La loi de 2004 : une révolution conservatrice dans la laïcité

A l’occasion de la célébration du centenaire de la loi 1905 sur la laïcité, plusieurs analyses ont été

jeudi 29 décembre 2005

Vous vous définissez comme laïque, et vous avez combattu la loi de 2004 interdisant les « signes religieux ostensibles » à l’école. Quel regard portez vous sur cette loi ? À l’heure où l’on célèbre la loi de 1905, comment la loi de 2004 s’inscrit-elle dans l’histoire de la laïcité française ?

Contrairement à ce qu’on dit souvent, c’est une profonde rupture. En effet, ce qui m’a frappé dans le débat autour du « voile à l’école », c’est qu’il y a eu une récurrence du registre du « retour aux sources » chez les partisans de la loi, alors que, paradoxe, c’était pour justifier une nouvelle législation. On a sans arrêt entendu des mots comme « restaurer », « réaffirmer », « retrouver », « revenir à », alors qu’on préparait une nouvelle loi, qui innovait en changeant radicalement la loi d’origine - puisqu’on imposait désormais la neutralité non seulement aux agents du service public, mais aussi à ceux qui devaient profiter de ce service public. On a donc ce paradoxe : une profonde innovation qui est justifiée par un nécessaire retour aux sources, à l’ordre, à certains principes.

Je dirais même plus que transformation ou métamorphose : il y a eu subversion profonde du principe de laïcité, révolution dans la laïcité - à condition de bien entendre, qu’il s’agit d’une révolution conservatrice. En un sens, loin d’avoir été « réaffirmée », la laïcité a été assassinée. On fête le centenaire de la loi de 1905, alors qu’on devrait être en deuil !

Vous parlez dans certains textes [1] d’une laïcité devenue dogmatique, religieuse, et même intégriste. Est-ce cela, la révolution conservatrice ?

Oui, ou disons que c’est son premier aspect : le passage d’une conception laïque de la laïcité à une conception religieuse de la laïcité. Il y a eu sacralisation de la laïcité, devenue comme un totem ; ça a été très marquant à mes yeux, et sacralisation, il faut le prendre au sens strict : ce n’est pas qu’une image, ce n’est pas qu’une métaphore.

Pourtant, au départ, dans les textes de loi des années 1880, qui régissent la laïcité de l’école, la laïcité n’est pas un absolu, ce n’est pas une fin en soi, mais un moyen. Un moyen très précieux, certes, mais un moyen, dont on dispose en vue d’une fin qui n’est pas la laïcité. La laïcité ne vaut que comme un cadre, c’est une machine politique, une invention politique, qui permet ce qu’on appelle le vivre-ensemble, ou plutôt un certain vivre-ensemble, un vivre ensemble qui maximise la liberté individuelle et l’égalité de traitement. La laïcité est un moyen pour la liberté et l’égalité.

Or, avec la loi de 2004, on a rompu avec cette laïcité/moyen, et on a fait de la laïcité une fin, un absolu, un totem. On est ainsi passé d’une laïcité qui est dans un rapport d’altérité avec les logiques religieuses à une laïcité qui est dans un rapport de rivalité mimétique avec les logiques religieuses. Cette formule peut paraître barbare ou abstraite, mais je vais donner un exemple très précis et concret : de Sarkozy jusqu’à la gauche extrême, on a entendu l’argument suivant :

«  Quand on rentre dans une mosquée, on doit enlever ses chaussures. De même, quand elle rentre dans une classe, elle doit enlever son foulard. »

C’est cela une laïcité qui se pose dans un rapport de rivalité mimétique avec la religion. C’est le « de même » qui pose problème, car il montre que la laïcité se conçoit comme un mode de fonctionnement identique, et par là-même en concurrence, avec les religions. Ce que je réponds à cela, c’est que justement, non, nous ne devons pas faire la même chose avec le voile d’une élève qu’avec nos chaussures à la mosquée, car la classe n’est justement pas un espace sacré, un espace religieux, mais un espace laïc. Et on a pu concevoir la laïcité, et c’est cela la laïcité du début du vingtième siècle, comme l’invention d’autres types de règles, d’autre types de normes, des règles dans lesquelles l’interdit vestimentaire n’est pas un point d’honneur.

