La Tunisie, entre interpellation de 33 membres de la famille Ben Ali, et premier Conseil des ministres

Un retour à la normalité placé sous le signe de la rupture nette et irréversible, tel est le délicat vira

jeudi 20 janvier 2011

Un retour à la normalité placé sous le signe de la rupture nette et irréversible, tel est le délicat virage que doit amorcer la Tunisie, au lendemain de la piteuse débandade de son couple de bourreaux, pour se frayer un chemin vers la délivrance démocratique.

Ennemi public n°1, le RCD est conspué par la rue tunisienne, aux cris de "RCD out". Plus retentissante que jamais, la détermination de la population ne transigera pas avec un illusoire gouvernement de transition gangréné par de faux repentis du parti de Ben Ali, tandis que Washington a appelé mercredi le gouvernement provisoire tunisien à mener à bien "une véritable transition démocratique".

C’est dans ce climat, que doit se tenir aujourd’hui à Tunis le tout premier Conseil des ministres, dont l’ordre du jour portera essentiellement sur la séparation de l’Etat et du tout-puissant ancien parti au pouvoir qui contrôle l’administration, ainsi que sur un projet de loi d’amnistie générale.

L’heure de la Justice a bel et bien sonné, et après la destitution du pouvoir en place, c’est au tour de l’institution judiciaire de faire passer son glaive acéré sur le despote et sa vénale épouse, en passant au crible leur lourd palmarès qui, outre le sang versé, regorge de malversations en série.

Une enquête, où les chefs d’inculpation sont légion, vient d’être ouverte : "acquisition illégale de biens", "placements financiers illicites à l’étranger" et "exportation illégale de devises". L’information judiciaire vise nommément l’ancien chef d’Etat, sa femme Leila Trabelsi, sans oublier toute la lignée d’un gang de caïds et de tortionnaires : "les frères et gendres de Leila Trabelsi, les fils et les filles de ses frères".

Une association de criminels déjà bien décimée, pas moins de trente-trois membres de la famille du tyran détrôné ayant été interpellés, afin de répondre de "crimes contre la Tunisie" selon la télévision, sans préciser les circonstances de leur arrestation, ni leur identité, alors même que des images accablantes d’innombrables bijoux, montres et cartes bancaires internationales saisis lors des arrestations, ainsi que de stylos permettant de tirer des balles réelles, ont fait le tour du monde, illustrant la démesure de leur forfaiture.

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