Samedi 26 mai 2012
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La mystique musulmane d’après l’œuvre de Muhammad Hamidullah (1908-2002)

Son effacement naturel le rendait très discret et l’on sait peu de choses sur sa vie spirituelle et son orientation intérieure. Par certains traits de caractère, M. Hamidullah semble proche des mystiques de l’Islam qui, pour réaliser la proximité avec Dieu, n’hésitent pas à renoncer aux plaisirs et aux gloires éphémères du monde.

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A
l’occasion du cinquième anniversaire de la mort de Muhammad Hamidullah, nous
voulons lui rendre hommage en présentant la manière dont il traita de la mystique
musulmane à travers son œuvre.

Le grand érudit que fut Muhammad Hamidullah est né le 19 février 1908 à Hayderabad dans
l’Inde actuelle. Il choisit de s’installer en France en 1948 suite aux troubles
politiques qui aboutirent à l’annexion du sultanat de Hayderabad par l’Inde.
C’est ainsi qu’il vécut à Paris une cinquantaine d’années, prenant part à de
nombreux travaux qui enrichirent considérablement les lecteurs francophones,
notamment par ses travaux sur la vie du Prophète d’une part name="_ftnref1" title=""> >[1] > et la transmission du Hadith d’autre part > >[2].

Tous ceux qui
l’approchèrent furent marqués par l’étendue de son savoir et la grande humilité
dont il faisait preuve. Il laisse un œuvre considérable – plus de deux cent
cinquante ouvrages – ayant abordé la plupart des domaines de l’Islam en tant
que religion et civilisation. Son effacement naturel le rendait très discret et
l’on sait peu de choses sur sa vie spirituelle et son orientation intérieure.

Par certains
traits de caractère, M. Hamidullah semble proche des mystiques de l’Islam qui,
pour réaliser la proximité avec Dieu, n’hésitent pas à renoncer aux plaisirs et
aux gloires éphémères du monde :

« Érudit comme il y en a
peu, il n’en était pas moins un homme humble qui n’aimait pas l’apparat et
fuyait la célébrité et ses artifices. En 1985, il fut choisi pour recevoir le
Hilal-e-Imtiaz,
la plus haute distinction civile décernée par le Pakistan ainsi qu’une
substantielle somme d’argent. Fuyant les feux médiatiques, il déclina la
distinction et reversa la somme d’argent au profit de l’Académie de Recherche
Islamique à Islamabad.

En 1994, c’est le prix du Roi
Faysal d’Arabie Saoudite qu’il déclina poliment préférant la rétribution divine
à la reconnaissance des hommes.

Célibataire, il mangeait,
s’habillait et vivait simplement, et s’occupait lui-même de ses affaires, du
ménage, et ce jusqu’aux derniers instants de sa vie, sans demander
d’aide à quiconque, tout comme il était entièrement au service d’autrui par
tout ce qui était en son pouvoir. »
title=""> style=';'>[3]

M. Hamidullah
a beaucoup œuvré pour mieux faire connaître l’Islam en Occident et aux
Musulmans eux-mêmes. Pourtant, l’homme et son œuvre restent relativement peu
connus du grand public, musulman ou non. Ainsi, peu de gens, même parmi ceux
qui se réclament parfois de son œuvre, connaissent l’intérêt que portait
Hamidullah à la mystique.

Afin de mettre en lumière
certains aspects intérieurs et spirituels de l’Islam, nous nous proposons, dans
cet article, d’exposer les enseignements de M. Hamidullah relatifs à la
mystique musulmane.

Voulant permettre une
meilleure connaissance de la réalité de l’Islam, M. Hamidullah écrivit en
français un ouvrage dans un style simple et direct qu’il intitula Initiation
à l’islam
> style=';'>[4]. C’est
cet ouvrage qui nous servira de fil directeur et nous en citerons de larges
extraits.

Il importe en premier
lieu de prendre conscience que l’enseignement du Prophète englobait tous les
aspects de la vie, depuis l’organisation matérielle de la communauté jusqu’aux
plus hauts degrés de la vie spirituelle. Hamidullah distingue trois grands
domaines où s’exerçait l’autorité du Prophète : le profane, le cultuel et
le spirituel. En d’autres termes, la politique, la Loi religieuse et la mystique :

« Les
musulmans distinguent entre trois aspects de la vie humaine : profane,
cultuel et spirituel. Muhammad réunissait entre ses mains les pouvoirs qui y
correspondent. Après sa mort, les grands de l’époque unifièrent les deux
premiers pouvoirs : profane et cultuel, et les confièrent à un chef élu,
le calife ; ils séparèrent le domaine spirituel, et le confièrent à la
multiplicité simultanée des successeurs du Prophète, pour diriger les fidèles.
C’est ainsi qu’il en sera dorénavant dans les pays musulmans.

