Vendredi 10 février 2012

L’Emir Chekib Arslan : l’intellectuel organique de la renaissance arabo-islamique (partie1/2)

Pour les hommes de foi et de culture, dont faisait partie Chekib Arslan, il devenait nécessaire de s’engager pour œuvrer à la renaissance d’un monde arabo-islamique en pleine décomposition sous l’effet de l’impérialisme occidental et de plus de trois siècle de décadence intellectuelle et politique. L’homme post-almohadien, celui qui s’était réfugié pendant des siècles dans l’univers sclérosant d’un spiritualisme léthargique afin de ne pas affronter la réalité sociale de son déclin, était mis au défi de trouver des solutions pour faire face aux épreuves du temps, dont le plus prégnant était l’avancée inéluctable des armées européennes.

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style='font-size:10.0pt;line-height:150%;font-family:Verdana'>Issue d’une
famille chérifienne, Chekib Arslan naquit dans le Djebel Druze, dans l’actuel
Liban, en 1869. A l’époque le monde arabo-islamique était en passe de tomber
entièrement sous le joug occidental. La France était présente en Algérie depuis
presque trente ans et l’Angleterre avait conquis l’Inde des style='color:black'>Mogols. Durant sa jeunesse Chekib Arslan vit « les
bourgeois conquérants »
européens s’approprier de vastes espaces en
Aise et Afrique.

style='font-size:10.0pt;line-height:150%;font-family:Verdana'> Du Sénégal à
l’Indonésie, de la Tunisie à l’Egypte, l’Europe avançait inexorablement malgré
les résistances des peuples qu’elle s’efforçait de dominer. L’Empire Ottoman,
lui-même, n’était plus que « l’homme malade de l’Europe » et
n’était plus capable de se défendre contre les agressions extérieures. Malgré
les réformes introduites depuis près d’un siècle, l’Empire Ottoman n’arrivait
pas à se relever et sombrait de plus en plus dans le despotisme. Le nationalisme
turc supplantait l’esprit égalitaire de l’islam entraînant la relégation des
autres peuples musulmans de l’Empire à un rang inférieur. En réponse à
l’hégémonie turque, un nationalisme arabe se développait dans les provinces
orientales de l’Empire. Ces faiblesses et ces divisions ne pouvaient profiter
qu’aux puissances impérialistes occidentales qui rêvaient de se partager les
restes de « l’homme malade de l’Europe ».

style='font-size:10.0pt;line-height:150%;font-family:Verdana'>Pour les hommes
de foi et de culture, dont faisait partie Chekib Arslan, il devenait nécessaire
de s’engager pour œuvrer à la renaissance d’un monde arabo-islamique en pleine
décomposition sous l’effet de l’impérialisme occidental et de plus de trois siècle de décadence intellectuelle et politique.
L’homme post-almohadien, celui qui s’était réfugié pendant des siècles dans
l’univers sclérosant d’un spiritualisme léthargique afin de ne pas affronter la
réalité sociale de son déclin, était mis au défi de
trouver des solutions pour faire face aux épreuves du temps,
dont le
plus prégnant était l’avancée inéluctable des armées européennes.

style='font-size:10.0pt;line-height:150%;font-family:Verdana'>Celui que l’on
nommait « Emir al bayan », « le prince de l’éloquence »,
fut l’une des figures les plus éminentes, de
ceux que Malek Bennabi appela « l’état major du mouvement
réformateur » class=MsoFootnoteReference> class=MsoFootnoteReference>[1].

style='font-size:10.0pt;line-height:150%;font-family:Verdana'>Un homme de la Salafiyyah

style='font-size:10.0pt;line-height:150%;font-family:Verdana'>Formé à l’école
de la Salafiyy de Djamal ed-Din al-Afghani, Chekib Arslan fut un
compagnon de Rachid Ridha qui prit la direction de la revue al-Manar [le
phare] après la mort du Cheikh Mohammed Abduh en 1905. Cette revue propagea les
idées de renaissance nationale-culturelle title=""> class=MsoFootnoteReference>[2]
promues par la Salafiyyah aux quatre coins du monde arabo-islamique. Au
contact du second directeur de la revue al-Manar, à qui il dédia un
ouvrage intitulé « Rachid Ridha ou une fraternité de quarante
années » class=MsoFootnoteReference> class=MsoFootnoteReference>[3]
,
l’Emir Druze se convertit à l’islam sunnite. Au-delà de l’orthodoxie sunnite,
Chekib Arslan devint, au contact de Rachid Ridha, un des plus remarquables
défenseurs des idées de la Salafiyyah et sûrement le plus illustre
héritier de Djamal ed-Din al-Afghani.

