Samedi 2 August 2014
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José Bové : « Avec Sarkozy les gens sont sur la paille »

José Bové : « Avec Sarkozy les gens sont sur la paille »
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José Bové a repris son bâton de pèlerin, Européennes obligent. Le charismatique agriculteur et ex porte- parole de la CNT a sillonné- sans tracteur- le département à la vitesse du son, accompagné de Sylvain Pastor . Le beau temps n’était pas au rendez-vous. Peu importe. Le baroudeur a encore laissé des traces. […] L’occasion pour nous de redonner la parole à ce libertaire- lecteur d’Henry David Thoreau- toujours prisé par les médias, certes. Mais de plus en plus sous étroite surveillance lorsqu’il s’exprime ou crapahute.

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De passage dans le Gard le 7
avril, José Bové a commencé sa campagne pour les Européennes sous la bannière
Rassemblement Europe Ecologie. Au menu : politique et résistance. En début
d’après-midi, il s’est rendu à Saint-Hilaire-de-Brethmas pour rencontrer un
paysan qui refuse de vendre ses terres aux promoteurs d’un projet de golf.
Ensuite, il s’est déplacé à Salindres pour voir le prochain site de traitement
des ordures ménagères. Pour clôturer sa tournée, il a animé, dans la soirée,
des débats à Saint-Christol-Les-Alès et répondu aux questions des militants.

José Bové a repris son bâton de pèlerin, Européennes
obligent. Le charismatique agriculteur et ex porte- parole de la CNT href="#_ftn1" name="_ftnref1" title=""> class=MsoFootnoteReference>[1]
a sillonné- sans tracteur- le département à la vitesse du son, accompagné de
Sylvain Pastor class=MsoFootnoteReference> style=';'>[2].
Le beau temps n’était pas au rendez-vous. Peu importe. Le baroudeur a encore
laissé des traces. Admirateurs, fidèles, militants et résistants n’auraient
voulu, pour rien au monde, manquer l’aubaine Bové. Comme partager avec leur
« idole »un repas au Trois Lys.

L’occasion pour nous de redonner la parole à ce libertaire-
lecteur d’Henry David Thoreau- toujours prisé par les médias, certes. Mais de
plus en plus sous étroite surveillance lorsqu’il s’exprime ou crapahute.

Interrogé à la volée, entre deux verres, une pause cigarette
et un portable omniprésent, le franc-tireur fait le tour de l’actualité.

Entretien.

Toujours au combat

-Vous avez disparu de la scène politique et médiatique.
On ne vous entend plus. Pourquoi ce silence, une mise au placard ? Un
besoin de prendre de la distance et sortir du people ?

« C’est normal. Quand on a rien à dire, sinon des
banalités, je ne vois pas pourquoi on irait s’exciter sur les tréteaux ou
convoquer la presse.

On doit être là quand il y a des choses concrètes à faire ou des positions à prendre. »

-L’actualité ne manque pas pourtant. Le bouquet fiscal,
le sauvetage des banques, la crise et j’en passe…

« On a profité de l’année 2008 pour bosser. On a construit
le rassemblement Europe Ecologie et organisé des stratégies pour assurer des
convergences. On avait besoin d’être entre nous, loin du bruit et de la
politique spectacle ».

-José Bové, vous remettez ça, une campagne
électorale après votre score class=MsoFootnoteReference> style=';'>[3]

aux présidentielles. D’aucuns disent que vous êtes une machine à perdre.

«  La question des présidentielles était un
moment important pour moi. Il y avait une dynamique collective. Ce mouvement
de fond a été enrayé par des logiques d’appareils (les partis politiques).
Malgré les querelles d’ego et les torpillages, plus de 40 000 personnes
avaient signé une pétition pour une candidature unitaire. J’ai assumé mon
rôle dans un contexte difficile. Le parti communiste, la LCR et certains -qui se disent du PS-, jouaient solo sans se soucier de l’intérêt général.
Finalement, ils ont regagné leur écurie et mené leur propre campagne.

Après l’éclatement de la gauche antilibérale et notre
marginalisation, on a recueilli les 500 signatures name="_ftnref4" title=""> class=MsoFootnoteReference>[4]
de maires, ce qui était tout à fait impensable avec toutes les couleuvres qu’on
a avalées. »

-Je vous repose ma question. Vous êtes en tête de liste,
vous n’avez pas fait un bon score aux présidentielles de 2007, n’avez-vous pas
peur de faire fuir des gens qui diraient : « José on connaît, c’est
bon » !

