Chekib Arslan ne fut pas seulement « un acteur de la lutte idéologique  » oeuvrant pour l’émancipation idéologico-culturelle des musulmans. A l’heure où les peuples musulmans étaient en proie à la domination occidentale, l’Emir libanais mena une réflexion sur les causes du déclin du monde arabo-islamique depuis plusieurs siècles, dans un célèbre ouvrage intitulé « Pourquoi les musulmans ont-ils reculé alors que les autres ont avancé ? »
Un acteur de la lutte idéologique
L’activité de
Chekib Arslan ne se limitait pas à retisser les liens entre le Maghreb et le
Machrek. Afin de diffuser ses idées, il fonda, à Genève, avec I’hsan al-Jabri,
une revue, en langue française, « La Nation Arabe », qui fut diffusée aux quatre coins du monde arabo-islamique. Cette
revue qui était le principal organe théorique du nationalisme arabe durant
l’entre deux guerres, eut une importance considérable dans la précision des
questions idéologiques au sein des mouvements nationalistes des pays
arabo-islamiques. Elle eut une influence considérable sur les nationalistes des
pays du Maghreb et sur les jeunes maghrébins qui s’éveillaient au problème
politique de leur temps. Ainsi, en Algérie, un futur cadre du mouvement
national algérien, Houari Souiah d’Oran, était un lecteur assidu de « La Nation Arabe »
class=MsoFootnoteReference>
class=MsoFootnoteReference>[1].
Au travers de
cette revue, Chekib Arslan mit en garde les nationalistes arabo-musulmans
contre la gauche occidentale en général et contre les communistes en
particulier, en qui certains, notamment dans le trois pays du Maghreb,
plaçaient encore de nombreux espoirs. Non que l’Emir libanais fût hostile au
mouvement ouvrier européen, puisque, nous dit Mahfoud Kaddache, il appelait Ã
sympathiser « avec un mouvement qui tendait à améliorer la situation
des travailleurs, à faire disparaître, autant que possible, les énormes
différences sociales qui séparaient les riches des pauvres, et à combler les
profonds fossés qui font de la classe aisée une espèce d’aristocratie
financière, privilégiée, aux dépens de la classe nécessiteuse, privée de
bien-être »
class=MsoFootnoteReference>
class=MsoFootnoteReference>[2].
Mais avant beaucoup d’autres, Chekib Arslan avait comprit le caractère
« centripète » de la politique de la gauche européenne qui une fois
au pourvoir, menait certes une politique progressiste à même de satisfaire les
classes laborieuses occidentales, mais qui en matière coloniale se montrait
tout aussi impérialiste que leurs opposants conservateurs ou libéraux.
L’Emir libanais
qui avait fait le voyage de Moscou après la révolution d’octobre 1917, avait
été déçu par les révolutionnaires russes dont la politique n’était pas à même
de satisfaire un homme tout entier dévoué à la cause de la libération du monde
arabo-islamique. En effet, Lénine qui avait pourtant dénoncé l’impérialisme
dans une brochure devenue célèbre
class=MsoFootnoteReference>
class=MsoFootnoteReference>[3],
n’hésitait pas à affirmer, concernant les colonies tsaristes d’Asie Centrale et
du Caucase, que « le droit au divorce ne signifie pas forcément
l’obligation de divorcer »
class=MsoFootnoteReference>
class=MsoFootnoteReference>[4],
entérinant ainsi la domination russe sur des territoires conquis à la
pointe des baïonnettes.
