L’Islam peut-il s’adapter à la société française ?

L’Islam, à travers le message coranique et la prophétie de Mohammed (qu’Allah le salut et le bénisse),

mardi 27 janvier 2004

L’Islam, à travers le message coranique et la prophétie de Mohammed (qu’Allah le salut et le bénisse), est un mode de vie qui a une portée universelle. En effet, il permet aux musulmans partout dans le monde, quel que soit le type de société, de vivre leur Islam sans que cela ne soit une gêne pour eux ou pour leurs compatriotes non-musulmans. L’universalité de l’Islam enjoint alors le musulman à rechercher des moyens d’intégration lui permettant de vivre sa religion tout en tenant compte du contexte. Il n’est pas donc pas tenu d’importer dans son cadre de vie un modèle islamique particulier.

Le Coran s’inscrit dans la continuité par rapport aux révélations précédentes que sont la Torah ou l’Evangile. L’Islam ne se présente donc pas comme la négation des autres religions monothéistes. Le Prophète Mohammed (SBSL) a bien exprimé cette idée en disant (SBSL) : " Je n’ai été envoyé que pour parfaire et parachever la noblesse de caractère." C’est dans ce cadre que l’Islam ordonne aux musulmans de croire en tous les prophètes de Dieu. On peut ainsi lire dans le Saint Coran : Le messager a cru en ce qu’on a fait descendre vers lui venant de son Seigneur et aussi les croyants, tous ont cru en Allah, en Ses anges, à Ses livres et en Ses messagers, en disant : " Nous ne faisons aucune distinction entre Ses messagers. " ; et ils ont dit : " Nous avons entendu et obéi. Seigneur, nous implorons Ton pardon. C’est à Toi que sera le retour". "

De plus, l’Islam a donné un statut particulier aux gens du Livre (juifs et chrétiens) et il a invité les musulmans à dialoguer avec eux de la meilleure manière qui soit. C’est ce qui ressort des versets suivants :

Dis : " ô gens du livre, venez vers une parole commune entre nous et vous que nous n’adorions qu’Allah, sans rien Lui associer et que nous ne prenions point les uns les autres pour seigneurs en dehors d’Allah". Puis s’ils tournent le dos, dites : " Soyez témoins que nous, nous sommes soumis. " ",

Et ne discutez que de la meilleure façon avec les gens du Livre sauf ceux d’entre eux qui sont injustes. Et dites : " Nous croyons en ce qu’on a fait descendre vers nous ?, tandis que notre Dieu et votre Dieu est le même et c’est à Lui que nous nous soumettons. "

La religion musulmane ne respecte pas seulement les gens du Livre, elle respecte l’humanité entière.

La liberté de conscience fait partie de ses fondements, cela est clairement précisé dans le Coran où Allah, exalté soit-Il, dit : Nulle contrainte en religion ! Car le bon chemin s’est distingué de l’égarement. Donc, quiconque mécroit au rebelle tandis qu’il croit en Allah saisit l’anse la plus solide, qui ne peut se briser. Et Allah est Audient et Omniscient. "

Il dit aussi Et dis : " La vérité émane de votre Seigneur. Quiconque le veut, qu’il croit et quiconque le veut qu’il mécroit.""

Ces paroles divines donnent à l’Homme le droit à la différence religieuse et la liberté de ne pas croire.

L’Islam se caractérise donc par sa tolérance et par son respect de l’Homme dans sa diversité.

Cela permet à cette religion de trouver sa place dans un grand nombre de cultures et de sociétés. La pluriculturalité n’est pas un problème pour ce mode de vie qui se veut universel.

Bien que la culture musulmane implique le respect d’autrui, certaines personnes s’attachent à nous faire croire que l’Islam est une religion dangereuse qui va à l’encontre des droits de l’Homme. C’est malheureusement ce type de préjugés qui resurgisse en France et qui tente d’opposer l’Islam à la laïcité à la française.

Alors que les musulmans vivant dans ce pays en tant que citoyens à part entière ne doutent pas du caractère laïque qu’ils ont adopté auquel ils se sont adaptés et dans lequel certains d’entre eux ont baigné depuis leur enfance.

Ce type d’approche souligne une méconnaissance du fait musulman. On se demande toujours pourquoi les enseignements concernant l’Histoire de France ne mentionnent que très peu, pour ainsi dire jamais, l’apport de la civilisation musulmane à l’Europe tout entière. En effet, la présence de l’Islam en Occident remonte au VIIIe siècle (711), elle s’est achevée politiquement en 1492 après la chute de Grenade. En 929 le Khalifat Omeyyade de Cordoue s’est distingué comme un Etat musulman d’Occident face au Khalifat Abasside d’Orient. L’Espagne musulmane (Andalousie) a fait connaître à l’Europe une émergence culturelle, civilisationnelle et socio-économique. D’éminents savants d’Andalousie comme Ibn Ruchd (Avérroes), Ibn Madjah (Avenpace) et d’autres ont fait redécouvrir à l’Occident ses origines gréco-romaines en particulier à travers la philosophie. L’Europe et l’Islam ont cohabité pendant près de huit siècles et on voudrait nous faire croire que l’Islam est dangereux.

L’Islam en tant que religion et mode de vie ne prétend pas être une nouveauté, c’est plutôt une réforme et une revivification, notamment du Judaïsme et du Christianisme. Le Coran confirme les messages antérieurs et Muhammad (SBSL) est le sceau des prophètes.

