L’islamophobie tombe sous le coup d’une résolution de l’ONU

Surenchère dans un regain d’hostilité à l’encontre de la religion musulmane, le référendum suisse con

dimanche 28 mars 2010

Surenchère dans un regain d’hostilité à l’encontre de la religion musulmane, le référendum suisse contre les minarets aura fait date à maints égards, cristallisant indignation et inquiétude dans l’ensemble du monde arabe, qui a choisi une riposte marquée du sceau du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU : une résolution condamnant à la fois l’islamophobie, le "profilage ethnique et religieux des minorités musulmanes", et l’interdiction des minarets de nos voisins limitrophes.

Renvoyant les puissances occidentales à leurs propres responsabilités, le texte sur la "diffamation des religions " soumis par le Pakistan, se veut être une dénonciation de " l’intensification de la campagne de diffamation des religions et de l’incitation à la haine religieuse en général, notamment du profilage ethnique et religieux des minorités musulmanes depuis les tragiques événements du 11 septembre 2001", dont la volonté de rayer les minarets de la carte européenne est l’illustration hautement emblématique.

Adoptée à une courte majorité, 20 voix contre 17, huit des 47 pays siégeant au Conseil s’étant abstenus, cette résolution a peut-être échoué à fédérer massivement du fait de la la tornade de protestations qu’elle a soulevée auprès des Etats-Unis et de l’Union européenne, dont les émissaires se sont insurgés contre une arme juridique leur renvoyant le pâle reflet de leurs manquements.

Portée à bout de bras par l’ambassadeur pakistanais Zamir Akram, qui a défendu son bien-fondé en soulignant qu’elle visait à protéger contre " l’antisémitisme, la christianophobie et l’islamophobie", cette résolution qui, à peine votée, fait déjà couler de l’encre, traduit le profond malaise qui, comme une lente érosion de la confiance, a inexorablement creusé un gouffre d’incompréhension entre l’Orient et l’Occident.

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