Là , commençait Ã
être posé le problème de la double face de Janus, dieu romain de la guerre et
de la paix, de la gauche occidentale, progressiste et sociale Ã
« l’intérieur », en Occident, et impérialiste Ã
« l’extérieur », c’est-à -dire vis-à -vis des cultures et des peuples
non-occidentaux. Cette politique reposait sur le présupposé implicite d’une
coupure de l’humanité en deux catégories d’hommes : les humains à part
entière, les occidentaux, et les humains « incomplètement humains »,
les « autres ». Ainsi, Chekib Arslan s’attacha à dénoncer, ce que
d’autres appelleront, plus tard, le caractère « social
impérialiste »
class=MsoFootnoteReference>
class=MsoFootnoteReference>[5]
de la politique des bolcheviks russes. Selon lui, les « bolcheviks
russes qui se réclament des principes de Karl Marx et de Lénine, et qui
prétendent ne connaître d’autre patrie que la classe ouvrière, sont de
farouches nationalistes russes. Tous ceux qui s’étaient fait des illusions sur
leur prétendu libéralisme politique se sont trouvés des plus cruellement déçus.
C’est une double dictature que celle de Moscou : dictature sociale du
prolétariat contre l’ancienne bourgeoisie, et la dictature de la nation russe
contre les peuples étrangers que le tsarisme avait subjugués […]. Le
gouvernement soviétique ne cède rien, sur le terrain du nationalisme, au
gouvernement des Romanofs »
class=MsoFootnoteReference>
class=MsoFootnoteReference>[6].
Dans cette perspective, Chekib Arslan chercha à lutter contre l’idée qui
attribuait le réveil national culturel du monde arabo-islamique à la révolution
d’octobre 1917.
Cela
s’inscrivait dans une volonté plus générale d’autonomisation du monde
arabo-islamique sur le plan idéologico culturel ; autonomisation qui
n’était que la face théorique d’une lutte pour la reconquête de la souveraineté
nationale-culturelle de cet espace civilisationnel.
La question fondamentale qui était alors posée fut de savoir : comment
pouvait-on, sur le plan politique, réclamer la libération des pays sous
domination occidentale lorsqu’on restait dépendant au niveau théorique
d’idéologies entièrement pensées en occident à partir des problématiques de
l’occident ?
Dans cette
perspective d’autonomisation idéologico culturelle, Chekib Arslan oeuvra Ã
donner une définition spécifique du nationalisme correspondant aux valeurs
arabo-islamiques. En effet le nationalisme en occident et dans le monde
arabo-islamique relevait de deux logiques différentes. En occident dans des
Etats indépendants le nationalisme a revêtu un caractère expansionniste, ou
celui d’un repli sur soi qui verse parfois dans la xénophobie. Dans le monde arabo-islamique, comme notait Anouar Abdel Malek, le nationalisme
se proposait « pour objectif - par-delà  l’évacuation du
territoire national, l’indépendance et la souveraineté de l’Etat national, le
déracinement en profondeur des positions de l’ex-puissance occupante – la
reconquête du pouvoir de décision dans tous les domaines de la vie nationale,
prélude à cette reconquête de l’identité qui est au cœur de l’œuvre de
renaissance, entreprise à partir des mots d’ordre nationaux fondamentaux, et
sans cesse combattue, par tous les moyens, sur tous les terrains, et notamment
sur le terrain intérieur »
class=MsoFootnoteReference>
class=MsoFootnoteReference>[7].
Ainsi, selon
Mahfoud Kaddache, « l’apport incontestable de La Nation Arabe à la cause du nationalisme arabe a été la précision du concept nationaliste, et
sa différenciation d’avec le nationalisme occidental, et cela au moment où le
fascisme italien affirmait sa puissance et où l’hitlérisme naissait. Pour les
nations musulmanes sous le joug colonial, l’islam était le seul idéal pour
lequel il était permis de combattre ; il était le seul principe qui
pouvait discipliner les masses dans une seule doctrine fondée sur la fraternité
et la justice. Pour les Musulmans, un patriotisme religieux avait remplacé le
sentiment national, les Musulmans se considérant comme appartenant à une seule
Nation »
class=MsoFootnoteReference>
class=MsoFootnoteReference>[8].
