La mairie du 12ème arrondissement de Paris contre la liberté d’expression

Le Collectif des Musulmans d’Ile de France est scandalisé par l’attitude de la mairie du 12ème arrondiss

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dimanche 25 janvier 2004

Le Collectif des Musulmans d’Ile de France est scandalisé par l’attitude de la mairie du 12ème arrondissement et du maire Michèle Blumenthal. En effet, une de nos associations a loué l’Espace Reuilly pour l’organisation d’une conférence publique qui devait avoir lieu ce vendredi 24 janvier à 19h sur le thème « l’islamophobie et le communautarisme : quels enjeux, quelles alternatives ». Bien que le règlement avait été effectué, la municipalité a averti l’association organisatrice seulement la veille jeudi 22 janvier 2004 de sa décision de retirer la salle pour "crainte de trouble à l’ordre public". Pire, les organisateurs n’ont pu être considérés lorsqu’ils ont demandé des explications sur place. C’est avec mépris qu’ils ont été traités avec des réponses très évasives sur les motifs réels de ce virement à la veille de la conférence.

Notre conférence était une invitation à la rencontre et au dialogue. Dans ce climat délétère, nous considérons que l’attitude du maire et de son équipe politique du 12ème arrondissement est aux antipodes de la démocratie et de la considération de la liberté d’expression.

D’autant que cette censure au débat tant à se développer sur le territoire national dès lors que certains intellectuels doivent prendre la parole. Nous rappelons que les conférenciers prévus, Alain Gresh (Monde diplomatique), Tariq Ramadan (Islamologue), Hamida Benssadia (Femmes citoyennes des deux rives), sont reconnues pour le souci qu’ils portent au dialogue et au respect de l’ordre public.

Celles et ceux qui veulent confisquer le débat assument de fait la responsabilité des crispations que nous souhaitons apaiser à l’heure ou la communauté nationale à besoin plus que jamais de sphère de rencontres et de débats.

Nous condamnons avec la plus grande des fermetés ce type de gestion municipale qui donne à certaines et à certains, le sentiment d’être au-dessus des règles du vivre ensemble. Cet acte politique qui traduit le refus de l’autre est injustifié sauf par l’intolérance et le mépris, mérite une réponse politique et nous en prenons acte. Pour nous, l’affaire ne s’arrêtera pas là.

 

Abdelaziz EL JAOUHARI

Le Collectif des Musulmans d’Ile de France

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