La Nation dans tous ses états

Fibre gaulliste, esprit chauvin, vague à l’âme tricolore, une certaine idée de la France s’est exprimé

dimanche 20 juin 2010

Fibre gaulliste, esprit chauvin, vague à l’âme tricolore, une certaine idée de la France s’est exprimée haut et fort tout au long d’un bien étrange week-end, où les symboles se sont entrechoqués, mêlant mémoire collective, incantation politique, revendication cocardière, sur fond d’un psychodrame footballistique sans précédent, laissant transparaître une Nation dans tous ses états.

Un week-end insolite, où il n’aura pourtant été question que de la grandeur de la France, dans l’ombre de la figure de légende du Général de Gaulle, à travers la commémoration des 70 ans de son appel historique du 18 juin 1940, et de couleurs hissées haut, mais sur lesquelles ont flotté le parfum de la récupération politicienne pour les uns, de l’incitation à la haine pour les autres, ou encore de la Bérézina du ballon rond pour la plupart.

Entre Nicolas Sarkozy, l’imposteur du gaullisme, qui déclarait très opportunément sa flamme à l’idéologie du grand homme en honorant sa mémoire à Londres, Dominique de Villepin, le plus gaullien dans l’âme, qui lançait son parti la « République solidaire » en fustigeant la politique de son ennemi irréductible de l’Elysée, les agités du bocal de l’apéro géant « saucisson et pinard », légataires du chauvinisme le plus sectaire et revanchard, qui ont ripaillé piteusement aux Champs-Elysées, et nos Tricolores qui ont mis en berne et en émoi notre drapeau, c’est l’image d’une France tiraillée qui ressort de ce week-end déroutant.

Une France tourmentée par ses mythes, par une splendeur passée, par une nostalgie pernicieuse, par l’argent roi, par sa propension au lynchage, ne sachant plus jouer plus collectif, et courant après ses valeurs cardinales, qui renvoie l’inquiétant reflet d’une société atomisée par ses démons.

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