L’inéligibilité guetterait-elle les candidatures musulmanes ?

Au train d’enfer où vont les choses, et après la nouvelle paranoïa collective suscitée par les premiers

mercredi 17 février 2010

Au train d’enfer où vont les choses, et après la nouvelle paranoïa collective suscitée par les premiers pas dans l’arène politique d’Ilham Moussaïd, on peut légitimement s’interroger sur l’avenir de candidatures labellisées musulmanes.

Les affaires se succédant sans répit, selon le site Al- har, c’est au tour de M. Toufik Chergui, 9ème sur la liste PS dans l’Ain, de faire sensation dans la région Rhône-Alpes, après que l’ancien premier secrétaire du PS du département de l’Ain se soit ému de sa qualité de secrétaire général du CRCM, et surtout de son affiliation à l’UOIF.

Aussitôt désigné à la vindicte par M. Roland Monnet, qui a désavoué son engagement politique en ces termes : «  Le représentant d’un culte n’a pas vocation à représenter l’ensemble des électeurs. Cette manœuvre électoraliste ouvre la voie à l’élection de représentants de chaque communauté religieuse », Toufik Chergui se retrouve soudainement dans l’œil du cyclone laïc, simplement parce que ses fonctions exercées dans le civil étaient mentionnées sur la liste présentée par le PS aux régionales.

Les explications de Jean-Jacques Queyranne, tête de liste du PS, martelant que l’engagement religieux de M. Chergui est à dissocier de sa présence sur cette liste, et que c’est au titre de conseiller municipal de la ville de Bellignat qu’il y figure, auront-elles trouvé un écho dans un nouveau tintamarre public, où seul le fait d’être musulman reste hélas inscrits dans les mémoires ?

Faudra-t-il demain renier son islamité pour s’engager sereinement dans la vie politique, et apporter sa pierre à un édifice national qui aurait pourtant tout intérêt à encourager l’émergence de nouveaux talents ?

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