Journée de la Terre 2005 : Culture et Résistance

En cette 29ème commémoration de la Journée de la Terre, à l’heure où nos blessures restent grandes ouve

mardi 29 mars 2005

« Etre palestinien, c’est mêler sa voix à cet hymne à la vie alors même que tout n’invite qu’à la mort. » Michel Seurat

En cette 29ème commémoration de la Journée de la Terre, à l’heure où nos blessures restent grandes ouvertes, nos pensées vont d’abord à ceux qui nous ont quitté pour que nous puissions exister. Ces six martyres palestiniens et palestiniennes, ces six étoiles qui se sont éteintes le 30 mars 1976 alors qu’elles protestaient contre la confiscation de leurs terres décidée par le gouvernement israélien pour construire des colonies et établir des zones militaires. Ils avaient décidé de répondre à la violence par la grève, mais l’armée ne fait pas ce genre de distinction, comme elle ne les a pas épargné malgré leur citoyenneté israélienne.

Cette journée est l’occasion de rappeler notre attachement à la terre mais aussi à la vie humaine que l’occupation cherche à nier et à détruire. C’est aussi l’occasion de nous souvenir pourquoi et comment le combat doit continuer, jusqu’à ce qu’enfin nous puissions vivre libres sur notre terre.

Quand on pense à notre lutte, une des premières choses qui traverse l’esprit est le vers d’un poète, ou le refrain d’une chanson : c’est « Inscris ! Je suis arabe » de Mahmoud Darwich, ou les romans poignants de Ghassan Kanafani, écrivain et homme politique qui a toujours su faire appel à la conscience universelle.

Notre combat est celui d’un peuple, nation déchirée reconstruite par delà les frontières, unie dans sa diaspora, dans sa diversité et son éparpillement. Comment exprimer la terre en exil, et comment vivre loin de ce qui vous pousse à vivre ? La Palestine était là dans nos cœurs au moment où d’autres s’acharnaient pour l’effacer de la géographie et de l’Histoire, et de nos cœurs elle s’envola vers d’autres cœurs et consciences, devenant message. Et les battements de ces cœurs devinrent revendications. Notre société deviendra une société éduquée portant la revendication de la démocratie et de la laïcité sincères, prônant l’égalité des Hommes sans distinction de race, de sexe ou de religion, l’idée d’une terre multiculturelle et multiconfessionnelle, acceptant le partage et la coexistence.

Nos penseurs et nos poètes ont cessé de nous appartenir pour appartenir à l’universel, comme Edward Saïd ou Mahmoud Darwich dont les écrits étaient quelques pierres posées, participation d’un peuple à la construction de l’Humanité. Les vers de Tawfiq Ziad retentissent encore en écho pour traverser la mort et le doute. Le doute de la mort pour atteindre la mort du doute.

La Palestine devient culture, tout rappelle la terre, les broderies, les poèmes, les contes. Le nom des camps et des nouveaux-nés sera celui des villes perdues ou villages disparus. Et la Palestine vivra.

Quand le peuple se soulèvera en Palestine, ce sont les sourires des enfants autant que leurs pierres qui agaceront l’occupant. Malgré nos souffrances, nous avons su préserver l’espoir.

Alors cette année, la Journée de la Terre, journée de souffrance et de mémoire, sera l’occasion de célébrer la culture palestinienne, résistance populaire du peuple palestinien, cette quête de liberté qui lutte contre l’occupation, ce rêve d’une terre retrouvée, ce combat permanent contre l’absence et l’oubli, celui de la vie à l’assaut de la mort. Et la Palestine renaîtra de nos vers, de nos chants, de nos hymnes, de nos espérances. Venez nombreux vivre la Palestine pour que la Palestine puisse vivre. Laissez vous transporter par une terre devenue idée et idéal, une lutte devenue symbole, une jeunesse devenue étendard de liberté, de justice et de droit.

