L’extraordinaire unité de la Création

Cet article est la première partie d’une longue réflexion de notre frère et collaborateur Tajeddine Benna

samedi 2 février 2002

Cet article est la première partie d’une longue réflexion de notre frère et collaborateur Tajeddine Bennani dont vous êtes très nombreux à apprécier les écrits. Nous avons décidé de publier en exclusivité, l’intégralité de cette étude intitulée « les Lois Universelles »

 

I- CONTEXTE

Depuis quatre milliards d’années environ, la terre se meut sur une orbite de l’univers à la vitesse de 107 000 kilomètres par heure. Comme un vaisseau spatial gigantesque, elle traverse les multiples voies des cieux dans un incessant périple cosmique. Au cours de ce fabuleux et imperceptible voyage, elle est devenue le théâtre régissant les destinées de créatures vivantes, en particulier celles des êtres humains, dont l’existence représente le modèle réduit du voyage cosmique le plus distant. Pendant la durée de sa vie, l’être humain a la possibilité de se connaître et de connaître l’univers à travers les découvertes extirpées du fond de son âme, mais il ne pourra jamais accomplir corporellement de voyage à travers l’univers : sa durée excédant bien entendu des milliards d’années-lumière. Aucun astronef de main d’homme ne parviendrait à supplanter le vaisseau « Terre » ni à se mouvoir avec une telle aisance à travers l’espace ! Pourtant, le commun des mortels ne ressent le moindre du monde les effets de ce subtil voyage à travers les myriades d’étoiles. A l’instar d’un mécanisme d’horlogerie, la terre, miroir de la Grandeur de l’univers, se déplace sans cesse sans croiser les milliards d’astres essaimant le cosmos. De fil en aiguille, d’astre en astre, l’univers est ainsi construit et réglé avec une précision inimaginable. Des lois bien précises gouvernent son fonctionnement, de l’infiniment petit à l’infiniment grand et depuis sa création jusqu’à son extinction. Il s’agit là de lois invariables, calculables, sans que l’on puisse imaginer à sa juste valeur la cohérence de milliards de phénomènes qui en découlent en temps réel. La recherche scientifique montre en effet qu’aucun événement naturel n’est fortuit ni indépendant d’autres phénomènes. La cohérence des mêmes lois d’un bout à l’autre de l’univers démontre l’extraordinaire unité de la Création. Si la cause d’un phénomène est inconnue, on procède à des investigations jusqu’à pouvoir établir une relation de causalité avec une loi universelle. Sur le plan pratique, les applications technologiques de ces lois deviennent tellement importantes qu’elles se matérialisent à travers la production en série de produits industriels qui submergent le marché de la consommation. Dans l’ombre, les innombrables « secrets » de Dieu dans Sa Création sont livrés proportionnellement aux efforts consentis au service de l’être humain afin qu’il en use, selon son libre choix : dans la voie du bien ou du mal. En définitive, l’univers et toutes ses dimensions ont des relations systématiques à tous les niveaux, corrélations si précises et si complexes qu’elles sont à l’évidence bien calculées en dehors de tout hasard :

« Le Soleil et la Lune se meuvent d’après un calcul. Les plantes et les arbres se soumettent à Son Commandement. Il a élevé le Ciel et Il a établi la balance ». Coran (55 : 3-5)

Par analogie aux lois nécessaires à l’harmonie de l’univers, des lois de même logique sont indispensables au fonctionnement des sociétés humaines afin de permettre à l’être humain, astre nodal de toute structure communautaire- galaxie humaine, d’accéder à sa dimension universelle et d’assurer paisiblement sa coexistence avec ses semblables. Cicéron, juriste et politicien romain (106 à 43 A.J), a décrit l’esprit de ces lois régissant la conduite de l’être humain, du plus modeste au plus important et depuis la création d’Adam, Salut de Dieu sur lui (SDL), jusqu’à la disparition du dernier être humain :