Cette
conception du nationalisme arabo-islamique, largement influencée par les idées
de « fraternité islamique » développées par Djamal ed-Din
al-Afghani, était résumée dans une formule simple et claire par Chekib Arslan
lui-même lorsqu’il affirmait : « Je suis musulman avant d’être
arabe parce que l’islam est la religion de l’humanisme. L’humanisme prime sur
le particularisme. Si le nationalisme est une échelle vers cette
religion, je suis le premier à sacrifier ma plume, ma langue, mes biens et mon
sang pour mon arabisme qui n’a jamais cessé de combattre l’injustice et la
tyrannie ; combat qui est l’une des caractéristique de l’Islam »
href="#_ftn9" name="_ftnref9" title="">
style=''>
style=';'>[9].
Â
Les causes de la décadence du monde arabo-islamique
Chekib Arslan ne
fut pas seulement « un acteur de la lutte idéologique »
oeuvrant pour l’émancipation idéologico-culturelle des musulmans. A l’heure où
les peuples musulmans étaient en proie à la domination occidentale, l’Emir
libanais mena une réflexion sur les causes du déclin du monde arabo-islamique
depuis plusieurs siècles, dans un célèbre ouvrage intitulé « Pourquoi
les musulmans ont-ils reculé alors que les autres ont avancé ? »
href="#_ftn10" name="_ftnref10" title="">
style=''>
style=';'>[10].
Pour Chekib
Arslan, comme pour nombre d’acteurs de la Salafiyyah, la question
n’était pas seulement de dénoncer l’impérialisme occidental mais de comprendre
pourquoi le monde arabo-islamique avait décliné depuis plusieurs siècles, ce
qui l’avait transformé en proie facile pour n’importe quel prédateur.
Contrairement à un Lénine qui cherchait à analyser les dynamiques économiques
ayant entraîné le phénomène impérialiste, « le prince de
l’éloquence » recentrait son analyse sur les sociétés dominées, en
l’occurrence les sociétés arabo-islamique, en cherchant à comprendre ce qui les
avait rendu dominables.
Ainsi on passait
de l’analyse de l’histoire des dominants, l’occident impérialiste, à celle des
dominés, celles des peuples du Sud victimes de la colonisation. Cette analyse recoupe les thèses de Malek Bennabi sur la « colonisabilité »
c’est-à -dire sur l’étude des causes qui ont rendu les pays arabo-islamiques
colonisables par les puissances occidentales. Pour le penseur Algérien, comme
pour l’Emir libanais, la colonisation avait été rendue possible par des siècles
de décadence et de léthargie dans lesquels avaient vécu les peuples
arabo-islamiques. De fait, pour eux, le phénomène colonial s’expliquait autant
par la faiblesse des sociétés arabo-musulmanes que par la puissance économique
et militaire de l’occident.
Dans cette perspective, si ces sociétés n’avaient pas été colonisables, c’est-à -dire si
elles avaient été armées aussi bien sur le plan militaire que sur le plan
idéologico-culturel pour résister à toutes formes d’invasions, elles ne
seraient pas passées sous le joug occidental.
L’émir Libanais
voyait dans les lacunes des systèmes éducatifs arabo-islamique
style='color:black'>s l’une des causes principales de décadence. Selon
style='color:black'>lui, « l’une des causes des plus considérables
retard des musulmans tient à l’ignorance qui fait que certains
d’entre eux ne distinguent pas une boisson alcoolisée du
vinaigre, ce qui les conduit à prendre les sophismes pour des vérités établies,
auxquelles ils ne savent répondre.Les lacunes de la connaissance sont une autre
cause primordiale, plus dangereuse que la simple ignorance,car alors que
l’ignorant auquel Dieu a désigné un guide savant obéit à ce dernier et ne
philosophe point contre lui,l’homme au savoir fragmentaire ne sait et ne peut
être convaincu qu’il ne sait pas »
title="">
class=MsoFootnoteReference>[11].
En plus de
l’ignorance, la « corruption des mœurs » était pour Chekib
Arslan, l’une des causes principales de la décadence du monde
arabo-islamique : « Une autre cause importante réside dans
la corruption des mœurs, dans la perte des vertus prêchées par le Coran et des
devoirs préconisés par les précurseurs de cette nation et grâce auxquelles ils
ont atteint le succès ; car les mœurs ont plus d’importance, dans la
constitution des nations que les connaissances »
name="_ftnref12" title="">
style=''>
style=';'>[12].
