L’évêque de Carcassonne refuse de stigmatiser la communauté musulmane

Se prêter au jeu funeste de la stigmatisation facile ? L’évêque de Carcassonne et de Narbonne s’y refu

lundi 8 novembre 2010

Se prêter au jeu funeste de la stigmatisation facile ? L’évêque de Carcassonne et de Narbonne s’y refuse obstinément, préférant l’empathie à l’anathème face au très regrettable acte de caillassage qui a bouleversé la communauté catholique de Saint-Jacques du Viguier.

Une violence intolérable qui a pris pour cible une église et ses fidèles, mais qui semble plus proche de la grosse bêtise puérile et irréfléchie que de la profanation vengeresse et mûrie, commise par les mains immatures de deux jeunes garçons âgés de 10 à 12 ans, lesquels n’ont toujours pas été identifiés.

Une pulsion destructrice, que l’homme d’église et d’apaisement met sur le compte du profond mal-être ambiant, et d’une pré-adolescence difficile, tourmentée, d’autant plus influençable qu’elle est souvent déscolarisée et démunie. Bien qu’ayant évoqué la force symbolique de la lapidation pour qualifier les faits, Mgr Alain Planet ne sera pas le premier à jeter la pierre à la communauté musulmane, et à faire renaître de ses cendres une « guerre de religions » archaïque et sans aucun fondement.

« Il n’est pas question de stigmatiser la communauté musulmane qui sait bien que, comme le rappelaient les Frères musulmans d’Égypte à la suite de la tragédie de Bagdad, la protection des lieux de culte de tous les enfants des religions monothéistes est la mission des musulmans » a-t-il déclaré, en référence à la récente tragédie de l’attaque de l’église catholique syriaque de Bagdad, qui a fait 46 morts parmi les fidèles.

Exhortant à la sérénité, tout en se faisant le porte-parole de l’émotion qui a submergé ses paroissiens, Mgr Alain Planet a invité instamment les vrais artisans du désastre, les « prêcheurs de haine » quels qu’ils soient, ceux-là mêmes qui instrumentalisent sans relâche « l’antichristianisme au quotidien », à « s’interroger sur l’avenir des monstres qu’ils enfantent ».

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