C’est Abu Bakr qui fut le
premier successeur du Prophète dans le double domaine politico-cultuel, et l’on
ne voulut admettre aucun associé à ce pouvoir. Quant aux affaires spirituelles,
on reconnaît Abu Bakr, ‘Ali, Abu Dharr, Abu Hourayra, et d’autres encore, comme
les successeurs immédiats du Prophète, ainsi qu’en témoignent les chaînes de
guides des différentes confréries des sûfîs, dont certaines continuent jusqu’à
nos jours : les Naqchbandiyâh par exemple, qui exercent leur autorité par
l’intermédiaire d’Abu Bakr ou les Qâdiriyah et les Suhrawardiyah, par
l’intermédiaire de ‘Ali.

Il a également été admis
qu’on prêta serment d’allégeance silmutanément à deux guides (ou
« califes » spirituels), appartenant à différentes confréries :
un musulman peut être à la fois Naqchbandite ou Qâdirite, prêtant serment, pour
ainsi dire simultanément à Abu Bakr et à ‘Ali, comme successeurs immédiats à la
puissance du Prophète dans le domaine spirituel. »

(La vie du Prophète, § 1513)

D’après Hamidullah,
les ordres mystiques de l’Islam sont donc les héritiers de l’autorité du
Prophète dans le domaine spirituel, même s’il est arrivé que les représentants
de l’autorité politique et cultuel (siyâsa wa charî‘a) puissent aussi
être des hommes de grande spiritualité. La transmission spirituelle qu’évoque
M. Hamidullah fut d’abord informelle puis, quelques siècles plus tard, elle
s’organisa en ordres mystiques ou confréries soufies (tarîqa, pl. turuq).

De la même façon que des écoles
juridiques (madhâhib fiqhiyya) se sont formées dès le 2ème
siècle de l’Hégire, des ordres mystiques apparurent un peu plus tard pour
systématiser les enseignements et offrir une pédagogie spirituelle propre à
soutenir le disciple dans son cheminement intérieur.

C’est ainsi que naquirent la Qâdiriyya fondée par ‘Abd al-Qâdir al-Jilânî (m. 1166), la Rifâ‘iyya fondée par Ahmad al-Rifâ‘î (m. 1182), la Naqchabendiyya qui bien que fondée par Bahâ’ al-Dîn Naqchabend (m. 1389) a pour
véritable initiateur spirituel al-Ghujdawânî (m. 1220), la Châdhiliyya fondée par Abu l-Hasan al-Châdhilî (m. 1258) qui eut – et a
toujours – un rayonnement considérable au Maghreb. Cette liste n’est pas
exhaustive, et d’autres turuq se sont constituées à partir de celles que
nous avons citées.

Dans un autre , M. Hamidullah insiste sur l’existence d’une hiérarchie ésotérique que
le Prophète a évoquée en présence de ses Compagnons : « La
tradition islamique confie au calife (chef de l’État islamique), non seulement
la politique (y compris l’administration de la justice) mais aussi le culte,
c’est à dire la pratique « extérieur » de la religion : office
de prière, jeûne, pèlerinage. Tout cela tombe dans le domaine du fiqh (droit
musulman) en tant que développé par les diverses écoles (voir infra § 563/a).

Dans ce domaine, le monopole
du savoir a été jalousement imposé, bien qu’il s’agisse de la partie de la vie
la moins importante. Les divergences sectaires existent chez les musulmans
aussi, depuis la mort du Prophète, concernant la question de savoir qui a le
droit de succéder au Prophète dans l’exercice du pouvoir politique et culturel.

Laissons la décision à Dieu
au jour du jugement dernier, et occupons-nous de notre avenir et de la défense
contre les ennemis de Dieu. Quant à la vie « intérieure » qui
détermine le salut dans l’éternel au-delà, il n’y a pas de jalousie parmi les
dirigeants : plusieurs personnes pouvaient – et ont effectivement pu –
succéder au Prophète simultanément.

