Le refus catégorique du nouveau président français Nicolas Sarkozy d’envisager, même à long terme, l’admission de la Turquie au sein de l’Union européenne, de même que le bras de fer qui oppose le Haut commandement militaire au gouvernement turc face à la perspective de l’élection à la magistrature suprême d’un islamiste, même modéré, en l’occurrence le ministre des Affaires étrangères Abdullah Gul, remettent à l’ordre du jour le problème des ambiguïtés du Monde occidental à l’égard de cet Etat musulman se réclamant de la laïcité institutionnelle, qui a longtemps fait office de sentinelle avancée de l’Occident face au bloc communiste à l’époque de la guerre froide soviéto-américaine.
Force supplétive de l’Occident ou membre de plein droit de la famille européenne ?
Le refus catégorique du nouveau président français Nicolas Sarkozy d’envisager, même à long terme, l’admission de la Turquie au sein de l’Union européenne, de même que le bras de fer qui oppose le Haut commandement militaire au gouvernement turc face à la perspective de l’élection à la magistrature suprême d’un islamiste, même modéré, en l’occurrence le ministre des Affaires étrangères Abdullah Gul, remettent à l’ordre du jour le problème des ambiguïtés du Monde occidental à l’égard de cet Etat musulman se réclamant de la laïcité institutionnelle, qui a longtemps fait office de sentinelle avancée de l’Occident face au bloc communiste à l’époque de la guerre froide soviéto-américaine.
Le nouveau président français, élu le 6 mai, a justifié son opposition à l’admission turque notamment par des arguments géographiques arguant que la Turquie se trouvait en « Asie mineure ». L’argument est partiellement vrai dans la mesure où une portion du territoire turc est située en Europe. Un tel argument géographique n’avait pas fait obstacle à l’inclusion de la Turquie dans l’Otan le pacte militaire des les pays occidentaux riverains de l’Atlantique nord, un ocan avec lequel la Turquie n’a le moindre rapport.
Vingt ans après la première demande, la question de l’admission de la Turquie au sein de l’ensemble européen tourne autour de cette problématique cruellement résumée par cette équation : Au terme des tergiversations européennes la question est de savoir sir la Turquie demeurera une force supplétive de l’Occident ou un membre de plein droit de la famille européenne.
La Turquie a été sollicitée, après les revers militaires israéliens au Liban, l’été 2006, pour apporter sa contribution à la stabilisation de la situation dans la région frontalière libano-israélienne dans la cadre de la FINUL (Force intérimaire des Nations-Unies au Liban), mais cette requête, si elle consacre le rôle régional de ce pays musulman sunnite, traduit avant tout la préoccupation de l’Europe, de Etats-Unis et de leurs alliés arabes à donner une caution musulmane à une force à dominante européenne.
Au delà de l’objectif affiché, l’implication de la Turquie dans le problème libanais répond à deux considérations majeures :
 Diplomatiquement : servir de contrepoint à l’influence grandissante de l’Iran chiite galvanisée par le succès de son poulain libanais le Hezbollah, dans son conflit avec Israël,
 Stratégiquement : couper les voies de ravitaillement du Hezbollah en neutralisant le territoire turc, qui était devenu depuis la mainmise américaine sur l’Irak et la mise à l’index de la Syrie, un des lieux de transit du matériel iranien vers le Liban, d’une part. S’assurer la contribution de la Turquie dans une éventuelle confrontation entre Les Etats-Unis et Israël avec L’Iran, à propos du dossier nucléaire iranien, d’autre part.
L’Amérique dispose en Turquie d’une importante base militaire à Incerlik, qui fut un des points de départ des bombardements américains sur l’Irak, lors de la première guerre du Golfe (1990 1991).
L’émergence diplomatique de la Turquie résulte du constat de la dislocation du monde arabe consécutive à la 6ème guerre israélo-arabe, (guerre Hezbollah-Israël/juillet 2006), marquée notamment par le désaveu des grands pays sunnites arabes à l’égard de "l’aventurisme" de la guérilla chiite libanaise.
Mais la sollicitation de la Turquie constitue toutefois pour la diplomatie occidentale un paradoxe qui masque mal son désarroi devant les revers militaires israéliens face au Hezbollah libanais et un "casse-tête" diplomatique pour les chancelleries occidentales confrontées au problème de l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne et aux réticences de l’opinion européenne à cet égard.