« Mon score n’a pas été minable. Cette campagne avait
pour but de parler de choses nouvelles. Ceux qui ont cru qu’à travers ma
candidature, ils bouleverseraient l’échiquier politique ou exploseraient le
système, se faisaient beaucoup d’illusions.

2007 était un contexte particulier. Aujourd’hui, on est dans
une autre situation. On a formé le rassemblement dès juin 2008 avec des
citoyens qui se réclament écolos. Notre objectif est toujours le même :
lutter pour le bien commun, rouler pour le collectif et l’environnement.

Les problèmes d’aujourd’hui, nous les avions vus dès 1998.
Peu de gens s’en souviennent. Avant la crise économique, d’autres malaises
frappaient le monde. Y a eu d’abord la crise alimentaire, ensuite la crise
sociale enfin la crise climatique qui ne cesse aujourd’hui de prendre de plus
en plus d’ampleur.

On disait (en 2007) qu’il fallait affronter ces questions et
changer le mode de production et nos habitudes de vie. Mais notre discours
dérangeait. Notre regroupement anti-libéral a généré de fortes tensions à
gauche où la logique productiviste est fortement ancrée, surtout au PS.

Deux ans après, on fait toujours le même diagnostic. La
crise financière et celle du capitalisme ont conforté nos positions. Il m’a
semblé donc normal- pour les Européennes- de travailler avec des individus qui
rejettent les réponses productivistes. L’Europe est un espace politique où
l’on peut peser pour changer les choses et modifier des directives. »

Le cas Cohn Bendit

-Parlons un instant de cette liste Europe
Ecologie. Y figure Daniel Cohn-Bendit. Un libertaire libéral qui en 2005 était
pour le Traité constitutionnel européen et la fameuse directive Boklestein,
alors que vous, vous étiez contre. C’était à couteaux tirés, on s’en souvient,
loin de la lune de miel. Et là comme par magie, vous redevenez les meilleurs
amis du monde. N’ y a-t-il pas une erreur de casting ?

« Alors ça, c’est marrant parce que c’est quelque chose
qui revient .Classique. Que la presse soit bourgeoise ou alternative, et bien
on a le même discours. Donc c’est toujours assez marrant d’entendre ça.
Danny ? Ca fait pas mal de temps que je le connais. On a eu le temps de
discuter depuis qu’on a mis en branle ce rassemblement. Et je pense qu’on
caricature Cohn-Bendit. Danny, c’est d’abord un Européen. »

-Sarkozy a dit la même chose en se moquant de lui au
Parlement quand il en assurait la présidence en exercice !

« C’est (Dany) un Européen et depuis des
années, il fait bouger des lignes. Il a utilisé cette institution (le
Parlement) comme une tribune. C’est évident qu’en 2005 lors du référendum sur
le Traité constitutionnel, on n’était pas du tout sur la même ligne. Lui
croyait qu’en votant oui, le Parlement aurait plus de pouvoir. Moi et beaucoup
d’autres ont pensé le contraire. Pour donner plus de poids au Parlement, on
devait d’abord mettre au marbre toutes les dérives néolibérales (directive
Bokelstein, déréglementation et concurrence des services…) ».

-Qu’a fait Daniel Cohn Bendit de si extraordinaire
pour l’Europe et pour vous convaincre de faire liste commune ?

« Dany est co-président du groupe des Verts à
l’Assemblée. Ils ont travaillé sur les directives Ritch (les produits
chimiques) et modifié des débats. Des exemples ? Si l’on regarde la
question des OGM, y a eu un vote majoritaire pour en interdire l’usage.

Il a été particulièrement actif sur les droits de l’homme en
Chine et au Tibet. Il s’est opposé vivement à Sarkozy, l’a interpellé pendant
les J0 et a secoué la diplomatie française. Dernièrement, les Verts ont fait
passer une proposition contre le flicage des logiciels. Dany a encore été à
l’origine de cette manoeuvre. La dernière bataille qu’on a menée au Parlement
européen interdit ce que la France est en train de faire : verrouiller et
bloquer internet.

Avec cette loi délirante concoctée par Albanel, on va
priver des gens d’internet s’ils font du piratage. Ca relève du
Moyen-âge. »

-A vous entendre, c’est l’union sacrée, le couple
idéal ?

