L’intervention du Royaume-Uni en Irak passée au crible d’une commission d’enquête

L’alibi d’Etat, selon lequel Bagdad recelait des armes de destruction massive, longtemps martelé par Tony

mardi 24 novembre 2009

L’alibi d’Etat, selon lequel Bagdad recelait des armes de destruction massive, longtemps martelé par Tony Blair pour justifier la guerre en Irak, a vécu.

Le pernicieux subterfuge monté de toutes pièces par le fossoyeur Bush et repris à l’unisson par Downing Street fait place aujourd’hui à une multitude d’interrogations sur les véritables motivations du Premier ministre anglais de l’époque, imprégné de la soif vengeresse américaine, au risque de voir sa crédibilité et sa côte de popularité irrémédiablement ternies.

C’est ce que devra analyser la commission d’enquête sur l’intervention du Royaume-Uni en Irak, qui ouvre le bal de ses premières auditions publiques le 24 novembre.

Hauts gradés de l’armée, anciens responsables du MI6 (les services de renseignement extérieur), diplomates et hauts fonctionnaires, tous seront soumis à la question, pour éclairer les trop nombreuses zones d’ombre qui laissent planer un doute pesant sur le processus qui a conduit le gouvernement Blair à envoyer sur le front irakien 45 000 de ses soldats à l’assaut de Saddam Hussein, une folle équipée militaire des alliés américains et britanniques qui s’était affranchie de l’aval des Nations Unies.

Alors que les derniers hommes de troupe de Sa Majesté ont quitté le sol irakien durant l’été, certaines sources officieuses, craignant un « remake » irakien, ont livré au Sunday Telegraph des documents explosifs du ministère de la défense, révélant des « bourdes et des dissimulations » en cascade.

De son côté, le Daily Telegraph, vient de rendre public un rapport ultra confidentiel qui met en lumière la non moins détonante hostilité "profonde" qui a pollué les relations entre les commandements militaires américain et britannique en Irak. Une omerta, que des commandants britanniques avaient rompu lors de la première année de pacification en Irak, de mai 2003 à mai 2004.

Successeur de Tony Blair, Gordon Brown a tout mis en œuvre pour classer sans suite le dossier jugé un peu trop sulfureux. Mais, ce dernier avait sous-estimé le poids de la réprobation populaire qui a pesé de manière déterminante pour ne pas pleurer sans comprendre la mort de ses 179 soldats britanniques.

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