Cette Journée de la Terre est l’occasion de célébrer la Palestine...et l’espoir avec vous et grâce à vous. Notre combat continuera jusqu’à la destruction du mur, la fin de l’occupation et de l’exil, jusqu’à ce que le droit et la justice deviennent les fondements sur lesquels on construit la paix, cette paix qui seule peut être réelle et durable.

Cette année, la GUPS (Union Générale des Etudiants de Palestine) a décidé de mettre la culture palestinienne à l’honneur un peu partout en France, notamment à Paris dans le cadre d’un évènement unitaire, festif et solidaire. Parce que la culture palestinienne a su guider notre résistance et y puiser ses forces, nous vous attendrons, nombreux, pour que les battements de nos cœurs s’unissent autour d’un chant, d’un poème, d’une danse... au nom d’une terre, la Palestine.

Toutes les informations sur la Journée de la Terre 2005 : www.gupsfrance.org

Majed Bamya, auteur du recueil de poésie "Les Champs du Silence", éditions Société des Ecrivains.

 

Journée de la Terre

Inititeurs-trices :

Association des Palestiniens en France ; Union Générale des Etudiants de Palestine ; Tiens Voilà Encore Autre Chose ; Coordination des Comités Palestine

Coordinateur : Mehdi MEFTAH (Coordination des Comités Palestine)

Tél : 06 88 65 88 10 / [email protected]

Réservations des billets : 06 86 44 98 63 / 06 88 65 88 10 [email protected] / www.gupsfrance.org

 

Venez nombreux vivre la Palestine

pour que la Palestine puisse vivre

Grande journée culturelle, festive et solidaire

Le dimanche 03 avril 2005

De 15h 30 à 20h30

Bourse de Travail de Saint Denis

9-11, rue Génin, 93200 

Métro : Saint-Denis-Porte de Paris (ligne 13)

 

 

Nous disposons de trois types d’espaces :

1-la grande salle Marcel Paul ;

2-une salle pour la projection de films ;

3-Les halls pour les stands et les expositions.

 

1-La grande salle Marcel Paul 400 places

 

15h30 Présentation générale de la journée par Omar Somi, président de la GUPS

15h40 Projection du film documentaire d’Elsa et de Matthias :

« AL KHALIL, DES ETOILES DANS LES YEUX »,

16h15-17h30 table ronde  : « Cultures et résistances »

avec la participation de :

-Majed Bamya, poète palestinien

-Sid Mohammed Barkat, philosophe, chercheur, ancien membre du Collège International de Philosophie

-Bernard Doray, psychaitre/ psychanalyste

-Hamé, artiste du groupe La Rumeur

-Elsa Renoux, cinéaste

18h00 lecture de poèmes

- Siwan ABBASSI

- Majed Bamya ; lecture de poèmes de son recueil : « Les Champs du Silence", aux éditions Société des Ecrivains, 12 euros

EXTRAIT

Libre


Libre,

Mon esprit et mon âme

S’envole vers l’infini

Malgré vos coups, vos blâmes

Et l’occupant qui m’a banni.

Libre,

Malgré les chaînes sur mon corps,

Entre les mains de mon tortionnaire

Je crie, je crie encore :

Je mourrai en révolutionnaire.

Libre,

Malgré les fils barbelés,

Les soldats qui entourent ma maison,

Malgré les années que vous m’avez volé,

Les mensonges et les trahisons.

Je vole car mon cœur

S’emporte et rêve encore,

Etendu parmi les cadavres, il pleure

Sans s’apitoyer sur son sort.

Libre,

Jusqu’à ma dernière heure,

C’est moi qui rêve et toi qui a peur.

Libre,

Voilà la seule leçon que connaîtra mon enfant,

Ce sera son héritage pour un combat de cent ans

Libre,

Jusqu’à dans mon tombeau

Libre,

Et mon rêve le plus beau

Est de ne pas devoir mourir

Pour rester LIBRE.