La Turquie a posé sa candidature à l’Union européenne dès 1987 et sa demande est maintenue en suspens depuis lors, soit depuis près de vingt ans.
Puissance militaire et château d’eau du Moyen-orient, au point de confluence de deux continents, l’Europe et l’Asie, la Turquie, par sa candidature à l’Union européenne, constitue une parfaite illustration des contradictions internes de l’opinion occidentale, tiraillée, d’une part, entre sa crainte d’un débordement musulman sur l’Europe et, d’autre part, son souci de préserver son partenariat stratégique avec un État qui fut, pendant un demi-siècle, le bouclier de l’Occident sur son flanc méridional, au paroxysme de la guerre froide soviéto-américaine (1945-2000).
Sa candidature est subordonnée à la satisfaction de conditions politiques et économiques notamment une plus grande démocratisation de la vie publique, une plus grande souplesse dans la gestion du problème kurde, ainsi qu’un assainissement de ses finances publiques, ainsi que la reconnaissance du "génocide arménien".
Le parti arménien Tachnak, qui passe généralement pour être le porte-parole de la communauté arménienne du Liban, s’est d’ailleurs opposé à une participation turque à la Finul, invoquant le passé génocidaire de la Turquie. En six ans, de 1984 à l’an 2 000, près de trente mille (30.000) autonomistes kurdes ont été tués, deux millions de personnes déplacées et 3.000 (trois mille) villages détruits du fait dune politique d’assimilation musclée de l’armée à l’égard des Kurdes.
Quant au plan économique, la situation n’est guère plus brillante : la Turquie jongle avec une inflation moyenne de 50 pour cent depuis 20 ans, l’un des taux les plus forts d’Europe, un endettement extérieur de 120 milliards dollars, et surtout, une corruption représentant 15 pour cent de la valeur des contrats publics.
Ces problèmes, graves, pris individuellement ou collectivement, auraient justifié partout ailleurs une campagne médiatique de dénonciation. Ils ont été longtemps passés quasiment sous silence par la presse occidentale en raison de l’alliance privilégiée conclue entre la Turquie et Israël, sous l’égide des Etats-Unis.
Jusqu’en 1999, la Turquie, en effet, a été le troisième pays bénéficiaire de l’aide militaire américaine après Israël et l’Egypte. Rien qu’en 1997 l’aide américaine à la Turquie en guerre contre les autonomistes kurdes a dépassé celle que ce pays a obtenue pendant la totalité de la période de la guerre froide (1950-1989).
Véritable « porte-avions » américains en Méditerranée orientale, la Turquie, en retour, a loyalement servi l’Occident, y compris la France, allant même jusqu’à se prononcer contre l’indépendance de l’Algérie, déniant, contre toute évidence, au combat des nationalistes algériens, le caractère de guerre de libération, allant même jusqu’à mettre à disposition de l’aviation israélienne ses bases militaires et son espace aérien pour l’entraînement de ses chasseurs-bombardiers en opération contre le monde arabe.
La Turquie a toutefois annulé en Août 2006 un contrat de cinq cents millions de dollars avec Israël visant à la modernisation de son aviation militaire en signe de protestation contre les violations du droit humanitaire international par Israël au Liban.
Jamais aucune puissance militaire musulmane n’avait été aussi loin dans sa collaboration avec l’Occident. Au point que Washington et ses relais médiatiques dans les pays occidentaux avaient célébré le partenariat entre la Turquie et l’Etat hébreu, conclu en 1993, comme « un partenariat des grandes démocraties du Moyen-Orient », sans s’offusquer nullement dune alliance contre-nature conclue entre le premier Etat « génocideur » du XX me siècle (génocide arménien toujours nié par la Turquie) et les rescapés du génocide hitlérien.
L’objectif primait alors toute autre considération morale : le verrouillage du monde arabe, par effet de tenaille, mené par l’ancien colonisateur ottoman des Arabes et l’État d’Israël, perçu dans l’ensemble arabe comme "l’usurpateur de la Palestine". Son rôle pivot au sein de l’Alliance atlantique justifiait, pour Ankara, tous les abus, et pour la presse occidentale, toutes les indulgences.
