Mercredi 23 mai 2012
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La force du lien (partie 2/2)

Une déficience conceptuelle inhérente à toute communauté humaine tend à annihiler l’homme « individu » ou l’homme par lui-même au détriment du monde dans lequel il vit. Ce que j’appelle le transfert subi par l’histoire du « moi » au « nous ». Cette attitude comporte un danger car elle véhicule une unité globalisante peu respectueuse des différences. Comment percevoir les distinctions inter-communautaires dans la mesure où nous ne voyons pas les particularismes de l’univers au sein duquel nous évoluons.

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Une déficience conceptuelle inhérente à toute
communauté humaine tend à annihiler l’homme « individu » ou
l’homme par lui-même au détriment du monde dans lequel il vit. Ce que
j’appelle le transfert subi par l’histoire du « moi » au « nous ».
Cette attitude comporte un danger car elle véhicule une unité globalisante peu
respectueuse des différences. Comment percevoir les distinctions inter-communautaires
dans la mesure où nous ne voyons pas les particularismes de l’univers au sein
duquel nous évoluons. Le mythe du « nous », la communauté, la
collectivité avec ses conventions, ses affirmations véhémentes et pathétiques,
ses exaltations guerrières, produit une nouvelle image de l’homme inspirée par
le groupe d’appartenance. Dès lors, tous les clichés, toutes les présentations
partielles et partiales deviennent possibles et permises. La mode des identités
nationales, s’enracine également dans cette thèse. Par pure commodité,
l’hypothèse de la co-existence communautaire trouve sa légitimité. Ainsi,
l’autre, au nom de la différence, devra toujours rester différent car nous
devons le respecter comme tel. Le jour où il s’avère moins différent, il ne
peut plus rester autre mais devenir « nous ». Ainsi est fondée la
logique de l’intégration/assimilation.

Si l’on relativise le mythe du « nous »,
l’unité globalisante se montrera plus réceptive aux apports de l’autre.

Apport de la laïcité à l’Islam de France :

La pratique inédite d’un Islam minoritaire, vécu
en milieu sécularisé conduit à une :

1- privatisation de la sphère religieuse :
l’acte cultuel détient la primauté sur l’acte formel ; désormais, ce
n’est plus l’Etat qui détermine le cadre juridique au sein duquel l’islam va se
mouvoir mais chaque musulman devra fixer ses propres règles en conformité avec
sa tradition spirituelle et culturelle.

2- Emergence d’un Islam de culture française vécu
de manière plus souple, moins conventionnelle. Feu cheikh Abbas affirmait que
parce que la société française est imprégnée de laïcité, il est plus aisé
à un musulman de vivre sa foi.


 

L’analyse historique et sociale légitime
l’enracinement de l’Islam de France :

A titre récapitulatif, une étude historique
met en relief quatre idées essentielles :

1- la diversité d’être et de faire de l’Islam
de France, il n’existe nulle part au monde un Islam monolithique, ce qui
signifie la primauté de l’histoire sur le dogme pour qui veut comprendre le rôle
et la place de l’Islam de France.

2- L’enracinement (et non l’implantation)
historique de l’islam de France et non en France.

Enracinement veut dire présence définitive au
sein de l’espace socio-culturel français ; cette situation résulte d’une
rencontre de deux traditions qui plutôt que stigmatiser leurs différences,
recherchent des points de convergence.

Le vocable implantation fait implicitement
allusion à la transposition d’un bloc constitué d’un monde à un autre.
Autrement dit, l’implantation consisterait à reproduire des us et coutumes émanant
d’ailleurs, ce qui ne correspond nullement à la volonté majoritaire des
musulmans de France.

3- La force du lien permet le dépassement de
tous les antagonismes.

Si l’on recherchait en permanence le lien qui
unit les musulmans et les non musulmans de France, toutes les difficultés
s’aplaniraient aussi vites qu’elles ont été créées.

4- La nécessité du développement d’un Islam
endogène suppose deux conditions :


a) la constitution d’une structure
significative (par exemple l’harmonisation des tendances majoritaires), ce
que le débat sur la consultation des musulmans de France devrait instaurer.

b) La création d’un espace d’expression
scientifique de l’Islam qui pourrait prendre en charge la formation d’imâm
résidant en France et donc parfaitement imprégnés de la culture française


Puisse ces paroles, extraites du livre de l’éternité
de Mohammed Iqbal, susciter quelque humilité chez ceux qui se considèrent
comme les détenteurs patentés de leur portion de territoire par rapport à
ceux qu’ils qualifient d’envahisseurs parce que nés ailleurs sur une autre
terre...

« L’histoire de l’homme en Orient comme en
Occident, consiste en combats, querelles, insurrections, pour une poignée de
terre !

La terre est comme une jeune mariée, et nous
sommes tous ses époux, cette sorcière est en même temps avec tous et sans
personne.

Sa coquetterie n’est que ruses et roueries ».

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