L’islam pourra à nouveau féconder l’Occident contemporain lorsque les musulmans auront redécouvert le pluralisme constitutif de leur religion. Au cours de ces derniers siècles, la culture islamique était globalement en position de repli. Plus l’hégémonie matérielle de l’Occident s’affirmait, plus cette culture devenait frileuse. Les musulmans, se sentant agressés, se fermèrent aux autres cultures et aux autres religions. Une conception figée et monolithique de la norme islamique prévalut alors, restreignant la dimension universaliste de l’islam.
L’existence est une mer sans cesse agitée par les vagues.
De cette mer, les gens ordinaires ne perçoivent que les vagues.
Vois comme des profondeurs d’innombrables vagues apparaissent à la surface,
tandis que la mer reste cachée sous les vagues.
Jâmî
(mystique et poète iranien du XVe siècle)
L’islam pourra à nouveau féconder l’Occident contemporain
lorsque les musulmans auront redécouvert le pluralisme constitutif de leur
religion. Au cours de ces derniers siècles, la culture islamique était
globalement en position de repli. Plus l’hégémonie matérielle de l’Occident
s’affirmait, plus cette culture devenait frileuse. Les musulmans, se sentant
agressés, se fermèrent aux autres cultures et aux autres religions. Une
conception figée et monolithique de la norme islamique prévalut alors,
restreignant la dimension universaliste de l’islam. Parallèlement, le
territoire de l’islam se fractionnait, se compartimentait, et les musulmans, ne
pouvant guère désormais se déplacer à l’intérieur de ce vaste espace,
assimilèrent souvent leur religion à des coutumes et à des particularismes
locaux. L’ampleur de vue et l’esprit de découverte qui caractérisaient la
civilisation de l’islam classique avaient disparu. Une telle position de repli
ne sied plus aujourd’hui, à l’heure où il faut, de façon urgente, donner une
âme à la mondialisation.
Cette réappropriation par les musulmans de l’islam plénier
I. A toutes les échelles de l’être, dans toutes les
dimensions de la vie, l’unité s’impose à nous à travers la multiplicité des
formes et des apparences. L’islam exprime d’abord cette réalité au niveau
métaphysique. La multiplicité ne se déploie t-elle pas graduellement Ã
partir de l’Unicité divine, par une succession ininterrompue de théophanies (tajallî ;
pl. tajalliyât) prenant des formes innombrables ? Le monde ne subsiste
t-il pas grâce à cette ’ création sans cesse renouvelée ’, le khalq
jadîd évoqué dans le Coran ? Dieu ne Se manifeste t-il pas à nous par
Ses différents noms, qui expriment les aspects illimités de Sa
création ? ’ Par l’unicité de la multitude, nous dit Ibn ’Arabî,
nous pouvons connaître l’unicité de l’Unique ’ . ’ Il n’y a pas deux
fleurs, deux flocons de neige, deux humains identiques. Chacun de nous est
unique, à l’image de l’Unique ’, nous rappelle le cheikh Bentounès.
Dans la métaphysique islamique, l’Être n’appartient qu’Ã
Dieu ; les créatures ne bénéficient que d’une existence adventice, empruntée
à l’Être de Dieu. Derrière la nature changeante du monde réside donc une
réalité permanente qui le transcende ; c’est pourquoi les gnostiques appellent
Dieu al-Haqq, le Réel, le seul Réel. L’art islamique, en reproduisant
à l’infini des formes fugitives, suggère l’unicité de leur origine (Titus
Burckhardt parlait de ’profusion dans l’Unité ’ ). Les savants
traditionnels de l’islam eux aussi ont perçu d’emblée cette unité complexe du
cosmos. Ils ont observé dans divers champs d’application l’interdépendance de
tout ce qui existe. Leur réflexion sur les multiples ’ signes ’
divins (âyât) présents dans la création les renvoyait sans cesse Ã
la contemplation de l’Unique. Loins du savoir moderne, qui parcellise autant la
conscience que le champ d’étude, ils appréhendaient l’unité primordiale des
sciences, et étaient donc à la fois poètes, mathématiciens, astronomes,
médecins, etc.
Ils savaient aussi que la science doit être subordonnée Ã
la sagesse, ce que l’Occident a dramatiquement oublié. L’écologie de l’islam a
un fondement coranique essentiel : l’être humain a certes la précellence sur
les autres créatures mais, en tant que ’ représentant de Dieu sur terre
’ (khalîfat Allâh fî l-ard), il est responsable des règnes
animal, végétal et minéral qui lui sont subordonnés. À ce titre, il devra
répondre de sa gestion de la planète. Le Prophète n’affirmait-il pas que
’ la création toute entière est la ’famille’ de Dieu ’ (al-khalq
’iyâl Allâh) ?
Abordons maintenant les domaines de la dogmatique et du droit
musulmans. Il n’y a pas en islam d’autorité suprême, de magistère
définissant le dogme et fixant son interprétation une fois pour toutes. C’est
pourquoi coexistaient dans le giron de l’islam autant de groupes religieux (firaq),
qui rendaient la frontière entre orthodoxie et hétérodoxie très fluctuante.
