L’interdiction des minarets par la Suisse en voie d’être interdite par l’ONU

D’un plébiscite populaire anti-minarets à une résolution onusienne anti anti-minarets, d’une interdicti

jeudi 11 mars 2010

D’un plébiscite populaire anti-minarets à une résolution onusienne anti anti-minarets, d’une interdiction illégitime à une interdiction qui s’appuie sur la loi, la Suisse est en bonne voie pour passer sans transition du statut de censeur à celui d’accusé.

Alors que des voix institutionnelles helvètes grondaient, à l’issue d’un vote référendaire orchestré sous la pression de groupes islamophobes, grands tombeurs d’un symbole architectural religieux, l’arbitrage final du bon peuple suisse n’était pas sans soulever des interrogations quant à sa légalité au regard des conventions internationales sur les droits de l’homme.

Un projet de résolution est actuellement en gestation au sein du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, mûri par les Etats musulmans et africains qui envisagent , sans le citer nommément, de mettre au banc des accusés le pays par qui la liberté de religion a été au grand jour piétinée.

Cette décision, qui aspire à condamner publiquement "la diffamation des religions", estimant que le nid douillet des coffres-forts bancaires a franchi un nouveau palier dans une islamophobie décomplexée qui s’affiche et se déclame, devrait être soumise au Conseil des droits de l’homme vers la fin du mois de mars.

Si la Suisse exprime pour l’heure son vif désaccord face à une telle initiative pénalisante, et souhaite réserver son jugement quant à sa très probable mauvaise mention au sujet des minarets, elle n’en est pas moins l’objet de plusieurs recours devant la Cour européenne des droits de l’homme de Strasbourg, qui invoquent les articles garantissant la liberté de pensée et de religion, et le droit à ne pas être discriminé.

Emboîtant le pas au parlement arabe, qui pressait la Suisse en décembre dernier de revenir à la raison, l’ONU et la Cour européenne des droits de l’homme seront vraisemblablement amenées à statuer sur une interdiction qui, après voir fait l’effet d’un violent électrochoc, pourrait prochainement insuffler une nouvelle jurisprudence.

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