mythe.

C’est dans le débat d’idées, dans les luttes politiques et sociales, dans le jeu des contradictions qui animent réellement la société, que l’on peut combattre réellement les pratiques sociales et les conceptions du monde que l’on juge contraires aux « valeurs » que l’on entend porter. Dans ces combats, celles et ceux qui luttent pour l’émancipation humaine ne se trouveraient peut-être pas sur chaque sujet du même côté que Faïza A. et son mari – ou que Valérie Pécresse. Mais cela ne suppose pas, bien au contraire, que la qualité de français soit contestée à l’une, tolérée à l’autre, et pleinement reconnue à la troisième.

Nier les contradictions de la société, les masquer derrière de prétendues « valeurs essentielles de la communauté (ou de la société, ou de la nation) française », les refuser comme antinationales, c’est promouvoir le statu-quo des dominations à travers une mystification idéologique. Il fut un temps, pas si ancien, où l’on disait : « communiste, pas français », ou encore « le Juif est l’ennemi de la France ». On sait comment cela s’est terminé. La même idéologie régnait sur les États-Unis aux temps du maccarthysme, où le défaut d’américanisme (« un-american activities ») conduisait à supprimer le passeport de l’immigré Charles Chaplin ou du fils d’esclave Paul Robeson. Ces temps semblent faire, de part et d’autre de l’Atlantique, un terrible retour en force.

Une source « proche du dossier » confiait à l’AFP que « ça n’est pas la première fois que cet argument du défaut d’assimilation conduit à refuser l’octroi de la nationalité française », même si « c’est peut-être la première fois concernant le port d’une burqa ». On a vu, dans le contentieux de la naturalisation, des refus liés à la langue parlée an famille, et même aux habitudes alimentaires. Il y a pourtant de nombreuses familles françaises au sein desquelles on parle arabe, berbère, ou portugais, sans même évoquer celles où l’on parle breton, occitan, alsacien ou corse. Et il est de notoriété publique que le couscous est le plat préféré des Français. Mais peu semble importer au Conseil d’État.

Il est évident que ce sont les mêmes réflexes qui conduisent à refuser la nationalité française aux étrangers qui ne se conforment pas à la conception dominante du monde, et qui conduisent à refuser aux résidents étrangers l’exercice de la citoyenneté. Et que la reconnaissance à toutes les personnes qui vivent dans le pays, et le font vivre, du bénéfice des « droits de l’homme et du citoyen » aurait pour heureux effet de rendre anecdotique l’enjeu de la question nationale.

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Commentaires

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Article excellent et complet de Laurent Levy qui ne manquera pas d’engager une polemique. Ne craignez-vous pas d’etre dechu de la nationalite francaise ?

Le facteur religieux associe au refus de naturalisation prouve que les autorites francaises penalisent les individus dont la pratique religieuse, pourtant legale, est jugee indesirable de maniere arbitaire. Cette decision est arbitraire car le CE n’a pas demontre de quelle maniere la “pratique religieuse radicale” de Faiza s’oppose a l’egalite des sexes. Le fait que hommes et femmes soient egaux n’implique pas qu’ils soient identiques...

Sourate 33 : Les coalisès (Al-Ahzab)35. Les Musulmans et Musulmanes, croyants et croyantes, obéissants et obéissantes, loyaux et loyales, endurants et endurantes, craignants et craignantes, donneurs et donneuses d’aumònes, jeûnants et jeûnantes, gardiens de leur chasteté et gardiennes, invocateurs souvent de Dieu et invocatrices : Dieu a préparé pour eux un pardon et une énorme récompense.

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Une "valeur essentielle de notre République", c’est bien la Liberté, particulièrement de penser, de croire, de se vêtir.La Liberté est le principe essentiel, la Loi en est la limitation exceptionnelle qui permet de concilier les libertés des uns et des autres, de les réguler.Le fait que Mme A pense, croie, s’habille comme elle le désire porte-t-il atteinte à la liberté de quiconque, à la Liberté qui est notre principe essentiel ?