L’intolérance et l’ostracisme, certes, dominaient souvent les rapports entre
ces groupes, mais l’on remarque que ceux qui brandissaient facilement
l’anathème (al-takfîr) n’étaient pas des grands savants. Ces derniers
ont toujours eu tendance à inclure dans la sphère de l’islam les tenants des
divers courants théologiques, et non à les exclure. Ils mettaient en garde
contre l’esprit d’inquisition, qui a aussi sévi, parfois, en islam médiéval.
L’école chafiite fut, sur ce point, exemplaire. Un de ses plus illustres
représentants, Ghazâlî, affirmait : ’ Tu dois retenir ta langue Ã
l’égard des gens qui se tournent vers la qibla ’,
c’est-à -dire qui effectuent la prière de l’islam .
Le pluralisme interne et l’esprit de tolérance apparaissent
surtout dans le domaine du droit musulman. Envisageons, au préalable, la Sharî’a
pour ce qu’elle est : un vaste réseau d’injonctions et de règles que l’on peut
situer sur une circonférence, mais dont l’ensemble converge vers un centre
unique. Nous comprenons mieux, de la sorte, pourquoi le droit musulman a
véritablement consacré le principe de la divergence d’opinion. Les deux
sources scripturaires, le Coran et le hadith, on le sait, ne sont pas toujours
explicites, et réclament ainsi une exégèse. La seule orthodoxie, en
définitive, sur laquelle se fonde l’islam sunnite historique consiste dans le
consensus des savants (ijmâ’) à propos de ce que les deux sources
scripturaires n’ont pas stipulé. Cette notion, en essence plurielle puisqu’elle
repose sur l’accord de différentes parties, contient donc en son sein celle de
la divergence (khilâf ou ikhtilâf) . Durant les premiers
siècles, au moment où s’élaboraient les diverses sciences islamiques, les
différences d’opinion étaient en effet considérées comme un phénomène
naturel, dû précisément aux problèmes de l’interprétation des données
scripturaires .
Par ailleurs, pour les savants de l’islam, Dieu seul sait la
vérité, et ceux qui interprètent Sa parole ne saisissent nécessairement que
des reflets partiels, subjectifs, de cette vérité. Apocryphe ou non, le hadith
selon lequel ’ les divergences d’opinion dans ma communauté [celle du
prophète Muhammad] sont une source de miséricorde ’ , est
révélateur de cet esprit d’ouverture à l’autre et a déterminé une certaine
’ éthique du désaccord ’ qui était la règle parmi les premiers
savants. Ne vit-on pas l’imam Mâlik refuser au calife al-Mansûr que son
célèbre ouvrage al-Muwattâ’ soit imposé comme référence unique du
droit dans le monde musulman d’alors ? Il était nécessaire, à ses yeux, que
se maintienne une pluralité de sources et d’interprétations.
La même approche a prévalu dans d’autres domaines de la
science islamique. Prenons l’exemple de la mystique, de ce soufisme dont le
cheikh Ahmad al-Zarrûq, au XVe siècle, affirmait qu’il ne cesserait de bien se
porter tant que ses membres auraient des positions divergentes . Il faisait sans
doute allusion, notamment, à l’extrême richesse des tempéraments spirituels
au sein du soufisme, qui préserve ce dernier de toute uniformité. Etre
mystique en islam, c’est suivre la Voie muhammadienne (al-tarîqa
al-muhammadiyya), qui fédère toutes les voies particulières,
c’est-à -dire tous les ordres soufis, ou confréries. Le véritable maître,
dans le soufisme, le maître des maîtres n’est-il pas le prophète Muhammad,
dont les différents cheikhs sont les représentants ? Dans l’islam classique,
les membres des ordres soufis avaient le sentiment d’appartenir à une seule
grande famille initiatique, et cela en dépit de certaines rivalités
inhérentes à la nature de l’ego humain ; cette ampleur de vue a parfois disparu
à l’heure actuelle, où règne volontiers l’exclusivisme entre les confréries.
II. A l’orée de ce XXIe siècle, la dynamique unité /
multiplicité en islam porte en elle des fruits que peut cueillir l’Occident
contemporain. Elle est à même de susciter ici une ouverture providentielle sur
les plans spirituel et civilisationnel. Ainsi, pour l’islam, il existe une seule
culture humaine issue d’Adam, et à laquelle nous participons tous. Certes, Dieu
nous a répartis sur terre en de multiples communautés, car il fallait que nous
apprenions à nous connaître, et donc à nous respecter ( je me réfère ici au
verset bien connu : ’ Ô vous les hommes ! Nous vous avons créés d’un
mâle et d’une femelle. Nous vous avons constitués en peuples et en tribus pour
que vous vous connaissiez mutuellement ’ (Coran 49 : 13). ’ La
création des cieux et de la terre, la diversité de vos langues et de vos
couleurs sont autant de signes divins pour ceux qui savent ’, nous dit
encore le Coran (30 : 22). Mais là réside l’épreuve évoquée dans un autre
passage coranique, épreuve de la diversité et de la séparation qui ne sera
levée que lors de notre résorption en Dieu : ’ Si Dieu l’avait voulu, Il
aurait fait de vous une seule communauté, mais Il a voulu vous éprouver par le
don qu’Il vous a fait. Cherchez à vous surpasser les uns les autres dans les
oeuvres de bien. Votre retour à tous se fera vers Dieu ; Il vous éclairera,
alors, au sujet de vos différends ’ (Coran 5 : 48). Le Coran, on le voit,
lance un défi permanent à la société humaine : celui de la
reconnaissance de l’autre.
