L’Argentine et le Brésil ont officiellement reconnu la souveraineté palestinienne

Alors que le processus de paix vire à la mascarade tragique sous la botte israélienne, vacillant sous ses as

mercredi 8 décembre 2010

Alors que le processus de paix vire à la mascarade tragique sous la botte israélienne, vacillant sous ses assauts expansionnistes, déclinant sous sa tyrannie hostile aux tables rondes, sous les yeux de la communauté internationale qui, entre deux grommellements faussement indignés, participe de cette mystification, les raisons d’y croire se raréfient avec le temps, certains se résignant à l’idée d’un Etat binational, dans le meilleur des cas.

Si accorder au peuple palestinien sa pleine et entière souveraineté écorche la langue de nombre de ceux qui pensent, pérorent et légifèrent, ici et ailleurs, il n’en va pas de même pour deux pays sud-américains qui ne craignent pas de prononcer officiellement le sésame libérateur : la reconnaissance d’une Palestine « libre et indépendante à l’intérieur des frontières de 1967 ».

L’Argentine, sous le sceau de sa présidente Cristina Kirchner, et le Brésil sous la signature de son président Luiz Inacio Lula da Silva, viennent d’envoyer une missive à Mahmoud Abbas dans ce sens. Deux volontés politiques fermement résolues à faire entendre leur voix dans une cacophonie mondiale, résonnant de la diabolisation du Hamas, des injonctions dans le désert d’Obama, de l’hypocrisie européenne, et des coups de sang du gouvernement de Netanyahu, qui pourraient faire des émules, à l’instar de l’Uruguay déterminé à leur emboîter le pas en 2011.

Cette reconnaissance est « en accord avec les résolutions des Nations Unies exigeant la fin de l’occupation des territoires palestiniens et l’instauration d’un État palestinien indépendant basé sur les frontières du 4 juin 1967 » stipule le Brésil dans sa lettre, tout en insistant sur sa volonté historique de s’impliquer dans le processus de paix entre Israël et la Palestine.

La réplique israélienne ne s’est pas fait attendre, par le truchement du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Yigal Palmor, jugeant « regrettable » et « décevante » la décision de l’Argentine et du Brésil, tout en menaçant les palestiniens un peu trop utopistes, tentés par la proclamation unilatérale d’un Etat palestinien. Et, pendant ce temps là le processus de paix continue de tressaillir, que ce soit au bruit des bulldozers dévastateurs de l’Etat juif, que sous ses mises en demeure perpétuelles.

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