La grande leçon de laïcité de la Fédération des Femmes du Québec

« Ni obligation religieuse, ni interdiction étatique », c’est une bouffée d’air frais de laïcité

mercredi 13 mai 2009

  La grande leçon de laïcité de la Fédération des Femmes du Québec

« Ni obligation religieuse, ni interdiction étatique », c’est une bouffée d’air frais de laïcité éclairée que nous apporte depuis la belle province la Fédération des Femmes du Québec (FFQ), en ouvrant la voie à une tolérance et une modernité dont l’intransigeance à la française serait bien avisée de s’inspirer ! Validé en assemblée générale, le positionnement avant-gardiste de cet organisme féministe privilégie la lutte en faveur de l’intégration et de la liberté individuelle, prenant en considération trois critères fondamentaux : l’analyse féministe, la discrimination subie par les femmes immigrantes ou racisées, et le modèle québécois de laïcité.

Détail vestimentaire qui nourrit la fantasmagorie européenne la plus obscure, le port du hidjab est devenu le premier sujet de polémiques passionnelles à l’exportation. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, la stigmatisation des femmes qui l’arborent s’est internationalisée, jusqu’à se demander sous quels cieux occidentaux plus cléments il serait plus aisé de le porter !

En s’opposant officiellement à l’interdiction du port de signes religieux dans les institutions publiques, la Fédération des Femmes du Québec démontre que la véritable aliénation des femmes issues de minorités ethniques ne se situe pas là où la société bien-pensante, hypocritement indignée, la pointe du doigt : le vrai et unique danger repose sur un repli identitaire, une ghettoïsation forcée qui favoriseraient le maintien de traditions d’origine souvent défavorables aux femmes et, par conséquent, contraires à l’égalité entre les femmes et les hommes.

Réaffirmant parallèlement son attachement à la liberté religieuse et sa réprobation de tous les intégrismes quels qu’ils soient, la Fédération des Femmes du Québec fait preuve d’une clairvoyance suffisamment rare pour être saluée, en prônant le seul processus d’intégration équitable qui devrait avoir droit de cité : l’accès à l’emploi pour toutes les femmes, sans distinction, tant dans les secteurs public que privé.

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