Le Livre saint attire souvent l’attention sur le fait que
notre conscience d’être humain est unique, bien que nous soyons entourés de
multiples formes de vie. Un tel degré de conscience doit amener les musulmans
à dépasser davantage le seuil de la seule fraternité islamique. L’esprit de
corps qui assure la cohésion de la Umma, de la communauté musulmane, ne
doit pas en estomper la vocation universaliste. ’ Cette communauté qui est
la vôtre est une communauté unique, et Je suis votre Seigneur. Adorez-moi donc
 !... Ils s’entre-déchirèrent, mais tous, ils retourneront à Nous ’
(Coran 21 : 92) : pour certains commentateurs, le terme umma (’
communauté ’) désigne ici la communauté des hommes, et non tel ou tel
groupe particulier. Dans cette perspective se comprend mieux l’appel pressant de
Rûmî, ce grand mystique du XIIIe siècle : ’ Viens, viens, qui que
tu sois, infidèle, religieux ou païen, peu importe. Notre caravane n’est pas
celle du désespoir, viens, même si tu as rompu mille fois tes promesses
’.
En islam, la référence à Adam n’est pas un vain mot. Il
représente d’abord, au niveau de la condition humaine, le passage de l’unité
à la multiplicité. Gardons-nous de voir en lui, sous l’effet de telle ou telle
science humaine, une sorte de mythe fondateur, car nous renierions alors la
singularité qui habite chaque individu sur cette planète. Comme le disait
Tierno Bokar, le ’sage de Bandiagara’, ’ chaque descendant d’Adam
est dépositaire d’une parcelle de l’Esprit de Dieu ’ . Adam est aussi le
premier prophète historique, Muhammad étant le premier sur le plan cosmique et
métaphysique. Il revient donc au musulman, qui considère chaque prophète
comme muslim, c’est-à -dire ’ soumis activement à la volonté
divine ’, de vivifier le message adamique, à l’instar des autres messages
prophétiques. Le musulman prie Abraham ou Jésus comme il prie Muhammad, car
ils sont autant de grains d’un même chapelet.
Ibn ’Arabî nous enseigne qu’à chaque prophète correspond
une sagesse particulière que le musulman, dans les limites propres à chacun,
doit actualiser . Puisque, selon le prophète Muhammad, il y a eu 124.000
prophètes, le musulman bénéficie d’un formidable patrimoine spirituel,
nécessairement inclusif. Pour certains oulémas, Bouddha, Akhénaton,
Zoroastre, par exemple, figurent parmi cette longue litanie des prophètes qui
nous relie à Adam. Quant aux soufis, ils réalisent intérieurement cet
héritage prophétique. Voici, par exemple, Ibn Hûd, maître andalou ayant
vécu à Damas au XIIIe siècle. Il y tenait des réunions oecuméniques avant
la lettre. Appelé ’ le cheikh des juifs ’, il exerçait une grande
influence spirituelle sur ceux-ci. A un musulman l’ayant pressé de le prendre
comme disciple, il demanda s’il préférait suivre la voie initiatique de
Moïse, celle de Jésus ou celle encore d’autres prophètes . En tenant ce
discours quelque peu provocateur, il agissait pourtant en parfait musulman : les
saints de l’islam, il faut le souligner, peuvent hériter des messagers
antérieurs par l’intermédiaire de la fonction totalisante (al-jam’iyya)
du prophète Muhammad. Chacun s’abreuve à ’ l’Océan muhammadien
’, pour reprendre l’expression de l’émir Abd al-Kader .
Il y a donc unité et multiplicité des Révélations, car
chacune émane de la Religion primordiale (al-dîn al-qayyim). ’ À
chacun de vous, Nous avons donné une voie et une règle ’ (Coran 5 : 48) :
les commentateurs les plus exotéristes voient dans ce verset la justification
de la diversité des traditions religieuses, lesquelles se trouvent unies, de
façon sous-jacente, par l’axe du tawhîd. Là réside une des
différences entre le christianisme et l’islam. Le premier a une conception
linéaire du temps, qui distingue un avant et un après le Christ. Pour l’islam,
le temps consiste en une multitude de cycles, chacun étant généré par la
Révélation divine. De même que chaque être dans l’univers est la théophanie
d’un nom divin, chaque religion dévoile un aspect divin. Comme l’indiquait
Junayd, grand maître soufi de Bagdad, ’ la couleur de l’eau n’est que la
couleur qu’elle prend dans tel ou tel récipient ’ . Les mystiques ont sans
doute davantage perçu cette ’ unité transcendante des religions ’ (wahdat
al-adyân), qui s’impose pourtant, sans syncrétisme aucun, à tout
musulman. Le Prophète ne disait-il pas : ’ Nous autres, les prophètes,
sommes des frères issus d’une même famille. Notre religion est unique ’ ?
Pour le musulman, bien évidemment, l’islam représente l’accomplissement du
cycle des Révélations et, à ce titre, il actualise de façon optimale, pour
le temps présent, l’expression de la Volonté divine ; mais chaque religion n’en
est pas moins louable en soi, puisqu’elle participe du projet divin.
