L’Armée d’Afrique et l’Armistice du 11 novembre 1918

Le 14 juillet 1999 sur les Champs-Elysées, face à la tribune présidentielle, le défilé militaire a début

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dimanche 31 octobre 2004

Le 14 juillet 1999 sur les Champs-Elysées, face à la tribune présidentielle, le défilé militaire a débuté par un court mais fabuleux spectacle très coloré donné par le 1er Régiment de Tirailleurs accompagné de la "nouba" et de la fanfare du 1er Régiment de Spahis. Plus tard la légendaire Légion Étrangère fermait la marche des troupes à pied.

La présence de ces régiments a pour mérite entre autre de rafraîchir notre mémoire collective et de nous rappeler le souvenir de la glorieuse Armée d’Afrique.

Durant 130 années d’existence, que ce soit sous la Monarchie, le Second Empire ou la République et même quand la France paraissait réduite, occupée, humiliée, l’Armée d’Afrique lui est demeurée fidèle. Elle a vaillamment soutenu plusieurs guerres notamment quand la France fut envahie en 1870, 1914 et 1939. L’ensemble de ces guerres a coûté un million de vies humaines à l’Armée d’Afrique.* A travers victoires et désastres, querelles intestines et changements institutionnels en métropole, l’Armée d’Afrique a toujours été l’ossature militaire de la France.

Aujourd’hui, c’est le 86 ème anniversaire de l’armistice du 11/11/1918. Durant cette guerre 14/18 les divisions de l’Armée d’Afrique (Tirailleurs, Zouaves, Spahis, Goumiers,...etc.) furent engagées massivement dès le départ en août 1914. Les troupes aux uniformes colorés défilent dans les rues de Paris pour donner confiance aux habitants. Lors de la bataille de la Marne, les soldats de l’Armée d’Afrique essuient les premiers coups de feu le 05 septembre 1914 et l’héroïsme de ses combattants évita un plus grand désastre. C’est la première retraite de l’armée allemande. La bataille de la Marne est gagnée : l’impétueuse armée du chef allemand Von Klück fait demi-tour et abandonne la prise de Paris. Sur le Chemin des Dames et à Verdun les actions des régiments de L’Armée d’Afrique, au prix d’énormes sacrifices en vies humaines, furent glorieuses. Ils reprennent le fort de Douaumont en 1916 lors de la bataille de Verdun et le père Teilhard de Chardin, jeune brancardier au 8ème Régiment de Tirailleurs a jugé cette bataille en se demandant :"Je ne sais par quelle espèce de monument le pays élèvera plus tard en souvenir de cette lutte.". En 1917, l’Armée d’Afrique échappe au découragement qui touche de nombreuses unités de l’armée Française. En 1918, l’année de la Victoire, les soldats africains ardents et disciplinés allaient être de merveilleux hommes de combat. Leurs unités furent les plus décorées de cette terrible guerre et il se peut même que le Soldat Inconnu reposant sous l’Arc de Triomphe soit l’un d’eux.

Malheureusement cette histoire qui n’est pas enseignée dans les manuels scolaires reste ignorée par pratiquement l’ensemble des nouvelles générations.

Il est important qu’au-delà des anciens combattants, la Nation tout entière liée par le cœur et par les sacrifices consentis pour sa liberté par cette Armée d’Afrique, enseigne et évoque régulièrement le souvenir de celle-ci pour l’ensemble des guerres auxquelles elle a participé.

Devant le racisme, la discrimination et les exclusions de toutes sortes qui envahissent notre société et devant les troubles internationaux, il est crucial de faire appel à la mémoire et au souvenir de l’Histoire de France.

 

* L’Armée d’Afrique 1830-1962, direction Général R. Huré. Editeur Charles Lavauzelle. Paris 1972.

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Membre honoraire de l'Armée, fils d'un ancien combattant de l'Armée d'Afrique

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