L’invincible espérance et le sourire d’un Dieu qui pardonne infiniment

En cette veille de fête de Noël particulièrement importante pour nos amis chrétiens, nous publions ce text

jeudi 23 décembre 2004

L’invincible espérance et le sourire d’un Dieu qui pardonne infiniment

Par Jacques Cusset

En cette veille de fête de Noël particulièrement importante pour nos amis chrétiens, nous publions ce texte d’espoir du Père Jacques Cusset qui analyse la notion de pardon de Dieu commune aux deux religions. Cette intervention a été prononcée au cours de la semaine de rencontres Islamo-Chrétiennes qui s’est déroulée dans toute la France du 29 novembre au 5 décembre 2004.

« Bienheureux les miséricordieux, ils obtiendront miséricorde » (Matth. 5,7)

« Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux » (Coran, Sourate Fatiha 1er verset)

Encore une fois, il faut avoir le courage de le dire haut et clair. Les 7 dormants de l’Atlas (1) (moines Tibhirine) sont morts martyrs, bien sûr martyrs au premier chef d’une attitude inflexible et bornée d’un « islamiste » qui revendiquait l’autorité de Dieu pour commettre un acte absolument inqualifiable dénoncé par tous les musulmans dignes de ce nom. C’est à la communauté musulmane dans son immense majorité, pour ne pas dire en sa quasi-totalité, que cet individu a fait affront. En fait, cet acte odieux a rapproché les croyants authentiques des deux communautés tant musulmane que chrétienne, chacune relisant l’événement à la lumière de sa tradition la plus authentique : l’honneur de Dieu n’a rien à voir avec « l’odieux » et l’inhumain. La gloire de Dieu, c’est l’homme vivant et non la mort de l’homme, surtout quand celui-ci consacre sa vie à Le servir.

Mais au-delà de cet acte inqualifiable et stupide, mais pour l’auteur duquel Christian (2) , deux ans à l’avance, invoquait déjà le pardon de Dieu - car, au fond, l’assassin incorruptible se rendrait-il vraiment compte de la portée de son acte ?- nous sommes là en présence du mystère le plus extrême, le « Mystère du Pardon de Dieu » qui a son achèvement ultime dans le Pardon du Christ envers ses bourreaux : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font ! (Luc 23,34)

Or, quels étaient les bourreaux du Christ ? Là, je veux jeter dans la balance toute ma foi de chrétien ; non pas la foi d’un chrétien conquérant et hautain, mais la foi d’un chrétien qui, revendiquant l’honneur de Dieu, revendique également sa clémence et toute sa tendresse ; car Dieu est un tout unique et indissociable, de cette « indissociabilité » dont l’islam a fait un des plus beaux noms de Dieu : es-samad. (Sourate 112,1-2 : el llah el ahad, el llah es-samad !). J’ai lu de la plume même de Christian cette compréhension extrêmement profonde « des choses de l’islam » : il en était allé jusque là, au risque de se faire prendre pour un naïf par combien de ses propres frères du christianisme. Je peux témoigner combien, parfois, il en a souffert, et pourtant toujours en gardant avec son interlocuteur quand il parlait, un sourire inoubliable qui ne pouvait trouver sa source que dans le sourire pardonnant du Dieu infiniment pardonnant pour ses propres enfants. Oui, en fait : quels étaient les bourreaux inconscients du Christ ? Et quels sont les bourreaux encore inconscients des 7 dormants de l’Atlas ? Et de tant d’autres innocents à la mémoire de qui un journaliste algérien musulman vient de consacrer un très bel essai : « L’innocence fertile. » (note 60).

Il n’est pas un humain qui n’ait trempé, en dehors de Marie (elle qui constitue le grand pont entre la communauté musulmane et les chrétiens, la Vierge Marie que les musulmans revendiquent comme « leur » autant que les chrétiens)...il n’est pas un homme, et moi le premier et Christian tout autant (qui écrivait qu’il savait bien quel brigand il était)...il n’est pas un homme qui n’ait trempé plus ou moins dans la mise à mort du Christ, le Christ, le seul Innocent de Dieu. (Jn 8,46) Le seul totalement obéissant, d’une obéissance d’amour totalement filiale. Rendant son dernier souffle au Père, il dit « Tout est accompli ! Je remets mon esprit entre tes mains. » (Luc 23,43 et Jn 19,30).

