L’armée américaine en route vers l’occupation de l’Irak

La progression rapide des forces terrestres américano-britanniques dans le désert irakien ne constitue pas u

par

vendredi 21 mars 2003

L’armée américaine en route vers l’occupation de l’Irak

La progression rapide des forces terrestres américano-britanniques dans le désert irakien ne constitue pas une surprise. L’armée irakienne est loin d’être la quatrième armée du monde telle qu’on nous l’avait présentée lors de la première guerre du golf. Elle est à l’image du pays, complètement exsangue. Les quelques missiles lancés avec imprécision sur le Koweit, témoignent plus de la faiblesse de cette armée que de sa capacité à répliquer.

Une éventuelle « résistance » des forces irakiennes ne pourrait venir que des éléments de la garde républicaine dont la survie est en jeu.

Il convient bien sûr de demeurer très prudent, car ce conflit est loin d’être terminé et peut encore réserver des surprises.

Cependant l’échec flagrant de l’Irak est celui de tout le monde arabe dont la faillite économique et politique est totale. Selon une étude réalisée sous l’égide de l’ONU, par l’Arab Human Development Report 2002, « plus de 65 millions d’Arabes sur 280 millions d’habitants sont analphabètes. Un arabe sur 5 vit avec moins de 2 dollars par jour. (…) Cette région du monde compte plus de 13 millions de chômeurs (…) 51% des adolescents et 45% des jeunes interrogés au cours de cette étude expriment le désir d’émigrer. »

Les femmes qui constituent plus de la moitié de cette population vivent en dehors de toute vie sociale et économique. Dans ces conditions, la « menace » d’une réaction de la rue arabe qui est brandi à chaque conflit n’est qu’un mythe. Lors de la visite récente de Jaques Chirac en Algérie, les algériens par centaine de milliers réclamaient « des visas », et non pas un soutien à la cause irakienne. Les enjeux pour ces populations arabes sont donc avant tout des enjeux de vie quotidienne.

L’orientaliste Bernard Lewis a parfaitement raison de souligner que le monde arabo-musulman est tel « une arrière-cour pauvre, faible et ignorante », dominée par de « minables tyrannies, allant des autocraties traditionnelles aux dictatures dont le seul élément de modernité réside dans leurs appareils de répression et d’endoctrinement »

Ces populations arabes sont malheureusement esseulées, et les opposants réels à ces régimes corrompus et criminels sont privés de tout soutien extérieur. Des opposants qui ne doivent compter que sur leurs propres forces comme l’a écrit le leader historique algérien Hocine Aït Ahmed : « Les oppositions politiques à ces régimes, exilées à l’étranger ou contraintes à l’exil intérieur, ne trouvent que très rarement, et par intermittence, une écoute attentive. L’exemple de mon pays, l’Algérie, est caricatural : les gouvernements occidentaux, qui refusent de lui imaginer un avenir hors des militaires, fantasment sur l’avènement de "jeunes officiers kémalistes". Mais, paradoxalement, ils accueillent avec scepticisme, à moins qu’ils ne fassent tout pour les discréditer, les militaires dissidents qui, au prix de risques énormes, décident de dénoncer les exactions et l’incurie des "décideurs".

Publicité

Auteur : Fouad Aissani

commentaires