 « Il existe une loi vraie, c’est la droite raison conforme à la nature répandue dans tous les êtres, toujours d’accord avec elle-même, non sujette à périr, qui nous appelle intérieurement à remplir notre fonction, nous interdit la fraude et nous en détourne…A celle-ci nul amendement n’est permis, il n’est licite de l’abroger ni en totalité, ni en partie. Ni le sénat, ni le peuple ne pourront nous dispenser de lui obéir. Cette loi ne sera pas autre à Rome ni autre à Athènes, ni autre aujourd’hui et autre demain, cette seule et même loi, éternelle et immuable, régira toutes nations et en tout temps : car il y aura alors pour l’enseigner et la prescrire à tous un Dieu Unique à qui appartiennent également la conception, la délibération et la mise en vigueur de cette loi  ».

 

II- LOIS DE L’UNIVERS : CORAN ET ASTROPHYSIQUE

Le Coran a mis en lumière de nombreuses lois et de vérités scientifiques qui n’auraient pu être découvertes à l’époque du prophète, prière et salut de Dieu sur lui (PSDL). Bien que quelques-unes d’entre elles aient été connues des grecs ou d’autres, elles étaient totalement inconnues dans la Péninsule arabique. D’autres lois ont été découvertes plusieurs siècles plus tard grâce aux progrès des sciences. Il y a de nombreux versets qui se réfèrent explicitement ou implicitement aux lois régissant l’univers. Comme certaines vérités scientifiques étaient encore incompréhensibles à l’époque, elles ont été exprimées de sorte qu’elles puissent être interprétées par les générations ultérieures. Quelques exemples ci-après illustrent ces lois :

 

La création, l’expansion et l’extinction de l’univers :

La création de l’univers :

« Est-ce que ceux qui ont mécru n’ont point vu que les cieux et la terre étaient soudés et Nous les avons séparés et fait de l’eau toute chose vivante ?  »Coran(21 : 30).

Ce verset invite à l’observation et à l’exploration des lois de l’univers afin de confirmer que les cieux et la terre formaient originellement une entité unique dont les composants engendrèrent les galaxies, les étoiles, les planètes... En outre, l’apparition de la vie n’aurait pu être possible sans l’existence de l’eau, élément essentiel entrant non seulement dans la composition de tout être vivant dans une proportion allant de 60 à 90 pour cent, mais même la matière minérale n’entre en réaction chimique qu’en présence de l’eau qui lui permet de s’ioniser en anions et en cations.

Sur le plan scientifique, selon le modéle standard servant de réfèrentiel à la théorie du Big Bang, l’univers avec tout ce qu’il contient : Planètes, soleils et galaxies par milliards, était rassemblé dans une singularité microscopique d’une petitesse inimaginable. Il fut régi dés les premiers instants de son existence à la combinaison de quatre champs ( force de gravitation, force électromagnétique, force forte et force faible) qui constituent les bases des lois universelles de la physique. Il y a environ quinze milliards d’années, l’univers est né d’une gigantesque explosion qui a provoqué l’expansion de la matière encore observable de nos jours. Partant de la vitesse d’expansion de l’univers et en remontant le temps, scénario par scénario, les scientifiques parvinrent à la conclusion qu’à l’origine des temps, il avait dû exister un point limite pour lequel l’Univers avait à la fois une dimension nulle, une densité et une température tendant vers l’infinie. Le physicien Gamon désigna ce point par Big Bang à cause de l’explosion originelle. Il publia son livre : « la création de l’univers ». En ce temps, l’univers tout entier, avec tout ce qu’il contiendra plus tard : galaxies, planètes, Terre, ses continents, ses océans et ses arbres était contenu dans une entité microscopique, plus petite qu’une tête d’épingle, mais la densité et la chaleur de cet univers initial atteignaient des grandeurs considérables. La matière originelle fut constituée d’une soupe compacte de particules primitives. Par une succession ordonnée de phases, ces particules engendrèrent la matière indispensable à l’existence du cosmos. Les lois universelles gouvernant le fonctionnement de l’univers furent désormais créées. Les galaxies originelles, constituées de centaines de milliards d’étoiles furent dégagées de la matière initialement compacte et s’éloignèrent les unes des autres sous la poussée de cette explosion originelle.