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Salam

Je trouve que Valérie Pécresse est de mauvaise foi lorsqu’elle dit que cette musulmane n’a pas conscience du droit de vote et qu’elle est totalement écartée de la société française. Comment pourrait-elle voter si on ne lui attribue pas la nationalité française, et dans ce pays, tant qu’on ne donne pas le droit de vote aux étrangers, comment pourront-ils prouver à la société si tant est qu’ils doivent prouver quoique ce soit, qu’ils sont de bons citoyens, avec une conscience politique ? Je pense surtout qu’on ne désire pas que les étrangers deviennent un électorat potentiel sinon qu’adviendrait-il des lois liberticides les concernant.
Je trouve dans cette affaire qu’on fait une fois de plus, preuve de subjectivité totale.
Au fait, quel était le verdicte du jugement en appel de l’affaire de l’annulation du mariage à Lille ? C’est toujours comme ça que ça se passe dans ce type d’affaires, on nous fait un tapage, ensuite plus rien et rien sur l’appel à Douais.

Dalila

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Bien, pour savoir quelles sont les valeurs de la république, il suffit de regarder la constitution qui définie les principes de la république dans ses premiers articles :

Article 1er [2]

La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée.

TITRE IER

DE LA SOUVERAINETÉ

Article 2 [3]

La langue de la République est le français [4].

L’emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge.

L’hymne national est la « Marseillaise ».

La devise de la République est « Liberté, Égalité, Fraternité ».

Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.

Hors, il y a bine une valeur qui est mise en avant deux fois dans ces articles, c’est celui d’égalité, donc ceci inclus aussi l’égalité des sexes. Bien qu’il ait fallu de nombreuses décénies pour que la nation s’accorde au mieux de ses propres valeurs qu’elle affichait, beaucoup grâce à mai 68 qui a brisé les carcans sociaux conservateurs toujours en place malgrés les révolutions et les évolutions de la société depuis 1789.

En france, même si au niveau des sièges à l’assemblée nationale on est loin de l’égalité numérique, les femmes ont les me^mes droits politiques que les hommes, elles peuvent se présenter aux élections, diriger des partis politiques, se présenter aux élections présidentielles, et même accéder au deuxième tour. Maintenant au niveau législatif, la femme a les les mêmes droits que l’homme, conformémént aux principes de la républiques proclamés.
Les erreurs du passé font parties du passé et ont été corrigées, donc elles ne peuvent être une escuse pour rejeter la situation actuelles.

La violence conjugale existe, mais est un phénomène minoritaire non représentatif de la population, de l’ordre de 2% de la population masculine, et moins pour les hommes ne présentant pas de facteur aggravant comme l’alcolisme ou ... une une tendance à l’intégrisme religieux. Mais bon m. levy ergotte, quand on parle d’intégrisme en général, la notion va au delà du cercle fermé des traditionalistes catholique, mais s’appliques à d’autres mouvements conservateurs religieux, qui ne s’applique pas à l’aspect traditionaliste mais aux tendances politiques autoritaires de ces mouvements.

Et puis il faut être hypocrite pour suggérer qu’une femme qui porte le niqab ou la burqua, est une personne qui cherche à s’intégrer à la société française, car c’est un vêtement qui empêche toute intégration dans la société en coupant la femme des autres personnes. On ne peut pas avoir de relatios sociales normale avec une personne dont le visage est masqué, sans compter la signification symbolique du fait de se masquer le visage, qui est en soit un rejet des autres. Le niqab c’est le refus du vivre ensemble.

La république et la citoyenneté reposent sur certains principes qui permettent le fonctionnement optimal de la république, donc si elle voulait avoir la nationalité française et donc acquérir la citoyenneté, il lui fallait faire preuve qu’elle pouvait devenir une citoyenne, et non juste une étrangère avec des papiers où il y a marqué française dans la rubrique nationalité.

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Moi, j’ai trouvé cette décision du Conseil d’Etat choquante car l’arrêt se fonde sur des "valeurs" dont l’égalité des sexes et la dignité de la femme.
 