Bien sûr, écrivant cela, je m’exprime en chrétien, et je sais que là-dessus, chrétiens et musulmans, nous ne nous rejoignons pas pleinement. Mais comme j’écoute et je respecte l’acte de foi de mon frère d’Islam, je ne peux faire abstraction de la foi qui me fait vivre et qui m’appelle à aller toujours plus loin et plus vrai à leur rencontre.

Le Christ, l’Innocent de Dieu jusqu’au don total ! Voilà ce qui explique la parole absolument bouleversante de Christian dans son Testament spirituel. Je le dis parce que ce Christian, je l’ai tellement souvent et longuement approché que je ne peux pas rester dans le silence.. Je tiens à mettre en pleine lumière devant l’ensemble de la Communauté musulmane et devant l’ensemble de la Communauté chrétienne ce qui restera toujours le plus profond des mystères : le Pardon de Dieu à toute l’humanité, arraché aux Puissances du Mal et de la Mort sur l’Arbre de la Croix, l’Arbre de la Vie par Celui qu’on appelle en Islam comme en christianisme le « Messie », le Christ : el Massih, c’est à dire « Celui qui a reçu l’onction de Dieu ». Ce mystère nous dépasse totalement les uns comme les autres et pourtant il est là. Et nous n’aurons jamais fini de nous tendre fraternellement la main pour en percevoir toute la profondeur, tel un océan sans fond. Je ne peux pas obliger un musulman à adhérer au Mystère de la Croix. Je sais ce que cela a d’impensable pour lui. Mais je sais que le musulman a le droit de me dire : Vous, les chrétiens, si vous y croyez, croyez-y totalement, vivez-en totalement. Donnez totalement de l’Amour de votre Christ au monde. C’est bien ce que voulait me dire Hakim à Oran : « Vous, les chrétiens, regardez vers le Christ, et vers personne d’autre », c’est à dire : « Vivez-en totalement. » C’est « crucifiant » de s’entendre rappeler cette exigence fondamentale de la part d’un musulman. Là, je peux dire que je n’irai jamais trop loin. Là, je peux me rappeler tous les jours la maxime de St Vincent de Paul : Aime « davantage ».

Sur le Mystère de la Croix peut-être que nous n’arrivons pas à nous comprendre, chrétiens et musulmans, mais je sais qu’à ce sommet de l’Amour pourtant nous sommes fraternellement plus proches que nous n’osons le penser. Il s’agit d’une proximité qui touche la Proximité de Dieu à l’égard de tout homme. L’Islam, dans le Coran, a, à ce sujet, cette formidable image : « Dieu est plus proche du cœur de l’homme que sa propre veine jugulaire. « (Sourate 50,16) A chacun de laisser rayonner en lui, chrétien ou musulman, cette mystérieuse Proximité de Dieu.

Christian, dans son testament, mais j’en suis sûr, à l’heure suprême du sacrifice aussi, se place à ce niveau absolument supérieur de Proximité d’Amour de Dieu, de ce Dieu que nous, chrétiens, sur la parole du Christ, nous avons l’audace inouïe d’appeler « notre Père. » Christian ose se plonger dans le regard même de ce Père des Cieux infiniment Clément et Miséricordieux. Je n’y peux rien si les « attributs » de Dieu sont absolument les mêmes en Islam qu’en Christianisme. Plongé dans ce regard du Père, Christian avec et en Jésus, pardonne à son assassin. C’est vraiment « l’inouï de Dieu ». Christian, avec cet humour si plein de tendresse qui lui était si caractéristique, se voit avec son assassin « de l’autre côté », plongés tous les deux dans la Miséricordieuse Tendresse infiniment pardonnante de notre Commun Père des Cieux. Comme Jésus avec ses bourreaux et avec son voisin en Croix qui reconnaît humblement que son sort n’est que justice : « Je te le dis : aujourd’hui même, tu seras avec moi en Paradis » (Luc23’43).

