Vendredi 10 février 2012

L’interruption volontaire de grossesse (Suite)

Je vous rappelle que mes avis ne sont pas des Fatwas, mais simplement des conseils. Il me semble que vous êtes plusieurs, sur ce forum à être convaincus que l’interruption volontaire de grossesse, que vous appelez avortement, serait contraire à l’islam. J’aimerais bien savoir d’où vous vient cette conviction ? La conformité ou l’absence de conformité de l’I.V.G. à l’islam intègre une question plus générale du contrôle des naissances.

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Je vous
rappelle que mes avis ne sont pas des Fatwas, mais simplement des conseils.



Dans ta question, tu exposes le problème d’une soeur qui a été violée, qui
en est tombée enceinte et qui envisage de procéder à une Interruption
Volontaire de Grossesse (I.V.G.).



Il me semble que vous êtes plusieurs, sur ce forum à être convaincus que
l’interruption volontaire de grossesse, que vous appelez avortement, serait
contraire à l’islam. J’aimerais bien savoir d’où vous vient cette
conviction ?



La conformité ou l’absence de conformité de l’I.V.G. à l’islam intègre
une question plus générale du contrôle des naissances.



Pour résumer, les avis des savants sur le sujet semblent assez divergents.



Ce sur quoi tout le monde est d’accord :



  •  Le contrôle des naissances au sein d’un couple marié renvoie aux buts du
    mariage qui sont doubles :



    1° La satisfaction des besoins mutuels des époux.



    2° Le fait d’avoir des enfants.



    La question du contrôle des naissance porte sur le second.



  •  Les questions préliminaires sont les suivantes :



    a) dans quel but tenter un contrôle des naissances ?



    A ma connaissance, les buts ne doivent pas être futiles du genre ’pour
    garder une ligne de jeune fille’ ou ’parce que je n’en ai pas
    envie’ mais doivent amener un bienfait pour la famille ou l’ensemble de la
    communauté : par exemple espacer les naissances de manière à faire des
    musulmans plus équilibrés et mieux éduqués et donc meilleurs croyants.



    b) Chaque époux a un droit de véto sur la contraception dans la mesure
    où il (ou elle) s’est marié(e) notamment pour avoir des enfants (voir les buts
    du mariage), l’autre membre du couple n’a pas le droit de décider unilatéralement
    de ne pas en avoir ou de temporiser. Il doit donc y avoir unanimité au sein du
    couple pour que tentative de contrôle des naissance il y ait. En dehors des
    problèmes médicaux naturellement.



  •  En tout état de cause, la stérilisation volontaire sans cause médicale
    semble exclue.



    En ce qui concerne les ’techniques’ utilisables, les avis
    divergent.



    Il n’existe à ce sujet que très peu de hadith sahih à ma connaissance :

    Boukhari,
    Titre LXVII, Chapitre XCVI, 3 :



    Abou-Sa’id-El-Khodri a dit : « Nous avions pris des captives et nous nous
    retirions au moment d’éjaculer. Comme nous interrogions l’Envoyé d’Allah à ce
    sujet, il nous répondit en disant par trois fois : « vous faites cela ?
    Toute âme devant exister au jour de la Résurrection ne saurait manquer
    d’exister. » »



    En procédant au retrait avant l’éjaculation, les compagnons voulaient éviter
    de voir leurs esclaves femmes tomber enceintes, elles auraient alors acquis le
    statut favorable de ’Oum Oualad’ (mère de l’enfant). Ils interrogèrent
    donc le Prophète (que la paix et la bénédiction d’Allah soit sur lui). Et il
    ne leur interdit pas de se retirer pour éjaculer tout en rappelant que si un
    enfant devait naître, Allah le ferait naître.



    Donc le coït interrompu (le fait de se retirer pour éjaculer) est un moyen de
    contrôle de naissance (assez peu efficace d’ailleurs) autorisé par l’islam.



    Pour les autres méthodes, les avis des savants divergent.