style='font-size:10.0pt;line-height:150%;font-family:Verdana'>Selon Malek
Bennabi, à l’époque où fut fondée l’école de la Salafiyyah par Djamal
ed-Din al-Afghani , « dans les conditions ou se trouvait le monde
musulman plongé encore dans une totale apathie »
, l’action de ce
dernier « avait une portée psychologique et intellectuelle plutôt que
politique. Elle devait faire éclater le drame musulman dans la conscience
musulmane elle-même » class=MsoFootnoteReference> class=MsoFootnoteReference>[4].

Djamal ed-Din al-Afghani fut l’initiateur du mouvement réformateur de l’Islam
contemporain, « à la fois en recueillant et en transmettent tout au
long de sa vie de pèlerin cette inquiétude à qui l’on doit les modestes efforts
de renaissance actuels, et en s’efforçant de recomposer politiquement le monde
musulman » class=MsoFootnoteReference> class=MsoFootnoteReference>[5].

Effet, au niveau politique, Djamal ed-Din al-Afghani, l’homme qui osait parler,
au XIXème siècle, de la « fonction sociale des
prophètes »
, « entendait saper les pouvoirs existants pour
réaliser une recomposition politique du monde musulman, fondée sur la
« fraternité islamique » qui avait été fissurée à Siffin et définitivement
ruinée par les régimes colonialistes » title=""> class=MsoFootnoteReference>[6].

style='font-size:10.0pt;line-height:150%;font-family:Verdana'>En d’autres
termes, au-delà des « nationalismes étroitement nationaux », Djamal
ed-Din al-Afghani fut le promoteur d’une politique de solidarité active
entre les différentes régions du monde arabo-islamique confrontées à
l’impérialisme occidental.

style='font-size:10.0pt;line-height:150%;font-family:Verdana'>Contrairement à
Mohammed Abduh et à Rachid Ridha qui furent essentiellement des hommes portés
sur l’activité d’enseignement et la production d’idées par l’intermédiaire de
leurs revues, Djamal ed-Din al-Afghani fut aussi un homme d’action
profondément investie dans la politique du
siècle. De Paris à Delhi, en passant par le Caire, Istanbul ou Téhéran,
al-Afghani chercha continuellement à promouvoir ses idéaux révolutionnaires
afin permettre le redressement d’un monde arabo-islamique attaqué par un
occident de plus en plus conquérant.

style='font-size:10.0pt;line-height:150%;font-family:Verdana'>De la promotion
d’idéaux révolutionnaires à la formation de cercles et de revues de réflexion
en passant par l’action diplomatique ou la préparation d’actions insurrectionnelles
comme en Egypte en 1882 au moment de la révolte d’Urubi Pacha, Djamal ed-Din
al-Afghani fut, peut-être, avant tout un homme d’action dont le but unique
était d’organiser et de développer la résistance du monde arabo-islamique.
Chekib Arslan resta toute sa vie profondément imprégné de l’exemple et des
idées de Djamal ed-Din al-Afghani dont il fut sûrement l’un des plus fidèles
héritiers par ses idées et par son action.

style='font-size:10.0pt;line-height:150%;font-family:Verdana'>En effet, l’Emir
libanais ne se contenta pas d’écrire et d’enseigner mais s’investit toute sa
vie dans l’action politique pour le redressement du monde arabo-islamique et sa
libération du joug occidental.

style='font-size:10.0pt;line-height:150%;font-family:Verdana'>Afin de défendre
les idées de la Salafiyyah dans un empire Ottoman décadent, l’Emir
Chekib Arslan devint député de Beyrouth au parlement d’Istanbul. Après le
démantèlement de l’empire Ottoman à la fin de la première guerre mondiale et
alors que la Liban et la Syrie passaient sous domination française, Chekib
Arslan fut contraint de s’exiler au Caire, en 1921. La capitale égyptienne,
centre de la renaissance nationale-culturelle du monde arabo-islamique depuis
le dernier tiers du XIXème siècle, avait accueilli avant lui les
premiers défenseurs du revivalisme arabo-islamique tel que le syrien Abd
ar-Rahman al-Kawakibi, le pourfendeur du despotisme de la Sublime Porte, son maître Djamal ed-Din al-Afghani le promoteur du renouveau de l’Islam
politique ou encore son compagnon Rachid Ridha.