La donne s’est quelque peu modifiée depuis la guerre d’Irak, en mars 2003, et le bellicisme du premier ministre Ariel Sharon et les assassinats extrajudiciaires des figures historiques du combat national palestinien Cheikh Ahmed Yassine et Abdelaziz Al Rantissi, les chefs successifs du mouvement Hamas.
Ankara a depuis lors pris ses distances à l’égard de Washington dans son aventure irakienne, accordant la priorité au combat contre l’irrédentisme manifesté par les nouveaux partenaires de l’Amérique, les Kurdes irakiens, entraînant, par un effet de balancier, un relatif rapprochement entre la Syrie et la Turquie.
Tant vantée jusqu alors, la Turquie se découvre pour l’opinion européenne non plus comme cet État laïc au gouvernement teinté d’islamisme modéré ayant vocation à servir de trait d’union entre l’Islam et l’Occident, mais comme un vaste réservoir de 70 millions de musulmans dont l’entrée en Europe risquerait de dénaturer l’essence judéo-chrétienne de la civilisation européenne.
Une image de croquemitaine, quand bien même toutes les grandes réformes ont été initiées par un islamiste modéré, le Premier ministre Recip Tayyeb Erdogan, aussi bien l’abolition de la peine de mort, que le développement d’un autonomie culturelle dans les zones kurdophones de Turquie.
Dans cette perspective, l’admission de la Turquie au sein de l’Union européenne constituerait un test grandeur nature de la compatibilité de l’Islam et de la démocratie et d’un pluralisme culturel au sein dune civilisation mondialisée. Son rejet marquerait, peu ou prou, le cloisonnement de l’Europe et une cassure durable entre Islam et Occident, soutiennent les partisans d’Ankara.
Se nourrissant de l’islamophobie ambiante dans laquelle baigne l’opinion européenne depuis les attentats anti-américains de septembre 2001, Valéry Giscard d’Estaing, l’ancien Président de la République française et père du projet de nouvelle constitution européenne, a, le premier, agité la crainte d’une dilution européenne, suivi, en France, par le chef du parti majoritaire Nicolas Sarkozy, l’ancien Premier ministre gaulliste Alain Juppé et le dirigeant souverainiste Philippe de Villiers, ainsi qu’en Allemagne par Mme Angela Merkel, Chancelière et présidente de la CDU, le parti démocrate-chrétien.
Il est vrai que l’admission de la Turquie (70 millions de personnes), puis plus tard de l’Albanie (5 millions), surajoutées aux 12 millions de musulmans déjà présents en Europe, porterait le nombre des musulmans en Europe à 90 millions, soit 15 pour cent de la totalité de la population de l’ensemble européen.
Mais ces cinq personnalités européennes (Nicolas Sarkozy, Valery Giscard d’Estaing, Alain Juppé, Philippe de Villiers et Angela Merkel), oublient, ou feignent doublier, que la Turquie, 2ème force militaire de l’Otan, avec une armée de 750 000 hommes absorbant 10% du budget annuel de l’État, a longtemps constitué le bouclier méridional de l’Occident sur le flanc sud du bloc soviétique et que l’encadrement politique, religieux et culturel des deux millions de musulmans turcs d’Europe, dont 200 000 (deux cent mille en France), est assuré par un office religieux relevant du ministère turc des Affaires étrangères.
Crée en 1984, ce dispositif a été mis en place en accord avec les autorités allemandes. L’office, « Diyanet Isleri Baskanligi », a la haute main sur la formation et la nomination des imams turcs affectés aux huit cents lieux de culte musulmans en Allemagne.
Contre toute attente, les dirigeants de l’UMP se sont ainsi dressés contre l’admission de la Turquie, prenant par là même à contrepied le président français en exercice à l’époque, issu des mêmes rangs politiques, Jacques Chirac, favorable à la candidature turque.
S’agissait-il d’un partage des rôles pour des raisons électorales comme la presse française a paru le suggérer ? Face à la surenchère nationaliste des représentants de la droite radicale —Jean Marie Le Pen, chef du front National et Philippe de Villiers, Président du Mouvement pour la France—, Les dirigeants de l’UMP, notamment son président Nicolas Sarkozy, redoutaient en effet qu’une conjonction des voix de l’extrême-droite et de la droite française, n’inflige un revers supplémentaire au parti gaulliste, qui fragiliserait davantage le président Jacques Chirac et sa campagne présidentielles de 2007.
