La Shoah : la repentance de la SNCF aux Etats-Unis

Que l’on aimerait croire les belles paroles d’Elisabeth Lévy, lorsqu’elle assure dans son récent bille

lundi 15 novembre 2010

Que l’on aimerait croire les belles paroles d’Elisabeth Lévy, lorsqu’elle assure dans son récent billet pour sauver Nicolas Bedos de l’opprobre mortifiant, que « La Shoah est derrière nous » !

Si entre nous et l’horreur un gouffre infranchissable s’est fort heureusement creusé, les réminiscences de cette tragédie ne se sont pas estompées pour autant. Exhumées constamment du passé, elles ne sont plus derrière nous, mais au-dessus de nos têtes, comme un rappel lugubre et pesant, qui tétanise la mémoire collective sous le poids de la culpabilité savamment orchestrée.

On connaît la violence du chantage à l’antisémitisme dès que le vernis démocratique d’Israël est égratigné, on est habitué à l’autoflagellation nationale dès que la seconde guerre mondiale est retracée, mais on n’avait jamais encore assisté à l’acte de contrition d’un des fleurons de l’industrie publique française, la SNCF, courbant l’échine devant le diktat économique imposé par les marchés ferroviaires nords-américains.

Drôle d’époque que la nôtre, qui voit ressurgir sur le Vieux Continent l’hydre du fascisme, pendant que la SNCF se confond en regrets éternels, en se pliant au délicat et ahurissant exercice de la repentance publique aux Etats-Unis. Des « regrets » pour le rôle qu’elle joua dans la déportation de juifs durant la seconde guerre mondiale, invoquant les mots de Jacques Chirac prononcés le 14 juillet 1995 : « Ces heures noires souillent à jamais notre histoire, et sont une injure à notre passé et à nos traditions. Oui, la folie criminelle de l’occupant a été secondée par des Français, par l’Etat français ».

Et pourtant, la SNCF avait été dédouanée en 2007 par la Cour administrative de Bordeaux, qui l’avait blanchie de telles accusations.

Etranges remords que ceux qui sont formulés sous la pression ultra-protectionniste américaine, et qui se repentent d’une lourde faute dont la responsabilité est ailleurs, entraînant dans leur sillage contrit la France tout entière.

Un mea-culpa sous la contrainte qui laisse pantois, et qui embarrassera même l’un de ses inspirateurs de l’ombre, François Zimeray, ambassadeur des droits de l’homme nommé par Kouchner et responsable de la mémoire de la Shoah : "J’encourage la SNCF à regarder en face cette page de l’histoire, quitte à briser des mythes", déplorant toutefois qu’elle ait été " instrumentalisée à des fins de protectionnisme" a-t-il déclaré, en proie peut-être à quelques scrupules...

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