style='font-size:10.0pt;line-height:150%;font-family:Verdana'>Dans la capitale
égyptienne, il devint le chef de la délégation du Comité syro-palestinien
constitué pour lutter contre les troupes d’occupations françaises et
britanniques au Machrek. Ce Comité avait pour but dans un premier temps
d’obtenir l’indépendance de la Syrie, de la Palestine et du Liban, et dans un
second temps le droit pour ces pays de se fédérer avec les autres Etats arabes.

style='font-size:10.0pt;line-height:150%;font-family:Verdana'>Une nouvelle fois
contraint à l’exil, il s’installa définitivement à Genève, en 1928, où il
devint représentant des pays arabes auprès de la Société Des Nations. Depuis son bureau de Genève, écrivait Charles-André Julien,
Chekib Arslan « distribua pendant dix huit ans, les mots d’ordre de
l’Islam méditerranéen et dont l’influence survit à toutes les crises ».
Par
son inlassable activité intellectuelle et diplomatique, l’Emir libanais « fit
de la maison de l’avenue Ernest-Hentsch, où il avait installé son bureau
d’information, l’ombilic du monde musulman » name="_ftnref7" title=""> style='font-family:Verdana'> style='font-size:10.0pt;font-family:Verdana'>[7].

style='font-size:10.0pt;line-height:150%;font-family:Verdana'>Chekib Arslan
oeuvra au rapprochement des nationalistes maghrébins entre eux et à leur mise
en contact avec le Machrek arabe. « Le prince de l’éloquence »
refusait la politique française qui voulait couper le Maghreb du reste du monde
arabo-islamique.

style='font-size:10.0pt;line-height:150%;font-family:Verdana'>L’Emir Chekib
Arsaln et la lutte anti-colonialiste au Maghreb

style='font-size:10.0pt;line-height:150%;font-family:Verdana'>Dans sa volonté
de défendre l’arabisme et l’islam au Maghreb, Chekib Arslan dénonça la
politique française à propos du dahir berbère au Maroc en 1930. Il accusait le
gouvernement français d’aider les pères blancs et de vouloir rendre les
musulmans algériens incrédules ou athées faute d’avoir pu les christianiser
malgré son « armée de missionnaires catholiques faufilés dans tous les
villages des Berbères ».
Selon lui, la politique berbère de la France « consistait
à désislamiser des millions de Berbères musulmans depuis douze siècle ».

style='font-size:10.0pt;line-height:150%;font-family:Verdana'>L’Emir libanais
regrettait que la France laïque se comporta comme une puissance chrétienne dans
le monde arabo-islamique car la fille aînée de l’église était « imbue
de l’idée qu’elle doit en pays musulman paraître en soutane » href="#_ftn8" name="_ftnref8" title=""> style='font-family:Verdana'> style='font-size:10.0pt;font-family:Verdana'>[8].
Chekib Arslan conseilla aux musulmans du monde entier de ne plus se
contenter d’envoyer des protestations sans effet aux journaux et aux
gouvernements arabes mais « à la Société de Nations, aux grandes
puissances et au gouvernement français lui-même, à son Parlement et à son
Sénat »
et de cesser « toute relation de vente et d’achat avec
la France »
car le boycott est « l’une des armes que les
Européens, qui adorent l’argent au lieu de Dieu, craignent le plus » href="#_ftn9" name="_ftnref9" title=""> style='font-family:Verdana'> style='font-size:10.0pt;font-family:Verdana'>[9].

style='font-size:10.0pt;line-height:150%;font-family:Verdana'>Conscient de ce
fait, Chekib Arslan s’attacha à développer les idées de renaissance
nationale-culturelle de la Salafiyyah auprès des premiers militants
nationalistes maghrébins. « C’est à la source intarissable de sa pensée,
que s’abreuva le nationalisme maghrébin dont la plupart des chefs furent
formés ou inspirés par lui » class=MsoFootnoteReference> class=MsoFootnoteReference>[10].
En effet, Chakib Arslan fut en contact avec le Cheikh Tunisien Salah Chérif
et le marocain el-Hadj Abd es-Salam ben Nouna. Il prit comme collaborateur aux
travaux de l’Association des peuples d’Orient l’exilé tunisien Mohammed Bach
Hamba, frère d’Ali Bach Hamba qui avait fondé un comité pour la libération de l’Algérie
et de la Tunisie et la création d’une « République Nord
Africaine »
durant la première guerre mondiale.

