Karim Achoui acquitté en appel lors du procès de la dernière chance

Dans un prétoire où l’anxiété a fait place aux effusions de joie, l’heure de la clémence libératrice

dimanche 24 octobre 2010

Dans un prétoire où l’anxiété a fait place aux effusions de joie, l’heure de la clémence libératrice a sonné vendredi soir pour Karim Achoui.

A l’énoncé d’un verdict que d’aucuns craignaient, après douze longues heures de délibéré, qu’il ne tombât comme un couperet, c’est une émotion intense qui a étreint le célèbre avocat pénaliste et sa famille. Ce dernier très marqué par l’épreuve s’est livré tout en retenue à la presse : "Je ne dirais pas que cet acquittement représente un soulagement, parce que la durée de l’exercice a été un peu trop longue pour moi" a-t-il sobrement confié.

Précédé par une réputation sulfureuse et un surnom de légende "l’avocat du milieu" qu’il traînait comme un avant-goût de sa mise aux fers, Karim Achoui comparaissait pour le procès de la dernière chance, afin de conjurer une sentence implacable, désireuse de l’envoyer croupir à l’ombre pendant sept ans, assortie d’une radiation à vie du barreau, au motif de complicité d’évasion de son client, le "roi de la belle", Antonio Ferrara, en 2003.

Personnalité controversée, l’avocat charismatique, trop peut-être au goût de certains, riche d’un portefeuille clients très VIP, a-t-il payé un lourd tribut à une ascension fulgurante qui s’est frayée un chemin doré vers le sommet et les beaux quartiers ? L’archétype de l’immigration qui a réussi, gravissant toutes les marches de la méritocratie à la française, se croyant enfant de la République quand on lui renvoyait le reflet de ses racines maghrébines, a-t-il remporté une victoire sur un bastion du conservatisme, la justice, et sur le vieux fond de racisme des hautes sphères, trop heureux de lui faire troquer sa toge prestigieuse d’avocat pour la "casquette à l’envers" plus raccord avec ses origines ?

Pour son avocat Me Francis Szpiner, justice a été enfin rendue : " Cet acquittement est juste, il était temps qu’il arrive", a-t-il déclaré à la presse.

L’acquittement de Karim Achoui, redresseur de torts dans l’âme injustement méconnu, signe la fin d’un éprouvant combat contre une machine judiciaire ayant retrouvé une sérénité envolée lors du premier procès sous très haute tension fin 2008, où l’échafaud semblait déjà dressé…

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