On mesure bien, à partir de ces quelques réflexions - que
l’on pourrait étendre à d’autres domaines de l’islam -, à quel point un islam
connu et appliqué dans sa plénitude pourrait battre en brèche les dogmatismes
étroits, mettre fin aux querelles de clocher... ou de minaret, afin que l’homme
devienne enfin mâture.
Par son pouvoir de synthèse et d’intégration, croyons-nous,
l’islam peut aider l’homme moderne, qui erre plus que jamais dans le monde des
apparences et de la multiplicité, à retrouver sa conscience unitive, à se
recentrer. Mon être physique, psychique et spirituel est cohérent, il n’est
pas balloté par les multiples vagues de la Manifestation, parce que je réalise
intérieurement l’Unicité divine, qui est mon point d’ancrage. De même,
l’islam historique, unifié autour de cet axe du tawhîd, s’est-il
toujours adapté aux divers contextes spatio-temporels sans rien perdre de son
essentialité. C’est restreindre l’immense possibilité divine que d’enfermer
l’islam dans une culture, un terroir ou une modalité déterminés. Nombre de
musulmans, il faut bien l’avouer, nourrissent des représentations sur leur
religion tout aussi réductrices que celles de certains médias occidentaux !
Les musulmans n’ont pourtant pas à craindre la rencontre
islam-Occident, car ils sont mieux dotés que d’autres pour réaliser l’Unité
au milieu du monde phénoménal. A l’heure actuelle, les oulémas et les
maîtres soufis orientaux attendent beaucoup de cette rencontre. L’Occident, en
effet, a touché le fond de la civilisation matérialiste : s’il se sent encore
sûr de lui sur le plan de l’avoir, il est plus que jamais en quête de l’être.
Dans cet espace ouvert, où l’homme s’est affranchi, parfois de façon
effrénée, de ses anciens repères psychologiques et sociaux, voire religieux,
le meilleur et le pire peuvent surgir. Puisse l’islam contribuer à apporter le
discernement nécessaire, le Furqân qui est un des noms du Coran.
Mais au-delà , face à cette hydre qu’on appelle la
mondialisation, face aux divers périls qui menacent tant la personne que la
planète, une union sacrée des croyants et des réels humanistes ne doit-elle
pas voir le jour ? A tous égards, nous n’avons plus le choix : si nous voulons
rester humains, il nous faut être spirituels ; si nous voulons être religieux,
il nous faut être universalistes.
Commentaires
bonjour
A Liliane Besnard :
je ne pensais pas aux guerres de religion, en mentionnant cette phrase, mais plutôt à cette nostalgie récurrente chez la plupart des musulmans, qui au lieu de vivre au présent pleurent sur un passé révolu où ils purent occuper momentanément quelques contrées européennes, grâce à certains facteurs et parmi lesquels le facteur religieux ne fut pas la 1er ni le plus important des facteurs.
A mon avis, l’apport essentiel ne se situe pas dans la méthaphysique mais plutôt dans le fait que le monde islamique a servi de trait d’union et de transmetteur des apports de différentes civilisations avec lesquelles l’Europe chrétienne était coupée : la civilisation Grecque, en 1er lieu, mais également indienne et chinoise.
Durant le moyen âge, les universités européennes ont pu notamment approfondir leurs études et leurs connaissances à partir des traductions arabes des philosophes et des mathématiciens grecs et indiens. Traductions, il faut le signaler, effectuées par des chrétiens grecs orthodoxes et des juifs convertis à l’islam.
Je ne crois pas que la métaphysique islamique ait jamais pu féconder son homologue chrétienne qui n’en avait pas besoin d’autant que l’islam, en dehors de son rôle de transmetteur des apports des civilisations de l’Orient, rôle qui n’est certes pas négligeable, n’intéressait pas du tout l’Europe sur le plan religieux et n’a pas eu d’influence dans ce domaine. L’islam était plutôt méprisé et considéré comme inférieur au christianisme et au judaisme, au moyen äge et même après. il suffit de lire les écrits de Voltaire par exemple.
Enfin, durant cette période faste pour les musulmans, les religions n’étaient pas si différentes. Elles étaient toutes fermées et communautaristes, on ne peut donc parler de pluralisme dans ce domaine
Shems
Par Ivan Rioufol le 10 août 2010 11h20 | Lien permanent | Commentaires (102)
"La gauche signe sa responsabilité dans le processus de déconstruction de la nation, contre lequel les Français se révoltent. En effet, en cherchant, en vain, à revenir à la loi du silence qu’elle a su imposer avec l’appui médiatique durant plus de trente ans, elle démontre son incapacité à assumer les désastres de la désintégration républicaine produite par les idéologues de "l’antiracisme", du relativisme, de la table rase. Après voir réussi à étouffer le débat sur l’identité nationale qui s’apprêtait à aborder les sujets "nauséabonds" de l’immigration de peuplement et de la place de l’islam dans une démocratie ouverte, elle tente à nouveau la même offensive ces jours-ci en cherchant à diaboliser les premières réponses du gouvernement, et singulièrement du ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, à la rébellion de certaines cités ou communautés et aux tentatives de subversions de l’espace public par l’islam radical et sa charia. Ce mardi matin, sur RTL, le député PS, Pierre Moscovici a, à son tour, eu recours au spectre des "heures les plus noires (etc)" pour critiquer le projet de déchéance de la nationalité (Michel Rocard avant lui n’avait pas reculé devant un parallèle avec les nazis) en prédisant une "rentrée sociale" autour de la réforme des retraites et de la lutte contre les riches. Mais la gauche ne peut admettre l’envergure qu’est en train de prendre la révolution conservatrice de la France silencieuse, qui ne répondra plus aux injonctions des gardiens de l’omerta.
