La censure, le droit coutumier de BHL

La pratique de la censure est passée depuis longtemps dans l’usage courant de l’intouchable « 3 en 1 

samedi 11 avril 2009

La pratique de la censure est passée depuis longtemps dans l’usage courant de l’intouchable « 3 en 1 » de notre caste médiatique – requin des affaires, dandy de la philosophie, écrivassier, quand il n’a pas la mauvaise idée de s’improviser réalisateur de long métrage, et pire encore bienfaiteur de l’humanité aux sermons moralisateurs - imposant par la coutume ses diktats à ses réseaux d’amis complaisants, tous des grands patrons des médias et de l’édition redevables à ce gourou omniprésent.

Comment égratigner le vernis d’une telle idole sans ouvrir immédiatement la boîte de Pandore de l’excommunication médiatique ?

C’est ce que viennent d’expérimenter Pascal Boniface, directeur de l’Institut des relations internationales et stratégiques, et Pape Diouf, patron de TOM, dans un livre intitulé « De but en blanc », qui lève le voile sur certaines vérités explosives entachant l’image immaculée du penseur emphatique du vide abyssal, à la chemise éternellement blanche.

Cet ouvrage au ton original, qui se présente sous la forme d’un dialogue entre un passionné de foot en la personne de Pascal Boniface, et un professionnel de la discipline, Pape Diouf, brosse au gré de quelques lignes un portrait peu glorieux du personnage BHL, révélant des bassesses qu’il est de bon ton de subodorer mais non d’affirmer haut et fort.

A la lecture de ces 24 malheureuses petites lignes, l’éditeur, Hachette-Littératures, aux mains d’Arnaud Lagardère, ami du philosophe malmené, terrassé par la peur de déplaire à BHL à l’immense pouvoir d’influence, a purement et simplement « sucrées en douce » ce passage désobligeant.

Alors que le livre était sur le point d’être imprimé, Pascal Boniface, dont on imagine aisément la stupeur, a découvert sur son portable un message de l’éditeur : « BHL pourrait faire un procès, alors on coupe... » (1)

Mais que dévoilaient donc ces propos blasphématoires ? Rien d’autre que des faits avérés. On pouvait y lire que BHL a réalisé « un mauvais film », une « pièce de théâtre » du même tonneau, lancé « un journal avec l’argent de son père » qui disparut très vite, puis écrit des livres contestables, ainsi qu’une remarque non moins savoureuse : « dans le football, si on est mauvais », on n’est pas traité comme BHL, qui, lui, « est toujours célébré (avec ferveur) grâce à son réseau social »… (2)

Que dire alors de ces audacieux éditeurs (3), qui ont défié toutes les pressions en publiant des livres tuant le mythe ? Ce clan d’irréductibles ne fait à coup sûr pas partie de la cour de flagorneurs, dont BHL se plaît à tester constamment la souplesse de l’échine…

Note :

(1) et (2) Lire l’article du Canard enchaîné, 8 avril 2009

(3) Lire sur Oumma.com : Bernard-Henri Lévy : de Kant aux surgelés Picard, et Le B.A.BA du BHL.

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