« Effectivement, on a appris à se connaître. En
partant d’histoire différente mais avec des bases culturelles communes, on est
arrivé tous les deux à construire quelque chose qui fonctionne bien. »

-Même si Daniel est l’ami de Nicolas Sarkozy, qu’il
déjeune avec lui à l’Elysée et que le président lui offre l’escorte des motards
pour arriver à l’heure ?

« Ecoute. Ca c’est un skecth parce qu’il est
allé une fois chez Sarkozy pour un repas auquel étaient conviés des
parlementaires. Y avait eu un débat avant et comme il (Dany) était en retard et
que l’Elysée aime la ponctualité, le ministère de l’Intérieur sur ordre du
président, a fait ouvrir la route. Voilà. Moi ça m’est arrivé aussi de me faire
escorter pour rencontrer Sarkozy à Toulouse et moins d’une semaine après être
sorti de prison ! Tu vois comme quoi, là encore avec Daniel, on a un point
commun. (rire) »

Le programme Europe Ecologie

-Quels sont vos objectifs pour cette campagne et quel
score souhaitez-vous faire ?

« C’est toujours difficile de se projeter. Moi ce que
j’espère, c’est qu’au niveau national, on ait au minimum 1 élu par
circonscription électorale et dans un certain nombre de régions- dont la
notre- en avoir deux. Mais si on a déjà un élu, je serai quand même le plus
heureux des candidats ».

-Quelles sont les grandes lignes de votre programme ?

« C’est une reconversion de l’Europe par l’écologie. »

-C’est-à-dire ?

« Concernant le modèle économique, d’abord, il faut
changer radicalement la donne et mettre en place une culture écologique. Notre
modèle de développement basé sur la production et la consommation n’est plus
possible. Ensuite, reconstruire l’Europe à partir des droits démocratiques. Les
citoyens doivent se la réapproprier. »

-Comment ?

« Concrètement, on propose que le parlement,
une fois élu, demande la mise en place d’une assemblée constituante votée par
l’ensemble des citoyens. Les pays qui désapprouveraient le vote majoritaire
auront le choix. Soit accepter de rester dans l’Europe ou en sortir. Pour nous,
ce qui compte : c’est de créer une véritable conscience citoyenne
européenne.

Troisième étage de la fusée, c’est la remise en cause de la
politique agricole commune. N’attendons pas 2013 pour changer la Pac. Ma priorité- quand je serai élu- c’est la transformer pour maintenir et créer des
emplois paysans. Et promouvoir une agriculture différenciée qui préserve
l’environnement.

Enfin à l’échelle internationale, c’est revoir les accords
de libre échange européen avec les pays Afrique, Caraïbe, Pacifique, qu’on
appelle les ACP. Où aujourd’hui l’Union Européenne a un rôle néfaste en
obligeant ces pays à des zones de libres échanges qui détruisent leurs
capacités réelles de développement. »

Question d’actu :
Nicolas Sarkozy mauvais élève et vigilance républicaine accrue pour Val

-Le bilan de Nicolas Sarkozy, deux ans après ? Bon ou mauvais ?

« Le diagnostic, malheureusement, c’est ce que l’on
pouvait craindre à l’élection. Dès le départ, les choses étaient clairement
dites. On a un candidat et un parti, l’UMP, qui ont mené une campagne (en 2007)
sur un discours complètement démagogique et populiste. »

-Islamophobe aussi ?

« C’est plus ambigü que cela. Leur discours
stigmatisait l’étranger. Depuis, il y a un ministère de l’Identité Nationale et
de l’Immigration et les Sans Papiers sont poursuivis par la police au nom des
quotas. Avec Sarko, c’est une France divisée en classes, d’un côté les riches,
de l’autre, les pauvres, et au milieu les autres. Le bilan est très négatif.
Les gens sont sur la paille. Les droits individuels et collectifs sont battus
en brèche. Le droit de manifester est de plus en plus cadré. Il y a eu des
atteintes graves à la liberté et aux droits de l’homme.

-Comme

« L’ADN class=MsoFootnoteReference> style=';'>[5],
les peines planchers, l’extension de la rétention de sûreté, le fichier Edwige,
le délit de solidarité class=MsoFootnoteReference> style=';'>[6],
la loi sur l’audiovisuel. Enfin au plus haut niveau de l’Etat, les mélanges des
genres entre une certaine élite économique et des responsables politiques.
Dernier en date l’affaire Pérol. C’est la République des copains ».