Le PS, qui s’offusque du "viol des principes républicains", feint d’oublier que la déchéance de la nationalité est déjà reconnue par la loi et le code civil. S’il n’est effectivement pas concevable de créer des apatrides (mais cela n’a jamais été dit par le gouvernement, contrairement à ce que j’ai pu lire chez des commentateurs), il est parfaitement défendable d’élargir les actes "préjudiciables aux intérêts de la France" (article 25 du code civil) à ceux qui répondent, par exemple, aux injonctions de la loi islamique et de son jihad. C’est même un devoir républicain de s’opposer aux scandaleuses pratiques talibanes qui apparaissent ici et là et dont les femmes sont les premières victimes (l’affaire du nantais Lies Hebbadj est de ce point de vue édifiante). Et si l’on en est au rappel des grands principes, la gauche ferait bien de ne pas oublier le "Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes", plutôt que de vouloir imposer aux Français, avec l’appui d’une droite errante bien représentée par Dominique de Villepin, une société multiculturelle sur laquelle ils n’ont jamais eu à se prononcer et qu’ils rejettent quand ils sont interrogés. Reste que ce problème de déchéance ne se poserait pas avec cette acuité si la France ne se laissait pas si facilement abuser dans l’accès à sa nationalité laissée en jachère. C’est le code de la nationalité et son automaticité qu’il faut réformer, quitte à revoir le droit du sol ; c’est l’inutile et désormais pesante immigration de peuplement qu’il faut restreindre. Mais, là , c’est une politique inverse que persiste paradoxalement à vouloir suivre le gouvernement..."
Bonjour,
« L’islam pourra à nouveau féconder l’Occident contemporain lorsque les musulmans auront redécouvert le pluralisme constitutif de leur religion. »
Je trouve que cette citation, par laquelle vous débutez votre article, résume à elle seule, le problème de l’Islam qui est précisément, le refus, du pluralisme, dès l’origine et non pas seulement depuis l’hégémonie matérielle de l’Occident.
Dès l’origine, l’Islam, comme toutes les systèmes religieux, est communautariste car le communautarisme était la règle dans le monde. Mais la spécificité de l’Islam est que contrairement au christianisme, il est resté communautariste et qu’il l’est toujours, essentiellement du fait que les musulmanes ne peuvent épouser un non musulman, et tant que cet interdit ne sera pas annulé l’Islam ne pourra pas être qualifié de pluraliste ou d’universel.
Contrairement à L’Islam, le christianisme n’interdit pas de tels mariages, le chrétien tout comme la chrétienne gardent leur religion quel que soit la religion ou l’absence de religion de leur conjoint.
Le judaisme est une religion à part, dans la mesure où c’est une religion plutôt fermée qui n’accepte qu’exceptionnellement les conversions, contrairement à l’Islam et au christianisme.
Il est vrai qu’il n’existe pas dans le Coran d’interdiction expresse des mariages avec des non musulmans mais la charia et les droits positifs de tous les Etats islamiques contiennent cet interdit incontournable.
La fonction d’un tel interdit est claire. Elle a pour but de fermer les Etats islamiques à toute intrusion d’un élément non islamique et à sauvegarder le caractère communautaire du monde islamique.
Cela n’a donc pas grand chose à voir avec l’Occident qui en comparaison est plutôt ouvert, mais plutôt avec un refus du pluralisme et du changement social
Shems
Merci pour cet article qui positionne l’Islam de façon on ne peut plus respectable et accessible.
Je ne comprends pas très bien la pertinence du commentaire d’Yvan Rioufiol dont les remarques pourraient trouver logiquement une place justifiée dans le cadre d’un débat plus politique et cette fois plus partisan.
Pour revenir au sujet de fond, je ne résiste pas au besoin de poser une question qui se veut positive et surtout pas polémique.
Il m’avait semblé comprendre que pour un musulman le prophète Muhammad constituait le sceaux de la lignée des prophètes ! Si tel est le cas, comment après lui poursuivre le cycle des prophéties ? En fait tout le sens de la quête est bien dans cette dimension infinie de l’être auquel on peut aspirer mais dont l’issue reste un formidable pari.
El Hadje pour avoir tutoyé "le réel" en a fait, si j’ose dire, une amère et radicale expérience .
Bien à vous et merci par avance de votre réponse.
@Shems
Rien à dire de plus, l’ensemble des problèmes auquel le monde islamique est confronté, vous le ramener au mariages entre musulmans et non musulmans.
Combien y a t-il d’union entre chrétien et non chrétien dans dans le monde "chrétien" statiquement parlant c’est insignifiant. Donc que le croyant musulman ait ce droit ou pas, ça ne change en rien l’équilibre d’une communauté, mais surtout ça n’influe en rien sur les problèmes auxquels les musulmans et musulmanes restent confrontés.
Avec de genre de commentaire ramadan commence bien...