En somme, les Européens veulent bien de la Turquie pour leur défense, mais non pour une cohabitation. Plus crûment, ils seraient enclins à dire « oui à la Turquie en tant que force supplétive de l’Occident, mais, non en tant que membre de sa famille ».
À la Turquie, et au delà , aux pays arabes si soucieux de respectabilité à tout prix occidentale, d’en tirer les conséquences.
Les enjeux géopolitiques de l’élargissement européen
Au-delà de la conjoncture électorale, l’élargissement de l’Union européenne marquerait incontestablement la revanche de l’Europe sur l’accord soviéto-américain de Yalta et consacrerait, au terme d’une coupure d’un demi-siècle, la réunification d’un continent, jadis au 1er rang du monde au début du XX me siècle, désormais relégué au 3ème rang des continents du fait de deux guerres mondiales dont il a été l’initiateur.
Avec une population de 450 millions d’habitants, l’espace européen doté dune monnaie unique ambitionne de devenir la première zone économique du monde. Mais c’est sans compter sur les ambitions contraires de l’Amérique. Fortement présente en Albanie depuis la guerre du Kosovo, 1999, alliée de la Turquie, l’Amérique s’est ainsi assurée dans sa zone d’influence les deux seuls pays musulmans d’Europe, une position qui la met en mesure, par un jeu de levier, de peser sur le jeu européen.
Cela d’autant plus facilement que l’inclusion des dix nouveaux membres européens dans le dispositif militaire de l’Otan devrait entraîner un déplacement du centre de gravité de l’Alliance atlantique vers le sud-est européen, et, du fait des réticences allemandes lors de la guerre contre l’Irak, provoquer un redéploiement vers la Bulgarie et la Roumanie des effectifs Américains jusque là stationnés en Allemagne.
Les conséquences pour le monde arabe
L’extension de la zone Otan et de la zone Euroland à proximité des frontières orientales du monde arabe devrait retentir comme un avertissement et inciter les pays arabes à prendre exemple sur les Européens en vue de surmonter des divisions bien moins importantes que ne le furent les rivalités entre l’Allemagne et la France, à l’origine des deux guerres mondiales du XX me siècle et de la relégation consécutive du continent européen au classement mondial des nations.
L’Europe, 3ème puissance économique du monde et son prolongement stratégique sur le flanc sud, la rive musulmane de la Méditerranée, représentent un marché potentiel de 700 millions de consommateurs, à l’intersection de trois continents (Europe-Asie-Afrique).
Au delà des clivages religieux, le fait est qu’entre la Turquie, l’Iran et la Ligue arabe se présente une forte convergence d’intérêt dans cette phase de recomposition régionale.
Zone de transition entre l’Asie et l’Europe, dont il constitue l’arrière-plan stratégique, au point de confluence des grandes voies de communication internationales, sur la route du pétrole, le monde arabe, coeur historique du monde musulman, borde le flanc méridional de l’Union européenne sur une façade maritime de 12 000 km de la Mauritanie, via Gibraltar (Maroc) à Lattaquieh (Syrie).
Vaste réservoir humain, il demeure malgré sa fragmentation actuelle et la multiplication des bases américaines sur son sol, une zone stratégique de première importance. Par les combats en Irak et en Palestine, ainsi qu’au Liban, le principal point de confrontation à l’hégémonie américaine.
De son côté, La Turquie, un des pays les plus peuplés d’Europe et le plus pauvre, sera inéluctablement un fardeau financier pour l’Union européenne, fardeau plus important que les 10 nouveaux membres admis le 1er mai 2004 au sein de l’Union.
L’émergence d’un pouvoir chiite en Irak dans la continuité territoriale de l’Iran chiite constituerait un scénario cauchemardesque pour la Turquie, qui verrait son leadership régional sérieusement mis à mal et sa position géostratégique dévalorisée.
Dans cette perspective, la constitution d’un ensemble homogène agrégeant la Ligue arabe aux anciens maîtres de l’axe continental de la route des Indes, (Turquie, Iran) créerait une instance géopolitique intermédiaire de 250 millions de personnes, à l’effet de faire la jonction entre l’ensemble européen, la Russie et l’immensité asiatique représentée par l’Inde et la Chine.