    Il serait raisonnable de penser que les méthodes empêchant le contact du
    spermatozoïde avec l’ovule et donc la fécondation ou celles qui empêchent la
    production d’un ovule sont moins déconseillées que celles qui visent à empêcher
    la nidation d’un oeuf fécondé.



    Certains savants (hanifites) qui vont le plus loin dans le domaine rappellent
    que l’embryon n’est pas un être humain tant qu’Allah n’a pas insufflé son âme
    et déterminé son destin et ils autorisent donc l’interruption volontaire de
    grossesse jusqu’au cent vingt ième jour (fin du quatrième mois, début de la
    vingtième semaine d’aménorrhée) après la fécondation en se basant sur le
    hadith suivant :



    Hadith N°4 des quarante Hadiths de Nawawi :



    Aboû Abd-er-Rah’man, Abd-Allah, ben Massoud (que Dieu soit satisfait de lui) a
    dit : ’L’Envoyé de Dieu (à lui bénédiction et salut), le Très véridique
    , et Très digne de foi, nous a raconté ce qui suit :





    « Certes,
    chacun de vous, lorsqu’il est créé dans le sein de sa mère est d’abord
    pendant quarante jours une gouttelette, puis devient du sang coagulé pendant
    une semblable durée de temps, puis enfin durant un même laps de temps, devient
    comme une bouchée de chair, là-dessus, l’ange lui est envoyé, qui insuffle l’âme,
    et il est ordonné à celui-ci d’accomplir quatre commandements, à savoir
    d’inscrire : les moyens de vivre (du nouvel être), le terme de son existence,
    ses actions, enfin, son infortune, ou son bonheur futur. »





    « vous
    aurait beau oeuvrer comme l’ont fait ceux destiné au Paradis, en sorte qu’il
    s’en approcherait à la distance d’une coudée, alors ce qui a été écrit pour
    lui prévaudrait et donc il accomplirait (quand même) les action des damnés et
    il entrerait en Enfer. Et certes chacun de vous aurait beau oeuvrer comme les
    damnés, au point de s’approcher de l’Enfer à la distance d’une coudée, alors
    ce qui a été écrit pour lui prévaudrait, en sorte qu’il accomplirait les
    actions des élus et qu’il entrerait (quand même) au Paradis. »



    Cette autorisation va au delà de la législation française qui autorise
    l’interruption volontaire de grossesse jusqu’à la quatorzième semaine d’aménorrhée.



    En ce qui concerne le viol, je suis ignorant et me renseigne.





    Et Allah est Le plus Savant, j’espère, chère soeur, avoir ainsi contribué à
    ta réflexion.





    Salamaleicum



    dr-abdallah-fr avec l’aimable collaboration de Bachir




    Réponse de Khaled dans le forum de discussion

    j’hesitait depuis la lecture de votre article sur l’IVG à
    intervenir. Mais comme vous souhaitez avoir un retour ou des remarques j’en
    profite.

    En effet votre court article donne un appercu succint de ce
    qui a été reporté dans ce domaine par nos predecesseurs. Vous allez droits au
    but en presentant surtout le point de vue de l’ecole hanafite. Même si au debut
    de votre article vous reliez la question au moyens qu’on pourrait appeler
    contraceptif.



    La question que vous vous posez au debut (pourquoi la majorité pense que l’IVG
    est interdite) trouve son origine dans le fait qu’on associe generalement ce
    geste chirurgicale à l’interuption d’une Vie. En d’autres termes ce serait
    assimilable à un ’meurtre’ dans la conscience collective.

    Ceci n’est nullement spécifique aux musulmans et on retrouve
    cette association/conception chez bien d’autres.

    On sait tous (+ou-) que Oter la vie d’un etre humain est un
    des plus grand crime au yeux de Dieu. L’interdiction ferme est bien inscrite
    dans le Coran, comme elle l’est dans le decalogue. Et la remarque que je
    voudrais partager avec vous concerne justement ce qu’il en est dit dans le
    Coran.