Simplement, ici au moment où Christian écrivait son testament, deux ans et plus à l’avance (Noël 1993), pouvait-il prévoir qu’ils seraient 7 à subir le même sort, à être associés au même sacrifice (« 7 » pour signifier une totalité d’Amour) ? Et là, je tiens à ce que ne soient pas dissociés le sort des 6 autres, au moins ceux que j’ai eu la chance de connaître directement ; je pense en particulier à Célestin avec qui j’ai longuement parlé l’une ou l ‘autre fois quand nous travaillions ensemble au jardin, le fameux jardin où tant de cœurs communiquaient l’Incommunicable.(Si ce jardin pouvait témoigner de tout ce qu’il a entendu !) Oui, en effet, comme le fait remarquer Claude Rault (note 61) dans son remarquable témoignage, Christian a dû admirablement et étonnamment entraîner ses frères moines dabs son sillage et son ascension spirituelle qui véhiculait une intuition exceptionnellement profonde des « choses et du Mystère de l’Islam » (cf ses derniers écrits).

Bien des frères de l’Atlas, en débarquant à Tibhirine à partir des années 1980, n’en étaient pas encore au « point de Rencontre » où en était déjà rendu Christian. Mais en conversant avec l’un ou l’autre, en recueillant une confidence par ci par là, je me suis vite rendu compte que s’ils s’étaient portés candidats, à Timadeuc, à Bellefontaine, à Tamié, à Aiguebelle, pour Tibhirine, c’est parce qu’une force irrépressible les portait là. La force de l’Amour qu’ils puisaient au cœur de Dieu. Et alors, effectivement, débarqués à Tibhirine, parfois pas toujours sans mal, peu à peu ils s’ouvraient à ce grand Mystère de l’Amour de Dieu qui les envelopperait tous dans quelques années dans une unique communion et un suprême sacrifice. Christian a su avancer avec chacun au pas à pas, avec une prudence et une sagesse toute fraternelle en sorte que, sans même s’en être rendu totalement compte, 7 ans, 10 ans, 15 ans après, ils étaient tous prêts pour le témoignage suprême. A ce sujet, les écrits de Christophe ou les phrases combien parcimonieuses du mystérieux Frère Luc sont tellement révélatrices.

Christophe :

Aimer jusqu’au bout du feu

La nuit monte

Le jour descend

Le feu me dresse

Le vent me jette

Le corps désemparé continue son office tout bas

La main ne saisit plus l’échelle de lumières

Le cœur s’affole tout seul

en haut se tait

La nuit monte

je tombe

Attendre me pèse

le feu me vide, le vent me creuse

Et je ne peux rien faire

le jour descend me prendre

Voici l’Epoux, il est temps d’accomplir le Soleil.

Frère Luc, le 15 mars 1996 :

Je suis entré dans ma 83e année en janvier. Un vieil homme n’est qu’une chose misérable, à moins que son âme ne chante. Priez pour que je reste dans la joie. (lettre à un ami.)

Frère Paul :

Demander le chemin et s’attendre à partir

Demander l’amour et s’attendre à mourir

Demander la joie et s’attendre à vivre

Demander pardon, attendre

Demander l’Esprit et sans plus attendre, ressusciter.

De telles lignes, un tel témoignage, chacun des Frères de l’Atlas, mais aussi de ceux de la petite Communauté de Fès, (la preuve en est la présence de Bruno et sa participation au commun sacrifice) chacun pouvait le donner jusqu’au bout.

Quel Mystère en tout cela ! Jamais les uns ni les autres , nous n’épuiserons cet Océan sans fond de l’AMOUR !