Selon Chekib
Arslan, cette « corruption des mœurs », cause de déclin, était
particulièrement prégnante chez les dirigeants politiques et religieux
musulmans. Pour lui les dirigeants musulmans avaient perdu depuis des siècles
toute notion du bien public. Ils étaient légitimés dans leur comportement
style='color:black'>par des ulémas de cours, plus dévoués à leurs
bienfaiteurs qu’au respect des principes fondamentaux de l’islam. Ainsi, Chekib
Arslan affirmait que « l’une des causes les plus importantes du recul
des musulmans tient à la corruption des mœurs de leurs princes. Hormis quelques
« craignant Dieu », ceux-ci ont cru que la nation avait été créée
pour eux, qu’ils pouvaient en faire ce qu’ils voulaient […] Puis sont venus les
ulémas courtisans jouissant des faveurs princières […] qui délivrent des
fetwahs assurant les princes qu’ils pouvaient tuer celui qui les conseillait
sous prétexte qu’il brisait ainsi allégeance et se mettait en dehors de la
collectivité »
class=MsoFootnoteReference>
class=MsoFootnoteReference>[13].
L’Emir
libanais poursuivait : « L’Islam avait confié à ses ulémas le soin
de contrôler les affaires des princes ; dans les Etats islamiques vertueux
d’antan, les ulémas jouaient en quelque sorte le rôle d’assemblées
parlementaires de l’époque, dominant la nation, guidant les actions des rois,
élevant la voix contre chaque empiètement de l’Etat, incitant le Calife, et ses
suivants à la droiture, […] car ces ulémas trouvaient la vérité dans le
renoncement, vivaient dans la piété, détachés des hasards de ce monde. […]
Cependant, avec le temps, d’autres ulémas ont fait leur apparition, qui se
servirent de leur savoir comme gagne-pain et firent de la religion un piège
tendu aux hommes ; ils justifièrent les pires dépravations des princes, et
leur permirent d’enfreindre les règles de la religion, au nom de la religion
même, cependant que la plèbe pauvre et dupée par les turbans imposants de ces
ulémas et leur rang éminent croyait leurs fetwahs authentiques et leurs opinions
conformes à la loi religieuse. Dès lors, la corruption ne pouvait que croître,
cependant que l’intérêt national était perdu de vue, que l’Islam reculait, que
l’ennemi grandissait et se préparait – la responsabilité de tout cela incombant
aux ulémas »
class=MsoFootnoteReference>
class=MsoFootnoteReference>[14].
Chekib Arslan
voyait dans le défaitisme qui s’était emparé des esprits des musulmans suite
aux défaites successives qu’ils avaient essuyées dans leurs affrontements avec
les armées européennes, une autre cause importante du déclin du monde
arabo-islamique. Pour l’Emir libanais, « une autre des raisons les plus
importantes de ce recul des musulmans, qui
furent le peuple le plus célèbre pour son courage et son mépris de la mort,
c’est la lâcheté et la peur. […] A cela sont venus s’ajouter le désespoir et le
peu de foi dans la miséricorde de Dieu. C’est ainsi que chez certains s’est
incrustée la croyance que les Européens sont, de toute façon, supérieurs et
qu’il n’existe aucun moyen de les vaincre d’une façon ou d’une autre, que toute
résistance est dérisoire, que toute opposition représente une aberration »
href="#_ftn15" name="_ftnref15" title="">
style=''>
style=';'>[15].
Au-delà des
causes de la décadence qu’était, selon l’Emir
libanais, l’ignorance, « la corruption des mœurs » et le
défaitisme, Chekib Arslan cherchait à définir la nature de la renaissance du
monde arabo-islamique. Cette renaissance, Nahdah, devait-elle être
simplement nationale ou devait-elle être nationale et religieuse ? Quelle
place l’islam devait-il occuper dans la
résurrection du monde arabo-islamique ? Fallait-il revenir à la forme
principiel de la religion islamique afin d’en proposer une nouvelle
interprétation en accord avec le siècle et ainsi insuffler un nouveau souffle,
ou bien fallait-il abandonner une tradition jugée comme désuète au profit du
modèle occidental ?