-Vous étiez en Guadeloupe quand il y a eu la grève générale, pourquoi ?

« J’ai été présent à l’invitation du LKP puisque
j’étais en lien avec les organisations. Que ce soit avec l’UGTG, des
travailleurs de Guadeloupe ou avec l’UPG, des paysans guadeloupéens. J’ai
apporté au nom d’Europe Ecologie le soutien à cette lutte qui a été une lutte
exemplaire parce qu’elle a dépassé les spécificités de chacune des
organisations. Qu’elles soient syndicales, de la société civile ou des simples
citoyens ou même culturelles. Le combat a crée une convergence qui est parti
des besoins quotidiens de chacun mais en même temps avec une grande
perspective, une vraie réflexion de fonds par rapport à l’héritage colonial et
la remise en cause effectivement de cette économie de comptoir qu’aujourd’hui
tout le monde dénonce. Mais c’est très nouveau pour la majorité des
gens. »

-Comment sont vos relations avec le NPA d’Olivier
Besancenot ? Et ce parti, n’est-il pas pour la gauche aujourd’hui,
notamment le PS, ce que fut le Front national au RPR, il y a une dizaine
d’année ?

« Moi, je ne compare pas le NPA avec le FN. C’est
une insulte aux militants ex LCR que de les traiter de suppôt de l’UMP
uniquement pour planter la gauche. En revanche, je ne comprends pas leur
stratégie. Un moment ils (le NPA) sont dans la critique et sur un certain
nombre de points, on peut se retrouver. Mais leur vrai problème, c’est qu’ils
refusent d’assumer la responsabilité de participer à des exécutifs chaque fois
en disant : « c’est jamais pur pour nous ».

Donc je pense que le clivage qu’on peut avoir se trouve là,
dans la capacité à un moment donné, de faire des alliances. C’est au niveau
national où le bat blesse. Ce qui n’empêche pas lors des élections
municipales, comme à Montpellier, d’avoir eu une liste autonome LCR et une
liste autonome Verts. Et ces deux listes ont fusionné au second tour face à la
liste PS. C’est donc possible. Mais il faudrait que ça se généralise plus et
que le NPA comprenne qu’il ne peut pas rester dans sa citadelle pure et dans sa
tour d’ivoire. »

- Philippe Val, le patron de Charlie Hebdo (du moins ce
qu’il en reste), devrait être nommé directeur de France Inter ?
Craignez-vous que cette nomination signifie la mort du Service Public et du
pluralisme ?

« C’est un poisson d’avril  » ?

-Non les fuites vont bon train. Et à l’heure où je vous
parle, Philippe Val n’a fait aucun démenti
.

« Sans commentaire. Moi j’en étais resté à Hess comme
patron de Radio de France. J’apprends cette info. Si ce n’est pas de l’intox,
attendons et regardons. Y a un certain nombre d’émissions pour moi qui sont
importantes et qui symbolisent une parole libre, voire un contre
pouvoir. »

-Vous pensez à quoi ?

« La matinale de Demorand même si parfois j’entends des
reportages ou des commentaires agaçants. Service Public name="_ftnref7" title=""> class=MsoFootnoteReference>[7]est
une bonne émission. Il attaque les multinationales, dénonce les modes de
consommation. Bien évidemment, y a Daniel Mermet avec Là-bas si j’y suis href="#_ftn8" name="_ftnref8" title=""> class=MsoFootnoteReference>[8].
Ces tranches horaires expriment une diversité, un pluralisme. Pour moi, ça
serait inacceptable, quel que soit le directeur, que ces émissions puissent
être remises en cause ou que certains intervenants les suppriment. »

-C’est une stratégie du pouvoir (parachuter Philippe Val)
pour licencier Stéphane Guillon et ses chroniques ?

« Ecoute, si c’est ça, c’est vraiment petit. Mais je
pense que dans ce cas là, le personnel de Radio France saura répondre de
la manière qu’il faut. Je préfère entendre de la musique comme aujourd’hui, y a
grève et c’est bien. »

-Un mot de politique internationale. La France réintègre le commandement intégré de l’Otan. Bonne chose ou pas ?