J’ai dit presque dès le début de ces pages, pour lesquelles je ne revendique aucune autorité particulière, (sinon le partage fraternel total et humble) j’ai dit qu’il s’agissait d’un « Evènement » d’une portée « transhistorique » : il s’agit d’un Evènement qui n’a pas été écrit « à la manière des hommes », mais « à la manière unique de Dieu » pour dire aux hommes que nous sommes aujourd’hui quelque chose d’unique : « Arrêtez de vous entre-tuer ! Arrêtez tout ce gaspillage d’humanité que vous êtes en train de secréter et qui pourrait, si vous continuez à ce rythme-là, vous précipiter dans le néant ! »

Nous sommes à l’aube du 3e millénaire. Que veut l’humanité d’aujourd’hui ? La question est clairement posée à tous et à chacun. Personne ne peut y échapper. L’humanité de demain sera hautement spirituelle ou ne sera plus. C’est tout. Et cela peut arriver très vite. Nous sommes aujourd’hui en présence d’un Seuil essentiellement qualitatif, au sens teilhardien du mot. Nous ne pouvons plus continuer à nous dissocier et à nous entre-tuer dans une impasse qui est un pur non-sens de l’Histoire avec un grand H !

Qui étaient les bourreaux du Christ ?

Qui sont réellement les assassins de Christian et de ses frères ?

Aucun des hommes de notre temps n’est étranger à ce qui est en train de se passer.

Bien sûr, à la manière des hommes, on peut identifier les bourreaux, comme on peut identifier ceux de la Shoah et tant d’autres à l’heure actuelle, car la Shoah sous tant de formes, continue en bien des endroits du monde : qu’on pense à ce qui s’est passé dans l’ex-Zaïre : c’est absolument abominable et intolérable ! Et pourtant cela a lieu encore à l’heure même où j’écris.

Mais il y a la « manière de Dieu » de faire l’Histoire ou plutôt de révéler l’Histoire. Je crois qu’à Tibhirine, Dieu est intervenu pour Révéler l’Histoire en disant aux hommes d’aujourd’hui : « Ca suffit ! » Dieu a révélé clairement jusqu’où pouvait aller la stupidité du cœur de l’homme quand il prétend se construire sans le moindre respect de son propre frère. C’est peut-être, en langage de croyants ce que Jean-Paul II dénonçait comme étant « des structures de péché » ! L’acte inqualifiable du « tueur » de l’Atlas n’est que la conséquence de toutes ces structures de péché (note 62) qui sont en train d’enfermer l’humanité entière dans un tissu très dense de contradictions et de mensonges à l’intérieur desquelles elle risque très vite de s’auto-détruire !

Et ces structures, nous pouvons les énoncer :

  • Un nouvel Ordre économique mondial construit sur le principe de la pure rentabilité, bulldozer aveugle du véritable humanisme qui, seul, peut construire ce monde.

  • Un nouvel Ordre économique qui provoque tant de souffrances inutiles et barbares au Cambodge, en ex-Yougoslavie, au Rwanda, Burundi et ex-Zaïre et tant d’autres endroits de la planète.

  • Un nouvel Ordre économique qui asphyxie la famille et ne donne aucun espoir aux jeunes générations de s’en sortir dignement.

  • Un nouvel Ordre économique qui asphyxie la planète « Terre » par une pollution sans précédent mais qui rapporte à une petite minorité « toujours plus ».

  • Ces « structures de péché », qui d’entre nous peut prétendre ne plus y être au moins partie prenante ? Nous nous entretenons dans une bonne dose d’inconscience collective qui est en train d’assassiner le monde et des millions, des milliards de tout petits, de sans voix. Ces structures de péché ne sont pas une affabulation. Elles sont une réalité quotidienne, elles sont autour de nous, à notre porte, en nous-mêmes. Et nous y consentons tous plus ou moins au quotidien. Or, consentir plus ou moins à ces structures de péché, est-ce répondre à notre vocation ultime d’homme créé à l’image de Dieu et établi dans la Création comme son « lieutenant », en arabe, son Khalifat ? (Coran, Sourate 2,30).

    Ce que je dis là, est-ce loin du mystère des 7 Dormants de l’Atlas ? Le chiffre 7 exprime traditionnellement une totalité. Je crois qu’en matière de « structures de péché », nous sommes en passe d’atteindre la zone dangereuse de la totalité. Et le martyre inqualifiable de l’Atlas n’est-il pas un cri de la désespérance humaine, dénonçant l’abominable du dysfonctionnement humain quand l’homme se laisse aller à l’adoration de lui-même, quand il se prend pour Dieu lui-même, décidant par lui-même de ce qui est bien et de ce qui est mal ?