Vous dites dans votre livre Le voile médiatique que cette nouvelle « religion laïque » a son clergé : un clergé qui à son temple à Sciences Po, à TF1, dans la grande presse, Alain Duhamel, etc.

Oui, le clergé des éditorialistes, et d’ailleurs, comme tous les clergés, il est quasi exclusivement masculin ! Jean Daniel, Jacques Julliard, Alain Gérard Slama, Max Gallo, Denis Jeambar, Claude Imbert, Serge July, Jean-Michel Thénard, Jean-François Kahn. Tous féministes quand il s’agit de stigmatiser le voile, mais tous des hommes, qui monopolisent la parole autorisée, le commentaire politique, la direction de la presse d’opinion !

Eux, ce sont les petits clercs, mais il y a aussi les grands théologiens - et eux aussi ce ne sont que des hommes ! Je veux parler des théoriciens plus savants, comme Henri Péna-Ruiz, qui parle de la laïcité comme une caricature de curé ; je veux parler de Régis Debray et Alain Finkelkraut, qui assument une dimension sacrée, religieuse, et la revendiquent. Ils disent expressément que le problème majeur de notre société est qu’elle a perdu toute notion de « transcendance », et qu’il faudrait une école qui soit un « espace sacré ». Pour ma part je me sentais mieux dans une école laïque sans transcendance ni sacré, attentive aux contenus enseignés mais n’accordant pas d’importance excessive aux signes religieux des élèves, refusant d’entrer dans le domaine théologique de l’interprétation de ces signes, favorisant les exigences scolaires sur les exigences vestimentaires, et accueillant tout le monde.

Effectivement, le point de rupture principal n’est-il pas l’exclusion ? La nouvelle loi place les élèves devant une alternative implacable : soit enlever son voile, soit quitter l’école. Elle provoque donc des exclusions.

Oui, exclusion est sans doute le mot-clé, même s’il a soigneusement été esquivé dans tous les débats. On est donc passé, comme l’ont dit par exemple les militants de la Ligue de l’enseignement, d’une laïcité d’inclusion à une laïcité d’exclusion. Mais plus profondément, je dirais quant à moi qu’on est passé d’une laïcité libertaire-égalitaire à une laïcité sécuritaire. De la neutralité imposée aux agents du service public d’éducation à la neutralité imposée à ses bénéficiaires.

Là aussi, ce n’est pas une simple formule. J’entends par laïcité égalitaire le fait que dans les lois sur la laïcité de l’école des années 1880, la laïcité était directement articulée avec les principes de liberté et d’égalité. Tandis que la loi de 2004 institue une laïcité sécuritaire, au sens où on est face à une laïcité qui a été décrochée de ses finalités de liberté et d’égalité, et qui n’est référée qu’à l’ordre public. Les lois des années 1880, je le rappelle, fixent pour l’école une obligation de neutralité pour l’institution, qui se décline dans trois domaines : les contenus enseignés, les locaux et le personnel enseignant. Mais pas l’élève ! C’est la nouvelle loi qui dit que la neutralité s’impose non plus seulement aux agents, mais aussi aux bénéficiaires du service public.

Quel est l’esprit de la loi quand, en 1880-1886, le législateur impose la neutralité aux agents du service public ?

C’est précisément le fait que la laïcité est un moyen en vue de l’égalité et de la liberté. En effet, l’égalité de traitement entre élèves implique, on a oublié de le dire, que l’école scolarise tous les enfants. Sans discrimination. Par opposition, la nouvelle loi, en imposant une sommation, une exigence spécifique, à des adolescentes, prend le risque de l’exclusion, prend le risque, pour citer un slogan d’Une école pour tou-te-s, que « l’école publique choisisse son public. »

Deuxièmement, l’égalité de traitement pour ceux qui vont à l’école nécessite qu’il n’y ait pas, de la part du maître ou des programmes enseignés, une idéologie ou une religion officielle, qui placerait les élèves en situation d’inégalité. Car si le professeur fait un enseignement chrétien, il y a inégalité entre les élèves chrétiens, qui s’y retrouvent, et les autres, qui subissent une violence symbolique. C’est donc le principe d’égalité qui impose que les maîtres et les contenus soient autant que possible neutres.