« La France est en retard non pas d’une guerre mais
d’une paix. L’heure aujourd’hui, elle n’est pas à entrer dans l’Otan. L’heure
est, au contraire, à redonner -pour construire un espace de paix- un espace de
négociation. L’Europe devrait tel que c’est écrit dans ses traités, avoir un
rôle de négociateur. Elle a et ça n’a jamais été mis en place, des missions
de résolution des conflits avant que ça ne dégénère en guerre. L’Europe doit
avoir ce rôle de paix. Elle ne doit pas être va-t-en guerre et le président
Sarkozy s’est trompé d’une paix. »

-Etes-vous satisfait des positions prises par le
G20 ?

« Ce sommet a été une mascarade. On a enfumé l’opinion
mondiale et deux jours après le sommet, il n’ y a plus de paradis fiscaux ! Les
décisions doivent être prises dans le cadre des Nations Unies et non dans un
club privé. Au lieu de réformer le système, on renforce les mêmes modèles. On
va droit dans le mur. »

-L’Afrique va-t-elle s’en sortir et qu’est-ce qui fait
qu’on est toujours dans le post colonialisme ?

« On a pillé les ressources de ce continent. L’Afrique
ne s’en sort pas parce qu’elle est dépendante du Fond monétaire international.
Elle a emprunté et contracté des dettes. En agriculture, les responsables du
FMI ont démantelé toutes leurs activités et l’Organisation mondiale du commerce
par des règles contraignantes maintient les pays africains dans la dépendance
et la pauvreté. Par exemple, l’OMC a transformé des exportateurs alimentaires
en importateurs. Au lieu de vendre leurs produits, ils achètent ailleurs. Du
coup, ils ne font pas tourner leur économie sur des fonds propres et
nourrissent les grandes puissances ».

-Ségolène Royale avait-elle raison de demander pardon à
l’Afrique ?

« Ce que je peux te dire c’est qu’elle a fait un bon
coup. Le discours du chef de l’Etat class=MsoFootnoteReference> style=';'>[9]
à Dakar était d’une inculture totale, déplacé, qui montrait une méconnaissance
de l’Africain et de l’histoire. Ce discours a été vivement critiqué par les
Africains eux-mêmes et ils ont eu raison. »

-Vous êtes moins présent sur la scène internationale, en
particulier au Proche Orient. Fut un temps vous croisiez le fer avec les pro
Israéliens. Vous défendiez la Palestine bec et ongles. La dernière offensive de
Tsahal à Gaza en décembre dernier a fait, selon l’Onu, plus de 1400 morts, des
civils class=MsoFootnoteReference> style=';'>[10]

exclusivement. Vous n’avez pas dit un mot. Pourquoi ? Vous tenez à
préserver votre image ? A-t-on exercé sur vous de pressions pour vous faire
taire ?

« Je peux toujours m’exprimer sur ce sujet. Quand on me
demande mon avis, je le donne. Je suis intervenu sur cette question comme
Stéphane Hessel qui est un de nos principaux soutiens à Europe Ecologie, de
manière très claire. A Gaza, on a eu affaire à une guerre d’agression tout à
fait inacceptable. Une population (les Palestiniens) qui vit dans une prison à
ciel ouvert et aujourd’hui la seule chose que tout le monde demande, que les
instances internationales demandent, c’est la constitution de deux Etats sur les
frontières de 1967 avec Jérusalem comme capitale des deux Etats. Moi, j’ai
toujours dit, depuis le début, y a pas à faire de la surenchère, n’ y a qu’à
appliquer les résolutions des Nations Unies, point barre. »

-On ne vous a pas intimidé ou agressé physiquement comme
c’est arrivé à certaines personnalités, je pense à Richard Labévière, Rodolphe
Helderlé, Daniel Mermet, Noël Mamère, Alain Soral, Dieudonné et tant
d’autres qui se sont beaucoup exposés sur la question palestinienne ?

« Ah, personne ne m’a jamais intimidé pour me faire taire et
la personne qui voudrait faire ça aura quelques soucis parce que j’ai encore la
capacité de répondre. »

-Bonne campagne.

« Merci ».