    On retrouve (à deux endroits) dans le Coran les dix
    commandement révéllé à Moise. Et l’interdiction de tuer l’ame sacré (ou
    sacralisée ?) y est bien inscrite.

    Dans les trois versets 151-152-153 du chapitre (VI) al-an3am
    on trouve ceci :

    ’Qul ta3âlu atlu mâ Harrama rabukum 3alaykum

    1. alla tushriku bihi shai2an

    2. wa bil_wâlidayni iHsânan

    3. wa lâ taqtulu awlâdukum min 2imlâqin naHnu narzuqukum
    wa 2iyâhum

    4. wa lâ taqrabu al_fawâHisha mâ Dhahara minhâ wa mâ
    batana

    5. wa lâ taqtulu an_nafsa allati Harrama allahu illa
    bil_Haqi



    thaliqum wassâkum bihi la3allakum ta3qilûna’ (151)

    6. ’wa lâ taqrabu mâla alyatîmi 2illa bi_llati hiya
    aHsanu Hata yablugha ashuddahu

    7. wa 2awfu al_kayla wal_mizâna bil_qisTi lâ nukallifu
    nafsan 2illa wus3aha

    8. wa itha qultum fa3dilû wa_law kâna tha qurba

    9. wa bi_3ahdi allahi awfu



    thâlikum wassâkum bihi la3alakum tadhakarun’ (152)

    10. ’wa 2anna hatha siraTi mustaqiman fa_2atabi3uhu wa lâ
    tatabi3u assubula fatafarraqa bikum 3an sabilihi thalikum wassakum bihi
    la3alakum tataqûna’ (153)

    A la lecture de ces trois versets on se rends compte que les
    dix commendements sont en fait au nombre de 9 avec le dixiemme celui littéralement
    de s’y attacher.

    La traduction (que je trouve sur le net) donne :

    151. ’Dis : ‹Venez, je vais réciter ce que votre
    Seigneur vous a interdit :

    ne Lui associez rien ;

    et soyez bienfaisants envers vos père et

    mère.

    Ne tuez pas vos enfants pour cause de pauvreté. Nous vous
    nourrissons tout comme eux.

    N’approchez pas des turpitudes ouvertement, ou en cachette.

    Ne tuez qu’en toute justice la vie qu’Allah a fait sacrée.



    Voilà ce qu’[Allah] vous a recommandé de

    faire ; peut-être comprendrez-vous.’

    152.

    Et ne vous approchez des biens de l’orphelin que de la plus
    belle manière, jusqu’à ce qu’il ait atteint sa majorité.

    Et donnez la juste mesure et le bon poids, en toute justice.
    Nous n’imposons à une âme que selon sa capacité.

    Et quand vous parlez, soyez équitables même s’il s’agit
    d’un proche parent.

    Et remplissez votre engagement envers Allah.



    Voilà ce qu’Il vous enjoint. Peut-être vous rappellerez-vous.’

    153. ‹Et voilà Mon chemin dans toute sa rectitude,
    suivez-le donc ; et ne suivez pas les sentiers qui vous écartent de Sa voie.›

    Voilà ce qu’Il vous enjoint. Ainsi atteindrez-vous la piété.



    On remarquera que le cinquiemme comandement correspond bien à l’interdiction de
    tuer. MAIS on remarque aussi qu’il y’a en fait un autre commendement qui traite
    du même sujet : le troiziemme ! A la difference que celui-ci est textuellement
    reservé à ’nos enfants’.

    Ceci est intriguant car en toute logique le cinquiemme
    commandement devrait englober le 3eme ce qui rendrait celui-ci caduque !

