La dérive autocratique du président de tous les français

La dérive autocratique du président de tous les français Que s’est-il donc passé de si grave à Saint-L

samedi 31 janvier 2009

La dérive autocratique du président de tous les français

Que s’est-il donc passé de si grave à Saint-Lô le 12 janvier dernier, lors de la visite de Nicolas Sarkozy pour les vœux aux personnels de l’éducation nationale, qui justifie les mutations immédiates des deux hauts fonctionnaires du département, en la personne du Préfet, Jean Charbonniaud, dont il n’est pas anodin de noter qu’il fut chef de cabinet de Dominique de Villepin, et du directeur départemental de la sécurité publique, Philippe Bourgade ?

Quel vent de sédition a-t-il bien pu souffler sur la capitale de la Manche, classée meilleure élève de la république en 2008 pour l’efficacité de sa police, qui porte à ce point atteinte à l’intégrité de celui qu’il est aujourd’hui de bon ton de comparer à « Bonaparte » ?

Surprotégé par un dispositif policier disproportionné au regard des circonstances, notre bonimenteur hors concours du pouvoir d’achat, de la diversité, et des droits de l’homme, a subi l’affront suprême : des sifflements de manifestants…

Au sein même de l’UMP, ces mesures disciplinaires d’un autre régime, aussi brutales que radicales, créent l’émoi, suscitant notamment parmi les élus de la Manche incompréhension et réprobation.

Jean-François Legrand, président du conseil général de la Manche, n’a pas caché son indignation : "Je trouve parfaitement lamentable qu’on puisse utiliser un représentant de l’Etat comme si on utilisait un Kleenex. C’est scandaleux".

Après l’illusion de « La France d’après » (son slogan de campagne), c’est au rythme effréné d’un nouveau leitmotiv que vibre Nicolas Sarkozy, le président : « Sanctionner pour l’exemple ».

Limogeage du patron des forces de sécurité en Corse à la suite de l’intrusion de nationalistes dans la villa de Christian Clavier, licenciement du directeur de la rédaction de Paris-Match et menaces à l’encontre de journalistes, affaires Siné et Guigue pour antisémitisme, récente agression contre Abdelaziz Chaambi…, poursuites judiciaires après licenciements ou pressions de tous ordres, le pouvoir se concentre jour après jour dans les mains d’un autocrate qui feint de s’ignorer, usant et abusant de l’arbitraire.

Au candidat Sarkozy qui entonnait la ritournelle de l’ouverture et du changement, succède le monarque qui fait craindre demain les funestes heures des lettres de cachet.

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