Ces questions,
nées de la confrontation avec l’occident industriel et technicien, étaient au
cœur de tous les débats qui animaient le
mouvement de la Nahdah depuis de la seconde moitié du XIXème
siècle. Ainsi, Chekib Arslan écrivait : « Certains,
style='color:black'>nous disent : « Qu’avons-nous à faire retour
au Coran pour susciter les énergies des musulmans en vue de
l’instruction ? La renaissance ne doit pas être religieuse, mais plutôt
patriotique et nationale, comme c’est le cas pour les peuples de
l’Europe »
class=MsoFootnoteReference>
class=MsoFootnoteReference>[16].
A cette question l’Emir libanais répondait que l’essentiel n’était pas tant
la nature religieuse ou nationale de cette renaissance que son fondement
scientifique, seul capable de tracer une voie vers la résurrection d’un monde
dominé. Selon Chekib Arsaln, « l’objectif est la Nahdah (renaissance) ;
qu’elle soit patriotique ou religieuse, peu importe, à condition que les
esprits s’accoutument à mûrir à l’ombre de la silence »
name="_ftnref17" title="">
style=''>
style=';'>[17].
Cependant, pour « le
prince de l’éloquence » une véritable renaissance du monde
arabo-islamique ne pouvait pas se permettre d’ignorer le facteur spirituel en
tant que force sociale et culturelle déterminante d’un espace géographique
profondément encré dans le religieux. L’islam, en tant que foi et en tant
style='color:black'>qu’identité nationale-culturelle ne pouvait pas être
ignorée dans le processus de renaissance qu’était la Nahdah. Pour Chekib Arslan, comme pour tous les acteurs de la Salafiyyah
avant lui, la renaissance devait être aussi bien nationale et civilisationelle
que religieuse.
Pour les hommes
de la Salafiyyah, l’islam devait être réinterprété afin de pouvoir
répondre au défi du siècle et en premier lieu au déclin du monde
arabo-islamique et à l’avancée de l’occident impérialiste. Ainsi, en réponse Ã
ceux qui prônaient l’abandon de la référence islamique, l’Emir libanais
affirmait : « Nous craignons cependant qu’à les démunir de l’appel
coranique on ne les oriente vers l’athéisme, le libertinage, l’idolâtrie des
corps et la poursuite des désirs, toutes choses plus néfastes que bénéfiques.
Dès lors, nous avons besoin d’une éducation scientifique qui aille de pair avec
une éducation religieuse. Les gens de chez nous en Orient croient-ils qu’une
seule des renaissances européennes ait pris son essor sans éducation
religieuse ?
La
renaissance du Japon elle-même ne s’est-elle pas faite avec le concours de
l’éducation religieuse ? […] Par ailleurs, quand les Européens parlent de
la renaissance patriotique ou nationale, de ligue patriotique ou nationale, ils
n’entendent pas désigner par ce terme de patrie le sable, l’eau, les arbres et
les pierres, pas plus que le terme de nationalité ne se limite à la ligné qui
découle toute entière d’un seule sang, mais plutôt, ces deux termes – patrie et
nationalité – chez eux désignent une patrie et une nation avec tout ce que
celles-ci englobent comme géographie, histoire, culture, œuvres, foi, religion,
caractères, habitudes, pris comme un tout. Et c’est pour cela qu’ils luttent et
agissent héroïquement »
class=MsoFootnoteReference>
class=MsoFootnoteReference>[18].
