L’existence des Djinns

Il y a de bons et de mauvais djinns. Au même titre que les hommes, ils périront tous et seront ressuscités,

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mercredi 5 septembre 2001

L’existence des Djinns

L'Islam admet l'existence des djinns, esprits invisibles, qui, comme les hommes, ont été créés pour adorer Dieu : ' Je n'ai créé les Djinns et les hommes que pour qu'ils m'adorent ' (S. LI, 56). Ils ont été créés ' de feu clair' : ' Quant aux Djinns, nous les avons créés, auparavant, du feu de la fournaise ardente ' (S. XV, 27). ' Il crée les Djinns d'un feu pur ' (S. LV, 15). Ils ont des yeux, des oreilles et un cœur ; il est écrit à propos de ceux d'entre eux qui sont maléfiques : ' Ils ont des cœurs avec lesquels ils ne comprennent rien ; ils ont des yeux avec lesquels ils ne voient pas, ils ont des oreilles avec lesquelles ils n'entendent pas ', étant réfractaires à la Parole divine comme les infidèles. Il existe des djinns mâles et des djinns femelles qui procréent par conséquent : ' Là, ils rencontreront celles dont les regards sont chastes et que ni homme ni djinn n'a jamais touchées avant eux ' (S. LV, 56).

Il y a de bons et de mauvais djinns. Au même titre que les hommes, ils périront tous et seront ressuscités, ensuite rassemblés au Jour du Jugement dernier. Quant à l'armée d'Iblîs, elle sera précipitée dans le Feu : ' O assemblées des djinns et des hommes ! Des prophètes choisis parmi vous ne sont-ils pas venus à vous, en vous exposant mes Signes, en vous avertissant de la Rencontre de votre Jour que voici ? ' (S. Vl, 130). 'Je remplirai certainement la Géhenne de Djinns et d'hommes réunis ' (S. Xl, 119)

D'autres djinns sont au contraire soumis à Dieu. Il y a parmi eux des prédicateurs. Ils iront au paradis comme ceux qui écoutèrent la récitation du Coran faite par le Prophète à son retour de Ta'ïf où il alla prêcher vainement la bonne parole aux habitants de cette oasis et demander par la même occasion leur aide : ' Lorsque nous avons amené devant toi une troupe de Djinns pour qu'ils écoutent le Coran et qu'ils furent présentés, ils dirent : 'Écoutez en silence !' et, quand ce fut terminé, ils retournèrent en avertisseurs auprès de leur peuple ' (S. XLVI, 29).

Les djinns ont en effet leur propre communauté. Ils peuplent les lieux où il y a de l'eau, des endroits inhabités, des maisons en ruines et tout autre endroit désert. La croyance populaire leur attribue une corporalité ; ils peuvent se présenter sous forme d'animaux ou d'êtres humains.

Des djinns exercent sournoisement leur rôle néfaste auprès des hommes comme ils l'avaient exercé également auprès des prophètes. Ils forgeaient des mensonges qu'ils susurraient aux envoyés de Dieu en les enveloppant d'un joli langage : ' Nous avons suscité, à chaque prophète, un ennemi : des hommes démoniaques et des Djinns qui se suggèrent les uns aux autres le clinquant des paroles trompeuses ' (S. VI, 112).

Les païens adoraient les djinns et les associaient à Dieu leur Créateur. Ils voyaient en eux des fils ou des filles du Seigneur : 'Ils ont attribué à Dieu les Djinns comme associés, mais c'est lui qui a créé les Djinns. Ils ont imaginé, dans leur ignorance, que Dieu a des fils et des filles. Gloire à lui ! Il est très élevé au-dessus de ce qu'ils imaginent' (S. VI, 100).

Selon leur croyance, Satan était le frère de Dieu et les anges des enfants nés de démons femelles unies au Seigneur : 'Ils établissent une parenté entre lui et les Djinns, mais les Djinns savent qu'ils seront réprouvés ' (S. XXXVII, 158).

Les rationalistes musulmans nient l'existence réelle des djinns. Les Mu'tazilites et à leur suite le philosophe et médecin Ibn Sinâ, l'historien et sociologue Ibn Khaldoun, entre autres, y voyaient plutôt des allégories. D'aucuns considèrent que les djinns sont une allusion à l'existence des microbes. De telles idées ne sont pas partagées par la majorité de l'opinion musulmane laquelle pour se soustraire aux influences maléfiques de ces démons, préconise de chercher refuge auprès de Dieu en récitant les deux courtes sourates suivantes : ' Dis : Je cherche la protection du Seigneur de l'aube contre le mal qu'il a créé ; contre le mal de l'obscurité lorsqu'elle s'étend ; contre le mal de celles qui soufflent sur les noeuds ; contre le mal de l'envieux, lorsqu'il porte envie ' (S. CXIII). ' Dis : Je cherche la protection du Seigneur des hommes, Roi des hommes, Dieu des hommes, contre le mal du tentateur qui se dérobe furtivement ; contre celui qui souffle le mal dans le coeur des hommes, qu'il soit au nombre des djinns ou des hommes ', (S. CXIV).

La croyance aux djinns n'est pas l'apanage de l'Islam. Les peuples anciens, perses, babyloniens, etc. croyaient à ces puissances naturelles. Le christianisme et le judaïsme n'ignorent pas ces phénomènes et beaucoup de leurs adeptes ne manquent pas de conjurer le mauvais sort par des incantations et la confection de talismans.

Les Zoraïstes disaient que les démons avaient été créés par celui qui, d'après eux, personnifiait le mal, à savoir Ahriman. La religion chinoise admet que le monde est habité par des bons et des mauvais esprits. Les Hindous croient aux puissances mystérieuses détenues à la fois par des dieux et des démons.

La croyance aux djinns et les superstitions qui s'y rattachent se vérifient de nos jours dans les milieux intellectuellement avancés. Les esprits cultivés n'ont fait que donner aux djinns d'autres appellations telles que génie ou esprit invisible. 'La seule différence, dit Cheikh Hamza Boubekeur, entre la croyance ancienne et la croyance moderne aux démons à travers les civilisations, c'est qu'elle est devenue plus discrète, plus libre, plus aimable, plus individuelle, alors que naguère elle était au centre de la vie religieuse des communautés religieuses. '

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Auteur : Tahar Gaïd

Tahar Gaïd est né le 22 octobre 1929 à Timengache, Beni Yala (Wilaya de Sétif). Après des études aux médersas de Constantine et d'Alger, il exerce la fonction d'enseignant à Tighanif, près de Mascara, puis à Alger. Militant du PPA/MTLD, il participe à la lutte pour la libération nationale. Il prend l'initiative d'organiser des cellules FLN à Tihganif, anciennement Palikao. Arrêté en mai 1956, il est détenu pendant six années consécutives dans les prisons et les camps d'internements en Algérie. Dès 1963, il opte pour la carrière diplomatique en qualité d'ambassadeur dans plusieurs pays africains. En 1978, il cesse toute activité administrative. A partir de 1980, il se consacre dès lors aux aspects théoriques et pratiques de l'Islam. Il se signale par la publication du Dictionnaire élémentaires de l'Islam (OPU). Il est aussi l'auteur d'autres livres dont Réalités universselles de l'Islam( OPU ) et Religion et Politique en Islam (aux éditions Bouchene) Parallèlement à ces écrits, il publie à L'OPU un lexique philosophique arabe-français et français-arabe.

Quelques ouvrages de cet auteur :

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