L’effet WikiLeaks sur la diplomatie mondiale

Mise à nue, mise à mal, la diplomatie mondiale, et notamment américaine, ne sera plus jamais ce qu’elle

lundi 29 novembre 2010

L’effet WikiLeaks sur la diplomatie mondiale

Mise à nue, mise à mal, la diplomatie mondiale, et notamment américaine, ne sera plus jamais ce qu’elle était, ou ce qu’elle prétendait être, sous l’effet volcanique des révélations en cascade du site WikiLeaks.

Enorme pavé dans la mare, le trésor de guerre du site dévoile pas moins de 250 000 câbles diplomatiques, repris dimanche par les grands titres de la presse internationale, dont Le Monde, tous plus détonants et épineux les uns que les autres, qui jettent une lumière crue, voire blafarde, sur les dessous de tractations éminemment confidentielles, dorénavant démystifiées, ou presque, pour le commun des mortels.

Dans sa croisade pour mettre à genou la diplomatie de la dissimulation, WikiLeaks, en jusqu’au-boutiste de la transparence, a créé un véritable tsunami diplomatique, qui fait trembler Washington, impuissant à endiguer un torrent de divulgations qui engloutit le secret d’Etat.

La Maison Blanche aura déployé beaucoup d’énergie en vain pour que le citoyen non initié ne découvre pas entre autres l’appel du roi Abdallah d’Arabie saoudite aux Etats-Unis pour qu’ils attaquent l’Iran, des diplomates américains rapportant certains propos du roi Abdallah, invitant à "couper la tête du serpent" Iranien, ou encore l’exhortation d’Israël pour une politique américaine de la fermeté, les Etats-Unis ayant été fortement incités à frapper l’Iran, à la fois par « Israël » et les pays du Golfe, voire les portraits sans complaisance des principaux homologues de Barack Obama, Sarkozy étant dépeint comme susceptible, un doux euphémisme…

Sur des charbons ardents, si l’échiquier mondial frémit à la perspective de se voir ainsi percé à jour, Israël, quant à lui, pousse un soupir de soulagement, selon les dires d’un haut responsable israélien qui a estimé que son gouvernement "s’en tire à très bon compte". WikiLeaks, l’empêcheur de pratiquer la langue de bois en rond, fait en effet la preuve que si la diplomatie excelle dans l’art du double langage, seul Israël manie un franc parler qui ne varie pas d’un iota contre la menace iranienne, que ce soit en off, ou en public.

Que faut-il à présent déduire de tout ce grand déballage ? Une quête de vérité dénuée d’arrière-pensées, ou plus prophétique, augurant d’un nouveau chambardement contre la bête noire iranienne ?

Publicité

commentaires