La culture Islamique a la capacité d’assimiler et de s’adapter aux contextes, aux normes et aux mentalités. La religion musulmane est une foi sincère avec des convictions fortes au sujet d’un Dieu unique Allah, Sa bonté, Sa protection, Son indulgence et Ses châtiments. Elle évoque également la responsabilité de l’Homme sur terre, l’invitation aux actes louables et l’interdiction de ce qui est blâmable. Elle souligne le droit des femmes, des enfants, des personnes âgées, des malades, des pauvres et même des morts. Elle exhorte tout musulman à se comporter noblement, à prier, à être patient et à espérer l’amour et l’agrément de Dieu et de Sa créature. Elle reconnaît une loi morale universelle : ne pas tuer, ne pas voler, ne pas forniquer, ni commettre l’adultère, ne pas déshonorer ses semblables, ne pas violer les droits d’autrui, ne pas faire de faux témoignage etc… Elle réglemente les trois sortes de relations que doit avoir tout musulman :

  • Sa relation vis-à-vis de Dieu

  • Sa relation vis-à-vis de lui-même

  • Sa relation vis-à-vis d’autrui.

  • Malheureusement, nous assistons depuis peu à une stigmatisation de cette religion et de ses pratiquants. Les médias nous présentent cette religion comme une religion de " fous " ou d’" aliénés ". La France est un Etat laïque nous dit-on. Alors pourquoi cette ingérence vis-à-vis de l’Islam et pourquoi cette différence de traitement et de considération.

    Parmi les musulmans de France, on trouve des gens qui viennent d’ailleurs mais qui ont passé la plus grande partie de leur vie dans ce pays. Ils y ont travaillé, fondé une famille, élevé leurs enfants et vont y finir leurs jours. Ils ont toujours été respectueux de la société française en sachant arder intact leur héritage et leur patrimoine culturel et cultuel. On trouve également des personnes nées en France, qui ne connaissent que la société française et ses principes. On les considèrent souvent comme des étrangers alors qu’ils n’ont comme patrie que la France. On les renvoie toujours à l’origine de leurs parents, comme s’il s’agissait de nier leur francité. Mais cela ne les empêche pas aujourd’hui de revendiquer leur appartenance à cette société française et de vouloir agir sur celle-ci comme tout bon citoyen respectueux des lois et de ses devoirs. Le problème c’est que leur identité est teintée d’Islam et que ce qui les pousse vers leur citoyenneté c’est cette religion que l’on veut voir disparaître. Comment peut-on dire que l’on est citoyen et musulman tout autant ? Certains pensent que cela est incompatible car ils luttent pour que toute référence religieuse disparaisse du champ public. Pourtant ces français musulmans et ces françaises musulmanes apportent la preuve de la réussite de leur intégration en montrant qu’ils ou qu’elles ont pu joindre les deux dimensions de leur identité, l’une nationale et l’autre spirituelle.

    La France semble avoir un rapport problématique avec la religion et avec l’Islam en particulier. Or, la société française est depuis longtemps multiconfessionnelle. L’Etat français d’aujourd’hui se doit donc de rester fidèle à ses principes de neutralité, de justice et d’égalité.

    Pour dénigrer la religion de l’Islam, certains se focalisent sur la question de la femme. Quand ils considèrent une femme musulmane portant un foulard comme " aliénée ", ils veulent tout simplement signifier que la religion de l’Islam est aliénante. Mais que dire alors des nonnes, des sœurs chrétiennes ou des figures emblématiques de la chrétienté qui portent toutes un foulard sur la tête. La question du foulard cache en réalité toute une problématique autour de la visibilité de l’Islam. C’est peut être pour cela que des politiciens vont jusqu’à demander à ce qu’un simple morceau de tissu de trente centimètres soit interdit dans l’espace public. La France connaît à l’heure actuelle une certaine crispation vis-à-vis d’une partie de sa population. Et certains profitent de ce climat pour proférer des insultes à caractère raciste à l’encontre des musulmans et des musulmanes de ce pays. Des intellectuels peuvent se proclamer islamophobes sans que cela ne gêne qui que se soit. Des arabes de " service " se revendiquant musulmans, mais ayant oublié leur dogme et leur spiritualité, prennent comme modèle pour l’Islam de France un pays du Maghreb dont la réputation en matière de droits de l’Homme laisse plus qu’à désirer. Tout cela ne fait qu’instaurer un climat de tension qui empêche la reconnaissance officielle de l’Islam en France. Un Islam de France loin de toute intervention étrangère. Du moins, c’est ce que prétendait vouloir celui qui a participé plus qu’activement à la création d’une instance représentative du culte musulman dans notre pays (C.F.C.M.). Mais l’actualité nous a démontré que ce dernier n’était ni cohérent ni sincère, car après ses vacances au pays des pyramides il a fait un détour à l’Université d’Al-Azhar afin de demander une fatwa, un avis juridique, rendant problématique l’Islam de France. Notre ministre de l’Intérieur chargé par le Président de la République de veiller à la sécurité des citoyens, consulte une instance étrangère au sujet des affaires internes de notre pays. Ce qui choquerait tout citoyens français, c’est de savoir que Monsieur Tantawi n’est qu’un fonctionnaire de l’Etat Egyptien. Nommé par le pouvoir central, Chaykh Al Azhar ne peut maintenir à son égard l’indépendance de sa juridiction. Il ne peut donc pas mettre en péril sa compensation, ses gratifications et ses honoraires dus. Mais où est donc cette neutralité de l’Etat et cette laïcité si sacrée ?!

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