    Mais au fond, n’avons-nous pas déjà entendu parler de cette histoire arrivée dans un certain Jardin où l’homme, homme et femme inséparablement, a voulu goûter au fruit de l’Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal ? (Genèse, chap. 3). Le martyre de l’Atlas décidément nous entraîne très loin. A la totale absurdité de structures du péché vers laquelle nous nous laissons emporter répond la totalité d’Amour des 7 Dormants de l’Atlas :

    Merci à toi, Christian ! Merci à toi, Christophe ! Merci à toi, Célestin ! Merci à toi, Luc ! Merci à toi, Bruno ! Merci à toi, Michel ! Merci à toi, Paul ! Merci à vous 7 de nous aider, de là-haut, à nous remettre en présence de l’Essentiel !

    Merci aussi à vous autres, Jean, Amédée, Jean-Pierre et Guy qui n’avez pas fait partie de l’holocauste de l’Atlas, mais qui auraient pu tout aussi bien en faire partie. Il fallait simplement que vous demeuriez parmi nous pour continuer votre mission de veilleurs de l’Atlas, mais bien plus largement , de veilleurs de l’Humaité tout entière.

    Merci à tous ceux, toutes celles qui, comme les 7 veilleurs de l’Atlas, ont payé de leur vie leur fidélité à l’Evangile : le Frère Henri et Sœur Hélène de la Casbah d’Alger, Sœur Esther et Sœur Carida Angèle Marie et Sœur Bibiane de Belcourt, Sœur Odette de Kouba, Mgr Pierre Claverie, évêque d’Oran.

    Merci à ces dizaines de milliers d’Algériens et d’Algériennes et à combien d’enfants qui ont payé de leur vie leur humble fidélité à la Miséricorde de leur Unique et Tout-Puissant Seigneur.

    Merci à ces Imams qui ont payé de leur vie le fait d’avoir pris le risque de dénoncer le non sens de toute cette violence revendiquée « au nom de Dieu ».

    Enfin, Merci à toi, pauvre d’entre les pauvres, toi le frère assassin « qui n’a pas su ce que tu faisais », mais qui, par la permission toute mystérieuse de dieu, le Clément et Miséricordieux, oblige ceux qui restent, nous tous les hommes d’aujourd’hui et de demain, à faire enfin une urgente « Révision de Vie ».

    Dans ma foi d’humble croyant pécheur, oui, enfin et avant tout je dis Merci à Dieu de nous rappeler à notre véritable vocation d’humanité reçue des mains de Dieu depuis toujours : Avançons-nous avec audace et joie, toutes les familles de la Terre et quelles que soient nos différences, assumées comme des richesses, sur l’authentique chemin de notre humanité en liberté.

    Construisons ensemble une humanité retrouvée !

    Jacques Cusset

    Père blanc

    Notes :

    1. Les 7 moines de Tibhirine assassinés en 1996

    2. Le Père Christian de Chergé faisait partie des 7 moines assassinés. Il est né le 18 janvier 1937 à Colmar (Haut-Rhin), dans une famille de militaires, Christian de Chergé passe une partie de son enfance à Alger où son père est commandant au 67e régiment d’artillerie d’Afrique. Il revient en Algérie en 1959 comme jeune officier, et il se souviendra toujours d’avoir eu la vie sauve au cours d’une embuscade grâce à un Musulman qui risqua sa vie pour le sauver. Il choisit en 1969 d’entrer au monastère de Tibhirine, où il arrivera en 1971 après un noviciat à l’abbaye d’Aiguebelle. Il étudia durant deux ans la culture et la langue arabes à Rome, et, étant devenu peu de temps après le supérieur de la communauté de Tibhirine, il donna à celle-ci une orientation toujours plus nette vers le dialogue islamo-chrétien. Il avait une connaissance approfondie et une grande estime pour l’Islam et la culture arabe.

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