La houle protestataire gagne le Maroc

Galvanisée par la fronde tunisienne et égyptienne qui a fait chanceler des autocraties solidement enracinée

jeudi 17 février 2011

Galvanisée par la fronde tunisienne et égyptienne qui a fait chanceler des autocraties solidement enracinées, au point de les croire immuables, la protestation marocaine s’est mise à l’ouvrage avec détermination et ardeur, recourant elle aussi à Facebook pour mobiliser ses troupes.

L’appel à manifester a été fixé au 20 février par les fondateurs du mouvement Liberté et Démocratie, qui compte quelque 8200 membres, prêts à brandir la bannière du renouveau résolument démocratique pour mettre un terme à une mascarade politique qui n’a que trop duré. Les organisateurs du mouvement aspirent en effet à une « démocratie réelle, pas un théâtre où les partis politiques ne représentent personne ».

A bas tous les bâillons qui réduisent au silence et étouffent la critique ! Le cri de ralliement de la contestation a cette fois-ci la couleur du Maroc, mais résonne des mêmes constats cruels et de doléances urgentes et non négociables : une paupérisation incommensurable inféodée à des dynasties familiales triomphantes, l’impérieuse nécessité de réviser la Constitution pour entériner la séparation des pouvoirs, assortie de la dissolution non moins pressante du gouvernement.

La fabuleuse caisse de résonance du Net a amplifié la clameur populaire, notamment auprès de la jeunesse, mais également du mouvement Justice et Spiritualité dirigé par Nadia Yassine, qui, fort de ses 200 000 membres, pourrait envisager de rejoindre les rangs de la résistance en marche.

Le coup de baguette magique du gouvernement qui a annoncé le doublement des subventions publiques n’apaisera pas une colère refoulée depuis trop longtemps, à l’image de ce millier de diplômés, tous au chômage, qui ont donné le coup d’envoi de la révolte, en marchant, jeudi dernier, vers le Palais royal à Rabat, pour dénoncer l’inaction du gouvernement et exiger la démission du Premier ministre, Abbas El Fassi.

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