C’est une blague (10% seulement de femmes députées à l’Assemblée Nationale, une poignée de femmes dans les conseils d’administration des grandes sociétés, inégalité salariale criante qui persiste dans beaucoup de postes de travail). Le Conseil d’Etat n’a pas à décider (laïcité oblige) ce qui relève d’une pratique "radicale" ou non de la religion. Cela relève de la liberté de conscience et de religion de chacun.
 
C’est une blague aussi (pornographie de masse, femme objet de commerce et de consommation, style potiche à côté d’une Renault au dernier stand auto).
 
Je ne pense pas qu’en refusant la nationalité française à cette femme, on contribue à la libérer de son aliénation supposée (encore que l’habit ne fait pas le moine, et que burqa noire ou string rose fluo, c’est le cerveau qui compte).
 
Concernant la burqa, on peut trouver ce vêtement disgracieux, et qu’il fait tâche dans le paysage vestimentaire français. Le courant religieux en question peut-être qualifié d’ultra-orthodoxe, de fondamentaliste ou d’intégriste. Là, n’est pas la question.
 
Les mêmes femmes en burqa ne posent aucun problème pour la conscience française quand il s’agit d’épouses d’Emirs, qui déambulent sur les Champs Elysées pour faire des emplettes à Vuitton et Cartier et dormirent dans les suites des Palaces à 3000 euros la nuit. Pourquoi on leur accorde des Visas ? Pourquoi ne pas leur refuser l’accès au territoire national "au nom des valeurs qui fondent l’identité française (qui se résument à un ensemble de slogans grandiloquents, rarement mis en pratique, mais toujours proclamés le buste haut, la main sur le coeur et avec panache)" ?
 
Par contre, lorsque se présente une marocaine, issue de l’immigration, qui a une pratique de sa religion jugée ou perçue comme "radicale" (c’est son choix, même si on peut le critiquer légitimement), qui se traduit par une tenue vestimentaire qui fait plus penser aux Barbapapas qu’à une femme, elle essuie un refus définitif et sans appel.
 
Quelle hypocrisie !!!

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Merci pour cet article qui fait le point magistralement sur cette triste affaire en s’appuyant (et cela est important) sur le sens d’un certain nombre de mots à une époque où on assiste non seulement à un appauvrissement du vocabulaire, mais également à son détournement.
D’autre part, je m’étonne que Mme Pécresse reproche à Faïza A. de ne pas aller voter [une des raisons ayant entraîné le refus d’attribution de la nationalité française], alors que, si je ne me trompe, un étranger ne peut voter...

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Grandiose démonstration qui remet les point sur les i. No comment Monsieur Laurent Lévy

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Cette décision de ne pas accorder la nationalité française à une femme marocaine portant burqua m’ étonne au plus haut point. Je m’ étonne tout d’ abord qu ’une personne en France souhaite porter burqua !
Mais ce qui m’ étonne plus encore c’ est de constater qu ’une institution officielle, d’ un état laïque et républicain, se soit saisie de ce fait pour juger de ne pas accorder à cette cette personne la nationalité française.
Dans les deux cas je soupçonne une volonté de provoquer un incident de nature à opposer à créer un incident politico médiatique.
La femme n’ aurait pas été demandeur pour faire état de son appartenance à l’Islam et , semble-t-il, ne faisait en portant la burqua, que répondre au souhait de son époux et chacun savait que dans ces conditions l’ issue de la situation...... ?
Quand aux décideurs nous les savons tous suffisamment "politique" pour ne pas tomber dans des pièges grossiers ? Pourquoi l’ont-ils fait ?
Voila ce que m’ inspire ce fait divers sur lequel je crois il convient de ne pas trop s’ appesantir tant il me paraît suspect quant aux motivations profondes et à la sincérité des protagonistes".

Bernard FRAU

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Exellent article Monsieur Levy

J’ajoute que appeller B burqa un niqab, et salafiste, courant radical de l’Islam, c’est de l’ignorance tout simplement, ces interpretations ou cet abus de language leur a été utile pour contester la nationalité française à cette femme. Ils se sont dit en substance, « cette femmes n’est pas de chez nous, elle est de ces enturbanés qu’on voit à la tv ».