Si la confrérie des mystiques
Naqchbandiya doit son titre à l’autorité du Prophète par l’intermédiaire d’Abu
Bakr, les confréries des Qadiriya et des Suhrawardiya ont obtenu le leur par
l’intermédiaire de ‘Ali – et tout cela chez les Sunnites et les Chiites (et ces
derniers ne reconnaissent pas à Abu Bakr le droit au califat politique) n’est
pas une abstraction vaine ; ce royaume est doté lui aussi d’une
organisation administrative complète. L’existence des abdâl et des autâd
(gouverneurs spirituels) est reconnue sur l’autorité même du Prophète, comme
nous le lisons déjà chez Ibn Sa’d (m. 844).

Dans une monographie,
as-Souyouti a réuni toutes les traditions en provenance du Prophète au sujet
des qutbs, abdâl et autâd. On n’a pas besoin ici d’entrer dans les
détails. »
(Initiation, § 208)

L’épître de
Suyûtî évoquée par Hamidullah est intitulée al-Khabar al-dâll ‘alâ wujûd
al-qutb wa l-awtâd wa l-nujabâ’ wa l-abdâl
et se trouve dans son recueil de
fatwas al-Hâwî li-l-fatâwî > style=';'>[5]. Comme
son titre l’indique, cette épître se propose d’établir l’existence d’une
hiérarchie ésotérique dont le sommet est le Pôle du temps (qutb al-zamân).
Chacune des catégories citées dans le titre de cette épître est en charge d’une
fonction spirituelle particulière. Afin d’illustrer les affirmations de
Hamidullah, citons le hadith suivant. D’après ‘Ubâda b. al-Sâmit : « Les
Abdâl sont au nombre de trente dans ma communauté : C’est par eux
que la terre se maintient, que la pluie vous parvient et que vous recevez le soutien
de Dieu. »

(Cité par Tabarânî. Hadith authentique)

M. Hamidullah rappelle que
l’autorité des Abdâl est purement spirituelle et ne concerne pas le
pouvoir temporel. Cette autorité n’en est toutefois pas moins réelle et selon
son expression : « Il ne s’agit pas d’une abstraction vaine. » Le
saint (waly Allâh), par son cheminement initiatique, est devenu un des
réceptacles de la miséricorde de Dieu, c’est pourquoi il est une source de
bénédictions pour les autres. En ce sens, la mystique peut être définie comme
la voie d’accès vers la sainteté : c’est elle qui illumine et revivifie,
de l’intérieur, la communauté des croyants.

A suivre…



name="_ftn1" title=""> >[1]
Ouvrage en deux tomes, publiés plusieurs fois à Paris par l’A. E. I. F.

name="_ftn2" title=""> >[2]
Il apporta une contribution décisive à la connaissance de la transmission du
Hadith et de sa mise par écrit en découvrant le manuscrit de la Sahîfat Hammâm b. Munabbih et en l’éditant à Damas (1953). La Sahîfa fut rééditée à Paris en 1979.

name="_ftn4" title=""> >[4]
Ce livre eut une très large diffusion et fut traduit en vingt-trois langues.

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Commentaires

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c’est impressionant !
J’avais lu une fois le hadith des "abdals" mais je pense que j’avais rien compris et je souhaiterai avoir plus de connaissance à leur sujet.
SALAMANLAYCUM
BARACALLAHU FICUM

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Une source d’inspiration parmi les sources d’inspirations, voilà comment je salue les efforts de cet éminent savant de l’islam parmi les savants de l’islam que Dieu les accueille dans Son infinie Miséricorde.
Une voie à suivre parmi les voies à suivre, mais quand on est francophone, cette voie à suivre devient tout simplement un passage obligé pour ceux qui souhaitent cheminer vers Dieu !
J’ai connu ce savant surtout pour la traduction du coran et la vie du Prophète qui restent une référence parmi les références en la matière : une valeur sûre...

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Muhammad Hamidullah est un grand savant de l’islam. Merci pour cet hommage remarquable. Nous devons méditer les enseigments de ce grand savant.

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Muhammad Hamidullah est une figure majeure de l’islam de Franc. Né en Inde en 1908, il s’était établi en 1947 à Paris, où il jouera un grand rôle au sein de la communauté musulmane. Il s’est fait connaître d’un large public grâce à sa traduction du Coran, la plus diffusée parmi les musulmans francophones.

