L’interdiction du voile intégral est adoptée

Une interdiction intégrale contre le voile intégral. Si on osait, on dirait que cela a tout d’une loi, ma

mardi 14 septembre 2010

L’interdiction du voile intégral est adoptée

Une interdiction intégrale contre le voile intégral. Si on osait, on dirait que cela a tout d’une loi, mais celle du Talion... La République ne voulait pas s’en laisser conter par un accoutrement marginal qui a soudainement obstrué sa ligne d’horizon, et rien de tel qu’une loi foncièrement liberticide pour le mettre définitivement au rebut !

Dernier tour de piste législatif, le Sénat a marché sans surprise sur les pas de l’Assemblée nationale qui avait statué le 13 juillet dernier, et a adopté, mardi 14 septembre, à une écrasante majorité ( 264 voix contre une) le projet de loi sur l’interdiction du port du voile intégral dans tout l’espace public. Dans tout l’espace public ? Oui, et c’est bien là que le bât blesse.

Bien avant les Roms qu’il évacue aujourd’hui par Charters, sous les huées européennes, le pays des droits de l’Homme avait jeté son dévolu sur ses citoyennes à part, emmitouflées dans la longue étoffe qui ne laisse percer que le regard, pour en faire les parfaits épouvantails d’une chasse aux sorcières menée sans répit.

On cherche en vain la vertu pédagogique d’une loi qui fait dans l’excès et qui, cerise sur le gâteau, s’accompagnera de l’humiliation suprême d’être interpellé et verbalisé dans la rue, comme un vulgaire malfrat, à hauteur de 150 euros. Mais la garde des Sceaux Michèle Alliot-Marie a trouvé la parade, et se fait le chantre d’une loi qui favorisera le dialogue préalable avec ces quelque 2 000 femmes (selon le ministère de l’Intérieur), sous-entendu qui s’emploiera à les convaincre de leur grave erreur avant l’application du texte. Une forme de table ronde rééducative avant la sanction…

Droite dans ses bottes ultrasécuritaires, la France de Sarkozy a non seulement des œillères, mais pire elle s’emmure dans son autisme face à la réprobation qui monte de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, ou encore d’ Amnesty international, qui fustigent cette mesure, estimant que l’interdiction de dissimuler son visage "viole les droits à la liberté d’expression et de religion des femmes".

Quid du Conseil Constitutionnel, dont l’arbitrage a donné lieu à de grandes manœuvres Umpistes, l’ambitieux Jean-François Copé en tête, lui qui a fait de l’éradication du voile intégral son cheval de bataille ? Aux dernières nouvelles, le président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a saisi le Conseil constitutionnel afin "de lever toute incertitude" sur un projet de loi encore un peu opaque…

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