Merci Mr Geoffroy pour cet article
L’universalisme de l’Islam est un mythe.
Bon nombre de musulmans ne cessent de répéter que la seule voie de compréhension du coran passe par la langue arabe, que c’est la langue de dieu et celle du paradis.
De plus, cette compréhension doit passée par le prisme de l’exégète qui se réfère le plus souvent à des textes vieux de plusieurs siècles et dont l’interprétation elle-même est assujettie à des divergences sans fin et toujours pas tranchée entre les différentes « écoles » « tendances » « branches » etc.
« L’islam plénier » ( ?) Où ? Quand ? Comment ?
En plus des propos de Shems, que je trouve tout à fait cohérents, j’ajoute pour ma part que non seulement c’est à nous, musulmans de faire un effort mais aussi de faire le tri entre coutumes et spiritualité car on a trop tendance(entre autre) à lier arabité et Islam... Quand j’entend dans un bus des jeunes parler entre eux qu’exclusivement en arabe, on peut comprendre (à force) un certain ras le bol... Et aussi, quelle lecture devons nous avoir du Coran ? Certes, c’est le media individuel de chaque Croyant, mais les nombreuses contributions du Dr Al Ajami ont montré le LONG chemin devant nous, mais sans "clergé" comment faire pour y arriver ?? (On peut aussi poser la même question pour les Hadith...)
Cher Amir, vous inversez les choses, et si nous devons vivre ensemble, aux frais des uns et pas des autres, il faudrait que vous révisiez votre opinion négative sur notre monde inconscient qui accueille des étrangers, de façon comparativement impossible dans le monde musulman...
Lorsqu’il y avait des unions "disparates", c’est parce que le mari était musulman et la femme esclave, (voir les deux femmes de Mahomet, l’une juive et l’autre chrétienne, pas du tout d’accord avec leur "mari").
Ma femme est musulmane non-pratiquante, elle vous prend pour des fous. Elle dit souvent que quand on veut vivre comme "là -bas", ce n’est pas la peine de venir "ici". Il y a des pays pour ça, dit-elle.
Notre pays commun n’est pas une auberge espagnole où on apporte ses croyances sans payer la facture. Peut-être vaudrait-il mieux essayer de développer les pays victimes de l’islam et qui sont très en retard ?
Au fait, voudriez-vous tenter en France ou en Europe une néo-colonisation ? Ceci est tout à fait possible car on n’a jamais vu dans le passé une société, généreuse mais culpabilisée à ce point, entretenir ceux qui lui souhaitent son malheur et ne cherchent qu’une chose : la remplacer.
Nous allons observer : c’est passionnant. Je me demande si les pays arabes supporteraient l’équivalent... ? Eux ne sont pas fous.
Même si je ne suis pas publié, je voudrais ajouter ceci à mon précédent message : on n’a jamais vu jusqu’à présent une société généreuse payer pour sa propre disparition.
@Reno
Je disais que les musulmanes et musulmans ont beaucoup plus de problèmes plus graves et urgents que le problème des mariages inter communautés, je n’ai pas donné mon opinion sur ce point, et c’est pas avec vous que je discuterai de ce sujet ou d’un autre.
Pour votre message, on est plein ramadan pour que je te tombe dans une discussion stérile avec vous, demandez à votre femme,elle vous expliquera pourquoi, mais mariée avec un monsieur comme vous qui tient de tels propos de la sorkozie,j’en doute qu’elle comprenne....
Bonjour Shems
pour votre info le mariage mixte est permis en Islam selon les textes eux mêmes, ce sont les hommes qui les ont interprétés autrement. Pour les détails voir sur oumma l’article d’AL Ajami sur le sujet au lieu de polémiquer de la sorte
Oh Shems ! Il ne faut pas dire des choses pareilles, du moins pas encore : "pour but de fermer les Etats islamiques à toute intrusion d’un élément non islamique et à sauvegarder le caractère communautaire du monde islamique."
Vous savez bien que nous sommes une société ouverte, tolérante mais peu méfiante, et qu’on vous aime bien, tout comme vous nous aimez...
Pour l’instant, ne révélez rien : les moutons pourraient s’effrayer. Il faut les mettre en confiance. Patience...
Bonjour
Pour Isabelle aicha : j’ai bien précisé dans mon message que ce type de mariage n’était pas expressément interdit par le Coran. Mais il existe dans le Coran des éléments qui confortent la thèse de l’interdit.
Normalement comme en droit pénal un interdit doit expressément être notifié, mais comme vous le dîtes si bien : "le mariage mixte est permis en Islam selon les textes eux mêmes, ce sont les hommes qui les ont interprétés autrement"
Pour Reno : je ne suis pas d’accord avec vous, les sociétés islamiques ne sont pas des sociétés ouvertes, comme vous semblez le penser, et même, elles sont bien loin de l’être. Ou alors, comment expliquez-vous que tout soit fait pour que jamais un non musulman, même s’il est marié avec une musulmane, ne puisse avoir la nationalité d’un Etat arabe ? excepté s’il s’est converti à l’Islam où s’il s’agit d’un membre d’une minorité originelle, constitutive de la nation, tels les coptes en Egypte où les juifs au Maroc, par exemple. La liste n’est pas exhaustive.