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Salam

MOuhammad hmidoullah fut un très grands savants, il donna beaucoup pour l’islam,e t donc pour l’humanité,qu’Allah, le récompense par le firdaous.
la question des abdals, est assez étrange, elle ejoint, cette espère d’élitisme, dès que l’on aborde le domaine, spirituel, voir ésotérique.
cela ressemble érangment, à ce que l’ont rouve dans les communauté précédente(juives ,chrétiennes et autres).
le hadith rapporté ici, semble ne pas aller dans le message globales du messager d’allah, concernant, le tawhid.
dire que le maintient de la terre, le avenue de la pluie,et le secours d’Allah, vient de trente personnes, c’est un peu étrange, ça ressemble quand même beaucoup a ce que l’on trouve dans le catholicisme,en terme d’intermédiaire.
comme si l’humain en tant que personne,ne pouvait accéder à Allah lui même, bien sur cela ne remet pas en cause, les intermédiare choisi par Allah, comme les messagers,mais la question des abdals devraient etre developper, et surtout éclaircit.

Allahou Alam

Salam

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Il faut signaler le Professeur Hamidullah qui voyagea beaucoup en ‎Europe et dans de nombreux pays musulman a découver, notamment, le plus ancien manuscrit de ‎hadiths dans une bibliothèque de Damas.‎

Il a été aussi le premier musulman à traduire intégralement le Coran en langue française.

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Un grand parmi les grands. Mohammed Hmidullah avait écrit au sujet du débat sur l’immuabiité du Coran : "Savoir lire et posséder une copie du Coran ne suffisait pas. Il fallait étudier auprès des maîtres attitrés et obtenir un certificat de l’authenticité de la copie comme de la connaissance de la part de l’élève. Cette méthode a subsisté jusqu’à nos jours : à la fin des études, le maître octroie un diplôme mentionnant toute la chaîne de ses maîtres, et des maîtres de ses maîtres, jusqu’au Prophète et attestant la conformité de la récitation à ce que lui-même a appris de son maître"

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Beaucoup de savants ou qui s’affichent comme savants feraient bien de s’inspirer de la simplicité et de l’humilité d’un érudit comme l’était Muhammed Hamidullah. De nos jours, des individus qui ont une toute petite connaissance en science religieuses se défissent comme des savants. Ils prennent un titre ronflant pour tromper des individus crédules à la recherche de réponses à leurs questions relatives à l’islam.

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Salam..

Je profite de cet article, pour poser une question... J’aimerais bien savoir en quoi le soufisme à avoir avec l’islam ?

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Réponse à curieux qui cherche à savoir ce qu’est le soufisme : Le soufisme constitue le coeur de la tradition islamique. Il ne peut donc prétendre être vécu en dehors de celle-ci. En même temps, et par-delà le cadre de la religion révélée, il vise à l’accomplissement de l’homme sur cette terre, ici et maintenant.

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Le soufisme en France est souvent l’objet de caricature ; Le soufisme est aussi méconnu des musulmans. Alors que le soufisme est partie intégrante de l’islam. Ignorer le soufisme, c’est ignorer la mystique musulmane. Le texte sur le grand Muhammed Hamidullah nous le rappelle justement et avec bonheur.

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Je ne connaissais pas réellement ce penseur. Où peut-on trouver ses livres et quels sont les titres que vous pouvez me conseiller ?

Merci pour vos réponses.

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La première fois que j’ai eu le coran entre les mains c’est celui traduit par Hamidullah, une très bonne traduction. J’en garde un beau souvenir, d’ailleurs je me souviens avoir offert ce coran à un ami qui cherchait à posséder une bonne traduction.

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Le Soufisme.Chemin tres interessant a suivre.Aidez moi a integrer cette voie remplie de sagesse

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Je vous remercie de cette présentation de l’oeuvre et de la personnalité de Muhammad Hamidullah. Vous le mettez parfaitement en perspective avec les préoccupations essentielles, de la pratique religieuse, de la croyance et de la mystique. Cette hiérarchie est bien exposée, et en peu de mots, ce qui est parfait. Il y a cependant une phrase, peut-être un peu rapide ou condensée, sur laquelle je voudrais avoir une explication. Vous dites :

"Par certains traits de caractère, M. Hamidullah semble proche des mystiques de l’Islam qui, pour réaliser la proximité avec Dieu, n’hésitent pas à renoncer aux plaisirs et aux gloires éphémères du monde".