Enfin, c’est aussi le principe de liberté qui impose cette neutralité à l’institution, car la neutralité du programme et du professeur, c’est aussi permettre à l’élève de se construire, de se faire lui-même sa propre opinion. L’élève est conçu comme une conscience en formation. La parole du maître doit donc être contenue, neutralisée, afin qu’il n’étouffe pas cette conscience en formation, qu’il n’exerce pas sur un esprit encore ignorant et inachevé une influence trop forte. Et c’est la même raison, la construction d’une conscience libre, qui exige que le maître reste neutre et qui exige en même temps que l’élève s’exprime, qu’il ne soit pas, lui, soumis à une obligation de neutralité. Car c’est en s’exprimant que l’élève peut se confronter à la contradiction et évoluer. En exprimant y compris ses préjugés. Car pour que des préjugés soient dépassés, il faut qu’ils aient été contredits, et pour être contredits il faut qu’ils aient au préalable été dits !

En quoi la loi de 2004 rompt-elle avec cette laïcité « libertaire » et « égalitaire » ? Et pourquoi dites vous qu’elle instaure une « laïcité sécuritaire » ?

La laïcité n’est plus libertaire ni égalitaire car elle limite la liberté vestimentaire, et instaure une inégalité en posant un interdit qui exerce une violence sur certains élèves (notamment les Sikhs et les musulmanes voilées) plus que d’autres (les chrétiens, qui peuvent garder leur croix sous leur pull).

Et cette nouvelle laïcité devient « sécuritaire » car en même temps qu’elle est décrochée des finalités de liberté et d’égalité, elle est raccrochée à une seule finalité : l’ordre public. En effet, un des arguments principaux en faveur de la nouvelle loi a été qu’il fallait faire disparaître les signes visibles pour rétablir la paix dans des établissements en proie à la guerre des religions. Il faut rappeler d’ailleurs que seul moment de l’histoire où il y a eu une obligation de neutralité imposée aux élèves, c’était bien après 1880 ou même bien après 1905, c’était en 1936 ; ce n’est pas une loi mais une simple circulaire, celle de Jean Zay, une mesure de circonstance, une circulaire interdisant aux élèves d’arborer des signes politiques, une mesure liée aux bagarres entre ligues d’extrême droite et militants communistes. Pour faire passer la nouvelle loi, on a voulu nous faire croire à une situation du même type, cette fois-ci entre Juifs et Musulmans.

Si le souci d’ordre public prime sur celui de liberté et d’égalité, faut-il en conclure que la loi de 2004 est anti-démocratique ?

Si les mots ont un sens, oui ! Ce n’est pas un simple slogan : profondément, on est passé d’une laïcité conçue comme principe d’organisation démocratique à une laïcité invoquée comme « principe de la République » - le mot République étant de plus en plus utilisé comme un antonyme de démocratie. République contre démocratie : cette formule que Régis Debray a proposée il y a quinze ans, directement dans la foulée de la première affaire du voile, doit être prise au sérieux. C’est effectivement la logique démocratique qui est mise en cause par la nouvelle « laïcité républicaine ». Il suffit pour s’en rendre compte de se pencher sur les discours tenus par les partisans de la nouvelle loi sur la nécessaire « neutralité de l’espace public ».

En effet, « espace public neutre », on peut le comprendre de pleins de manières. Il y a d’abord le problème épineux de la définition de ce qui est public [2], mais quand bien même on serait d’accord là-dessus, qu’est-ce que cela veut dire que cet « espace » doit être « neutre » ?

Il y a une première conception, que j’appelle neutralité positive, qui consiste à dire que ce qui doit être neutre c’est son organisation, sa régulation, ses règles. Que le droit d’expression soit le même pour tout le monde, et que les autorités y veillent. Qu’aucune majorité ou aucune force sociale en position de domination n’empêche les minoritaires de s’exprimer. Dans cette conception de l’espace public, c’est donc l’espace qui doit être neutre, pas le public. On peut même dire que l’espace doit être neutre justement pour que le public, tous les publics, puissent ne pas l’être.

