L’appel « Nous sommes les indigènes de la république » un chantier pour l’avenir

L’appel « Nous sommes les indigènes de la république » s’inscrit dans une dynamique d’auto- déter

lundi 7 mars 2005

« Soyez résolus de ne servir plus, et vous serez libre »

Etienne de La Boétie

Si l’opposition à une initiative politique est une démarche salutaire dans une démocratie, le dénigrement et l’amalgame en vue de disqualifier cette même initiative, sont également utilisés au sein des ces sociétés s’érigeant en modèle démocratique.

L’appel « Nous sommes les indigènes de la république » s’inscrit dans une dynamique d’auto- détermination intellectuelle et politico-sociale d’une frange de la société marginalisée par la République. La politique post-coloniale caractérisée par une segmentation de la société en catégories ethniques et religieuses, reproduit les mécanismes de la discrimination coloniale.

Alors que la citoyenneté doit être la digue qui protège la République des dérives du communautarisme, la pratique prouve le contraire. La citoyenneté réduite à une simple procédure administrative et la devise de la République reste au stade d’une théorie virtuelle non appliquée dans la vie réelle. L’emploi et le logement sont les deux indicateurs qui prouvent qu’il existe plusieurs catégories de citoyens. Les critères ethniques et religieux jouent un rôle primordial dans la classification sociale. En théorie, la République post-coloniale est intégrationniste au regard de la constitution, mais les faits démontrent que cette entité souffre d’une forme de schizophrénie exacerbée par les intérêts politiques de certains acteurs, ce qui explique l’exclusion massive des citoyens issus des anciennes colonies.

Les signataires de l’appel souhaitent l’abrogation réelle du statut non officiel d’indigénat imposé par des réflexes hérités d’une histoire sombre et non assumée. La fin de la colonisation classique (l’expansionnisme territorial) suite à une série d’évènements conjoncturels, guerres de libération nationale et redéploiement stratégique des puissances coloniales, a donné naissance à une nouvelle occupation : celles des esprits par une domination économique et un formatage culturel.

La forme non conventionnelle de l’appel constitue une rupture totale avec les revendications de certaines associations parasites instrumentalisées par les partis politiques. La diversité des signataires a provoqué un vent de panique dans les hautes sphères de l’établissement politique hexagonal en plein cycle de formatage et de repositionnement doctrinal, depuis la reconfiguration idéologique du monde occasionnée par les deux chocs majeurs : la chute du mur de Berlin et les attentats du 11 septembre 2001 .

Certaines réactions à l’appel donnent au discours de la servitude volontaire d’Etienne de la Boétie une actualité et une vitalité réelle. Prenons l’exemple de la « présidente » de l’association « Ni putes Ni soumises » Fadéla Amara, qui à travers son article publié le 2 mars 2005 dans le journal Libération, a tenté une intrusion dans un domaine qu’elle ne maîtrise pas, l’histoire qui n’est pas un fait divers qu’on instrumentalise pour quelques subventions de la République !

La « présidente » nous invite à faire table rase du passé ! Mais elle fait preuve d’un

opportunisme malsain en introduisant la Shoah, cicatrice indélébile sur le visage de l’humanité, dans sa stratégie de dénigrement de l’appel. Rien d’étonnant de sa part, puisque encore une fois, Fadéla Amara convoque le fait divers d’une manière subliminale (l’affaire Dieudonné) afin de meubler le vide abyssal de son discours. La monopolisation de la parole par des personnes issues de l’immigration, donne l’illusion de la réussite, de l’émancipation et de l’intégration. Mais la réalité est que le système post-colonial a inventé des réserves d’expressions balisées par des lignes rouges infranchissables. Toute tentative d’expression ou d’organisation en dehors de ces zones, vous expose à l’excommunication.

Tariq Ramadan en est un parfait exemple. Cet intellectuel suisse partisan d’une République ouverte où l’intégration ne signifie pas négation de soi, et ou le citoyen « d’origine immigrée » passe du stade de la revendication à celui de la participation, a subi une compagne sans précédant de dénigrement et de diffamation.

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