Propos recueillis pour Oumma.com par Patrick Michel



class=MsoFootnoteReference> style='font-size:10.0pt;'>[1]
Confédération nationale du travail, un courant proche des Anarchistes.

class=MsoFootnoteReference> style='font-size:10.0pt;'>[2]
Conseiller régional des Verts du Languedoc Roussillon.

class=MsoFootnoteReference> style='font-size:10.0pt;'>[3]
1,32% aux élections présidentielles de 2007.

class=MsoFootnoteReference> style='font-size:10.0pt;'>[4]
Son parti avait recueilli les 500 signatures en 45 jours. Et les dernières à
quelques heures de la clôture des dépôts.

class=MsoFootnoteReference> style='font-size:10.0pt;'>[5]
Projet de loi qui en raison des réticences de la société civile et à
l’intérieur même de l’UMP n’est pas passé.

class=MsoFootnoteReference> style='font-size:10.0pt;'>[6]
Héberger un Sans Papier. Eric Besson, le ministre de l’Identité nationale et de
l’Immigration disait sur Inter mercredi 8 avril 2009 que ce délit n’est
plus appliqué en France depuis 65 ans.

class=MsoFootnoteReference> style='font-size:10.0pt;'>[8]
Programme culturel qui aujourd’hui ,après avoir changé d’horaire, est à 15
heures.

class=MsoFootnoteReference> style='font-size:10.0pt;'>[9]
Nicolas Sarkozy. On trouve l’intégralité discours sur internet.

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Commentaires

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Monsieur Bové oublie certainement l’agression dont il a été victime à l’aéroport apres son retour du QG de Yasser Arafat assiégé.

Vous auriez également pu lui demander son avis sur le penchant sioniste de "Danny" !!

Monsieur Bové n’aura jamais mon vote, ca c’est sûr car c’est un faux rebel.

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Comme toujours José Bové fidèle à lui-même : victimisation de mauvaise fois et gauchisme ultra-populiste. Heureusement qu’il est bon et crédible sur l’écologie et qu’il pourrait apporter sa pierre à l’édification d’une politique européenne plus respectueuse de l’environnement.

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J’ai eu l’opportunité d’entendre un soir sur une chaîne de radio une émission où José BOVE et quelques uns de ses amis étaient autour d’un animateur qui, intelligemment, les a laissés partir dans leurs souvenirs et l’expression de leur idéologie.

Et quand on se lâche entre amis, on est moins prudent et moins stratège dans ses paroles.

Après cet émission, je n’ai plus le même regard sur ce personnage jouant à fond sur la médiatisation d’un écolo proche de la terre et du monde paysan.

Il faut partie d’une mouvance d’extrême gauche, sans doute révolutionnaire, qui a revêtu l’habit de l’écologie anticapitaliste. C’est ce que j’appelle les écolos pastèques : vert à l’extérieur, rouge à l’intérieur.

En outre, l’écologie, la vraie, la vitale pour la planète, est bien mal servie par ses mouvements dits écolos. A part des effets médiatiques et des actes provocateurs, il n’y a rien de constructif.

Je n’ai pas d’attirance particulière pour ceux qui avancent masqués...

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j’aime pas sa moustache

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Je savais que Bové a été porte-parole de la CP (Confédération paysanne), mais pas qu’il l’avait été de la CNT. Je vais vérifier, car compte tenu de la date de constitution de la CNT, c’est temporellement douteux.

Ce qui ne l’est pas moins, ce sont les imputations de gauchiste et de révolutionnaire, du moins au sens gauchiste de cet adjectif. Bové a appris de Jacques Ellul que la révolution à la Lénine, Trotzky ou Mao est impossible dans un système technicien comme le nôtre.

C’est fou ce qu’internet permet de discourir de ce qu’on ne connaît pas.

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Désolé pour le promoteur de l’article, Bové n’a jamais été porte-parole de la CNT, bien qu’il a fréquenté des anars dans sa jeunesse parisienne. La CNT actuelle date de 1993, Bové était secrétaire de la Conf’ depuis 1987.

Quant aux autres commentateurs, il leur suffira de consulter l’article "Bové" sur Wiki pour ne plus dire de bêtises sur l’homme.

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0 points

Sarkosy est arrivé et a vidé les caisses certes mais c’est sans lui reconnaitre de les avoir trouvées vides.
Une chose est essentielle en politique :
l’honnêteté.
Que certains haut-responsables s’attribuent "quelques émoluments et autres babioles"a coté de ce qu’ils ont consacré de leur vie au service de la société,franchement,M.Bové,sont-ils coupables pour autant ?
M.Cohn-Bendit que la sincérité de l’échange, empli de larmes avec M.Sarkosy n’en reste pas moins un homme qui utilise les avantages de la société pour vivre confortablement.
Rien de plus naturel.

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0 points

Bové porte parole de la CNT ? Mais que l’auteur de l’article se renseigne, c’est carrément propre à décrédibiliser tout l’article tellement c’est stupide...