Et puis il y a une autre conception, et c’est cela qu’on a entendu dans les débats sur le voile et qui est terrifiant : l’idée qu’une fille voilée dans un espace public porte atteinte à la nécessaire neutralité de cet espace - ce qui signifie qu’on considère que ce n’est pas simplement l’espace, mais bien le public qui doit rester neutre ! Chaque individu qui traverse l’espace public est sommé de « rester neutre » ! Ce modèle, il existe un autre nom pour le décrire, un terme qui sonne moins bien qu’ « espace public neutre », mais qui décrit bien mieux, plus précisément, ce dont il s’agit quand « le public » est sommé de « rester neutre » : ce terme c’est « suppression de la liberté d’expression », « négation de la liberté d’expression », ou encore : « totalitarisme ».

Le terme peut faire bondir, parce que c’est vrai que dans la réalité on n’en n’est pas là, ce n’est pas aussi gros que ça. Même si la nouvelle théorie de la « neutralité de l’espace public » est totalitaire, cela ne se traduit pas dans la réalité par une France totalitaire, car la théorie ne s’applique réellement qu’à des minorités, ce qui fait que, quand on ne fait pas partie des minorités concernées, ça ne se voit pas beaucoup ! Cette manière de dire « vous exprimez ostensiblement ce que vous voulez chez vous, mais dans l’espace public vous devez rester neutres », ça ne s’adresse qu’aux musulmans en ce moment - mais, par exemple, les homosexuels aussi connaissent ce refrain.

On rencontre alors la question de racisme. Si ce « totalitarisme » ne s’exerce que sur certaines minorités, tandis que la majorité continue de jouir de droits et de principes démocratiques, n’est-ce pas une forme d’Apartheid ? Ce traitement différencié, peut-on le qualifier de raciste ? Cette qualification de « loi raciste » a été très controversée, y compris chez les opposants à la loi de 2004.

Pour ma part, la question que je me pose est plutôt : comment peut-on ne pas parler de racisme ? Quand je dis cela, il ne s’agit évidemment pas de traiter de lépéniste, de haineux des arabes chaque individu qui ne serait pas d’accord avec moi. Il s’agit en revanche de souligner que cette conception-là de la « nécessaire neutralité de l’espace public » et de la « nécessaire neutralité de l’espace scolaire », pose la question du racisme. Non pas au sens d’une haine d’une race, mais si on définit le racisme comme un système de pensée et de pratiques qui produit un système différencié au désavantage d’une minorité, alors il y a indiscutablement racisme. Là dessus, il y a des faits objectifs : c’est du voile uniquement qu’il a été question dans la plupart des argumentaires proloi, y compris quand ils réclamaient l’interdiction de « tous les signes religieux ». C’est du voile uniquement qu’a parlé Chirac dans son discours du 17 décembre 2003 appelant le Parlement à légiférer.

Par ailleurs, l’hystérie collective et les contradictions qui se sont manifestées au cours des débats laissent à penser qu’il y a bien une phobie qui a surdéterminé nombres de réactions : quand des gens intelligents deviennent soudainement bêtes, quand des gens doux et aimables deviennent soudainement méchants, quand des antiracistes pro-loi se mettent, à bout d’arguments, à dire que « chez nous, en France », on n’accepte pas le voile, des féministes se mettent à traiter des femmes de « salopes » (sous prétexte qu’elles portent le voile et prétendent participer à une manifestation féministe), quand des libertaires deviennent autoritaires (en acceptant que l’État régisse les tenues vestimentaires des élèves et traduisent les « mal-vêtues » en conseil de discipline), on se dit : que se passe-t-il ? Quelle est cette chose qui renverse tout, qui bouleverse tout, et qui rend impossible l’échange d’arguments rationnels ?

Et qu’est-ce qui fait, enfin, qu’au delà des positions qui peuvent être critiques voire hostiles à l’égard du foulard, ou du religieux en général, il y ait eu une telle indifférence face au devenir de centaines d’adolescentes, humiliées ou déscolarisées ? On peut difficilement expliquer tout cela sans prendre en compte l’imprégnation profonde de l’islamophobie.

Mais ce racisme n’a pas été théorisé. C’est un racisme inconscient.