L’expansion de l’univers :

« Lui qui créa les cieux, la terre et ce qu’il y a entre eux en six jours… » (25 : 59)

La période de création et d’expansion de l’univers est décrite en jours. Mais il s’agit en fait de jours spéciaux, ou de périodes géologiques dont chacune d’elles peut durer des millions d’années caractérisant la durée de formation et d’expansion de l’univers. Le temps est évoqué dans le Coran pour nuancer sa relativité en fonction du lieu considéré. La devise du musulman : « Allahouakbar : Dieu est le plus grand » n’a d’autre but que de définir tout événement, toute loi par rapport au repère vrai, absolu et immuable du Créateur. Dieu est le Créateur et Seigneur des Mondes et du temps ! Devant l’étendue infinie de l’éternité et relativement au référentiel de l’Eternel, des millions d’années terrestres peuvent équivaloir à un jour. La relativité du temps en fonction du référentiel terrestre est ainsi définie : « Il préconçoit l’ordre des choses et le fait descendre sur terre à partir du ciel puis le fait remonter à Lui en un jour ayant la valeur de mille ans de votre propre calcul. » (32,4). La relativité du jour dans un autre repère est toute autre : « Les Anges et l’Esprit (Gabriel) montent vers Lui en un jour évalué à cinquante mille ans. »(70,4).

La phase d’expansion de l’univers est décrite ainsi :

« Le ciel, Nous l’avons construit de main de maître et Nous en élargissons constamment le domaine. » Coran (51 : 47)

« Je ne jurerais pas par la position des étoiles. Et c’est un serment, si vous saviez, énorme » Coran (56,78 et 79)

Ce dernier verset confirme la mobilité de chaque étoile dont l’observation ne traduit en réalité que les rayons lumineux parvenus jusqu’à l’observateur, alors qu’au même moment, en vertu de l’expansion de l’univers, l’étoile en question s’est déjà déplacée vers une autre position du cosmos. Il y a même des étoiles qui n’existent plus dont la lumière arrive encore sur terre. C’est la raison pour laquelle le serment par la position des étoiles, considérées dans le passé comme fixes, est mensonger !

La troisième phase : l’extinction de l’univers :

« Le jour où Nous enroulerons le ciel à la façon dont on enroule le registre autour de ce qui y est écrit, de même que Nous en sommes parfaitement capable » Coran (21 : 103)

L’univers : des centaines de milliards d’étoiles, dispersées dans des milliards de galaxies, elles-mêmes perdues dans une immensité incommensurable poursuit son expansion. Cependant, il ne peut continuer indéfiniment son voyage sans un ultime destin. La cosmologie affirme que l’univers n’est pas éternel, qu’il aura une fin, même si cette fin est lointaine. Il ne pourra pas échapper à l’une des deux fins possibles : la fin par le froid ou la fin par le feu.

Dans le premier cas, l’univers est dit « ouvert » : son expansion se poursuivrait indéfiniment, les galaxies se perdant dans l’infini tandis que les étoiles s’éteignaient une à une, après avoir rayonné leurs ultimes réserves. Au-delà de la durée de vie de l’hydrogène, la matière elle-même se désagrègerait. Viendrait alors le dernier instant de l’existence, celui où les ultimes poussières cosmiques seraient englouties à leur tour au sein de l’immense trou noir que serait devenu l’univers agonisant. Enfin, l’espace-temps lui-même se résorberait : tout retournerait au néant !

Dans le deuxième cas, si la masse totale de l’univers est supérieure à une certaine masse critique, alors, au bout d’un temps plus ou moins long, la phase d’expansion prendrait fin. Dans ce cas, il est possible qu’une nouvelle contraction ramènerait le cosmos à son point d’origine. La matière formant les galaxies, les étoiles, les planètes, serait comprimé jusqu’à redevenir un simple point mathématique annulant la réalité de l’espace et du temps.

Publicité

commentaires