La cour d’appel de Paris réhabilite l’honneur sali du journaliste Alain Ménargues en condamnant RFI

Journaliste d’investigation et expert reconnu du monde arabe, Alain Ménargues, qui fut correspondant de Rad

jeudi 12 mars 2009

Journaliste d’investigation et expert reconnu du monde arabe, Alain Ménargues, qui fut correspondant de Radio France à Beyrouth de 1982 à 1995, venait de prendre les commandes de la direction générale adjointe de Radio France Internationale en juillet 2004, lorsqu’une procédure de licenciement enclenchée dans le plus grand empressement mit fin à ses nouvelles responsabilités radiophoniques en octobre de la même année.

A l’origine de la frénésie qui s’empara de ses pairs et qui en fit le bouc émissaire idéal du lobby pro-israélien dans une partie de la sphère journalistique française, ce sont ses propos qualifiant Israël « d’Etat raciste », lors de la promotion de son livre « Le mur de Sharon », qui mirent le feu aux poudres.

Les esprits s’enflammèrent aussitôt, et des syndicats, à la société des journalistes de RFI, en passant par les associations juives françaises, jusqu’au ministère des Affaires étrangères, tous se mirent à vociférer à l’antisémitisme.

Cruelle ironie du sort, Alain Ménargues devenait la victime expiatrice de ce qu’il a toujours condamné : l’amalgame instrumentalisé entre critique objective de la politique israélienne et accusation d’antisémitisme.

Contraint de plier sous la calomnie, il démissionna de ses fonctions, subissant l’estocade finale : un licenciement pour « faute ».

Après avoir saisi les Prud’hommes qui l’ont débouté, Alain Ménargues tient aujourd’hui une double revanche : la condamnation de RFI par la cour d’appel de Paris qui, dans un arrêt du 6 mars, a jugé que puisqu’ « aucune des fautes invoquées par la société RFI n’est établie à l’encontre de M. Ménargues pour justifier son licenciement, ce licenciement doit être déclaré dépourvu de cause réelle et sérieuse », et sa propre réhabilitation à travers « les 200.000 euros de dommages et intérêts que RFI devra payer en réparation du préjudice consécutif à la perte injustifiée de son emploi ».

Aujourd’hui installé au Caire, où il poursuit sa carrière journalistique en indépendant, gageons que cet éloignement donnera à Alain Ménargues toute la distanciation nécessaire pour savourer sa victoire.

Publicité

commentaires