L’imam de Drancy : une caricature d’imam

Jeune imam tunisien résidant à Drancy, Hassen Chalghoumi ne pouvait choisir lieu plus symbolique

vendredi 27 mars 2009

L’imam de Drancy : une  caricature d’imam

Jeune imam tunisien résidant à Drancy, Hassen Chalghoumi ne pouvait choisir lieu plus symbolique, ancré dans la mémoire collective nationale comme le centre de détention vers les camps d’extermination nazis, pour s’illustrer dans le rapprochement des religions, notamment entre l’islam et le judaïsme.

Choisissant la France comme terre d’accueil en 1996, ce tunisien de 35 ans, formé à l’islam en Syrie et au Pakistan, démarra sa carrière par des prêches à mi-temps dans la salle de prière d’un foyer situé à Bobigny, un lieu suspecté alors d’intégrisme et placé sous surveillance par les Renseignements généraux.

Sous la pression ambiante, palliant certainement un complexe lié à ses origines, Hassen Chalghoumi a choisi, par ambition ou dans un souci d’autoprotection, de se fondre dans le moule en adoptant la rhétorique du politiquement correct, sans tenir compte des effets pervers et contreproductifs qui rejaillissent immanquablement sur l’ensemble de la communauté musulmane française.

Se défendant d’être un fondamentaliste, il pousse la caricature de « l’imam idéal » jusqu’à se renier lui-même, et plus grave encore en ouvrant une brèche inespérée dans laquelle les islamophobes de tous bords ne manqueront pas de s’engouffrer : « J’ai pris un crédit pour acheter ma maison (ce que réprouve l’islam), je ne porte pas la barbe, je serre les mains des femmes et mes enfants sont dans le privé catholique » (1) déclare-t-il à la presse.

Aujourd’hui, récoltant les fruits de son allégeance et de son engagement qui lui ont valu les honneurs de la république à travers le soutien du Chef de l’Etat en personne, et le titre honorifique de « l’imam du rapprochement », répondant à tous les critères de la conception Sarkozienne de « l’imam à la française », bien que parlant un français hésitant, il fut reçu à l’Élysée en janvier dernier, ainsi qu’au dîner du Crif au mois de mars.

Hassen Chalghoumi, pris dans le tourbillon de la médiatisation et des réceptions mondaines aux côtés des puissants, perd de vue l’essentiel : l’image qu’il renvoie de l’islam et de sa fonction conforte les sempiternels clichés du musulman d’origine étrangère à la solde de l’Etat français, aux antipodes d’une nouvelle génération de français musulmans qui, décomplexés et parfaitement intégrés, assument pleinement ce qu’ils sont.

Note :

(1) Article du Figaro du 27 mars

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