Mais, Monsieur Tayeb Chouiref, comment les "mystiques de l’Islam" pourraient-ils "hésiter. Il n’y a pas le choix, si l’on veut "réaliser la proximité avec Dieu", que de renoncer d’abord "aux plaisirs et aux gloires éphémères du monde". Ensuite, cette proximité réalisée, ce qu’ils font de leur vie n’a plus qu’à s’accorder avec les enseignements qu’ils en auront retirés. C’est justement ce qui me fait douter que Ghazâlî ait jamais "réalisé" cette expérience, tandis que la vie et l’oeuvre d’Ibn ‘Arabî donne assez et plus de preuves que lui, l’ait fait. C’est "la vie et l’oeuvre" qui sont la pierre de touche de l’expérience, et non l’expérience qui donnerait caution à une vie et à une oeuvre. Je m’empresse de préciser que disant "c’est la vie et l’oeuvre qui sont la pierre de touche", je n’omet pas de penser aux mystiques "sans oeuvre", ou du moins sans oeuvre apparente, et dont les abdals peuvent être un exemple.

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il est important de connaitre les choses : le soufisme est le coeur de la tradition islamique et il faut le connaitre et essayer de connaitre les grands maitres passés et présents qui sont l héritage spirituel du prophete alihi salat wa salam et se reclament de lui a travers leur silsilas respective .la silsila est la chaine de transmission de maitre a eléve qui remonte au prophete alihi salat wa salam et cei est bien expliqué dans l article

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Assalaam anleikoum

Puisse ALLAH nous guider vers la droiture de façon parfaite comme IL a guidé ces envoyés et les grands de l’histoire comme notre cher MUHAMMAD HAMIDULLAH

Fii amani LAH

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salam alikoum, Le professeur hamidullah etait un humble et un savant de l’islam.j’ai eu le bonheur d’assister ,à la mosquee de stalingrad,le dimanche, apres la priere de dohr ,à beaucoup de ces explications de l’islam.leurs particularites etaient qu’il y avait tres peu de monde.nous avions devant nous un grand savant que personne n’avait annonce qui s’adressait à des auditeurs francophones.

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Pour les personne qui souhaitent avoir dvantage d’informations sur les Abdals, je leur conseil de lire les oeuvres d’Ibn ’arabi surnommé Ech Cheikh al Akbar, le plus grand des Cheikhs. Notamment dans son oeuvre magistrale ’les Futûhat al makkiya en arabe, ou un extrait traduit en français "les illuminations de la mekke" par Michel Chodkiewicz, qui en donne quelques aperçus ou même, du même auteur, le sceau des saints. Ibn Arabi définissant 80 hierarchies d’hommes spirituels chacun de ses représentants étant en lien (spirituel) avec un des 124000 prophètes d’Adam à Mohammed (sur eux la prière et la paix.) Ce ne sont pas des "intermédiaires" comme le clergé chrétien, mais des gens qui ont une qualité spirituelle particulière qui les rends aptes à guider les êtres humains vers Dieu. Le Prophète (sur lui la prière et la paix) a dit : Après moi, il n’y aura plus de prophètes, mais mes khalifa seront innombrables. Chaque sciècle je vous enverrai un rénovateur qui viendra revivifier votre religion (pas la changer, évidemment.)certains d’entre eux seront comme les prophètes des fils d’israël (de par leur rang spirituel non dans le domaine extérieur, ils restent dans la loi musulmane.)" Il se trouvera toujours ees gens qui dénigreront les soufis, mai comme dit un proverbe, "on ne peut élever bien haut le flambeau de la vérité sans roussir quelques barbes." Certaines personnes ayant un intérêt à ce que le soufisme soit rejeté& (notamment le wahabisme) pour que leur propre doctrine soit la seule qui compte... Mais allâh est Le plus savant et le retour final est vers Lui est Il est prompt dans Ses comptes... Abderrahmân.