    Mais à y regarder de plus pres (et avec le postulat admis
    que Dieu ne se contredit pas, de plus est dans un même verset) ces deux
    commandements ne se recoupent pas. En effet dans le 5eme il est question d’un
    interdit absolut et general de tuer ’An-nafs’ qu’on traduit souvent
    par Ame mais qui pourrait trés bien être relier à son origine etymologique
    qui renvoit à la respiration (at-tanaffûs). Alors que dans le 3eme il n’est
    pas fait usage de ce vocable mais seulement de (awlaadakum) ’enfants/progeniture’.

    La seule explication possible serait que ce troisiemme
    comandement concerne des ’enfants’ non encore doté de ’nafs’.
    Ce qui en ferait des enfant intra-uterain, d’ou la liaison à l’IVG !

    De ce point de vue le cas de l’IVG serait bien abordé dans
    ce verset et il aurait été distingué du fait de Tuer qui lui fut interdit
    cathegoriquement (5eme commandement).

    Maintenant comment ou dans quel cadre fut interdit cette IVG
     ? revoyons le commandement :

    3. wa lâ taqtulu awlâdukum min 2imlâqin naHnu narzuqukum
    wa 2iyâhum

    (tr)

    Ne tuez pas vos enfants pour cause de pauvreté. Nous vous nourrissons tout
    comme eux.

    Nous voyons bien qu’ici l’interdit n’est nullement absolut
    mais bien au contraire il semble que ce soit permit dans tout les cas SAUF dans
    le cas d’un ’Imlâq’ qu’on traduit justement par pauvreté !

    C’est justement ce point là, les conditions dans lesquelles
    l’IVG serait ’licite’ ou justifiée pour lequel je suis legerement en
    desaccord avec le compte rendu que vous avez fait. Car il apparait (si cette
    lecture du verset est valable) qu’au lieu de parler de conditions ou raisons
    pour lesquelles une IVG serait permise il faudrait plutot parler de l’unique
    condition pour laquelle elle serait interdite : La pauvreté.

    A ce stade je fait remarquer que dans le verset cité il est
    dit ’min imlaaqin’ ce qui laisse entendre que la pauvreté est deja
    presente ou que les parents sont deja pauvre. Et il existe une autre occurence
    des dix commandement plus détaillé (désolé j’ai plus les references des
    versets) ou usage est fait de ’khawfa imlâqin’ (lit. ’par
    crainte de pauvreté’) ce qui indiquerait que les parents ne sont pas
    pauvre au moment des fait mais craignent de le devenir.

    Maintenant pour ce qui est de la question de savoir jusqu’à
    quand l’IVG serait permise, il y’a plusieur possibilités et j’aurais aimé
    avoir votre avis.

    En regard des versets la question serait de savoir à partir
    de quand s’applique le cinquiemme commandement.

    1/ Traduire ’Nafs’ par Ame

    Dans ce cas soit on se base sur la tradition prophetique que
    vous avez cité et les fameux 120 jours ; Soit se referrer au versets 23:12-14 ou
    il est dit aprés un certains processus embryonaire ’..Nous l’avons
    transformé en une toute autre création’. Et certains le comprennent comme
    l’etape ou l’ame est insufflée. Y’a t’il assez d’indication dans ce verset pour
    determiner l’age exact du foetus ? je ne saurait repondre. Des medecins en
    sauraient plus.

    2/ Ramener ’Nafs’ à son orrigine etymologique :
    tanaffus = Respiration

    Dans ce cadre il y’a aussi deux possibilités : soit on
    considére l’ACTE de respiration fait par la premiere fois par le nouveau né :
    ce qui revient à etaller la periode de permission d’IVG jusqu’à la naissance (premiere
    bouffée d’oxygene). Soit se concentrer sur la CAPACITE de respiration et son
    devellopement. Dans ce cas c’est aux medecins de determiner à partir de quel
    age le systeme respiratoire de l’enfant (intra-uterain) est fonctionnel ou
    viable ?



    Voilà ce que je voulais partager avec vous sur cette question d’IVG en espérant
    des retours. Quand à votre livre je ne l’ai pas encore lu.