Un ensemble en mesure d’instaurer d’un partenariat global entre les deux rives de la Méditerranée, et, sous-tendre, face à l’hégémonie anglo-saxonne, un objectif plus politique : l’affirmation dune latinité méditerranéenne ayant vocation à servir de passerelle entre l’Islam et l’Occident et de module stabilisateur au sein du voisinage immédiat, en vue de dépasser le clivage islamo-chrétien.
Plaident en faveur de ce partenariat trans-méditerranéen, les bouleversements majeurs qui vont modifier les données stratégiques de la zone :
 Démographiquement : dans un renversement de tendances sans précédent de l’histoire, la rive sud de la Méditerranée est en passe d’enregistrer un surplus démographique par rapport au nord européen. Dans une génération, vers l’an 2025, la population de quatre États européens membres de l’Union européenne (France, Italie, Espagne, Portugal) aura à peine augmenté- 170 millions alors que celle des autres pays du pourtour se sera accrue de 70 pour cent et avoisinera les 400 millions, induisant une nouvelle pesanteur sur l’écologie politique et économique du Bassin méditerranéen
 Religieusement, l’Islam, fait aussi sans précédent dans l’histoire, se hisse au premier rang des religions par le nombre de ses fidèles (1,5 milliards de croyants en l’an 2000 contre 1,2 milliards de catholiques).Une promotion qui se double d’une implantation durable et permanente de l’Islam dans l’espace occidental et par une montée en puissance en Europe de la 3ème génération issue de l’immigration.
Apportant sa caution militaire et diplomatique aux États-Unis, sous estimant sa capacité d’influence, l’Europe, (sauf la parenthèse franco-allemande de la guerre d’Irak), apparaît au regard de la communauté internationale comme l’appendice de l’Amérique. Au point que se pose dans toute sa brutalité la question de savoir si l’Europe a abdiqué son indépendance pour se résoudre au rôle de promontoire outre-Atlantique de l’Amérique, ou alors, renouant avec sa vocation ancienne de foyer de civilisation, elle développera sa propre autonomie face aux États-Unis pour en faire une "île au large des rives de l’Eurasie", pour reprendre l’expression du géographe Michel Foucher.
Quant aux Arabes, les déboires européens de la Turquie, de même que les combats de Falloujah et de Najaf, en Irak, de Jénine et de Gaza, en Palestine, de Bint Jbeil, Khiam et Aytaroune, au sud-Liban, le prouvent : la quête permanente d’une protection occidentale ne saurait tenir lieu de politique. Le Koweït, Bahreïn, la Jordanie et l’Egypte, récents titulaires d’un label « allié majeur hors Otan », et au-delà , l’ensemble des dirigeants arabes doivent y prendre garde : une caution américaine ou un satisfecit européen ne sauraient suffire. Ils ne valent jamais en tout cas quitus de leurs peuples.
L’histoire récente l’enseigne : hors de l’unité, point de salut, et faute d’unité, plus dure sera la chute.
Commentaires
salam ahlikoum,
C’est l’islam qui pose problème aux européens, et non la situation du pays qui est stratégiquement bonne.
Le nombre de musulmans ne cesse d’augmenter en Europe, non par l’afflut d’immigrer mais par le nombre de conversions. Si vous ajoutez la Turquie, la visibilité au parlement européen sera nette !!
salam ahlikoum
Le refus d’intégrer la Turquie à l’union européenne relève plus de considérations religieuses que politique ou géographique.
Un texte de haute tenue intellectuelle. Lire René Naba est un immense plaisir. Merci pour vos analyses enrichissantes.
La Turquie se trouve en Asie mineure et non en Europe. La stabilité de l’Europe dépend de sa capacité à intégrer uniquement des pays qui sont situés géographiquement en Europe.
Je suis tout à fait d’accord avec cette brillante démonstration de géo-politique.
Je suis en accord total avec ce passage :
"Au delà de l’objectif affiché, l’implication de la Turquie dans le problème libanais répond à deux considérations majeures :
Diplomatiquement : servir de contrepoint à l’influence grandissante de l’Iran chiite galvanisée par le succès de son poulain libanais le Hezbollah, dans son conflit avec Israël,
Stratégiquement : couper les voies de ravitaillement du Hezbollah en neutralisant le territoire turc, qui était devenu depuis la mainmise américaine sur l’Irak et la mise à l’index de la Syrie, un des lieux de transit du matériel iranien vers le Liban, d’une part. S’assurer la contribution de la Turquie dans une éventuelle confrontation entre Les Etats-Unis et Israël avec L’Iran, à propos du dossier nucléaire iranien, d’autre part."