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Le professeur Hamidullah fut, certes, quelqu’un de remarquable et je n’aurais rien à rajouter ou à critiquer à son sujet, m’estimant, d’ailleurs ; incompétant pour cela. Je voudrais réagir sur la forme de cet article notamment sur l’abus de certains termes comme "mystique et califes." Il est presque unanime chez tous les orientalistes et par beaucoup de d’écrivains ou d’intellectuels musulmans de taduire le terme arabe "soufi" par mystique. Or c’est une grave erreur ! Le mysticisme n’est qu’exclusivement chrétien et ne peux être transposé ailleurs (dans ce cas pourquoi ne dit-on pas des soufis chrétiens ?) Qu’est-ce qu’un mystique d’ailleurs ? C’est quelqu’un qui reçoit une certaine manifestation divine sous la forme d’une appartion (de Marie mère de jésus ou de jésus lui-même) pour faire passer un message particulier au monde en général et aux chrétiens en particulier. Cette personne ne fait rien pour cela, elle n’a pas de pratique spirituelle particulière, elle ne reçoit pas de ratachement initiatique, elle ne fait auucn serment d’allégeance. Certes, elle arrive à un certain degré d’élévation spirituelle peu commun parmi la communauté des croyants en général et peut manifester certains charismes particuliers (guérisons, visions de l’avenir, etc...) Mais est-ce que pour autant on puisse dire qu’elle va jsuqu’à l’union divine, la fusion de son coeur avec le Divin ? La réponse est non, cette personne vit avec le souvenir de ses visions extraordinaires mais pour autant elle reste dans sa modalité individuelle. Alors que le soufi va jsuq’au terme d’une façon active et non passive comme le mystique. Il peut manifester des charismes (karamat) mais se refuse généralement à le faire considérant que cela est un égarement. L’utilisation de ce terme par des orientalistes non musulmans imprégnés de christianisme est logique en soi, ils ne connaissent que cela, mais pourquoi utiliser leurs termes ? L’ancien colonisé se sentirait-il , quelque part, inférieur face à l’ancien colonisateur au point qu’il considère que ce qu’il dit est la juste vérité puique lui, ancien colonisateur- donc puissant- le dit ? Le soufi est celui qui vit pleinement l’ihsan dont parle le Prophète (sur lui la prière et la paix), on ne peut dire autant du mystique n’en déplaise à certains. Quand au mot "calife", c’est la même chose ! tous les mots arabe ou presques sont orthographiés correctement, phonétiquement parlant, sauf ce mot, pourquoi ? Un Khalife n’est pas un calife ! Tout cela par ce qu’en occident la lettre "kha" (RA) faute de connaître la langue arabe esr prononcée "ka", mais lorqu’il s’agit de prononcer certaines locutions étrangères ,anglaise ou asiatique par exemple, là des efforts importants sont fait pour prononcer et écrire correctement, on voit ce qui ressort de tout cela... Exemple : Un raz de marée en europe se prononce "tusnami" en asie, mais c’est exactemet la même chose. Quansd il y a un raz de marée en europe , maintenant on parle de tsunami, mais jamis on dira qu’un "calife" est un khalife", n’est-ce pas étrange ? Alors pourquoi des auteurs arabe et musulmans utilisent ces termes occidentaux de mystiques ou de califes ? Vraiment, quand on y réfléchit, il y a là quelque chose d’étrange... syndrome de stockholm... ? Abderrahmân

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Abderrahmân a l’air fâché avec le vocabulaire et la langue française. S’il poussait un peu sa logique,il devrait aussi s’en interdire toute expression, et nous priver ainsi de comprendre que ce qui vraiment le fâche. En effet, quand il demande :

Qu’est-ce qu’un mystique d’ailleurs ?

il donne la réponse dans la question même. C’est que, même si elle n’a pas le statut de langue sacrée que possède l’arabe ou la sanskrite (ou la grecque, partiellement), la langue française a plus d’un tour dans son sac. Dans la formulation de sa question il est question de l’ailleurs du ou de la mystique. Et la définition qu’en donne Abderrahmân est tellement réduite que je renonce à donner le moindre argument pour le contredire, sachant que ce n’est pas à coups d’arguments que l’on donne le meilleur conseil. Qu’il suffise, donc de bien se persuader que la mystique est ailleurs.

Enfin, cela pour dire simplement que ne me gène en rien que l’on qualifie ceux qui sont gratifiés de la proximité et l’amitié divine de mystiques, de soufis ou de quelque autre vocable qu’il vous plaira, à la seule condition qu’il comprenne l’acception de cet ailleurs qu’Abderrahmân, le bien nommé, a bien nommé.

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Mashallah. Voilà le mot qui me vient à la tête. Pour ce qui est des aspects "critiquables" je préfère m’en tenir qu’aux aspects qui me sont positifs et bénéfiques. Qu’Allah nous accorde ses bienfaits.

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Bonjour !

Je suis journaliste et je voudrais reçevoir en ouvrages de presse les deux ouvrges de Tayeb Chouiref :

Le Livre de la science, éditions La Ruche, 2000.

Le Livre de la patience, éditions La Ruche, 2001.

Et si possibles les contributions de Hamidullah citées en note 1 et 2.

Cordialement

Bruno