 

 

A partir de 18h30 DE LA MUSIQUE ET DE LA DANSE

 

- Danse popupalire palestinienne (Debka)

-Mohamed Bhar (chant et luth oriental), Tarek Maatoug (saxophone et percussions),

 

-Le groupe Dal’Ouna annonce à l’occasion de la Journée de la Terre la sortie de son nouvel album

Et Nous, nous aimons la vie

Dal’Ouna  est composé de 6 musiciens principaux auxquels viennent volontiers s’ajouter d’autres (violon, accordéon, piano, Alto) :

-Ramzi Aburedwan : Bouzouk & choeurs

-Yacine Laghrour  : Darbouka & chœurs

-Julien Leray : Guitare & choeurs

-Jessie N’guenang : Chant & flûte

-Ziad Benyoussef : Oud

-Thierry Trébouet : Clarinette & clarinette basse

2- Espace Vidéo-débat : 100 places

De 17h30 à 20h30

CIN’ESPOIR

Le but de ce vidéo forum est de rendre visible l’émergence des actions solidaires avec le peuple Palestinien s’appuyant sur les pratiques culturelles et éducatives. Il s’agit de prolonger et poursuivre le débat sur le sens de ces formes d’actions dans la résistance du peuple palestinien et dans l’engagement des citoyens du monde pour partager la légitimité, l’humanité de cette lutte d’émancipation et exiger que le droit international soit appliqué. Nous nous proposons d’expérimenter la mise en place d’une installation vidéo projection dans la salle 100 pour y présenter des courts documentaires pour témoigner de cette émergence de nouvelles pratiques et susciter un échange entre le public et les protagonistes des actions.

Au programme de CIN’ESPOIR :

- Un film intitulé "IT’S NOT A GUN" réalisé par Hélèna COTINIER et Pierre-Nicolas DURAND sur l’initiative de l’association Al KAMANDJATI (12 minutes) ;

- « Les aveugles et les voleurs », une œuvre des enfants de la vieille ville d’Hébron dans le cadre d’un projet porté par « Vers Pilés » en 2004 ;

- « Le petit peuple des guetteurs  », est le nom du court métrage qui a été projeté le 5 janvier juste après le vernissage de l’exposition photos. Le film signé Sam Albaric raconte l’histoire d’un artiste plasticien lyonnais, Yves Henri, qui a fait un long séjour à Jénine pour réaliser une statue d’un homme lançant une pierre et l’élever sur une colonne de béton armé tirée des ruines de la ville encerclée. Le réalisateur s’arrête devant l’amitié qui se développa entre l’artiste et les habitants de Jénine qui l’ont aidé à réaliser la statue. Celle-ci au bout de deux semaines a été démolie par les forces d’occupation israélienne (28 minutes) ;

- « Entre les murs », diaporama réalisée par la photographe Tessa Polak à partir d’un travail sur la photo des enfants de la vieille ville d’Hébron en 2003 ;

- « Le courage de refuser », le film raconte le parcours et le cheminement personnel de 5 réfractaires de la guerre d’Algérie et de 3 refuzniks israéliens. Ils expliquent les raisons de leurs engagements, le processus qui les a amené à refuser et à désobéir ainsi que le prix qu’ils ont payé pour cela. Les intervenants donnent leurs témoignages et dénoncent dans les 2 situations des guerres coloniales et injustes. Leur engagement se fonde d’abord sur un « réflexe moral », et sur le refus de l’injustice, de l’oppression d’un peuple par un autre. Ils témoignent avec force et pédagogie que ces conflits sont politiques et non ethnique ou religieux.

3- Stands et expositions

- Une exposition photos de Joss Dray sur les enfants palestiniens

- Des expositions sur le Mur, les prisonniers, les réfugiés.

- Livres, artisanats palestiniens, calligraphie, peinture, cuisine palestinienne, danse cordes à sauter, boxe éducative, tables de presse....

Participation aux frais 5 euros (hors repas), gratuit pour les enfants

 

 

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