La consommation halal aujourd’hui en France

Ce qui est écrit sur la consommation halal fait souvent l’objet de récupération politique. Certains journ

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mercredi 11 janvier 2006

Avant de présenter ces premiers résultats, quelques remarques préliminaires sur les limites d’une telle enquête : Les résultats présentés ici ne prétendent pas refléter les pratiques de consommation des produits halal de la population maghrébine résidant en France. Ils sont uniquement représentatifs de la population que nous avons interrogée, c’est à dire des dizaines de milliers de maghrébins (pour 1/3) et français d’origine maghrébine (pour 2/3), visiteurs assidus ou seulement occasionnels des rencontres annuelles organisées par l’UOIF au parc des expositions du Bourget.

Ainsi cette étude ne saurait déterminer quel pourcentage de la population d’origine maghrébine résidant en France consomme ou ne consomme pas de produits halal. Le questionnaire a été rédigé à partir des réflexions issues de nos travaux sur l’offre de produits halal. Il a été administré en français, et parfois traduit en arabe, par 3 enquêtrices marocaines parfaitement bilingues et par les auteures sur un stand loué à l’UOIF grâce à un support financier de l’Ecole supérieur de Gand (Belgique).

Les responsables de l’UOIF n’ont pas demandé à connaître le contenu du questionnaire. Ils n’en ont pris connaissance qu’en même temps que toutes les personnes enquêtées, le premier jour des quatre passés au parc des expositions du Bourget. Nous avons travaillé bénévolement, sans subvention, en toute indépendance de sociétés commerciales, politiques ou religieuses, et faut-il le préciser, nous n’avons aucun intérêt financier ou moral dans le commerce de produits halal.

Les quelques résultats que nous proposons ici sont issus d’analyses statistiques des données récoltées durant ces quatre jours. Ils reflètent seulement des tendances dans un espace particulier et à un moment donné. En aucun cas ils ne décrivent la réalité individuelle d’un hypothétique « musulman » de France. Il ne faut donc pas y rechercher son portrait ! Ce qui est écrit sur la consommation halal fait souvent l’objet de récupération politique. Certains journaux et sites internet reprennent systématiquement nos résultats, les soustraient de leur contexte, pour soutenir leur thèse d’une prétendue « islamisation »de la société française. En général ils ne nous citent pas lorsque nous écrivons que ce commerce bénéficie surtout à des entreprises françaises qui n’ont aucun lien avec la religion. Nous leur demandons cette fois-ci, s’ils reprennent ces résultats, de ne pas les tronquer, et d’avoir au moins l’honnêteté de citer ce point.

A une ou deux exceptions prés les personnes invitées à répondre à ce questionnaire étaient toutes des consommatrices de produits halal. Nous nous sommes demandées dans quelle proportion les répondants estimaient manger halal ? S’agissait-il d’un choix occasionnel, rare, fréquent, ou exclusif ?

Nous avons présenté aux répondants une échelle de proportion allant de jamais à toujours, en passant par rarement, moitié-moitié, souvent. Pour la très grande majorité des personnes interrogées, manger halal s’est avéré être une conduite systématique. Parmi les 576 personnes de notre échantillon les pourcentages de « rarement halal » et de « moitié halal-moitié non halal » ne dépassent pas 2,9%. Et ceci est vrai pour tous types de plats carnés : viande fraîche, charcuterie sans porc, plats cuisinés.

Seules 14,1 % des personnes interrogées déclarent manger des produits non halal, leur consommation restant majoritairement halal (tous types de produits confondus). Les autres (85,9%) déclarent manger exclusivement halal. Cette tendance est confirmée et même accentuée chez les moins de trente ans et chez les jeunes nés en France ou arrivés en France avant 15 ans. Nous précisons qu’il s’agit de déclarations de pratiques et non de pratiques observées. En tout état de cause ces résultats indiquent un attachement très élevé aux aliments halal et cela quelque soient l’origine, l’âge ou la socialisation alimentaire.

Pour lire l’intégralité de cette enquête, cliquez sur le PDF ci-dessous

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Sociologue à l’Université de la Méditerranée, membre du Projet Dialrel, projet européen pour l’amélioration des pratiques et du dialogue autour des pratiques d’abattage rituel. (www.dialrel.eu)

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