Je crains fort en raison d’un fort climat islamophobe en France et en Europe que la Turquie ne soit pas intégrée dans l’union avant des décennies.
Je suis a fond pour l’entrée de la Turquie en Europe, la Turqui est un grand pays, avec une économie dynamique, un pays laïc ouvert sur l’occident. Oui la Turquie mérite l’Europe.
Pourquoi la Turquie veut intégrer l’Europe ; quel intérêt ?
Les opposés à son intégration prétextent en ordre dispersés trois facteurs : Islam, géographie, Otan.
Le Président élu prône un partenariat, son seul intérêt est le marché que cela représente pour l’exportation française, sans doute les 70 millions de consommateurs turcs ?
Il est étrange que personne ne remarque que, géographiquement, Chypre est une île méditerranéenne du Proche-Orient et n’est donc pas plus "européenne" que la Turquie.
si la turquie n est pas en europe alors pourquoi chypre qui est plus au sud et plus a l est serait europeen
de plus je me marre bien j aurais bien aime voir la reaction du dictateur kemal pacha son pays qu il voulait europeen est meprise par l europe
il est bien dommage que les generaux turcs ne defendent pas la lutte contre la corruption avec la meme componction que la laicite
les media les presentent comme de bons defenseurs de la laicite alors que ce sont des putschistes ils ne respectent pas le choix du peuple turc
par haine de l islam
en voulant moderniser son pays a l europeenne kemal pacha n a pas agi comme un europeen mais comme le despote oriental qu il etait
malgre cela heureux celui qui se dit turc
A mon avis, compte tenu d’une islamophobie croissante, le déroulement des événements anticipe la nécessité de prévoir le point focal inéluctable, sur l’échelle des temps, comme réaction nécessaire à programmer rapidement, d’une aire géographico-économico-culturelle, spécifique au monde arabo-musulman afin de protéger ses intérêts économiques et ses sociétés, menacées de marginalisation, tant et si bien qu’il n’y a pas de meilleure voie que celle de la devise universelle : "L’union fait la force" et qu’on ne peut compter que sur soi-même avec les temps qui courent.
La Turquie ne devrait pas etre admise dans l’UE pour la simple raison que ce n’est pas une democratie. A ce que je sache, dans aucun pays de l’UE actuelle c’est l’armee qui decide de qui peut se presenter ou pas a l’election presidentielle ou aux legislatives. Dans aucun pays de l’UE actuelle, une minorite ethnique n’est soumise a la repression (elimination, torture, abrogation des droits, etc.) comme c’est le cas pour les Kurdes de Turquie.
Ensuite pour etre dans l’Europe il faut y etre situe geographiquement parlant. Hormis Istanbul, le reste du pays est bel et bien "l’Asie mineure". Pourquoi pas integrer alors le Maghreb ou Israel ? Regions et pays avec lesquels l’UE entretient plus de liens.
Quant a la question de l’islamophobie comme facteur clef du refus d’admission de la Turquie, cela releve de la demagogie pure ou de la betise. Pourquoi une Europe qui tend en effet a s’herisser devant la presence et la visibilite des musulmans en son sein, s’offusquerait-elle de l’entree d’un pays fonde justement sur la haine de l’Islam ? Tout dans les institutions turques est contre l’Islam. Le pays ouvre ses bases aeriennes aux Etats-Unis pour bombarder l’Irak. Le pays organise regulierement des manoeuvres militaires avec Israel. La gloire meme devouee a Mustapha Kemal releve de l’idolatrie. Que demander de plus comme signe d’intransigeance d’avec la sphere musulmane ?
Je suis musulman mais contre l’entrée de la turquie en Europe pour l’instant. Ca viendra peut-être plus tard incha allah mais là , c’est trop tôt, car on doit digérer déjà les nouveaux pays et c’est pas du tout facile. Ca sert à rien d’intégrer la Turquie si c’est pour que l’Union Européenne disparaisse ensuite ! Il ne faut pas brusquer les peuples :la Turquie et l’Europe sont destinés à vivre encore des siècles, on a tout notre temps pour que les mentalités évoluent. Le probleme actuel des européens avec l’islam n’est pas du tout le seul en cause.