Après avoir
consacré sa vie à la défense de l’islam et de l’arabisme, Chekib Arslan s’est
éteint au lendemain de la seconde guerre mondiale, en 1946 à Genève. L’homme
qui avait lutté toute sa vie contre le colonialisme et l’impérialisme, n’eut
pas le temps le temps d’assister à la récolte des fruits de son combat que
furent les indépendances libyenne, marocaine, tunisienne et algérienne. « Le
prince de l’éloquence » ne fut pas pour autant oublié des militants
nationalistes maghrébins. Ainsi, trois ans après sa mort, conscient de leur
dette envers lui, les militants du PPA-MTLD lui consacrèrent un article hommage
à la une du premier numéro de l’organe du parti « L’Algérie
Libre ».
name="_ftn1" title="">[1]
style='font-size:10.0pt'> Cf. Carlier Omar, « Homme fétiche ou homme
symbole ? Un notable militant : Houari Souiah, premier préfet
d’Oran », Cahier de la Méditéranée, décembre 1993
class=MsoFootnoteReference> class=MsoFootnoteReference>[2] style='font-size:10.0pt'> Kaddache Mahfoud, op. cit., page 316
class=MsoFootnoteReference>
class=MsoFootnoteReference>[3]
style='font-size:10.0pt'> Cf. Lénine V.I., L’impérialisme stade suprême de
capitalisme
name="_ftn4" title="">[4]
style='font-size:10.0pt'> Cette formule sera reprise par Maurice Thorez lorsque
le PCF abandonnera sa politique anti-colonialiste pour justifier la domination
française. Ce fut notamment le cas en décembre 1937 lors du IXème Congrès
du Parti Communiste Français à Arles.
name="_ftn5" title="">[5]
style='font-size:10.0pt'> La question de l’occidentalocentrisme du mouvement
communiste européen fut posé au sein même de l’univers de référence marxiste au
lendemain de la révolution d’octobre par les représentants des « trois
continents » au sein de l’international communiste ; notamment par
l’indien Roy, le tatare Sultan Galiev et l’indonésien Tan Malakka. Cette
style='font-size:9.0pt;font-family:Arial'> question
resurgie de façon sporadique toute au long du vingtième siècle entre les
marxistes occidentaux et les marxistes des « trois continents ». Elle
fut notamment au cœur de l’opposition entre
marxiste « pro-chinois » et marxiste
« pro-soviétique ».
class=MsoFootnoteReference> class=MsoFootnoteReference>[6] style='font-size:10.0pt'> Kaddache Mahfoud, op. cit., page 337
class=MsoFootnoteReference>
class=MsoFootnoteReference>[7]
style='font-size:10.0pt'> Abdel Malek Anouar, Anthologie de la littérature
arabe, Ed. Seuil, Paris, 1965, page 20
class=MsoFootnoteReference> class=MsoFootnoteReference>[8] style='font-size:10.0pt'> Kaddache Mahfoud, op. cit., page 315-316
class=MsoFootnoteReference> class=MsoFootnoteReference>[9] style='font-size:10.0pt'> L’Algérie Libre, août, 1949
class=MsoFootnoteReference>
class=MsoFootnoteReference>[10]
style='font-size:10.0pt'> Arslan Chekib, Limadha ta’akhara al-mouslimoun wa
taqaddama ghayrouhom ?
class=MsoFootnoteReference> class=MsoFootnoteReference>[11] lang=EN-GB style='font-size:10.0pt'> Abdel Malek Anouar, op. cit., page 69-70
class=MsoFootnoteReference> class=MsoFootnoteReference>[12] lang=EN-GB style='font-size:10.0pt'> Ibid., page 70
class=MsoFootnoteReference> class=MsoFootnoteReference>[13] lang=EN-GB style='font-size:10.0pt'> Ibid.
class=MsoFootnoteReference> class=MsoFootnoteReference>[14] lang=EN-GB style='font-size:10.0pt'> Ibid.
class=MsoFootnoteReference> class=MsoFootnoteReference>[15] lang=EN-GB style='font-size:10.0pt'> Ibid., page 70-71
class=MsoFootnoteReference> class=MsoFootnoteReference>[16] style='font-size:10.0pt'> Ibid., page 71
class=MsoFootnoteReference> class=MsoFootnoteReference>[17] style='font-size:10.0pt'> Ibid.
class=MsoFootnoteReference> class=MsoFootnoteReference>[18] style='font-size:10.0pt'> Ibid., page 71-72