La diplomatie de l’ombre des Etats-Unis, de l’Europe et de l’Iran : info ou intox ?

Ce qu’il y a de passionnant avec la diplomatie, c’est que nous ne sommes jamais au bout de nos surprises 

mardi 7 avril 2009

Ce qu’il y a de passionnant avec la diplomatie, c’est que nous ne sommes jamais au bout de nos surprises ! Oeuvrant sous cape depuis déjà six ans, en sous-marin d’une diplomatie ultra secrète réservée à des initiés des problématiques du Moyen-Orient, un groupe international, trié sur le volet, composé de chercheurs américains, européens et iraniens se rencontrent à Genève, poursuivant le noble objectif d’établir des ponts informels pour éviter le pire.

En marge des habituelles attaques frontales auxquelles se livrent les dirigeants des puissances concernées, ce processus clandestin, soutenu en haut lieu, portant le nom de code « Track II », et révélé aujourd’hui par le quotidien Suisse « Le Temps », s’inspire des accords d’Oslo.Tous impliqués dans les questions régionales du Moyen-Orient et les relations américano-iraniennes, des universitaires de la République islamique d’Iran et des Etats-Unis, mais aussi d’Europe, de Suisse, d’Etats arabes voire même d’Israël, sourds aux affrontements officiels, se réunissent régulièrement à Genève, et en Europe, la dernière réunion remontant à début mars.

Ce cercle élitiste compte une trentaine de membres, certains professeurs étant des spécialistes de la stratégie, d’autres des relations internationales, ou encore des experts nucléaires, voire même des conseillers de responsables politiques. Sous couvert d’anonymat, un membre actif a confié que « Le processus d’Oslo a commencé à ce niveau. Entre Iraniens et Occidentaux, il est essentiel de se parler, car les perceptions qu’on peut avoir des uns et des autres sont parfois très éloignées de la réalité. Le pire, c’est de se déshumaniser réciproquement. » Et le professeur d’ajouter : « Quand il n’y a pas de caméras, les peurs de parler librement disparaissent. Les participants ne se sentent pas contraints de jouer un jeu. »

Cautionné par Washington et Téhéran, ce « secret de Polichinelle » de la diplomatie officielle, évolue au gré des soubresauts de la politique internationale. La question essentielle est de savoir si cette diplomatie quasi ésotérique favorisera concrètement la réconciliation publique entre les Iraniens et les Américains, après près de 30 ans de rupture dans les relations entre Washington et Téhéran ?

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