C’est évident que les kurdes par exemple, tout l’est de la turquie, ne fait pas partie de l’europe, donc c’est normal de ne pas se précipiter....Ce n’est pas du tout qu’une question de religion, c’est le même problème avec la Russie par exemple.
Les pays musulmans devraient s’unir,coopérer,faire davantage de commerce ensemble,créer des politiques communes,se fortifier.Il ne sert à rien de pleurnicher ou de quémander une place au sein d’un club qui se veut exclusivement chrétien.
Cet exposé est très enrichissant en raison de sa globalité. Dommage qu’il ait négligé l’Amérique latine ! Il aurait complété notre vue générale à travers le monde. Mais la position des différents pays tous à l’affût et craignant en même temps l’avenir, ne réjouit pas les coeurs. L’europe irrésolue vis-vis de la turquie qui quémande son entrée. L’Amérique encore habitée encore par la crainte de la guerre froide, continue de recruter les uns pour les monter contre les autres du même camp. La Chine et l’Inde dévisagées avec méfiance par les grands qui ne captent pas encore les surprises que réservent ces deux pays dans l’expectative. Les pays arabes, divisés, ne savent pas à quel saint se vouer. L’europe face à l’Amérique, amis ou antagonistes. Les deux à la fois ! Terrain d’influence qu’est la planète comparée à un cadavre sur laquelle se précipitent tous les pays tels des vautours, chacun se hatant de tirer un avantage. Pourquoi tant de peur et de méfiance. On dirait un monde de fous. Dommage, j’ai oublié le nom d’un écrivain français qui a dit : j’ai constaté que le malheur des hommes vient d’une seule chose, celle de ne pas savoir rester assis dans une seule chambre.
La politique occidentale actuelle semble de moins en moins raisonnable.Le chaos irakien,afghan,le silence sur les violations de l’état hébreu,la guerre floue contre le "terrorisme",la diabolisaion de l’ennemi,la focalisation sur l’Iran,pays qui n’a jamais agressé un autre,surmédiatisation du futur nucléaire iranien,silence absolu sur le nucléaire israélien,etc...Tous ces éléments indiquent que l’occident renoue avec sa mentalité coloniale.En face ça crée des résistances car les pays du sud ont l’impression que l’histoire est en train de se répéter.
"L’argument est partiellement vrai dans la mesure où une portion du territoire turc est située en Europe. Un tel argument géographique n’avait pas fait obstacle à l’inclusion de la Turquie dans l’Otan le pacte militaire des les pays occidentaux riverains de l’Atlantique nord, un ocan avec lequel la Turquie n’a le moindre rapport."
L’OTAN voulait prendre assise sur tous les Etats hotiles au bloc communiste et situées entre l’Atlantique et le bloc communiste (qui se rassemblera sous le pacte de Varsovie).
Si d’autres pays d’envergure comme l’Egypte n’ont pas intégré l’Otan c’est que beaucoup d’entre eux étaient des protectorats ou des colonies liées au grande puissance de l’Otan donc bénéficiait de fait de la protection militaire de l’organisation. Par la suite, plusieurs de ces Etats se sont sentis des atomes
crochus avec le bloc communiste (Egypte Algérie) et là pas question de les faire intégrer l’otan. Ces Etats ont désormais un statut de partenariat avec l’Otan.
Par ailleurs, l’Otan n’a aucune considération pour la géographie, c’est une organisation politico militaire qui
répond à une volonté d’encerclement (containment) du bloc communiste et qui se base sur une idéologie libérale face à un autre bloc à idéologie communiste : il n’est en aucun cas question de géographie, d’histoire, d’ethnie, de religion.
Si la Turquie a formulé officiellement sa demande d’adhésion en l’UE en 1987, il convient de rappeler que cela fait encore plus longtemps qu’elle frappe à la porte de l’Europe. Elle a fait part de son souhait de rentrer dans le Marché Commun dès 1959, 18 mois seulement après la signature du Traité de Rome.
Mais la date la plus importante est 1963, puisqu’à cette date, la communauté européenne reconnaît la vocation de la Turquie à intégrer le marché commun.