Ce refus montre bien l’arbitraire administratif ou judiciaire qui prévaut dans ce pays, selon qu’on soit musulman ou "normal" (pour reprendre leur mot). Quand un musulman revendique et défend ses droits, on lui oppose la laïcité, la république ou toute sorte d’arguments fumeux de ce genre, si la loi est au bénéfice d’un musulman, on va jusqu’à modifier la loi, ou en créer une autre pour que ce bénéfice ne se reproduise pas. On l’a vu à l’occasion de la loi de prohibition du voile, hypocrytement appellé « loi sur la laïcité à l’école », et aussi à l’occasion de ce mariage annulé à Lille. Des émissions télé consacrent des débats entier ladessus, et les "spécialistes" présent s’intérrogent encore et encore si leur valeurs sont bien nos valeurs et si nous méritons vraiment d’être français.

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Soit, Madame Faïza A. fait ses courses comme tous le monde(ouf nous sommes rassurés , madame a une vie sociale !) et bavarde tranquillement avec ses voisines mais bavarde t elle avec ses voisins ? en a t elle le droit d’ailleurs ? Monsieur LEVY pourrait il mener l’enquête. Merci.

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Je lis ces centaines de milliers de phrases, ces millions de mots, ces questions sans subtilité, des anathemes jettés ici, des analyses pondues la, des pseudo-intelligents et des faux cons, des propos de victimes, des idées d’un autre age, des appels a la tolérance, des positions intolérantes, du pipeau appris par coeur, des idéaux politiques déchus, des alter qui-sait-quoi, des specialistes ahuris, des savants perdus, des ignorants lassés, des aveux violents, des défenses faibles, des pleureuses idolatres, des Tartuffes de toujours, des menteurs de bonne foi, des convaincus des causes perdues ;

J’arrête.

Aller plus avant n’a pas de sens.

Vous savez-bien ce qu’est la France. Une histoire, une langue, une nation, un communauté de destin, un systeme politique, un regime bien en place, des coutumes bien ancrées, des moeurs, des arts, une gastronomie...

Vous savez bien ce qu’est un Francais. Aussi bien que vous savez ce qu’est un Russe ou un Chinois ou encore un Allemand. Ou bien un Algerien ou un Palestinien.

Et vous savez bien ce que n’est pas un Francais ou une Francaise.

Ne vous en déplaise, nous le savons tous. Et toutes.

Taremaillac.

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Etant précisé d’emblée que je partage, sinon les conclusions, l’analyse de Monsieur Lévy, je souhaite y ajouter quelques réflexions personnelles.

Sur l’égalité, des sexes présentée en l’espèce comme une « valeur essentielle ». L’égalité peut-elle être une valeur ? On perçoit qu’elle se pose entre deux termes et que ces termes sont des valeurs, en l’occurrence des êtres humains. Une valeur entre des valeurs ? Ou un rapport, une médiation, entre des valeurs ? En tout cas, ce n’est pas parce qu’on l’a casée entre la liberté (sur laquelle je tiens d’autres réflexions personnelles qui sont ici hors sujet) et la fraternité que je vais prendre pour une valeur ce qui n’est qu’un rapport entre des valeurs. La passion de l’égalité a trop éclairci les rangs de l’humanité pour que je ne m’en tienne pas là.

J’en viens à ce qui, en regard du principe même de la constitution de ce pays — le caractère non discriminant des convictions, opinions et pensées — me paraît le fonds du débat : Qu’elle est la portée de ce qu’on affirme comme « valeurs essentielles » ? En d’autres termes, jusqu’où l’espace public peut-il repousser l’espace privé sans violer ce principe ? Que ces principes et valeurs dits essentiels sont indiscutables dans l’espace public, je ne le discute pas. Qu’on les pousse jusqu’à violer l’intimité de l’être humain mérite qu’on s’y attarde.