Le but de tout cela est bien sûr, de sauvegarder l’uniformité religieuse des Etats islamiques. Cela devrait faire réfléchir les Musulmans vivant dans des pays démocratiques occidentaux ou au moins leur faire mesurer la chance qu’ils ont de vivre dans de tels pays
Shems
Mais Shems ! "Pour Reno : je ne suis pas d’accord avec vous, les sociétés islamiques ne sont pas des sociétés ouvertes, comme vous semblez le penser, et même, elles sont bien loin de l’être"  : vous m’avez mal lu, j’ai dit le contraire. Les musulmans souvent veulent se retrouver entre eux, et uniquement entre eux, donc imposer leur modèle de société, ce n’est en aucun cas de l’universalisme !
L’islam, de par sa nature de religion "révélée", ne peut être réformé. On ne change pas la parole même de Dieu ! D’où quelques tensions avec les autres cultures. Ce qui vaut aux musulmans beaucoup d’ennuis et à nous aussi.
Je vois bien que les bloggueurs prennent un mot comme un étrier pour enfourcher leur cheval de bataille.
La difficulté est pourtant qu’ils n’ont pas lu l’article d’Eric Geoffroy qui parle en I de métaphysique, c’est-à -dire des concepts de l’Un, Dieu et du multiple, des théophanies qui apparaissent dans le monde, y compris chez les mystiques. Il s’agit, en d’autres termes , d’un appel au pluralisme qui interdit l’ostracisme et l’exclusivisme comme d’une ouverture des yeux…
Je n’en déduis pas que les bloggueurs soient aveugles mais qu’ils regardent autre chose…comme la politique ou la sociologie. Eric Geoffroy a pourtant prévu ces dérives, indiquant que les sciences de notre temps nous éloignent souvent de l’essentiel.
En II, il nous reconduit sur le plan « spirituel et civilisationnel », celui de l’islam qui conçoit « une seule culture humaine issue d’Adam », à laquelle chaque individu participe. Il reprend aussi le thème de la multiplicité des peuples, des langues et des couleurs finalisée afin de favoriser la connaissance mutuelle…
Il est alors question de dépasser la fraternité islamique au profit de tous les hommes, c’est-à -dire de l’universalité. La citation de Tierno Bokar est explicite : « chaque descendant d’Adam est dépositaire d’une parcelle de l’Esprit de Dieu ». Tous les Prophètes bien sûr d’une manière tout-à -fait particulière en font partie. L’intérêt d’Adam étant diachronique, le premier dans l’histoire des hommes, celui de Muhammad plus totalisant, « cosmique et métaphysique » comme le dit Eric Geoffroy, délivrant à la fois le premier et le dernier message : « Le musulman prie Abraham ou Jésus comme il prie Muhammad », dans l’océan Muhammedien.
L’unité et la multiplicité s’applique aux Révélations. Elles sont unies « par l’axe du « tawhid », l’unicité divine. Les mystiques ont perçu le wahdat al-adyân, l’unité transcendante des religions. Les Révélations sont pourtant multiples, à travers le temps. Elles « participent du projet divin ».
La conclusion de cet article est limpide. L’islam est capable en tant que soumission au Dieu unique de ne pas s’enfermer dans une culture, un terroir …
Au temps de la mondialisation, les croyants peuvent s’unir en tant qu’êtres spirituels, soucieux de l’universalité. Ils doivent dépasser l’opposition classique entre diachronie (le point de vue des historiens) et synchronie (celui qui envisage la structure des événements) pour accéder à une conception de l’éternité, facile à représenter par des cycles. Le cycle de la Révélation est accompli, il n’empêche pas que les hommes s’orientent vers l’avenir, spirituellement et avec le souci de tout le genre humain…
Eric Geoffroy, votre analyse est probante comme votre dernier ouvrage : L’islam sera spirituel ou ne sera plus, si et seulement si le lecteur distingue le point de vue du chaos de l’histoire des hommes et celui de l’éternité de Dieu. La lecture du Coran nous y invite et aussi les expériences mystiques qui ont le goût de l’éternité par delà et non en deça des réflexions sur les politiques des hommes (leur quête du pouvoir), voire même des rapports conjugaux et de parenté.
Merci pour votre réflexion sur l’Un divin, sans aucun doute, et la multiplicité, source tant de connaissances mutuelles que d’ignorances. L’universalité restant à distinguer de l’uniformité au service de tous les hommes.
Liliane Bénard
Bonjour
Certes, l’article parle de métaphysique, mais il n’en reste pas moins que la 1ère phase sur laquelle je me suis fondée est hautement politique. Et puis en matière d’islam, et surtout en matière d’islam, une réflexion sur le pluralisme peut-elle se limiter à la métaphysique ?
De plus, une métaphysique islamique qui se couperait de la vie, c’est-à -dire de la réalité, serait-elle encore pertinente ou même valable, surtout lorsque l’on sait dans quelles conditions l’islam est né et comment il a évolué du temps du prophète et comment il fonctionne aujourd’hui.
L’universalisme de l’islam ou le pluralisme restent donc à démontrer. Il ne faut pas oublier que c’est la séparation autoritaire de la religion et de la politique qui a ouvert la voie à la démocratie et donc à la diversité ou au pluralisme dans les pays chrétiens et non pas la réflexion métaphysique.