La messe est dite : pas de question de géographie, pas de question de religion, on reconnaît dès lors la Turquie comme faisant partie de l’Europe. Elle pourra intégrer la communauté si elle s’emploie à mettre en place un certain nombre de réforme. A cette époque, la Turquie des Généraux n’est pas pire que la Grèce des Colonels ou l’Espagne de Franco.
L’acceptation de la Turquie comme faisant partie de l’Europe est à mon avis historiquement et géographiquement discutable. La Turquie, c’est l’Orient. L’Orient et l’Occident ont fait des percées importantes dans le camp d’en face sans que l’occident ne devienne Orient et l’Orient Occident. Mais Mustapha Kémal a par sa volonté voulu changer les choses. Il a décrété que son pays appartenait à l’Occident. Et tous les dirigeants par la suite ont suivi cette ligne. Le pays est-il devenu européen pour autant ?
Je ne peux m’empêcher de penser à une citation faite par Olivier Roy, dans La nouvelle Asie centrale, il citait un penseur kirghize (turcophone) qui reprochait aux Turcs de profiter du délitement de l’URSS pour reprendre pied dans la région arguant de leur origine commune. "Vous êtes partis d’ici, à cheval avec les yeux bridés, vous revenez avec vos avions et vos yeux bleus". Je cite de mémoire une phrase lue il y a une dizaine d’années, mais qui m’a beaucoup marquée (désolée pour l’imprécision). Mais l’esprit est là et je crois qu’elle révèle effectivement beaucoup de choses.
Ce qui m’inquiète dans l’entrée de la Turquie en Europe, c’est plutôt ses liens très étroits avec les USA, n’a-t-on pas assez du cheval de Troie britannique ? Ne voit on pas l’opportunisme des nouveaux entrants comme la Pologne, qui bien qu’entrée dans l’Europe continue à privilégier ses relations avec l’Amérique ?
Dernier point, la Turquie ne doit pas rentrer dans l’Europe dans l’immédiat, non pas parce qu’elle n’est pas prête mais parce que l’Europe n’est pas prête. L’élargissement aux pays de l’Est avec les insitutions actuelles est déjà une erreur.
Il faut réformer les insitutions et savoir quelle Europe on veut... Une Europe politique est-elle réaliste ? Absolument pas, alors qu’on arrête de courrir après des chimères et qu’on se consacre sur ce qui marche : l’Europe comme acteur économique. L’Europe a un certain nombre de questions existentielles auxquelles elle doit répondre avant de s’élargir de nouveau. Tout nouvel élargissement dans les conditions actuelles seraient suicidaires.
l’interet pour la turquie de rentrer dans l’union europeene,sont les fond ke l’europe donnera a ce pays pour la developer.
cependant la turquie ce develope a une telle vitesse(2 ieme croissance economiques juste apres la chine) qu’elle n’aura plus besoin de l’europe dans peu de temps.
pkoi l’europe ne veut t’il pas de la turquie,parce que elle a peur,tout simplement.
la turquie avec c 70 millions d’habitant rentre en 2 ieme position au parlement europeen,et avec sa population croissante,elle gagnera la pole position en trait peu de temps.
m nicolas sarkozy,ose pretende ke la turquie ne fait pas partit de l’europe,allon m le president,la turquie pendant des siecles a influancer l’europe.
n’oublion pas que ces frontiere s’etendait jusqu’au porte de vienne(vienne ki est la capitale de l’autriche),contrairement a chypre ki est par sa geographie et sa culture partit de l’asie.
La turquie est une pièce maîtresse de l’ensemble géopolitique du moyen-orient. Son destin est de faire partie du noyau de l’Union du moyen-orient avec les 2 autres grands que sont Israel et l’Iran. Croyez-vous suréaliste de voire un jour les peuples turcs, arméniens, kurdes, persans, arabes, araméens, hébreux, turkmènes, azéris, ... de tous courant de pensée, chrétien, juif, chiite, sunnite, athé ... abattrent les frontières qui les séparent pour fonder une grande entité où ils pourront vivre enfin en paix et prospérité ? C’est pourtant bien ce qui se passe plus à l’ouest. Il y 100 ans personne n’aurait cru que les français et les allemands y arrivent ! Cela se fera j’en suis sûr, et a ce moment là le sectarisme ambiant, dont cet article offre une bonne illustration, sera considéré comme fesant partie d’une autre époque...