Qu’on dénie la nationalité à un homme qui dénierait l’égalité à son épouse ne m’émouvrait que de l’exclusion qui le frapperait. Qu’on l’a dénie à une femme qui ne reconnaît pas d’égalité entre elle et les hommes — ce qui dans cette société est une preuve d’intelligence autant qu’elle le serait dans une société islamiste — m’émeut bien plus. Figure sournoise d’un totalitarisme qui se tolère lui-même et qui s’estime plus tolérable que les autres, parce qu’il est occidental, parce qu’il est français, parce qu’il est féministe.

Pascal affirmait que le rituel crée la croyance. Marcel Mauss, républicain et socialiste, le pensait aussi des rituels magiques. Il faut donc admettre que la nationalisation n’a pas le pouvoir ou la vertu d’un rituel magique ou religieux. Est-ce d’ailleurs à la société d’intégrer l’individu (quels efforts ne fait-elle pas par ailleurs pour y arriver ?) ou à l’individu d’intégrer la société ? Cette dernière hypothèse n’est-elle pas une gageure, fabuleusement illustrée par un bœuf et une grenouille ?

Je conclue en paraphrasant Aimé Césaire : La décision du Conseil d’Etat est intellectuellement et moralement indéfendable.

P S : Qu’est-ce qu’un commentateur a bien pu pouvoir entendre par « relations sociales normales » ?

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Je ne suis pas d’accord avec vous sur ce point :"Le fait est qu’au cours de l’enquête, les époux A. semblent avoir déclaré être des musulmans « salafistes ». Mais outre que ce mot est employé dans des sens différents, ne correspondant pas tous au courant identifié le plus habituellement comme « salafiste », il n’est pas anodin de remarquer qu’il se trouve de nombreux spécialistes pour considérer que ce courant n’est pas caractérisé comme une « pratique radicale » de l’Islam, mais comme une pathologie sectaire de cette religion ; si bien que définir le « salafisme » comme une « pratique radicale de l’Islam » revient, de la part des juges, à trancher un débat interne à l’islamologie."

En tant qu’islamologue, je confirme que cette pratique est minoritaire en islam et représente une vision radicale des textes.
L’état peut aussi imposer une ligne moyenne de s’habiller, sinon, on importerait des tenues d’ailleurs..

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Je ne doute pas un instant que l’égalité entre femmes et hommes devient la ligne de partage entre obscurantisme et modernité. Comme disait Mao (qui n’a pas proféré que des banalités), les femmes sont la moitié du ciel. Et la moitié du ciel n’a pas à se soumettre à l’autre moitié.

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J´invite les defenseurs de la liberté, l´egalite et la fraternite de se mobiliser pour former un comité national de soutien de Mme Faiza. Un etat laique ne doit pas juger le comportement -ou la croyance- religieuse d´un citoyen qu´il soit athé ou orthodoxe, et ne doit pas par consequence institué une descrimination sur cette base. Etre nue ou completement voilé ressort de la liberté vestimentaire de tout citoyen et l´Etat de droit ne doit en aucun cas imposer un prototype de coportement vestimentaire pour ses citoyens sauf si il s´agit d´un etat fasciste.

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Merci Mr. Lévy.

Nous ne sommes pas juristes mais ce qui nous stupéfie, c’est l’incroyable fausseté qui caractérise l’exposé des motifs du gouvernement et autres commentateurs. Vous parlez de "mystification idéologique" mais je crois qu’il faut faire preuve d’un certain talent pour "mystifier" les gens, ... or là, c’est d’une faiblesse affligeante !.

Cependant, je dois reconnaître que je trouverai très désagréable et même inquiétant si ma voisine portait un masque de carnaval vénitien et que je ne puisse donc connaître son visage. Pas vous ?. La première fois que j’ai vu une femme en niqab, j’ai sursauté de peur.

Pourquoi imposer cela aux français ?. Il y a des limites tout de même à la provocation qui ne sert d’ailleurs pas du tout notre religion.

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Il suffit d’avoir lu "Coke en stock" pour savoir que le niqab n’empêche en rien les relations entre personnes, quoique cette vérité stupéfie manifestement le capitaine Haddock.