    Réponse du Docteur Abdallah

    Mon cher frère
    Khaled, Assalamaleicum

    Permets moi
    tout d’abord de te remercier et de te féliciter pour la qualité de ton
    intervention et de ton travail. Si Internet doit servir à quelque chose, c’est
    bien à favoriser des échanges comme le nôtre !

    Si tu me
    permets une simple remarque que je veux de portée générale et surtout pas
    offensante : toute idée étant respectable, nous devons la respecter, surtout
    au regard de la qualité de son argumentation. Il serait cependant plus clair
    pour la suite de citer l’auteur de l’idée. Dans ton analyse, tu développes une
    interprétation particulièrement intéressante de versets du Coran, cette
    interprétation est-elle personnelle ou est-elle tirée d’un tafsir classique ?

    N’étant pas
    compétent en matière de tafsir, je transmets tes remarques à qui de droit
    mais j’avoue que ta vision est particulièrement séduisante.

    ’Maintenant
    pour ce qui est de la question de savoir jusqu’à quand l’IVG serait permise, il
    y’a plusieurs possibilités et j’aurais aimé avoir votre avis.

    En regard des
    versets la question serait de savoir à partir de quand s’applique le cinquième
    commandement.

    1/
    Traduire ’Nafs’ par Âme

    Dans ce cas
    soit on se base sur la tradition prophétique que vous avez cité et les fameux
    120 jours ; Soit se référer au versets 23:12-14 ou il est dit après un
    certains processus embryonnaire ’..Nous l’avons transformé en une toute
    autre création’. Et certains le comprennent comme l’étape ou l’âme est
    insufflée. Y’a t’il assez d’indication dans ce verset pour déterminer l’age
    exact du fœtus ? je ne saurait répondre. Des médecins en sauraient
    plus.’

    Mon cher frère,

    Les versets
    12 à 14 de la sourate 23 permettent en effet de dater précisément le développement
    de l’embryon. Le Cheikh Abdul-Majeed A.AZZINDANI dans les ’Islamic
    Additions’ de ’The Developing Human, clinically oriented embryology’
    de Keith L. Moore, professeur canadien d’embryologie, date la période
    d’enveloppement des os par les muscles de la fin de la huitième semaine (fin du
    deuxième mois) à la fin de la douxième semaine de développement (fin du
    troisième mois).

    ’Suit
    ensuite une période de développement jusqu’à la fin de la 12° semaine.
    ’A douze semaines de gestation, les noyaux d’ossification sont présents
    dans la plupart des os. Les lèvres sont différenciées et on peut distinguer
    les ongles sur les doigts et les orteils, les poils initiaux sont présents dans
    la peau. Les testicules ont commencé leur descente et les organes génitaux
    internes (utérus, trompes de Fallope, vagin) se développent. A ce stade, un
    foetus mâle peut être distingué d’un foetus femelle sur la base de ses
    organes génitaux externes. Les muscles lisses et striés sont fonctionnels. Des
    études de ce stade de développement montrent des mouvements spontanés et des
    contractions musculaires réflexes peuvent être obtenues par stimulation
    externe.’ ...........’

    De très
    nombreux universitaires musulmans croient que ’l’âme’ est introduite
    dans la conception peu de temps après la période embryonaire qui se termine
    par le recouvrement des os par la chair.’

    C’est précisément
    à partir de cette période (entre la fin de la 8° et la fin de la 12° semaine
    de conception) que l’embryon commence à ressembler physiquement à un être
    humain avec notamment un visage et des mains. Il ne mesure alors qu’entre 30 mm
    (3 cm à la fin de la 8°) et 70 mm (fin de la 12° semaine).

    2/ Ramener
    ’Nafs’ à son orrigine etymologique : tanaffus = Respiration

    Dans ce cadre
    il y’a aussi deux possibilités : soit on considére l’ACTE de respiration fait
    par la premiere fois par le nouveau né : ce qui revient à etaller la periode
    de permission d’IVG jusqu’à la naissance (premiere bouffée d’oxygene). Soit se
    concentrer sur la CAPACITE de respiration et son devellopement. Dans ce cas
    c’est aux medecins de determiner à partir de quel age le systeme respiratoire
    de l’enfant (intra-uterain) est fonctionnel ou viable ?’