style='font-size:10.0pt;line-height:150%;font-family:Verdana'>L’Emir libanais
établit des relations avec les chefs du mouvement destourien, notamment le
Cheikh Abd el-Aziz Tha’albi, Chadly Kheikhallah, Hadi Nouira et Habib Bourguiba
qu’il rencontra à Paris en février 1937. Il se lia au jeune dirigeant
nationaliste algérien Messali Hadj avec qui il se lia d’amitié au cour de
l’exil de ce dernier à Genève au printemps 1935. Il contribua largement à
clarifier et à renforcer l’idéologie arabo-islamique de ce dernier et à travers
lui de l’Etoile Nord Africaine.

style='font-size:10.0pt;line-height:150%;font-family:Verdana'>Il prit contact
aussi avec le Cheikh Abd el-Hamid Ben Badis et s’efforça de rapprocher
l’association des Oulémas et del’Etoile Nord Africaine. Enfin, « le
prince de l’éloquence »
influença les jeunes nationalistes marocains
au point de devenir le directeur de conscience des membres de l’Action
Marocaine. Il se lia notamment à Makki Naciri, Abd el-Khalek Torrès, Ahmed
Balafredj et à Mohammed Hassan el-Ouazzani qui fut son secrétaire personnel.

style='font-size:10.0pt;line-height:150%;font-family:Verdana'>Dans le but de
retisser les liens entre le Machrek et le Maghreb arabe que les puissances
impérialistes s’étaient attachées à détruire, Chekib Arslan s’efforça d’assurer
la représentation des pays maghrébins lors des rencontres internationales des
mouvements anti-impérialistes du monde arabo-islamique. Afin de permettre la
représentation des peuples maghrébins, il dû s’opposer aux autorités françaises
qui voulaient, dans le cadre de leur politique d’assimilation des populations
maghrébines, couper le Maghreb du Machrek et des idées de renaissance nationale
culturelle qui s’y étaient développées. Cette politique assimilationniste
s’attachait à combattre systématiquement toutes les marques de spécificités
identitaires des maghrébins et notamment la langue arabe et l’islam.

style='font-size:10.0pt;line-height:150%;font-family:Verdana'>Malgré cette
politique, des délégués maghrébins représentèrent l’Afrique du Nord aux Congrès
de Jérusalem de 1930 et 1931, de Genève de 1935 et du Caire de 1938, grâce à
l’action de l’Emir libanais. Ainsi, les autorités françaises interdirent aux
maghrébins de se rendre au Congrès de Jérusalem de décembre 1930 qui fut
considéré comme le « Parlement spirituel et social de
l’islamisme »
. Contre la volonté des autorités coloniales françaises,
le Maghreb fut représenté par le tunisien Abd el-Aziz Tha’albi et l’algérien
Cheikh Brahim Iftiche. Au moment où la France promulguait le dahir berbère au
Maroc, le Congrès, influencé par les idées développées par Chekib Arslan,
traita longuement de la politique berbère menée par la République depuis la
conquête de l’Algérie qui visait à opposer arabes et berbères selon la veille
logique du diviser pour régner.

style='font-size:10.0pt;line-height:150%;font-family:Verdana'>Le Congrès
condamna fermement la colonisation dans une motion votée à l’unanimité : « la
force ne peut et ne doit pas faire acquérir des droits. Elle n’est pas élément
légitime de possession. La colonisation est incompatible avec la dignité de
l’islam et par conséquent le Musulman ne peut pas s’y soumettre » href="#_ftn11" name="_ftnref11" title=""> style='font-family:Verdana'> style='font-size:10.0pt;font-family:Verdana'>[11].

Les autorités françaises comprenaient bien le caractère subversif d’une telle
résolution et le danger qu’elle pouvait représenter pour l’ordre colonial.

style='font-size:10.0pt;line-height:150%;font-family:Verdana'>Un an après le
premier Congrès de Jérusalem, en décembre 1931, le Congrès mondial de l’Islam
vota une résolution qu’il fit parvenir à la Société des Nations à Genève par
l’intermédiaire de Chekib Arslan. Le Congrès mondial de l’islam protestait, au
nom des peuples musulmans subissant le joug colonial, contre toute forme de
colonisation au nom des principes islamiques : « le Congrès
mondial de l’islam réprouve toute forme de colonisation quel que soit le pays
musulman qui s’en trouve la victime pour la simple raison que le colonialisme
est incompatible avec le droit naturel et les principes de la religion
islamique. Il proteste de toutes ses forces contre tout pouvoir qui met son
autorité et sa force au service de la croisade contre les libertés religieuses,
et à celui de la promulgation de lois comportant l’empêchement des gens de
pratiquer leur religion, leur langue et leurs traditions islamiques, et déclare
ennemis de l’islam et des Musulmans tout Musulman, quelle que soit sa condition
sociale, qui, par intérêt personnel, se met à la disposition de ces mêmes
autorités impérialistes et coloniales » title=""> class=MsoFootnoteReference>[12].