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Et vous cher Taremaillac, où vous situez vous ?
Dans les discours "humanistes" desquels vous vous inspirez peut-être ?
Est-ce que ça vous donne le droit pour autant d’être français plus qu’un autre ?
Avant de revendiquer sa "francité", ne serait-il pas plus judicieux de mettre en exergue sa citoyenneté et les valeurs qui la composent confondant ainsi sans ambages la pluralité du moment,rempart indispensable contre tout racismes ?

Cordialement.

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Si tout le monde ne peut être juriste, je le suis un peu par nécessité professionnelle. Je suis en effet à l’initiative d’actes administratifs susceptibles d’être déférés devant les juridictions administratives, donc en dernier recours devant le Conseil d’Etat. Bien que cela n’est encore jamais arrivé, mon activité est soumise au principe du contradictoire, dont l’irrespect est fatal dans cette activité. Aussi, quand j’ai lu que Mme A « n’est pas fondée à soutenir que le principe du contradictoire aurait été méconnu », au seul motif qu’elle « a reçu communication … des motifs de droit et de fait » de l’opposition à sa demande, j’ai cru rêver, ou plutôt cauchemarder.

En effet, étant observé que le visa du jugement ne comprend aucune audition de Mme A ou de ses conseils, mais seulement celle du rapport de la Maître des Requêtes et des conclusions de la Commissaire du Gouvernement, et que le recours en annulation d’un Décret en Conseil d’Etat est en premier et dernier ressort de la compétence dudit conseil, il suffit que l’administration communique ses motifs pour que le principe du contradictoire soit respecté. Si ce n’est pas la porte ouverte à l’arbitraire, voire même un espace d’arbitraire aménagé dans le Droit d’un Etat de droit, qu’est-ce que c’est ?

Si Mme A avait eu communication au cours de l’instruction du rapport de la Maître des requêtes et des conclusions de la Commissaire et la possibilité d’y répondre, je serai plus nuancé. Mais je sais d’expérience, professionnelle et non professionnelle, que les parties n’ont pas accès à ces documents avant l’audience. Si ce n’est pas un mépris des droits de la défense et un parangon de procès inéquitable, qu’est-ce que c’est ? Comment se fait-il que, dès lors que le Conseil, étant compétent en premier et dernier ressort, doit statuer au fond, le dispositif de son arrêt ne mentionne aucune discussion des motifs d’opposition, mais seulement ces motifs ? Si ce n’est pas un déni de justice, qu’est-ce que c’est ?

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@ jdal

Vos commentaires eclaires par vos competences comfirment mes soupcons. Le traitement arbitraire de cette affaire par le CE est indigne d’un Etat de Droit exemplaire comme la France. Le plus grave etant le soutient unanime au CE de la classe politique francaise, des intellectuelles et des medias.

Sommes nous les temoins d’un changement nefaste de la culture democratique en france ?

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Ce qui me dégoutera toujours, c’est que l’on respectera par exemple dans un pays musulman, que les femmes s’habillent pudiquement ou portent obligatoirement le voile (arabie saoudite), mais en France, on se fiche complètement du fait que cela puisse choquer que l’on considère la femme comme impure, comme sa propriété.
Une fois de plus, la culture et les sensibilités françaises sont niées. Personnellement, la burqa ou même le simple voile me choquent, car je respecte les femmes dans leur féminité et leur beauté, je m’astreint à me comporter en gentilhomme, avec galanterie. Comme nos ancêtres, dans l’histoire, au travers des valeurs de la Chevalerie, qui engendrèrent l’Amour Courtois, puis le romantisme, nous sommes les protecteurs de cet héritage.
Je regrette amèrement que tout cet héritage soit balayé, ignoré, méprisé par beaucoup d’immigrés, qui acceptent avec beaucoup de mal l’idée d’une France "avant eux".
L’immigration, en elle-même, est clairement la mauvaise réponse à un problème donné, puisque l’on résout le malaise social et économique d’un pays en le quittant et en reproduisant les mêmes erreurs par défaut d’intégration et d’assimilation.