    Il est intéressant
    de remarquer qu’en effet, la viabilité spontanée d’un nourrisson né prématuré
    dépends en majeure partie de sa capacité à respirer.

    Cette capacité
    est en grande partie dûe à la maturation d’un agent tensio-actif (comme le
    savon) présent à l’intérieur des alvéoles pulmonaires et qui va les empêcher
    de s’effondrer sur elles-mêmes lors de la première inspiration : c’est le
    surfactant (qui agit un peu comme le savon dans les bulles de savon).

    En l’absence
    de maturation totale du surfactant, le prématuré va développer une
    ’maladie des membranes hyalines’ qui risque fort de lui être léthale
    à terme. La maturation ou l’absence de maturation du surfactant fait la différence
    entre un prématuré spontanément viable et un grand prématuré qui va nécessiter
    une réanimation médicale pour survivre.

    A partir de
    quand le surfactant est-il mature ? C’et très variable en fonction de chaque
    enfant. Il est classique de considérer qu’un prématuré est spontanément
    viable sans assistance médicale spécialisée entre 32 et 36 semaines (Au cours
    du huitième mois de grossesse).

    Il faut
    remarquer que des publications récentes font état d’une maturation précoce du
    surfactant chez des prématurés de mères toxicomanes à l’héroïne. Un peu
    comme si le foetus savait que ’la vie allait être dure’ et s’y préparait
    plus vite que les autres. (La prise en charge de grossesses de mères
    toxicomanes à l’héroïne est un de mes sujets de prédilection).

    Mais même en
    l’absence de maturation du surfactant, la prise en charge médicale d’un grand
    prématuré est possible. Actuellement (octobre 2000), il existe en France un
    concensus des réanimateurs en néo-natologie, pour ne pas s’acharner (sauf cas
    exceptionnels) à réanimer un prématuré de moins de 24 semaines de conception
    (début du sixième mois) en raison de ses très faibles chances de survie
    (environ 50%) mais surtout des séquelles neurologiques très lourdes et définitives
    (à 24 semaines, seul 20% des survivants soit 10% du total s’en sortieront sans
    séquelles graves après des mois d’hospitalisation). L’âge de 24 semaines est
    déterminé par le fait qu’il correspond à l’apparition des boutons alvéolaires
    qui donneront par la suite les alvéoles pulmonaires.

    Mais tout le
    monde n’a pas ces scrupules éthiques et il existe des équipes, notamment aux
    U.S.A. qui arrivent à descendre en dessous de ces 24 semaines pour faire
    survivre des grands prématurés. Actuellement le ’record’ tourne
    autour de 22 semaines de grossesse (milieu du cinquième mois).

    Le Professeur
    Glorion, Président de l’Ordre des Médecins français, organe chargé de la
    morale de la profession, a récemment rappelé qu’il s’opposait à l’acharnement
    thérapeutique sur de grands prématurés, surtout dans l’unique but de
    ’battre des records’ et sans se soucier des drames humains que
    vivaient les familles par la suite en particulier en cas de séquellesneurologiques
    lourdes.

    Voilà ce
    qu’en l’état actuel de nos connaisances on peut dire à propos desversets du
    Coran qui ont été cités.

    J’espère,
    mes chères soeurs et mes chers frères, avoir ainsi contribué àvotre réflexion
    sur ce délicat sujet. Je reste à votre disposition pourtoute information ou
    tout débat complémentaire.

    Et Allah est
    Le Plus Savant,

    Salamaleicum
    oua rahmatullah.

    dr-abdallah-fr
    avec l’aimable collaboration du Dr. Kuhn du service denéo-natologie de l’hopital
    de Hautepierre à Strasbourg.

    A SUIVRE

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