style='font-size:10.0pt;line-height:150%;font-family:Verdana'>Par ailleurs, le
Congrès vota une motion contre « les atrocités dont souffrait les
Musulmans de Russie de la part des autorités soviétiques » name="_ftnref13" title=""> style='font-family:Verdana'> style='font-size:10.0pt;font-family:Verdana'>[13].
Afin de poursuivre son activité, le Congrès mondial de l’islam créa un
Comité permanant à Genève à la tête duquel fut placé l’ex-premier ministre de
l’Iran Tabatabais mais le Comité permanent était dans les faits contrôlé par
Chekib Arslan. 

Du 12 au
17 septembre 1935, Chekib Arslan prit l’initiative d’organiser un Congrès
islamo européen à Genève. Le but était une nouvelle fois de renforcer les liens
entre les Musulmans d’Europe et les musulmans d’orient. Alors que les membres
de la SDN s’étaient gaussés de l’intervention du Négus à la tribune de la
Société des Nations à Genève après l’agression italienne, le Congrès se voulait
aussi une réponse à l’invasion de l’Ethiopie par l’Italie fasciste. Une
délégation de l’Etoile Nord Africaine composée de Messali Hadj, alors réfugié à
Genève, de Banoune, d’Amar Imache, de Dziri et de Bedek y participa. Messali
Hadj dénonça la domination française sur le Maghreb et soutint qu’il s’agissait
du même problème que celui de l’Ethiopie.

Pour le
leader nationaliste algérien l’oppression coloniale était le deuxième stade
après l’agression. Durant ces cinq jours de congrès, Chekib Arslan réaffirma le
lien indissoluble qui unissait les musulmans de part le monde et leur
solidarité face à l’épreuve que représentait l’avancée des troupes coloniales.
Une nouvelle fois l’Emir libanais oeuvrait à « une recomposition
politique du monde musulman, fondée sur la « fraternité islamique »
qui avait été fissurée à Siffin et définitivement ruinée par les régimes
colonialistes »
, dans la continuité de l’action de son maître Djamal
ed-Din al-Afghani.

Notes

class=MsoFootnoteReference> class=MsoFootnoteReference>[1] style='font-size:10.0pt'> Bennabi Malek, Vocation de l’Islam, Ed. Seuil,
Paris, 1954, page 45

name="_ftn2" title="">[2] style='font-size:10.0pt'> Sur le concept de renaissance nationale-culturelle
cf. Abdel-Malek Anouar, La dialectique sociale, Ed. lang=EN-GB style='font-size:10.0pt'>Seuil, Paris, 1972, page 197-244

class=MsoFootnoteReference> class=MsoFootnoteReference>[3] lang=EN-GB style='font-size:10.0pt'> Arslan Chekib, As-Saayyed Rachid Ridha,
aw akha’ arba’in ‘am

name="_ftn4" title="">[4] style='font-size:10.0pt'> Bennabi Malek, op. cit., page 47

name="_ftn5" title="">[5] style='font-size:10.0pt'> Ibid., 

name="_ftn6" title="">[6] style='font-size:10.0pt'> Ibid., page 46

class=MsoFootnoteReference> class=MsoFootnoteReference>[7] style='font-size:10.0pt'> Julien Charles-André, L’Afrique du Nord en marche,
Omnibus, Paris, 2002, page 24

class=MsoFootnoteReference> class=MsoFootnoteReference>[8] style='font-size:10.0pt'> Kaddache Mahfoud, Histoire du nationalisme
algérien, tome I, 1919-1939
, Ed. Paris-méditerrané, Paris, 2003, page
328-329

class=MsoFootnoteReference> class=MsoFootnoteReference>[9] style='font-size:10.0pt'> Julien Charles-André, op. cit., page 133

title="">[10] style='font-size:10.0pt'> Ibid. page 25

class=MsoFootnoteReference> class=MsoFootnoteReference>[11] style='font-size:10.0pt'> Kaddache Mahfoud, op. cit., page 315

class=MsoFootnoteReference> class=MsoFootnoteReference>[12] style='font-size:10.0pt'> Ibid., page 315

class=MsoFootnoteReference> class=MsoFootnoteReference>[13] style='font-size:10.0pt'> Ibid., page 337

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