On peut certes trouver dans le Coran des éléments qui militent en faveur du "pluralisme" c’est-à -dire à une "reconnaissance" de prophètes antérieurs, tels Moussa ou Issa, mais également, plus loin des éléments plus agressifs de rejet. Cette ambivalence permet à tout le monde de s’y retrouver et de conforter leurs arguments. L’intégriisme profite aujourd’hui pleinement de cette ambivalence en se fondant sur les éléments de domination qui sont bien présents.
Une métaphysique islamique ne peut ignorer tout cela car le Coran colle très étroitement aux soubresauts de son époque
Shems
Non Liliane Bénard, je ne peux laisser dire cela : " le plan « spirituel et civilisationnel », celui de l’islam qui conçoit « une seule culture humaine issue d’Adam », à laquelle chaque individu participe. Il reprend aussi le thème de la multiplicité des peuples, des langues et des couleurs finalisée afin de favoriser la connaissance mutuelle…" .
On peut être volontairement naïve parce qu’on a besoin de croire mais la réalité est là .
Tous ces grands sentiments généreux et aveugles ne peuvent masquer les choses triviales : la naissance et l’expansion rapide del’islam par la guerre, l’esclavage massivement utilisé, la polygamie, la réduction des non-musulmans juifs ou chrétiens au statut de dhimmi, voire même l’esclavage par les barbaresques sur les côtes du sud européen (imaginez donc ce qui arrivait aux autres, en Afrique noire.).
Il faut s’interroger sur la différence entre une religion de "paix et de tolérance" et une religion de "guerre et d’intolérance " ! De conquête...
Mashallah,
Très bel article de Younès. Que Dieu vous bénisse.
à Shems :
Cette phrase d’introduction d’Éric Geoffroy : « L’islam pourrait féconder l’occident » n’a pas le sens d’une guerre de religions, y compris par des voies politiques. Elle parle de l’inculturation d’un message venu d’Orient comme l’a été à son tour celui du christianisme et du judaïsme. Ce message est aussi la voie du pluralisme puisqu’il reconnaît la multiplicité des révélations. Chaque communauté a eu son prophète et ses lois. Les pratiques religieuses sont différentes et aussi les interprétations. Reste à reconnaître la valeur de chacune d’elles…qu’elles soient d’ailleurs orientales ou occidentales.
Vous avez raison de souligner qu’une métaphysique coupée de la réalité manque d’intérêt. Si elle expose que la réalité est divine et se distingue d’illusions innombrables, elle permet de goûter autre chose comme la prise de conscience d’illusions religieuses y comprises.
La question du pluralisme politique est traitée par les musulmans contemporains. Muhammad Asad, un homme du 20ième siècle a dû évoluer dans ce sens. Il pensait que l’islam oriental mettait fin aux querelles politiciennes. Il avait oublié que tout consensus exige la reconnaissance du pluralisme et d’opinions divergentes…
L’universalisme musulman ne signifie pas la domination d’une religion sur d’autres mais la prise de conscience des fondements de toutes les religions, respectueuses des droits de tous les hommes qu’ils soient ou non religieux. Il est alors question d’un même message accessible à tous les hommes qui reste certes à appliquer.
à Reno : j’ai envie de répondre sans naïveté que les messages révélés prévoient régulièrement les horreurs que vous dénoncez. Il ne suffit pas de recevoir un message, encore faudrait-il en connaître et appliquer le contenu sans illusions, au service de tous les hommes.
Reste à relire la conclusion de l’article d’Éric Geoffroy :
"A tous égards, nous n’avons plus le choix : si nous voulons rester humains, il nous faut être spirituels ; si nous voulons être religieux, il nous faut être universalistes."
@+
Liliane Bénard
Shems,
Éric Geoffroy n’est pas un nostalgique du passé. Il est français et fait usage des concepts d’universalisme et de pluralisme pour ici et maintenant.
Le pluralisme évoque non seulement la multiplicité des partis politiques en démocratie, il rend compte de pays multiculturels. En France, en particulier, nul ne doit avoir honte d’être musulman.
L’universalité est celle d’un même message pour chacune des religions, envoyé à travers le temps à tous les hommes.
C’est ici et maintenant que se posent des questions comme celle de la hiérarchisation des religions et mieux encore celle du fondement commun qui les unit.
L’histoire n’est ni une excuse ni un argument surtout lorsqu’elle se réduit à celle des guerres. Les communautés ont toujours eu du mal à concevoir l’universalité (les droits de tous les hommes).
L’inculturation d’un Livre saint demande davantage de spiritualité comme l’effort pour le lire, les yeux ouverts. Nul ne saurait la confondre avec des applications injustes venues d’ailleurs. Elle retrouve une même exigence de justice...
"Le pluralisme évoque non seulement la multiplicité des partis politiques en démocratie , il rend compte de pays multiculturels. En France, en particulier, nul ne doit avoir honte d’être musulman." : mais où est la mutiplicité dans les dictatures, monarchies autoritaires et théocraties des pays éclairés par l’islam ?
Bismillah
salam,
este artÃculo me ha impresionado mucho por la referencia al sabio andalusà Ibn Hud, que no conocÃa de nada. ¿Me podrÃan dar alguna información más sobre él ?
Muchas gracias.
Maa salama,
Yahya
(Barcelone, Espagne)