Oui et non. Bien entendu il n’y a pas d’expression absolument transparente de ce racisme, puisque officiellement, et c’est tant mieux, le racisme n’est pas licite. La loi elle même s’énonce sous la forme d’une loi générale, s’appliquant à tous et à tous les signes religieux « ostensibles ». Mais l’esprit de la loi n’est pas aussi impeccable ! Depuis les premières pétitions proloi au printemps 2003 jusqu’aux débats parlementaires du début 2004, en passant par le discours de Jacques Chirac, on ne cible que le voile.

Par ailleurs, la dimension raciste de la loi apparaît clairement dans le contenu même des arguments proloi. Je passe sur l’essentialisation de l’Islam et sur tous les amalgames voile-viol-excision-islamisme-intégrisme-terrorisme-fascisme-nazisme-antisémitisme, ont été faits en toute impunité dans les grands médias [3]. Je vais prendre plutôt un exemple précis où l’on voit s’opérer le passage d’une laïcité égalitaire (articulée à l’égalité) à une laïcité identitaire (articulée à l’identité). Le philosophe Henri Pena-Ruiz, qui a été membre de la Commission Stasi, et l’un des plus ardents militants en faveur de la loi de 2004, a dit dans un débat public la chose suivante - qui a été souvent redite par d’autres partisans de la loi antifoulard :

« Je n’ai pas à savoir, en tant qu’enseignant, si mes élèves sont juifs, chrétiens, musulmans, athées ou autres. Car, je dois les traiter tous comme des élèves égaux. »

Je lui ai répondu la chose suivante : tout d’abord, je suis prof en lycée, et que le foulard soit interdit ou pas, rien n’empêchera que je sache ce que sont mes élèves. Ils ont mille manières de l’exprimer. Quant à savoir si c’est une mauvaise chose que je le sache... Personnellement, je ne crois pas que ce soit le mal absolu, j’ai même tendance à penser qu’il est bon qu’un professeur connaisse ses élèves, dans ses diverses dimensions. Mais de toute façon, l’essentiel est encore ailleurs ; la question de fond, c’est : en quoi le fait de savoir qu’untel est juif, qu’untel est musulman, qu’untel est croyant, qu’untel ne l’est pas, en quoi le fait que je sache cela m’empêche-t-il de les traiter tous de manière égale ? La différence ne s’oppose pas à l’égalité mais à l’identité. Égal n’est pas le contraire de différent, mais d’inégal. Le contraire de différent, c’est identique. Confondre les deux niveaux, faire de l’identique une condition de l’égalité, considérer comme impossible l’égalité entre deux être différents, c’est le propre du racisme. J’ai donc répondu à Monsieur Pena-Ruiz la chose suivante :

Personnellement, connaître les différences de mes élèves, les différences de confession ou les autres différences, savoir que les uns croient et les autres pas, que les uns sont musulmans et les autres autre chose, ne m’a jamais empêché de les traiter en égaux. Si le fait de connaître une différence entre deux personnes vous empêche de les traiter de manière égale, le problème n’est pas ce que l’élève porte sur la tête, c’est ce qu’il y a dans votre tête. Et cela s’appelle le racisme.

Pierre Tévanian

Dernier ouvrage : Le voile médiatique. Un faux débat : "l’affaire du foulard islamique", Raison d’agir, 2005

Notes :

[1]Cf. P. Tévanian, "De la laïcité égalitaire à la laïcité sécuritaire. Le milieu scolaire à l’épreuve du foulard islamique" et "Tentative de cartographie", sur le site www.lmsi.net : liens : lmsi.net/article.php3 ?id_article=244 et lmsi.net/article.php3 ?id_article=318

[2] Cf. les amusants développements que Laurent Lévy propose sur les hôpitaux publics, les toilettes publiques, ou les "amoureux qui se bécotent sur les bancs publics". Cf. L. Lévy, Le spectre du communautarisme, Editions Amsterdam, 2005

[3] Des exemples édifiants de ces amalgames et essentialisations sont donnés dans P. Tévanian, Le voile médiatique. Un faux débat : "l’affaire du foulard islamique", Raison d’agir, 2005

* Les reflexions proposées dans cet entretien ont été exposées auparavant lors de débats organises par la FTCR et par les Verts.

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