L’impensable à Guantanamo : la conversion à l’islam d’un soldat américain

La foi est une grâce divine qui ne répond à aucune règle, à aucune norme. L’histoire exceptionnelle du

vendredi 10 avril 2009

La foi est une grâce divine qui ne répond à aucune règle, à aucune norme. L’histoire exceptionnelle du soldat Holdbrooks en est une preuve éclairante. Combien y-avait-il de probabilités que Terry Holdbrooks soit touché par l’infinie miséricorde de Dieu et embrasse l’islam dans l’enfer concentrationnaire de Guantanamo ? Aucune, ou très peu, si, lors d’une inoubliable nuit d’hiver, la parole d’Allah n’était descendue jusqu’à lui pour changer le cours de son destin.

Enrôlé dans la 463e compagnie de police militaire à Guantanamo en juin 2003, le bon petit soldat américain, natif de Phoenix, partit enthousiaste, la fleur au fusil, vers l’aventure et le dépaysement qu’on lui promettait, aux confins de nouveaux horizons, à Cuba.

Ignorant tout de l’univers carcéral, son immersion brutale dans le camp de Guantanamo fut un effroyable choc, ébranlant ses convictions patriotiques et humaines les plus profondes. Faisant fonction de garde, le soldat Holdbrooks, au contact quotidien de certains prisonniers, se sentit en osmose avec l’islam tolérant qu’ils prônaient, n’hésitant pas à enfreindre les règles militaires en pactisant avec l’ennemi public désigné : le musulman.

Au fil des longues conversations qu’il eut avec Ahmed Rashidi, un détenu marocain répondant au matricule 590, devenu son plus proche compagnon, le soldat Holdbrooks pressentait l’imminence de sa conversion : « Je savais que j’allais y venir, mais je ne savais pas que ce serait cette nuit-là. Avec 590, nous avons longuement parlé. Il était très chaleureux. Au milieu de la nuit, je lui ai demandé de m’écrire sur un papier la shahada, en anglais et en arabe phonétique » (1). Le lendemain à l’aube, il se leva musulman et alla prier en cachette.

S’appelant désormais « Mustafa Abdullah », le marginal soldat d’Arizona en rupture avec l’hypocrisie et la corruption d’une Amérique blanche bien-pensante, a réalisé l’impensable au cœur de l’innommable : être le premier soldat converti à l’islam par les prisonniers qu’il avait pour mission de garder. « Je ne croyais pas en Dieu avant Guantanamo. Avec l’islam, j’ai trouvé la foi. C’est une religion pure. Je suis dorénavant un serviteur de Dieu. L’islam est parfait », témoigne-t-il (2).

Notes :

1et 2 : Interview extrait de l’article de Rémy Ourdan paru dans l’édition du Monde.

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